La source de la joie véritable - Likoutei sihot - Volume 2 - Souccot Paragraphes 8-15
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Souccot Série : FêtesSérie : Likoutei sihot
8. Le traité Soukka 51b dit que “ celui qui n’avait pas vu Sim’hat Beth Hachoéva n’a jamais vu la joie de sa vie ”. La Guemara décrit l’intensité de cette joie, par rapport à laquelle toutes les autres sont négligeables. C’est, du reste, ce que souligne cette affirmation, s’adressant à ceux qui ont assisté à d’autres formes de joie, afin de leur préciser qu’aucune d’entre elles ne saurait égaler Sim’hat Beth Hachoéva.
Or, on peut s’interroger, à ce sujet. De façon générale, les termes de nos Sages sont particulièrement précis. Pourquoi, en l’occurrence, ne pas exprimer, d’une manière positive, l’importance de cette joie, en montrant ce qu’elle est? Pourquoi adopter une formulation négative en la comparant aux autres formes de joie? Et, que déduire de tout cela, en particulier pour la période actuelle?
L’explication est la suivante. La Guemara nous délivre ici un enseignement sur la manière de servir D.ieu. Celui qui n’a pas assisté à Sim’hat Beth Hachoéva peut s’imaginer qu’il a, néanmoins, vu la joie, y a même participé. Mais, tout cela n’est que superficiel. Il n’a pas vu la joie véritable, dès lors qu’il n’était pas présent à Sim’hat Beth Hachoéva. C’est ainsi qu’il faut comprendre la formulation de ce texte.
9. On peut préciser la portée de ce qui vient d’être dit.
La joie a pour effet de libérer l’homme des limites qu’il subit. Ainsi, celui qui est réellement joyeux sera capable de dépasser les limites objectives de sa compréhension. Et, la cause de la joie transcende également les limites de l’homme, car l’effet est toujours fonction de la cause. Si la joie est à ce point intense, ce qui la provoque doit l’être également.
Cette joie est celle de l’homme recevant ce qu’il n’attendait pas du tout et qui dépasse son entendement. Percevant le caractère illimité de ce qu’il vient d’obtenir, il s’élève lui-même au dessus de ses propres limites et se réjouit. C’est pour cela qu’une telle joie remet en cause l’ordre établi.
Il est dit que “ tout comme le visage se reflète dans l’eau, le cœur de l’homme se reflète en son prochain ”. Il en est de même pour la relation entre D.ieu et les hommes. Commentant le verset “ D.ieu est ton ombre ”, le Baal Chem Tov explique que, tout comme l’ombre reproduit les mouvements de l’homme, D.ieu en fait de même. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’affirmation selon laquelle “ on suit, envers l’homme, le comportement qu’il adopte lui-même, par sa propre décision ”.
Le Chneï Lou’hot Haberit souligne que Adam, l’homme est de la même étymologie que “ Je ressemble (Adamé) au Très Haut ”. En conséquence, lorsque l’homme, ici-bas, se réjouit, l’Homme céleste est joyeux également. Il est dit que “ la Royauté céleste ressemble à la royauté terrestre ”. Ici-bas, la joie brise les limites. Il en est donc de même là-haut. En un moment de joie, toutes les restrictions disparaissent.
Le service de D.ieu effectué par l’homme, qui est défini comme un “ petit monde ”, se répartit en trois domaines, la Torah, la prière et les bonnes actions, qui doivent toutes être joyeuses. Ainsi, dit la Guemara, “ on ne commence pas à prier avec tristesse ou paresse, mais seulement avec la joie qui caractérise la Mitsva ”. La prière est le service de D.ieu du cœur et elle doit être joyeuse.
Il en est de même pour l’étude de la Torah, puisque la Guemara ajoute: “ Ceci s’applique aussi à une parole de Hala’ha ”.
Il en va de même pour les bonnes actions, c’est-à-dire la Tsédaka. La Torah dit, en effet: “ Tu ne t’attristeras pas en lui donnant ” et cette formulation négative permet de déduire ce qu’il en est, positivement. De fait, disent nos Sages: “ Celui qui console son prochain reçoit onze bénédictions ”.
Ainsi, les trois domaines du service de D.ieu doivent être pénétrés de joie.
10. Comme nous l’avons vu, la joie véritable découle de ce qui transcende l’intellect. En conséquence, le service de D.ieu peut être joyeux dans la mesure où il est basé sur la soumission à Sa Volonté. Tout ce qui est accompli en fonction de la logique est, par nature, limité et ne peut donc susciter une joie véritable. Par contre, quand on met de côté sa compréhension pour se soumettre, on peut s’attacher à D.ieu, malgré ses limites, grâce à la pratique des Mitsvot.
Mitsva est de la même étymologie que Tsavta, le lien. La Mitsva n’est pas limitée et quand un Juif la met en pratique, il se libère de ses entraves. Dès lors, il peut être véritablement joyeux.
Néanmoins, on pourrait se poser une question. Un homme est doué de discernement et c’est précisément ce qui le distingue d’un animal. Comment donc lui demander de faire abstraction de la logique, de ne pas en faire la base de son comportement et de se soumettre ?
