Le pied dans l'huile ! Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Vaye'hi Paragraphes 1-14

2 janvier 2023 · 7 téveth 5783 · 35:58 · 46 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vaye'hi Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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1. Notre père Yaakov accorda, à son fils Acher, la bénédiction suivante : «Le pain d’Acher est gras». Rachi commente ce verset en précisant qu’Acher posséderait beaucoup d’huile et, ajoute Rachi, Moché donna une bénédiction similaire à Acher : «Il trempe son pied dans l’huile».

Nous avons maintes fois souligné que tous les événements matériels ont également une dimension spirituelle. Bien plus, cette dernière est essentielle et la première en découle.

S’il en est ainsi pour ce qui constitue le monde, combien plus en est-il ainsi pour chaque idée de la Torah, qui n’a pas uniquement un sens simple, mais aussi, un sens allusif, un sens analytique et un sens ésotérique.

Ceci s’applique aussi à ces bénédictions : «le pain d’Acher est gras» et «il trempe son pied dans l’huile». Ces versets ont, bien évidemment un sens simple, concret. De nombreuses olives peuvent être trouvées dans l’héritage de la tribu d’Acher et Rachi cite, à ce propos, une histoire que raconte la Guemara, établissant que c’était effectivement le cas. Néanmoins, la signification de ce verset est plus large et il possède également une dimension spirituelle.

2. Quelle est la portée morale de l’action consistant à «tremper son pied dans l’huile» ?

L’huile fait allusion à la sagesse, faculté la plus élevée de la personnalité humaine. A l’opposé, le pied en est la partie la plus basse. En l’occurrence, il s’agit donc de faire usage de son pied en le trempant dans l’huile. Car, s’il est très bas, le pied possède aussi une immense qualité, dont l’huile, la sagesse, elle-même est dépourvue. C’est précisément pour cela que le pied est trempé dans l’huile.

De même, il est dit du Machia’h que «ce jour-là, ses pieds se tiendront sur le mont des oliviers». L’huile, qui représente la sagesse, provient des oliviers. Le mont des oliviers est plus élevé que ces oliviers, puisqu’il les produit et il représente donc une élévation considérable. Malgré cela, «ce jour-là», les pieds du Machia’h seront au dessus du mont des oliviers.

Le lien entre l’huile et le pied a une implication pour le service de D.ieu. L’huile et la sagesse décrivent celui qui étudie la Torah et met les Mitsvot en pratique parce qu’il les comprend, en éprouve du plaisir. Le pied, à l’opposé, évoque la soumission. Il ne représente pas une grande élévation, dans la mesure où il fait abstraction du plaisir et de l’enthousiasme. Mais, d’un certain point de vue, la soumission dépasse la compréhension, comme nous le montrerons.

Nous l’avons dit, le matériel est le reflet du spirituel et, de fait, le pied a bien une qualité que la tête ne possède pas et qu’il met donc à sa disposition, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Nitsavim.

3. Quelle est la supériorité du pied par rapport à la tête ? Et, pourquoi lier cette qualité du pied précisément à la tribu d’Acher ? Pour répondre à ces questions, nous définirons d’abord le camp de Dan, auquel la tribu d’Acher appartenait.

Le camp de Dan assemblait ce qui avait été égaré par les autres camps. Il marchait donc le dernier et recevait ainsi la possibilité de trouver ce qui avait été perdu et de le restituer à son propriétaire.

Dan était bien le dernier des campements d’Israël, c’est-à-dire, dans une certaine mesure, le plus bas, le «pied». Malgré cela, et même à cause de cela, il pouvait rendre à chacun ce qu’il avait perdu.

4. Chaque événement matériel, comme on l’a vu, permet de déterminer ce qu’il en est, dans la dimension spirituelle.

Evoquant un objet perdu, nos Sages donnent la définition suivante : «Qui est le sot ? L’homme qui perd ce (Ma) qu’on lui confie». La ‘Hassidout donne, à ce propos, l’explication suivante. D.ieu accorde à chacun le Ma, la force de se soumettre à D.ieu. Néanmoins, le mauvais penchant, qui est un «roi âgé et insensé», c’est-à-dire un sot, incite à perdre ce Ma. Le camp de Dan intervient alors, le retrouve et le restitue à son propriétaire.

Les camps précédents se trouvaient plus près du Sanctuaire. Mais, la tribu de Lévi ou même les fils de Kehat pouvaient aussi perdre le Ma, la soumission à D.ieu. A l’opposé, le camp de Dan, le «pied», conserve un Ma intègre. Bien plus, il restitue ce Ma à tous les autres Juifs.

Ainsi, le pied a bien un apport positif pour la tête.

5. Notre Sidra dit également que «Dan jugera son peuple». La Guemara remarque, à ce propos, que : «lorsque quelqu’un répète sans cesse : «que l’on établisse un jugement, à ce propos», on peut en conclure qu’il descend de la tribu de Dan, ainsi qu’il est dit : «Dan jugera son peuple».

L’exigence systématique du jugement est, en fait, une référence constante au Choul’han Arou’h, même pour ce qui est de moindre importance. Une telle attitude procède de la conscience que le monde n’est pas livré à lui-même, que le moindre élément qui le constitue est régi par les principes de la Torah.

Un tel comportement est basé sur la soumission à D.ieu.

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