Ne fermente pas ! Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Bo - Paragraphes 5-11

22 janvier 2023 · 29 téveth 5783 · 19:50 · 40 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bo Série : BoSérie : Likoutei sihot

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5. La Parchat Ha’hodech én5. La Parchat Ha’hodech énonce la Mitsva de consommer de la Matsa, puisqu’un de ses versets dit : “ Pendant sept jours, vous mangerez des Matsot ”. Encore de nos jours, cette obligation de consommer la Matsa est restée un Précepte institué par la Torah.

Trois pratiques fondamentales, en effet, caractérisent la fête de Pessa’h, le sacrifice qui porte son nom, la Matsa et les herbes amères. Le premier a disparu et il est remplacé par sa description orale, ainsi qu’il est dit : “ Nous nous acquitterons de nos obligations par les bœufs de nos lèvres ”. Les herbes amères sont uniquement une institution de nos Sages. Seule la consommation de la Matsa est, encore à l’heure actuelle, instituée par la Torah.

6. Il existe deux différences entre le ‘Hamets et la Matsa :

A) Le ‘Hamets est obtenu, lorsque la pâte lève, alors que, quand il s’agit de Matsa, celle-ci reste en l’état. Il en résulte que, dans la dimension spirituelle, le ‘Hamets représente l’orgueil, la forte conscience de sa propre personne, alors que la Matsa correspond à la soumission.

Le caractère de la Matsa, “ pain de la pauvreté ”, évoque précisément cette soumission. Certes, il existe aussi une “ Matsa riche ”, pétrie avec du jus de fruit, que l’on peut également consommer, à Pessa’h. Pour autant, celle-ci ne permet pas d’accomplir la Mitsva de manger de la Matsa, au Séder. Car, il faut alors consommer le “ pain de la pauvreté ”.

En effet, la Matsa que les Juifs consommèrent en Egypte fut également le “ pain de la pauvreté ”.

B) Matsa et ‘Hamets s’écrivent avec les mêmes lettres, si ce n’est que la Matsa a un Hé et le ‘Hamets, un ‘Heth.

Le Hé et le ‘Heth se ressemblent. L’un et l’autre sont constitués de trois traits et ouverts, à la base. Une seule différence les sépare. Le ‘Heth est totalement fermé, par ses trois côtés, alors que le Hé est ouvert, à son extrémité supérieure.

L’ouverture, à la base, de ces deux lettres souligne que “ la faute guette à la porte ” et la fermeture du ‘Heth, par ses trois côtés, indique qu’il n’y a aucun moyen de lui échapper. L’ouverture du Hé, par son extrémité supérieure, en revanche, offre la possibilité de se préserver de cette faute et il ouvre l’accès à la Techouva.

Certes, cette ouverture est très mince. Néanmoins, nos Sages disent que “ si vous pratiquez pour Moi une ouverture comme le chas d’une aiguille, J’ouvrirai pour vous l’équivalent du portique du Sanctuaire ”. En effet, une seule pensée de Techouva, en un seul instant, transforme un impie accompli en un Juste parfait.

7. Les deux différences qui viennent d’être définies sont liées. Celui qui est soumis, même s’il a fauté, ce qu’à D.ieu ne plaise, considérera aussitôt la possibilité d’accéder à la Techouva. S’il est fier et orgueilleux, par contre, il n’envisagera pas même cette éventualité.

Celui qui est soumis ne cherchera pas à justifier son propre comportement. Le bilan moral qu’il établira sera donc sincère et, s’il prend conscience qu’il agit mal, il se repentira, alors que l’amour propre permet de découvrir différentes manières de justifier son attitude.

8. Plus encore, non seulement une telle personne, dès lors qu’elle aura mal agi, sera capable d’expliquer pourquoi elle l’a fait, mais, en outre, si l’accomplissement d’une Mitsva lui impose de renoncer à sa forte conscience d’elle-même, elle trouvera des excuses pour se dispenser de la mettre en pratique.

La Tsédaka, qui est une Mitsva représentative de toutes les autres, permettra d’illustrer cette idée et d’établir un principe, applicable à toutes les Mitsvot.

En voyant un pauvre, on pourra poser la question que formulait déjà Turnus Rufus devant Rabbi Akiva : “ Si votre D.ieu aime les pauvres, pourquoi n’assure-t-il pas leur subsistance ? ”. Ainsi, l’orgueil conduit à penser que l’on dispose de ses biens parce qu’on les mérite, bien plus, que l’on aurait dû en avoir beaucoup plus. Dès lors, pourquoi en distribuer une partie ?

La forte conscience de sa propre personne ne laisse pas de place pour l’autre. En pareil cas, il est agréable de se dire que l’autre est différent et, s’il est pauvre, c’est bien, finalement, qu’il le mérite. Dès lors, si D.ieu souhaite que cet homme soit pauvre, pourquoi faut-il lui donner de la Tsédaka ?

Qu’en est-il, en revanche, de celui qui est soumis ?

A) Il établira un bilan moral, se jugera lui-même, se demandera s’il est réellement meilleur que son interlocuteur. Il parviendra ainsi à la conclusion qu’il doit effectivement donner de la Tsédaka, ainsi qu’il est dit : “ Tu as fait, en Yaakov, le jugement et la Tsédaka ”. C’est donc précisément le jugement de sa propre personne qui conduit à donner de la Tsédaka.

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