Soucis matériels ou soucis spirituels ? Likoutei sihot - Volume 1 - Chemot Paragraphes 11-17

10 janvier 2023 · 17 téveth 5783 · 24:48 · 34 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Chemot Série : ChemotSérie : Likoutei sihot

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11. Il est dit, à la fin de notre Sidra, que Moché interrogea le Tout Puissant: “ Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple? ”. La réponse de D.ieu figure au début de la Parchat Vaéra: “ Je suis Avaya. Je Me suis révélé à Avraham, à Its’hak et à Yaakov sous le Nom d’El Chadaï, mais Mon Nom Avaya, Je ne Le leur ai pas fait connaître. Et, vous saurez que Je suis Avaya ”.

Le Torah Or explique à ce propos, que le Tétragramme, le Nom divin Avaya, fut révélé lors du don de la Torah, mais non aux Patriarches. Pour que cette révélation soit possible, ainsi qu’il est dit: “ vous saurez que Je suis Avaya ”, il fallait qu’elle soit préparée par l’exil d’Egypte, à propos duquel il fut dit: “ Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple? ”.

Le Torah Or justifie, par la même raison, la longueur de ce dernier exil. Celui-ci prépare, en effet, les grandes révélations qu’apportera le monde futur.

12. Chaque élément constituant la Torah est vrai et immuable. En conséquence, lorsque celle-ci pose une question, elle lui confère ainsi un caractère permanent, même si une réponse lui est apportée par la suite.

Lors d’une réunion ‘hassidique, à l’occasion de la fête de Chavouot, mon beau-père, le Rabbi, traita de la question suivante, qui est posée par la ‘Hassidout. Pourquoi Sim’hat Torah, réjouissance qui marque la conclusion de la lecture de la Torah, n’a-t-elle pas été instaurée à Chavouot, temps du don de notre Torah? Il indiqua que, cette question étant formulée par la Torah, il y avait lieu de penser, malgré la réponse qui lui est apportée, que Sim’hat Torah aurait effectivement pu être fixée à Chavouot.

Il en va de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. La Torah rapporte la question de Moché: “ Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple? ”. On peut en conclure que, malgré la réponse qui lui a été apportée, “ Je Me suis révélé à Avraham, à Its’hak et à Yaakov ”, celle-ci continue effectivement à se poser.

13. L’une des raisons, justifiant qu’il en soit ainsi, est la suivante. La servitude de l’exil est, certes, une nécessité pour préparer les révélations du monde futur. Pour autant, elle ne doit pas nécessairement être physique. Sa dimension morale est suffisante.

Le Torah Or explique l’équivalent moral de chaque aspect de l’esclavage: “ Ils rendirent leur vie amère par un intense labeur, avec du mortier, des briques et tous les travaux du champ ”. Il précise que: “ L’expression “ ils rendirent leur vie amère ” fait allusion à la Torah qui est “ notre vie ”. Le “ dur labeur ” est celui des questions que l’on se pose, pendant l’étude. Le “ mortier ” correspond au raisonnement a fortiori, le “ travail du champ ” à la Boraïta, extérieure à la Michna et les “ briques ” à la fixation de la Hala’ha ”. On consultera le développement précis que fait ce texte, traitant de cette question.

14. Ainsi, la situation de l’exil peut être remplacée par son équivalence morale. Il en est de même également pour les difficultés que l’on peut éprouver à assurer sa subsistance, qui se marquent essentiellement pendant la période de l’exil. On peut les remplacer par l’effort et l’ardeur que l’on investit dans l’étude de la Torah.

La source de ces difficultés peut être découverte dans le verset suivant: “ les pensées de l’homme sont nombreuses ”. Celles-ci le déconcertent donc, de sorte qu’il ne sait que faire. A la place de tout cela, il peut donc faire porter tout son effort sur la Torah, développer un raisonnement dans un sens et un second, en sens opposé, sans être capable de trancher. C’est cette activité qui concentrera toute son attention.

Le Gaon de Ragatchov indiqua, une fois, que le jour de la semaine qu’il vivait le plus difficilement était le Chabbat. Car, au milieu de la semaine, lorsqu’un intense flux intellectuel le traversait, avec des idées dans un sens et d’autres en sens opposé, il parvenait à canaliser ce flux en rédigeant ces idées par écrit. L’expression écrite permet effectivement d’obtenir un tel résultat et il est alors plus aisé de parvenir à une synthèse. Pendant le Chabbat, en revanche, il ne pouvait écrire et son effort intellectuel devait alors être particulièrement intense, afin d’aboutir à une conclusion.

On dit que, lorsque l’Admour Haémtsahi commentait la ‘Hassidout, un grand silence régnait. Lui-même répétait toujours: “ chut, chut ” et le Rabbi Rachab en donna la raison. C’était là un moyen de contenir le flux intellectuel qui traversait son cerveau.

On peut se demander pour quelle raison il est nécessaire de contenir ce flux.

Ce qui vient d’être dit permettra de le comprendre. Le flux intellectuel est dense. De ce fait, il est difficile de le synthétiser d’une manière définitive car, aussitôt, apparaît une idée nouvelle, plus profonde, qui remet en cause le raisonnement tenu auparavant. Ainsi, dans les discours ‘hassidiques de l’Admour Haémtsahi, on retrouve souvent l’expression suivante: “ A l’inverse de ce qui a été dit préalablement ”.

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