Les villes de refuge, les juges et les policiers - Likoutei sihot Volume 2 Choftim Paragraphes 1-5

12 août 2023 · 25 av 5783 · 31:01 · 88 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Choftim Elloul Série : ChoftimSérie : Likoutei sihot

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1. Nous avons longuement expliqué le lien entre le mois d’Elloul et les villes de refuge. Un point peut encore être ajouté à cette analyse.

Le Sifri évoque “ les juges et les policiers ”, précisant que ceux-ci étaient en fonction dans tous les endroits où des Juifs résidaient, y compris à l’extérieur d’Erets Israël. En revanche, une comparaison des termes du verset permet d’établir que les villes de refuge se trouvaient uniquement en Erets Israël. Pour autant, le Sifri ajoute que celui qui a commis un crime en dehors d’Erets Israël pouvait aller se mettre à l’abri dans une ville du refuge, laquelle ne pouvait donc être qu’en Terre Sainte.

Cette comparaison faite par le Sifri entre les juges et les policiers, d’une part, les villes de refuge, d’autre part, dans le but de préciser leur localisation, fait bien la preuve qu’une relation existe entre eux. De fait, les juges et mêmes les policiers, qui appliquaient la sentence n’avaient pas pour mission de punir, mais, bien au contraire, de purifier. Et, il en est de même pour les villes de refuge, car, comme l’affirment nos Sages, “ l’exil apporte l’expiation ”, c’est-à-dire, comme l’explique l’Admour Hazaken, l’ablution de la faute et sa disparition.

De la sorte, l’homme est agréé de D.ieu, comme il l’était avant de commettre la faute. Et, l’on pourrait en conclure que l’équivalent devait exister également à l’extérieur d’Erets Israël. En effet, remarquent nos Sages, “ Pourquoi fut-elle appelée Erets ? Parce qu’elle voulut faire la Volonté (Ratson) de son Créateur ”. En conséquence, ce qui est extérieur à Erets Israël est également étranger à cette Volonté. De plus grandes précautions auraient donc dû êtres de mise, en cet endroit. Or, s’il y avait, à l’extérieur d’Erets Israël, des juges et des policiers, on n’y trouvait pas de villes de refuge.

2. La Techouva a deux aspects. Elle est un regret du passé et une ferme résolution pour l’avenir. Car, quand le regret est-il sincère ? Lorsque celui qui l’éprouve s’engage à modifier son comportement, à l’avenir. Si ce n’est pas le cas, à quoi bon regretter ce que l’on a fait ? N’est-on pas comparable à celui qui se rendrait au bain rituel en tenant un reptile impur à la main ?

C’est pour cela que les villes de refuge se trouvaient uniquement en Erets Israël. En effet, le regret éprouvé par celui qui reste à l’extérieur du pays qui “ voulut faire la Volonté de son Créateur ” est sans valeur. Pour la même raison, celui qui avait commis un crime à l’étranger pouvait se rendre dans une ville de refuge, en Terre Sainte. L’exil lui était effectivement salutaire, mais à la condition qu’il se déroule en Erets Israël, ainsi qu’il est dit : “ Il se réfugiera là-bas ”.

A l’opposé, il y avait également des juges et des policiers à l’extérieur d’Erets Israël. Nos Sages disent, en effet, que “ tu ne jugeras pas ton prochain avant de te trouver à sa place ”. Or, les juges d’Erets Israël ne peuvent pas avoir connaissance des difficultés et des voiles que l’on doit affronter dans les autres pays, des efforts que l’on doit fournir et des épreuves que l’on subit pour chaque action, pour chaque parole et même pour chaque pensée.

Il est précisé qu’Erets Israël est “ le pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de D.ieu, du début de l’année à la fin de l’année ”. Celui qui y réside est donc incapable de comprendre la situation des autres pays. C’est pour cela qu’il y avait des juges et des policiers partout, afin de juger également ceux qui se trouvent à l’étranger.

Il est dit que l’Admour Haémtsahi, puis le Tséma’h Tsédek, cessèrent, pendant un certain temps, d’accorder des entrevues à ceux qui venaient les consulter, puis qu’ils recommencèrent à le faire. On leur en demanda la raison et ils donnèrent la réponse suivante. Lorsque l’un ou l’autre recevait quelqu’un qui s’interroge sur la manière de réparer sa faute, ils devaient trouver en eux, sous une forme beaucoup plus fine, l’équivalent de cette faute. C’est uniquement à cette condition qu’ils pouvaient lui donner une réponse. Or, on vint leur présenter une situation particulièrement basse, dont ils ne purent trouver l’équivalent en eux, pas même sous sa forme la plus fine. Ils décidèrent donc de ne plus recevoir personne.

Ceci peut être rapproché de la Parole divine adressée à Moché, notre maître, lors de la faute du veau d’or: “ Va, descends, car ton peuple s’est corrompu ”. Moché se trouvait alors dans le degré le plus élevé du ciel, “ il ne mangeait pas de pain et ne buvait pas d’eau ”. Les enfants d’Israël, à l’opposé, se trouvaient dans la situation la plus basse. Or, D.ieu les appela “ ton peuple ” et c’est ainsi que Moché put se lier à eux, plaider leur cause.

De même, l’Admour Hazaken dit, dans le Bad Kodech, qu’il ne souhaite pas être jugé par des anges, ne veut pas s’en remettre à eux. Il demande que “ mon verdict soit prononcé devant Toi, que Tes yeux voient dans la droiture ”. Les anges ne ressentent pas les voiles et les difficultés. ...

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