Le fiancé et le mari - Likoutei sihot - Volume 2 - Hossafot - Matot Paragraphes 1-4

29 juillet 2024 · 23 tamouz 5784 · 17:17 · 97 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Matot Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 2

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1. Ce Chabbat, nous lisons à la fois Matot et Masseï. La Parchat Matot traite des vœux et de leur annulation, qui peut être obtenue de trois manières. L’érudit de la Torah les supprime rétroactivement, comme s’ils n’avaient jamais été prononcés. A l’opposé, le père annule le vœu de sa fille et le mari, celui de son épouse, uniquement pour l’avenir, mais sans valeur rétroactive.

Bien plus, on distingue, pour le mari, deux périodes, après les fiançailles et après le mariage. Dans un cas comme dans l’autre, le vœu de la femme peut effectivement être annulé. Néanmoins, les règles ne sont pas les mêmes, selon la situation.

Logiquement, le mari devrait avoir plus de pouvoir que le fiancé. Il se trouve, néanmoins, que ce dernier, annulant un vœu, peut faire ce dont le premier n’a pas le moyen.

Le mari ne peut pas supprimer les vœux formulés par son épouse avant leur union. Ceux-ci ne le concernent pas. Le fiancé, en revanche, peut le faire.

Comment le fiancé peut-il avoir plus de pouvoir que le mari ?

L’une des réponses à cette question est la suivante. Le fiancé n’annule pas les vœux seul. Il le fait en compagnie du père. Cette annulation doit être prononcée à la fois par l’un et par l’autre. Or, le père n’est pas limité du fait du mariage de sa fille. En conséquence, il peut soustraire le fiancé à cette limitation. Dès lors, ce dernier peut aussi annuler les vœux formulés par la femme, avant leurs fiançailles.

A l’opposé, le mari annule les vœux seul, car son épouse n’est plus sous la responsabilité de son père. Il assume personnellement cette responsabilité et subit donc toutes les limitations qui en découlent.

2. Ce qui vient d’être dit délivre un enseignement pour le service de D.ieu.

De fait, il est deux manières de servir D.ieu, en situation de fiançailles et en situation de mariage. De façon générale, l’exil est comparé aux fiançailles et le mariage de D.ieu et d’Israël sera effectif dans le monde futur. Néanmoins, on peut déterminer, même pendant le temps de l’exil, un temps de fiançailles et un temps de mariage.

Les fiançailles ont pour effet d’interdire une femme aux autres hommes. Celle-ci est, dès lors, coupée du reste du monde. Cette situation est celle d’un Juif qui n’est pas encore parvenu au stade le plus élevé du service de D.ieu, qui n’a pas réalisé l’union physique avec la Divinité, mais conserve une existence indépendante, sans pour autant se vouer aux plaisirs du monde.

Le mariage, en revanche, est décrit par le verset : “ Et, ils ne formèrent qu’une seule chair ”. Il décrit l’union la plus totale avec la Divinité, qui permet la naissance d’un enfant. Nos Sages disent, en effet : “ Que sont les descendances des Justes ? Ce sont les bonnes actions ”. Ainsi, on peut bâtir un réceptacle pour D.ieu par chacune de ses actions, de sorte qu’elles soient toutes profondément soumises à la Volonté de D.ieu.

3. Le mariage décrit une situation beaucoup plus élevée que les fiançailles. Pour autant, ces dernières possèdent également une qualité spécifique.

Celui qui est parvenu au stade du mariage pourrait penser qu’il est, désormais, un Juste accompli, qu’il peut se passer de l’aide du Saint béni soit-Il. En effet, il peut annuler les vœux seul et n’a plus besoin, pour cela, de la collaboration du Père.

De fait, le Yerouchalmi, au traité Taanit, rapporte que quelqu’un eut un tel discours. On comprit aussitôt qu’il n’était pas Bar Ko’hba, le fils de l’étoile, ainsi qu’il est dit : “ une étoile a fait son chemin de Yaakov ”, mais bien Bar Koziva, le fils du mensonge. Or, il s’agissait, en l’occurrence, d’une guerre physique et combien plus est-ce le cas pour un combat moral.

Telle est précisément la qualité du fiancé, que ne possède pas le mari, bien qu’il le dépasse, par ailleurs. En effet, le fiancé annule les vœux en collaboration avec le père. Il possède donc la force de D.ieu et, de ce fait, il peut passer outre à tous les obstacles et parvenir à un stade qu’il n’aurait jamais pu atteindre par ses propres moyens.

Le système du chaos, Tohou, précéda celui de la réparation, Tikoun. Les objets matériels et le mauvais penchant, qui est le premier à exercer son emprise sur l’homme, émanent de Tohou. Ce monde, compte tenu de sa puissance, ne peut annuler les vœux ayant été formulés avant le mariage. Il ne parvient pas en Tohou et n’a donc pas la force de transformer ce qui en émane.

Par contre, en s’associant au Père, Qui ne subit pas la limitation résultant de l’antériorité de Tohou par rapport à Tikoun, le fiancé acquiert le pouvoir d’agir sur Tohou et de vaincre le mauvais penchant, bien qu’il soit le premier à exercer son emprise sur l’homme. En effet, quand D.ieu lui vient en aide, l’homme est capable de le défaire. Il a le pouvoir d’apporter l’élévation aux parcelles de Tohou qui se trouvent dans les objets matériels.

Telle est donc la signification de l’annulation d’un vœu. Dès lors, l’acte concret devient permis et l’on reçoit ainsi la force de transformer la matière.

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