Un grand principe de la Torah - Likoutei sihot - Volume 2 - Chela'h Paragraphes 15
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Chela'h Série : Chla'hSérie : Likoutei sihot
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1. La Paracha de cette semaine raconte que : “ Moché appela Hochéa, fils de Noun, Yehochoua ” et la Guemara rapporte les termes de la prière de Moché, à ce sujet : “ Que D.ieu te sauve du complot des explorateurs ”. Or, on peut s’interroger sur cette affirmation. Il est dit que ces explorateurs “ étaient, à ce moment-là, des hommes vertueux ”. Bien plus, la logique établit qu’ils l’étaient effectivement, car, si ce n’était pas le cas, Moché n’aurait pas accepté de les envoyer. En effet, la décision lui revenait personnellement, ainsi qu’il est dit : “ Envoies pour toi ”, expression dont nos Sages donnent l’interprétation suivante : “ Selon ton avis ”. Dès lors, comment comprendre sa prière ?
On pourrait penser que Moché craignait que ces hommes se détournent par la suite, même s’ils étaient alors vertueux. C’est la raison pour laquelle il pria pour Yochoua. Néanmoins, si telle était l’explication, pourquoi pria-t-il uniquement pour lui et non pour les autres ?
2. La Guemara dit: “ Voici en quoi consiste l’habileté du mauvais penchant. Il propose, un jour, telle faute, le lendemain, telle autre et, de la sorte, il conduit, à terme, à pratiquer l’idolâtrie ”. Et, nos Sages s’interrogent. Comment est-il envisageable qu’un Juif commette une faute? N’est-il pas un descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov? Ne possède-t-il pas une âme de laquelle il est dit que “ elle est pure. Tu la créée, façonnée, insufflée en moi et Tu la conserves en moi ”? Dès lors, comment peut-il passer outre aux Injonctions du Créateur?
La Guemara répond à toutes ces questions en affirmant, précisément, que telle est “ l’habileté du mauvais penchant ”, qui n’attaque pas de but en blanc de la manière la plus forte, mais s’engage plutôt dans un long processus, conduisant vers l’acte le plus grave.
Il est possible d’accomplir la Mitsva de la meilleure manière. Mais, la Guemara dit aussi que l’on peut la mettre en pratique et, pour autant, ne pas s’être acquitté de son obligation. Le mauvais penchant demandera donc, dans un premier temps:
“ Pourquoi devrais-tu accomplir la Mitsva de la meilleure façon? Pourquoi ne pas s’en tenir uniquement à ce qui est requis par la Hala’ha? ”
Par la suite, le mauvais penchant prônera un accomplissement qui est valable uniquement en cas de force majeure. Et, de la sorte, il laissera, peu à peu, entrevoir l’éventualité de la faute.
Il en est ainsi pour chaque Mitsva, en particulier. Lorsqu’on la met en pratique d’une manière moins stricte, on s’expose, à terme, à la transgresser. Et, combien plus est-ce le cas lorsqu’il s’agit de l’amour de son prochain, qui est le fondement de toutes les Mitsvot. Le Yerouchalmi rapporte, en effet, que “ selon Rabbi Akiva, la nécessité d’aimer son prochain comme soi-même est un principe fondamental de la Torah ”.
Un affaiblissement de l’amour que l’on porte à son prochain peut donc générer un sentiment contraire à celui de l’amour, ce qu’à D.ieu ne plaise.
3. Concernant cette nécessité d’aimer son prochain, la Guemara relate le récit suivant. Un converti se rendit chez Chamaï et lui dit: “ Enseigne moi la Torah pendant que je me tiens en équilibre sur un pied ”. Mais, Chamaï le repoussa jusqu’à l’extrémité de l’édifice dans lequel il se trouvait.
Il se rendit alors chez Hillel, qui lui fit la réponse suivante: “ Ne fais pas à ton prochain ce que toi-même, tu détestes. Tout le reste n’est que commentaire. ”
Or, on peut ici s’interroger. Il est clair que l’affirmation de Hillel était rigoureusement exacte. Pourquoi Chamaï ne fit-il donc pas la même réponse?
L’explication est la suivante. On trouve, chez les Justes, deux types de comportement. Les uns s’isolent, se réfugient dans la rigueur, car leur but est d’élever le monde sans entrer en contact direct avec la matière. Le Likouteï Torah explique que ces Justes privilégient, en mettant en pratique les Mitsvot, la dimension spirituelle. C’est le comportement qu’adopta Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, lorsqu’il se trouvait dans la grotte.
De tels Justes ne font pas d’effort. Ils vivent, ici-bas, exactement comme ils étaient là-haut. A leur stade, il doit effectivement en être ainsi, mais le monde ne reçoit rien de leur élévation. Rabbi Chimeon Ben Yo’haï dit ainsi: “ Peut-on envisager qu’un homme laboure et sème? Dès lors, que deviendra la Torah? ”. Et la Guemara conclut: “ Nombreux furent ceux qui voulurent adopter la conception de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, mais leur démarche ne fut pas couronnée de succès ”.
