Sauver sans compter ! Likouté Sihot - Volume 1 - Parachat Noa'h paragraphes 6 - 9

24 octobre 2022 · 29 tichri 5783 · 12:32 · 35 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Noa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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6. Néanmoins, on ne peut se contenter de s’enfermer dans l’arche, c’est-à-dire dans les mots de la Torah et de la prière, sans s’intéresser aux autres, en se préoccupant exclusivement de son propre salut.

La Torah nous dit, en effet: «Entre dans l’arche, toi, tes fils, ton épouse et les femmes de tes fils». On ne peut y pénétrer seul, on doit être accompagné par les membres de sa famille. Et, nos Sages expliquent: «Tes fils, ce sont tes élèves». De façon plus générale, cette expression désigne même tous les Juifs, qui sont aussi «ton épouse» ou «tes fils», car la femme est celle qui reçoit. Or, chaque Juif se doit de recevoir de son prochain. Et, tous les Juifs ensemble ne forment qu’une seule entité.

Tous doivent donc entrer dans l’arche. Pour cela, il faut les influencer, les convaincre de «pénétrer» dans les mots de la Torah et de la prière.

Avant le don de la Torah, on aurait pu faire l’erreur de penser: «Pourquoi dois-je me préoccuper des autres? Ne me suffit-il pas d’obtenir mon propre salut?». Malgré cela, D.ieu dit à Noa’h: «Entre dans l’arche, toi, tes fils, ton épouse et les femmes de tes fils». Combien plus en est-il ainsi, après le don de la Torah, lorsque, à Arvot Moav, les enfants d’Israël acceptèrent le principe de la responsabilité collective. Il est donc bien clair que l’on ne peut pas se soucier uniquement de sa propre personne. On doit se préoccuper sincèrement et profondément de la situation de son prochain.

Comme on l’a dit, tous les Juifs ne forment qu’une même entité, qu’un seul corps. Au sein du corps humain, la santé d’un membre est liée à celle des autres. Et, il en est de même pour le grand corps que constitue le peuple d’Israël.

L’intégrité morale d’un Juif rétroagit sur les autres personnes. Et, celui qui ne se préoccupe pas des autres remet en cause sa propre perfection.

7. Il faut donc exercer une influence positive sur les autres Juifs et, en particulier, sur les membres de sa famille. Bien plus, on ne peut mener une telle activité uniquement pour s’acquitter de son obligation. On doit s’y investir pleinement.

Le Rabbi Rachab prononça une sentence bien connue: «Tout comme il incombe à chaque Juif, érudit de la Torah ou simple homme, de mettre quotidiennement les Tefilin, ce qui est une Mitsva de la Torah, il est tout aussi nécessaire de réfléchir chaque jour, au moins pendant une demi-heure, à l’éducation de ses enfants, à faire tout ce qui est en son pouvoir, et même au-delà de celui-ci, pour qu’ils suivent la voie qui leur est tracée».

On peut se demander pourquoi le Rabbi prend pour référence précisément la Mitsva des Tefilin. En fait, il rappelle ainsi, de manière allusive, que les Tefilin ne sont pas simplement une Mitsva se limitant à l’action concrète, mais qu’elles ont aussi une finalité profonde, celle d’assujettir le cerveau et le coeur à D.ieu, comme l’expliquent le Choul’han Arou’h et le Tanya.

Telle est donc l’influence que l’on doit exercer sur les membres de sa famille. Il ne s’agit pas seulement de s’acquitter de son obligation. On doit investir pleinement son cerveau et son coeur dans cette activité.

Celui qui ne se limite pas à sa propre personne, mais agit et, bien plus, se donne pleinement, pour sauver son prochain des eaux dévastatrices du déluge, pour le faire entrer dans l’arche, peut avoir la certitude de conserver lui-même sa propre intégrité.

8. On peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Pour mener à bien chaque accomplissement, on doit recevoir l’aide de D.ieu. C’est la raison pour laquelle, lorsque Noa’h entra dans l’arche, «D.ieu la ferma pour lui».

Si l’on pénétrait dans l’arche, c’est-à-dire dans les mots de la Torah et de la prière, uniquement par ses forces propres, on pourrait adopter un comportement radicalement différent de ce qu’il devrait être.

Ainsi, nos Sages constatent que les Juifs, à une certaine époque, «ne firent pas précéder la Torah d’une bénédiction». Ils rappellent ainsi que, selon cette bénédiction, D.ieu «nous a donné Sa Torah». Et l’on constate ensuite qu’Il «donne la Torah», au présent. Grâce à cette bénédiction, on prend donc conscience que la Torah vient de D.ieu. En revanche, si on ne la dit pas, on peut étudier la Torah en ayant oublié Celui Qui la donne, ce qu’à D.ieu ne plaise.

Il en est de même pour la prière. On peut la réciter sans la ressentir profondément, sans qu’elle n’ait aucun effet, sans qu’elle ne conditionne l’existence quotidienne, pour la rendre conforme à la Volonté de D.ieu.

Telle est donc la signification de cette entrée dans l’arche. Il ne s’agit pas de s’y isoler, mais, bien au contraire, de la quitter, par la suite, afin de se rendre dans le monde pour y bâtir le Sanctuaire de D.ieu.

Pour que l’effet de la prière se fasse ressentir tout au long du jour, celle-ci doit être dite de telle façon que l’on perde la perception du monde, qu’on lui devienne étranger, que l’on perçoive seulement la Divinité.

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