La plaie de la mort des premiers nés - Likoutei sihot - Volume 3 - Parachat Bo Paragraphes 1-10

13 janvier 2024 · 3 chevat 5784 · 53:08 · 73 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bo Pessa'h Série : BoSérie : Likoutei sihot

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1. Lorsque Moché, notre maître, transmit au Pharaon la Parole de D.ieu, lui annonçant la plaie des premiers-nés, il précisa également à quelle heure celle-ci surviendrait, en l’occurrence au milieu de la nuit. Néanmoins, les astrologues de l’Egypte auraient pu ne pas être en mesure de déterminer cet instant avec précision et Moché indiqua donc : “ Vers le milieu de la nuit ”, comme l’explique le traité Bera’hot 4a, cité par Rachi, dans son commentaire du verset Chemot 11, 4.

Or, on peut ici s’interroger. Pourquoi était-il nécessaire de stipuler au Pharaon à quelle heure la plaie des premiers-nés allait commencer ? Pourquoi ne pas lui dire simplement, comme ce fut le cas pour les autres plaies, que D.ieu allait frapper l’Egypte, sans indiquer quand Il le ferait ?

Il faut en conclure que la plaie des premiers-nés était spécifiquement liée au milieu de la nuit, au point qu’il était nécessaire de l’annoncer au Pharaon, l’imprécision de la formule étant uniquement justifiée par une erreur que pouvaient éventuellement commettre les astrologues.

La mort des premiers-nés présente également d’autres particularités, que l’on ne retrouve pas pour les autres plaies. En effet, les enfants d’Israël durent alors marquer leur maison, par le sang de la circoncision et par celui du sacrifice du Pessa’h, “ sur les deux montants et le linteau ” de la porte, comme le montrent les Pirkeï de Rabbi Eliézer, au chapitre 29, le Targoum Yonathan sur le verset Chemot 12, 13 et le Zohar, tome 2, page 35b. C’est grâce à cela que cette plaie pouvait frapper uniquement les Egyptiens et non les enfants d’Israël.

Par ailleurs, D.ieu dit (Chemot 12, 22) : “ Et vous, vous ne franchirez pas la porte de votre maison, jusqu’au matin ”. En effet, précisent la Me’hilta, à cette même référence et le traité Baba Kama 60a, “ lorsque la destruction est déclenchée, elle ne fait plus de différence entre les Justes et les impies ”. Dès lors, les enfants d’Israël auraient pu, eux-mêmes, subir cette plaie.

Or, les enfants d’Israël n’avaient pas souffert, du fait des autres plaies. Celles-ci n’avaient frappé que les Egyptiens, alors même que “ la destruction était déclenchée ”. Il ne leur fut pas demandé de se protéger, d’une quelconque façon. Pourquoi donc cela fut-il nécessaire pour la mort des premiers-nés ?

De plus, deux Injonctions leur furent édictées ici, celle de ne pas quitter leur maison et celle du sang de la circoncision et du sacrifice de Pessa’h. Comment les distinguer et pourquoi furent-elles l’une et l’autre nécessaires ?

2. En fait, la plaie de la mort des premiers-nés était différente de toutes les autres, pour la raison suivante.

Durant les autres plaies, il n’était pas vraiment possible de considérer que “ la destruction était déclenchée ”. Même lorsque la vie des Egyptiens était menacée, et non uniquement leurs biens, comme par exemple quand des insectes les attaquèrent, la “ destruction ” ne prit qu’une forme bien précise. Celle-ci ne se présentait qu’à travers les grenouilles ou la vermine, par exemple. Les Egyptiens ne pouvaient alors être frappés que d’une manière bien précise. La peste fut également très limitée, puisqu’elle frappait seulement le bétail et ne se manifesta que pour cinq espèces, comme le précise le Zohar, tome 2, page 31b. De même, les versets (Chemot 9, 31-32) disent bien que “ l’orge fut frappé car il apparaît au printemps ”, alors que les autres espèces “ ne furent pas frappées, car elles sont tardives ”. Dans toutes ces situations, on ne peut pas réellement considérer que “ la destruction fut déclenchée ”.

Lors de la plaie des premiers-nés, en revanche, elle le fut effectivement. Toutes les limites disparurent alors et ces premiers-nés moururent donc, par toutes les manières possibles. En l’occurrence, “ la destruction était déclenchée ” et il fallait donc protéger les enfants d’Israël, afin qu’ils ne soient pas touchés.

Une distinction plus profonde entre ces plaies peut également être faite. En fait, leur but essentiel n’était pas tant de frapper les Egyptiens que de faire savoir que “ Je suis l’Eternel ”. Et, à propos de certaines plaies, dans les versets Chemot 7, 17 ; 8, 18 et 9, 14, il est effectivement dit : “ ainsi, tu sauras… ”, “ afin que tu saches… ”, “ pour que tu saches ”. Aucune précaution ne devait alors être prise par les enfants d’Israël, qui possédaient d’ores et déjà la perception de la Divinité, comme l’expliquent le Torah Or Vaéra, à la page 57a et le Torat ‘Haïm, à la même référence.

C’est donc en ce sens que la plaie des premiers-nés se distingue des neuf qui la précédèrent. Dans ces dernières, celui qui était frappé ne succomba pas et il put donc acquérir lui-même la perception de la Divinité. Lors de la plaie des premiers-nés, par contre, ceux-ci moururent. Car, il s’agissait bien de faire perdre la vie aux aînés de l’Egypte, de les faire disparaître et non de leur faire savoir que “ Je suis l’Eternel ”. Dès lors, l’Attribut de rigueur aurait pu soulever une objection : ...

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