Il en fut de même pour Chamaï. Les membres de son école basèrent leur service de D.ieu et leur comportement sur l’attribut de rigueur. De fait, Chamaï est de la même étymologie que Cham, celui qui mesure, ainsi qu’il est dit : “ Il introduit la mesure (Cham) dans ses voies ”. Tout est donc pesé, comme l’explique le Likouteï Torah.
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On pourrait penser que Moché craignait que ces hommes se détournent par la suite, même s’ils étaient alors vertueux. C’est la raison pour laquelle il pria pour Yochoua. Néanmoins, si telle était l’explication, pourquoi pria-t-il uniquement pour lui et non pour les autres ?
2. La Guemara dit: “ Voici en quoi consiste l’habileté du mauvais penchant. Il propose, un jour, telle faute, le lendemain, telle autre et, de la sorte, il conduit, à terme, à pratiquer l’idolâtrie ”. Et, nos Sages s’interrogent. Comment est-il envisageable qu’un Juif commette une faute? N’est-il pas un descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov? Ne possède-t-il pas une âme de laquelle il est dit que “ elle est pure. Tu la créée, façonnée, insufflée en moi et Tu la conserves en moi ”? Dès lors, comment peut-il passer outre aux Injonctions du Créateur?
La Guemara répond à toutes ces questions en affirmant, précisément, que telle est “ l’habileté du mauvais penchant ”, qui n’attaque pas de but en blanc de la manière la plus forte, mais s’engage plutôt dans un long processus, conduisant vers l’acte le plus grave.
Il est possible d’accomplir la Mitsva de la meilleure manière. Mais, la Guemara dit aussi que l’on peut la mettre en pratique et, pour autant, ne pas s’être acquitté de son obligation. Le mauvais penchant demandera donc, dans un premier temps:
“ Pourquoi devrais-tu accomplir la Mitsva de la meilleure façon? Pourquoi ne pas s’en tenir uniquement à ce qui est requis par la Hala’ha? ”
Par la suite, le mauvais penchant prônera un accomplissement qui est valable uniquement en cas de force majeure. Et, de la sorte, il laissera, peu à peu, entrevoir l’éventualité de la faute.
Il en est ainsi pour chaque Mitsva, en particulier. Lorsqu’on la met en pratique d’une manière moins stricte, on s’expose, à terme, à la transgresser. Et, combien plus est-ce le cas lorsqu’il s’agit de l’amour de son prochain, qui est le fondement de toutes les Mitsvot. Le Yerouchalmi rapporte, en effet, que “ selon Rabbi Akiva, la nécessité d’aimer son prochain comme soi-même est un principe fondamental de la Torah ”.
Un affaiblissement de l’amour que l’on porte à son prochain peut donc générer un sentiment contraire à celui de l’amour, ce qu’à D.ieu ne plaise.
3. Concernant cette nécessité d’aimer son prochain, la Guemara relate le récit suivant. Un converti se rendit chez Chamaï et lui dit: “ Enseigne moi la Torah pendant que je me tiens en équilibre sur un pied ”. Mais, Chamaï le repoussa jusqu’à l’extrémité de l’édifice dans lequel il se trouvait.
Il se rendit alors chez Hillel, qui lui fit la réponse suivante: “ Ne fais pas à ton prochain ce que toi-même, tu détestes. Tout le reste n’est que commentaire. ”
Or, on peut ici s’interroger. Il est clair que l’affirmation de Hillel était rigoureusement exacte. Pourquoi Chamaï ne fit-il donc pas la même réponse?
L’explication est la suivante. On trouve, chez les Justes, deux types de comportement. Les uns s’isolent, se réfugient dans la rigueur, car leur but est d’élever le monde sans entrer en contact direct avec la matière. Le Likouteï Torah explique que ces Justes privilégient, en mettant en pratique les Mitsvot, la dimension spirituelle. C’est le comportement qu’adopta Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, lorsqu’il se trouvait dans la grotte.
De tels Justes ne font pas d’effort. Ils vivent, ici-bas, exactement comme ils étaient là-haut. A leur stade, il doit effectivement en être ainsi, mais le monde ne reçoit rien de leur élévation. Rabbi Chimeon Ben Yo’haï dit ainsi: “ Peut-on envisager qu’un homme laboure et sème? Dès lors, que deviendra la Torah? ”. Et la Guemara conclut: “ Nombreux furent ceux qui voulurent adopter la conception de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, mais leur démarche ne fut pas couronnée de succès ”.
Il en fut de même pour Chamaï. Les membres de son école basèrent leur service de D.ieu et leur comportement sur l’attribut de rigueur. De fait, Chamaï est de la même étymologie que Cham, celui qui mesure, ainsi qu’il est dit : “ Il introduit la mesure (Cham) dans ses voies ”. Tout est donc pesé, comme l’explique le Likouteï Torah.
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