Le "dimanche" de Pâques - Likoutei sihot Volume 1 - Parachat Emor Paragraphes 5 -16

30 avril 2023 · 9 iyar 5783 · 40:39 · 34 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Emor Série : EmorSérie : Likoutei sihot

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5. Définissant le compte de l’Omer, le verset dit : “ Et, vous compterez pour vous à partir du lendemain du Chabbat ”. La Guemara raconte que les disciples de Baitos firent une erreur d’interprétation et pensèrent que ce verset faisait référence au lendemain du Chabbat Béréchit, c’est-à-dire au dimanche. Il fallut donc polémiquer avec eux et, par différentes preuves, leur démontrer que le mot Chabbat, dans ce verset, fait allusion au jour de la fête.

Or, on peut ici s’interroger. Pourquoi parler “ du lendemain du Chabbat ”, formulation qui prête à confusion et laisse penser qu’il s’agit du lendemain de Chabbat Béréchit, alors que le verset aurait pu dire simplement “ au lendemain de Pessa’h ” ?

6. Il est dit que “ lorsque tu feras sortir le peuple d’Egypte, vous servirez D.ieu sur cette montagne ”. Le don de la Torah fut donc bien la finalité de la sortie d’Egypte et ces deux événements se trouvèrent reliés par le compte de l’Omer, dont le rôle est fondamental pour opérer ce lien, faisant de lui un stade intermédiaire.

Le compte de l’Omer s’étend sur trois mois, Nissan, le temps de la sortie d’Egypte, Iyar, pendant lequel ce compte est quotidien et Sivan, le temps du don de la Torah.

Le compte se poursuit pendant les premiers jours de Sivan, mais, dès Roch ‘Hodech, sont déjà passés les trois premiers jours de la septième semaine, qui correspondent aux trois émotions essentielles, celles de la bonté, de la rigueur et de la miséricorde. Il en résulte que ce compte de l’Omer n’est pas le contenu essentiel du mois de Sivan.

De fait, Sivan est plus spécifiquement lié au don de la Torah, ainsi qu’il est dit : “ Le troisième mois, ils parvinrent dans le désert du Sinaï ”. Nos Sages, comme nous l’avons rappelé, soulignent que “ la lumière triple fut donnée pendant le troisième mois ”.

Ainsi, ces trois mois à la fois, Nissan, Iyar et Sivan, sont en relation avec le don de la Torah.

Nissan est appelé “ le mois du printemps, car c’est alors que tu es sorti d’Egypte ”. Iyar est défini comme “ le deuxième mois de la deuxième année après leur sortie d’Egypte ”. Certes, l’expression “ après leur sortie d’Egypte ” semble se rapporter à “ la deuxième année ”. Toutefois, le Zohar souligne la similitude entre “ le deuxième mois ” et “ la deuxième année ”. On peut donc considérer que le verset fait bien référence au “ deuxième mois après leur sortie d’Egypte ”. Sivan, enfin, est également présenté comme “ le troisième mois après la sortie des enfants d’Israël de l’Egypte ”.

Certes, tous les mois de l’année sont comptés à partir de Nissan, “ premier des mois ” et “ temps de la sortie d’Egypte ”. Néanmoins, le verset ne le dit clairement qu’à propos de ces trois mois.

La raison en est la suivante. La sortie d’Egypte, le compte de l’Omer et le don de la Torah sont trois aspects de la libération de l’Egypte, qui parvint à son terme avec la révélation du Sinaï.

7. A Pessa’h, on mange de la Matsa. L’Omer est une offrande d’orge. A ce propos, nos Sages font remarquer que toutes les offrandes sont constituées de blé, sauf celles de la femme Sotta et de l’Omer, qui sont faites d’orge. A Chavouot, enfin, on offre les deux pains, qui sont nécessairement du ‘Hamets.

Or, on peut poser plusieurs questions, à ce propos :

A) Pourquoi l’Omer se distingue-t-il de toutes les offrandes en étant constitué d’orge ? En effet, la Michna explique pourquoi c’est le cas, pour la femme Sotta : “ Elle a eu un comportement animal. Son offrande est donc constituée par la nourriture des animaux ”. En revanche, pourquoi en est-il ainsi, en ce qui concerne l’Omer ?

B) Le ‘Hamets, qui fait allusion à l’orgueil et au mauvais penchant, est interdit, à Pessa’h. Pourquoi est-il donc permis tout au long de l’année et même obligatoire à Chavouot ?

8. Les trois périodes que l’on vient d’énumérer figurent, en allusion, dans le verset : “ Attire-moi, nous courrons vers toi. Le roi m’a conduit dans sa chambre ”. En effet, “ attire-moi ” fait allusion à la sortie d’Egypte, “ nous courrons vers toi ”, au compte de l’Omer et “ le roi m’a conduit dans sa chambre ”, au don de la Torah.

On peut le justifier de la manière suivante.

Plusieurs différences peuvent être faites entre “ attire-moi ” et “ nous courrons vers toi ” :

A) Il s’agit, dans le premier cas, de constater une attirance et, dans le second, de prendre soi-même l’initiative de courir.

B) L’injonction “ attire-moi ” s’adresse à “ toi ”, demandant d’exercer une attirance sur “ moi ”. C’est ici l’assemblée d’Israël qui s’adresse à D.ieu, sollicitant qu’Il provoque cette attirance. A l’opposé, “ nous courrons vers toi ” souligne que l’initiative en revient aux hommes.

C) On peut constater que “ attire-moi ” est au singulier et “ nous courrons vers toi ”, au pluriel.
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