La femme sotta - Likoutei sihot - Volume 4 - Parachat Nasso - Paragraphes 1-3

13 juin 2024 · 7 sivan 5784 · 19:56 · 43 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Nasso Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 4

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1. La Parchat Nasso précise les lois de la femme Sotta. Ainsi, un homme peut soupçonner son épouse et la mettre en garde : “ Ne t’isole pas avec tel homme ”, sans que celle-ci ne lui obéisse. Bien entendu, cela ne signifie pas pour autant qu’elle ait commis une faute. Néanmoins, dès lors qu’elle s’est isolée avec un homme après que son mari le lui ait interdit, elle est considérée comme Sotta, c’est-à-dire, selon le commentaire de Rachi, comme une femme “ s’étant écartée des voies de la pudeur ”, ou bien, selon le traité Sotta 3a, “ saisie par un esprit de folie ”. Différentes lois s’appliquent à la femme qui a le statut de Sotta, comme l’explique, en détails, notre Sidra.

Un homme et une femme, tels qu’ils sont ici-bas, avec tout ce qui les concerne, sont représentatifs de leur source, là-haut, jusqu’à son point le plus élevé, c’est-à-dire le Saint béni soit-Il et l’assemblée d’Israël, qui sont également appelés “ Homme ” et “ femme ”. On peut en conclure que toutes les lois s’appliquant à la Sotta peuvent être retrouvées dans la relation entre le Saint béni soit-Il et l’assemblée d’Israël. Du reste, outre cette comparaison, le verset parle bien de “ chaque homme… dont l’épouse aura agi contre lui ” et nos Sages précisent, dans le Yalkout Chimeoni, au paragraphe 705 : “ Ceci s’applique à son Mari là-haut et à son mari, ici-bas ”. Par ces termes, ils font clairement allusion au mauvais comportement de l’assemblée d’Israël envers son Mari céleste.

La mise en garde que la Saint béni soit-Il adresse à l’assemblée d’Israël, figure dans l’Injonction, adressée à chaque Juif et énoncée au singulier : “ Tu n’auras pas d’autres dieux devant Ma face ”, qui est une autre formulation de : “ Ne t’isole pas avec tel homme ”.

On peut, néanmoins, s’interroger. Que signifie “ s’isoler ”, par rapport à D.ieu ? Il se trouve partout et les Tikouneï Zohar, Tikoun 57, page 91b, cité par le Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna, chapitre 7, constate que “ aucun lieu n’est vide de Sa Présence ”. En tout endroit où un homme entend se cacher, il reste encore sous les yeux de D.ieu, ainsi qu’il est dit (Yirmyahou 23, 24) : “ Si un homme s’enferme dans une cachette, ne le verrai-Je pas, Parole de l’Eternel ? ”, comme le montre également les Tehilim 139, 7-12. Dès lors, comment l’assemblée d’Israël peut-elle se cacher du Saint béni soit-Il ?

La réponse à cette question est la suivante. Le traité Sotta 5a rapporte ce que D.ieu dit de l’homme orgueilleux : “ Moi et lui, nous ne pouvons pas nous trouver dans le même endroit ”. Ainsi, l’orgueilleux est bien “ isolé ” de D.ieu, si l’on peut s’exprimer ainsi. Et, c’est pour cette raison que le traité Sotta se conclut en traitant de l’humilité. En effet, celui qui est humble ne pourra jamais être “ isolé ” de D.ieu et il ne deviendra donc pas “ Sotta ”.

D.ieu ne se trouve pas auprès de l’orgueilleux. Pour ainsi dire, Il ne le voit pas. Ainsi, le Baal Chem Tov donne une autre lecture, affirmative celle-ci, du verset précédemment cité : “ Si un homme s’enferme dans la cachette de son ego, Je ne le verrai pas ”, si l’on peut s’exprimer ainsi.

2. Le traité Sotta 25a précise que “ si le mari renonce à sa mise en garde, celle-ci est annulée ”. Ainsi, même s’il a demandé à son épouse de ne pas s’isoler avec une certaine personne, il peut, par la suite, annuler cet avertissement, comme s’il n’avait jamais été prononcé. Pour autant, la Guemara précise qu’il peut le faire uniquement avant que son épouse se soit isolée avec cet homme. Après cela, en revanche, il ne peut plus supprimer sa mise en garde.

On peut le justifier de la manière suivante.

Avant que l’épouse ne s’isole avec cet homme, il n’y a rien eu d’autre que la mise en garde du mari, qu’il peut donc annuler. Après cet isolement, en revanche, un fait nouveau s’instaure, qui est indépendant de la volonté du mari. Dès lors, toute annulation devient impossible.

Le Yerouchalmi, Sanhédrin, chapitre 8, paragraphe 6, considère, pour sa part, que le mari peut encore annuler sa mise en garde, même après l’isolement, “ tant que le parchemin n’a pas été effacé ”, c’est-à-dire celui qui a été spécifiquement écrit pour cette femme.

Dans le Tsafnat Paanéa’h sur le Rambam, lois de la Sotta, chapitre 1, paragraphe 7, le Rav de Ragatchov explique qu’il n’y a, en fait, pas de controverse entre le Babli et le Yerouchalmi. En effet, ce dernier fait référence à un isolement qui est défini comme tel uniquement par référence à la mise en garde du mari. C’est le cas, par exemple, lorsque celui-ci dit à son épouse : “ Ne t’isole pas avec ton père ” ou bien “ ne t’isole pas avec ces cents hommes ”, ce qui ne présenterait rien de répréhensible, si le mari ne l’avait interdit, comme le dit le Yerouchalmi, Sotta, chapitre 1, paragraphe 2.

Il n’en est pas de même pour un isolement, au sens courant. Certes, celui-ci ne serait pas considéré comme tel, s’il n’avait pas été précédé par une mise en garde.
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