Commentant le verset “ que D.ieu créa pour faire ”, nos Sages expliquent : “ Pour faire : pour réparer ”. D.ieu ne créa pas les êtres pour qu’ils restent tels qu’ils sont. Ceux-ci doivent atteindre une plus haute plénitude, une plus grande perfection. ...
Or, on peut s’interroger, à ce sujet. De façon générale, les termes de nos Sages sont particulièrement précis. Pourquoi, en l’occurrence, ne pas exprimer, d’une manière positive, l’importance de cette joie, en montrant ce qu’elle est? Pourquoi adopter une formulation négative en la comparant aux autres formes de joie? Et, que déduire de tout cela, en particulier pour la période actuelle?
L’explication est la suivante. La Guemara nous délivre ici un enseignement sur la manière de servir D.ieu. Celui qui n’a pas assisté à Sim’hat Beth Hachoéva peut s’imaginer qu’il a, néanmoins, vu la joie, y a même participé. Mais, tout cela n’est que superficiel. Il n’a pas vu la joie véritable, dès lors qu’il n’était pas présent à Sim’hat Beth Hachoéva. C’est ainsi qu’il faut comprendre la formulation de ce texte.
9. On peut préciser la portée de ce qui vient d’être dit.
La joie a pour effet de libérer l’homme des limites qu’il subit. Ainsi, celui qui est réellement joyeux sera capable de dépasser les limites objectives de sa compréhension. Et, la cause de la joie transcende également les limites de l’homme, car l’effet est toujours fonction de la cause. Si la joie est à ce point intense, ce qui la provoque doit l’être également.
Cette joie est celle de l’homme recevant ce qu’il n’attendait pas du tout et qui dépasse son entendement. Percevant le caractère illimité de ce qu’il vient d’obtenir, il s’élève lui-même au dessus de ses propres limites et se réjouit. C’est pour cela qu’une telle joie remet en cause l’ordre établi.
Il est dit que “ tout comme le visage se reflète dans l’eau, le cœur de l’homme se reflète en son prochain ”. Il en est de même pour la relation entre D.ieu et les hommes. Commentant le verset “ D.ieu est ton ombre ”, le Baal Chem Tov explique que, tout comme l’ombre reproduit les mouvements de l’homme, D.ieu en fait de même. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’affirmation selon laquelle “ on suit, envers l’homme, le comportement qu’il adopte lui-même, par sa propre décision ”.
Le Chneï Lou’hot Haberit souligne que Adam, l’homme est de la même étymologie que “ Je ressemble (Adamé) au Très Haut ”. En conséquence, lorsque l’homme, ici-bas, se réjouit, l’Homme céleste est joyeux également. Il est dit que “ la Royauté céleste ressemble à la royauté terrestre ”. Ici-bas, la joie brise les limites. Il en est donc de même là-haut. En un moment de joie, toutes les restrictions disparaissent.
Le service de D.ieu effectué par l’homme, qui est défini comme un “ petit monde ”, se répartit en trois domaines, la Torah, la prière et les bonnes actions, qui doivent toutes être joyeuses. Ainsi, dit la Guemara, “ on ne commence pas à prier avec tristesse ou paresse, mais seulement avec la joie qui caractérise la Mitsva ”. La prière est le service de D.ieu du cœur et elle doit être joyeuse.
Il en est de même pour l’étude de la Torah, puisque la Guemara ajoute: “ Ceci s’applique aussi à une parole de Hala’ha ”.
Il en va de même pour les bonnes actions, c’est-à-dire la Tsédaka. La Torah dit, en effet: “ Tu ne t’attristeras pas en lui donnant ” et cette formulation négative permet de déduire ce qu’il en est, positivement. De fait, disent nos Sages: “ Celui qui console son prochain reçoit onze bénédictions ”.
Ainsi, les trois domaines du service de D.ieu doivent être pénétrés de joie.
10. Comme nous l’avons vu, la joie véritable découle de ce qui transcende l’intellect. En conséquence, le service de D.ieu peut être joyeux dans la mesure où il est basé sur la soumission à Sa Volonté. Tout ce qui est accompli en fonction de la logique est, par nature, limité et ne peut donc susciter une joie véritable. Par contre, quand on met de côté sa compréhension pour se soumettre, on peut s’attacher à D.ieu, malgré ses limites, grâce à la pratique des Mitsvot.
Mitsva est de la même étymologie que Tsavta, le lien. La Mitsva n’est pas limitée et quand un Juif la met en pratique, il se libère de ses entraves. Dès lors, il peut être véritablement joyeux.
Néanmoins, on pourrait se poser une question. Un homme est doué de discernement et c’est précisément ce qui le distingue d’un animal. Comment donc lui demander de faire abstraction de la logique, de ne pas en faire la base de son comportement et de se soumettre ?
Commentant le verset “ que D.ieu créa pour faire ”, nos Sages expliquent : “ Pour faire : pour réparer ”. D.ieu ne créa pas les êtres pour qu’ils restent tels qu’ils sont. Ceux-ci doivent atteindre une plus haute plénitude, une plus grande perfection. ...