Le Mêm non final - Likoutei sihot - Volume 2 - Hossafot - Pin'has - Paragraphes 4 6

26 juillet 2024 · 20 tamouz 5784 · 12:05 · 43 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Pin'has Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 2

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4. Le Zohar, à la Parchat Pin’has, rapporte que ce dernier vit un Mêm, non final, se déplacer dans l’air. Il s’emplit d’effroi à l’idée que cette lettre pourrait s’unir avec un Vav et Tav, pour former le mot Mavet, la mort. On sait, en effet, que ‘Hava avait vu le fruit, l’avait mangé et en avait donné à Adam. Dès lors, leurs yeux s’ouvrirent et il en résulta, pour tous, le contraire de la vie.

En conséquence, Pin’has saisit ce Mêm, dont la valeur numérique est quarante. Il prit également le nom d’Its’hak, dont la valeur numérique est deux cent huit. Il eut ainsi deux cent quarante huit, soit la valeur numérique de Roma’h, une lance. C’est à ce propos qu’il est dit : “ Il prit une lance dans sa main ”. C’est grâce à celle-ci qu’il mit un terme à l’épidémie.

De fait, les vingt quatre milles personnes qui moururent, lors de cette épidémie, étaient des descendants des Egyptiens qui avaient accompagné les enfants d’Israël, lors de leur libération.

5. La Guemara, au traité Chabbat 104a, dit que “ le Mêm non final fait allusion à un enseignement ouvert et le Mêm final, à un enseignement fermé ”. Les commentateurs expliquent que l’enseignement ouvert est celui qui appartient à la partie révélée de la Torah et l’enseignement fermé, celui qui se rattache à sa dimension ésotérique.

Ainsi, dans le verset (Ichaya 9, 6) : “ afin d’agrandir (Marbé) le royaume et d’assurer une paix sans fin ”, le mot Marbé est introduit par un Mêm final au lieu d’un Mêm non final. En effet, ce verset fait allusion au monde futur, lorsque la dimension profonde sera perçue de manière évidente. C’est pour introduire cette idée que le Mêm non final a été remplacé par un Mêm final.

Le Mêm non final fait allusion à la partie révélée de la Torah, qui est la Sagesse et la Volonté de D.ieu. Il est dit que “ les paroles de la Torah ne contractent pas l’impureté ”. Nos Sages le déduisent du verset : “ Ma Parole est comme le feu ” et ils disent : “ le feu ne contracte pas l’impureté et il en est donc de même pour la Torah ”. Il est clair qu’il en est ainsi également pour la partie révélée de la Torah.

Néanmoins, celui qui étudie la partie révélée de la Torah et ne le fait pas de la manière qui convient, peut ainsi se causer du tort à lui-même. Il est certain que la Torah elle-même n’en subira aucun tort, puisque “ les paroles de la Torah ne contractent pas l’impureté ”. Il n’en est pas de même, comme l’affirment nos Sages, pour celui qui ne l’étudie pas pour son nom et n’a pas l’intention de la mettre en pratique.

Il faut donc craindre que le Mêm non final qui se déplace dans l’air s’unisse au Vav et au Tav. Se trouvant en l’air, il ne peut s’unir à ces lettres. De même, la Torah, considérée telle qu’elle est, ne peut en souffrir, puisque ses paroles “ ne contractent pas l’impureté ”. Néanmoins, le Mêm peut se lier au Vav, lettre qui fait allusion à la révélation obtenue ici-bas, comme le suggère son graphisme et comme l’expliquent les livres de la Kabbala et de la ‘Hassidout.

Après s’être attaché au Vav, le Mêm se liera également au Tav, lettre à laquelle la Guemara prête deux aspects, la vie et le contraire de celle-ci. Le lien au Tav représente donc l’arbre de la connaissance du bien et du mal, comme le fait remarquer le Zohar, à la Parchat Nasso et comme l’explique le Tanya, dans Igueret Hakodech, au chapitre 26.

Plus simplement, le Rachbats énonce une image décrivant la descente de l’âme divine dans un corps physique et une âme animale. Il parle de l’introduction de la Sagesse supérieure dans une marmite, pleine de viande bouillonnante et d’os. Concrètement, l’âme animale et le mauvais penchant s’emparent, les premiers, de la personnalité de l’homme et les comportements du monde précèdent ceux de la Torah.

En conséquence, celui qui aborde l’étude de la Torah dans une telle situation, sans chercher à affiner sa personnalité, se trouve dans des dispositions peu enviables. Il n’est pas prêt à étudier la Torah et celle-ci le conduit donc vers le contraire de la vie, comme l’affirment nos Sages.

6. Le processus conduisant au mal est le suivant. ‘Hava vit, tout d’abord, le fruit. De même, on peut observer un endroit que l’on ne devrait pas regarder. On peut alors prétendre qu’un coup d’œil ne prête pas à conséquence, que l’on répond de sa propre personne.

Mais, par la suite, ‘Hava prit le fruit et le mangea. C’est de cette façon que l’on se cause du tort à soi-même. Ensuite, elle donna de ce fruit à Adam. De même, on causera également du tort aux autres. Enfin, Adam et ‘Hava ouvrirent les yeux. Alors, on s’aperçoit que l’on a perdu la seule Mitsva que l’on avait et l’on reste “ dévêtu ”, dépourvu de toute Mitsva.

Une large partie des six cent treize Mitsvot est liée au Temple et seul un nombre limité d’entre elles peut encore être pratiqué à l’heure actuelle. Il faut donc les accomplir avec le plus grand scrupule, ne pas les perdre, ce qu’à D.ieu ne plaise.

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