Les quatre groupes des enfants d'Israël - Likoutei sihot - Volume 3 - Béchala'h - Paragraphes 1-12
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bechala'h Série : Béchala'hSérie : Likoutei sihot
1. Lorsque les enfants d’Israël quittèrent l’Egypte et parvinrent près de la mer Rouge, poursuivis par les Egyptiens, Moché, notre maître, leur dit : “ N’ayez pas peur. Dressez-vous et observez le salut que D.ieu réalisera pour vous aujourd’hui. En effet, si vous avez vu l’Egypte en ce jour, vous ne la reverrez plus, pour l’éternité. L’Eternel combattra pour vous et vous resterez silencieux ”.
Commentant ce passage, la Me’hilta sur Chemot 14, 13, rapporte que les enfants d’Israël, parvenus au bord de la mer Rouge, se scindèrent, du fait de leur crainte des Egyptiens, en quatre groupes, chacun ayant une analyse divergente de la situation.
Le premier groupe dit : “ Jetons-nous à la mer ”. Ceux qui le constituaient étaient prêts à perdre la vie plutôt que de redevenir les esclaves du Pharaon. Le second groupe, à l’opposé, suggéra : “ Retournons en Egypte ” afin d’y retrouver l’esclavage. Un troisième groupe lança : “ Faisons la guerre contre eux ”, ayant l’espoir d’emporter la victoire contre les soldats du Pharaon. Enfin, le quatrième groupe écarta toutes ces éventualités et proposa : “ Nous crierons, à leur encontre ” en adressant une prière à D.ieu pour qu’Il leur vienne en aide.
Les deux versets précédemment cités sont, en fait, la réponse que Moché fit à ces quatre groupes à la fois. A ceux qui envisageaient de se jeter à la mer, il dit : “ Dressez-vous et observez le salut que D.ieu réalisera ”. A ceux qui suggéraient le retour en Egypte, il affirma : “ Si vous avez vu l’Egypte en ce jour, vous ne la reverrez plus pour l’éternité ”. A ceux qui voulaient la guerre contre les Egyptiens, il précisa : “ L’Eternel combattra pour vous ”. Enfin, à ceux qui proposaient de crier et d’implorer D.ieu, il répliqua : “ Vous resterez silencieux ”, sans prier.
Que fallait-il donc faire ? Le verset le précise ensuite : “ Parle aux enfants d’Israël et qu’ils avancent ” sur le chemin les conduisant vers le mont Sinaï, afin d’y recevoir la Torah. Telle était, en effet, la finalité de la sortie d’Egypte.
Or, on peut s’interroger sur ce qui vient d’être exposé. Les quatre groupes avaient des conceptions très différentes. Pourquoi donc Moché répondit-il à tous à la fois dans une même parole ? Et, l’on consultera, à ce sujet, les commentaires de nos Sages sur les versets Chemot 3, 14 et Esther 7, 5.
L’idée de retrouver l’exil d’Egypte était la négation de la libération. Le désir de se jeter à la mer lui était radicalement opposé, puisqu’il excluait tout retour en Egypte, au point d’être prêt au sacrifice, y compris spirituel, puisque le suicide est interdit et l’était déjà avant le don de la Torah, selon le traité Baba Kama 91b, le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 34, paragraphe 13 et le Rambam, lois du crime, chapitre 2, paragraphe 3. Malgré cela, ceux qui appartenaient à ce groupe étaient prêts à toute éventualité, plutôt que de tomber à nouveau dans les mains des Egyptiens.
Moralement, le désir de retourner en Egypte, d’y être de nouveau esclave est encore plus clairement opposé à l’intention de faire la guerre à ce pays et à son armée, de se révolter, de vaincre le maître. De même, cette éventualité de retrouver l’Egypte, d’y être encore réduit en esclavage, avec le désespoir qu’elle implique, est véritablement l’antithèse, dans la dimension morale, de la prière adressée à D.ieu et de la conscience que tout dépend de Lui. En effet, la nécessité de se tourner vers D.ieu pour obtenir la satisfaction de ses besoins, en particulier dans un moment de détresse, est une Mitsva particulièrement élevée, comme le soulignent le ‘Hinou’h, au paragraphe 433 et le Séfer Hamitsvot, dans le Choréch Mitsvat Ha Tefila. Une telle prière est une expression de foi, une reconnaissance de la toute puissance de D.ieu. Et, selon différents avis, c’est précisément du fait de sa portée générale que ce principe ne figure pas parmi les 613 Mitsvot, comme l’explique le Likouteï Torah Balak, à la page 70d.
Certes, à l’époque, la Torah n’avait pas encore été donnée et la prière ne pouvait donc être qualifiée de Mitsva. Ainsi, le Rambam, dans ses lois des rois, au début du chapitre 9, dit : “ Avraham reçut l’ordre de se circoncire, mais il décida de faire la prière de Cha’harit ”. Néanmoins, la prière est, après le don de la Torah, une Mitsva particulièrement importante et l’on peut en déduire qu’elle possédait déjà, avant ce don, une élévation particulière.
En tout état de cause, on peut se demander pourquoi la réponse apportée aux quatre groupes, dont les conceptions étaient si clairement opposées, fut énoncée dans la même parole.
Il nous faut comprendre également l’ordre dans lequel ces quatre groupes sont énoncés dans la Torah, en fonction des réponses qui leur sont apportées, se jeter à la mer, puis retourner en Egypte. Cette dernière éventualité n’est-elle la première qu’il fallait écarter, étant l’hypothèse la plus basse ? C’est ensuite seulement que l’on pouvait exclure les autres propositions, se jeter à la mer, faire la guerre ou prier.
Commentant ce passage, la Me’hilta sur Chemot 14, 13, rapporte que les enfants d’Israël, parvenus au bord de la mer Rouge, se scindèrent, du fait de leur crainte des Egyptiens, en quatre groupes, chacun ayant une analyse divergente de la situation.
Le premier groupe dit : “ Jetons-nous à la mer ”. Ceux qui le constituaient étaient prêts à perdre la vie plutôt que de redevenir les esclaves du Pharaon. Le second groupe, à l’opposé, suggéra : “ Retournons en Egypte ” afin d’y retrouver l’esclavage. Un troisième groupe lança : “ Faisons la guerre contre eux ”, ayant l’espoir d’emporter la victoire contre les soldats du Pharaon. Enfin, le quatrième groupe écarta toutes ces éventualités et proposa : “ Nous crierons, à leur encontre ” en adressant une prière à D.ieu pour qu’Il leur vienne en aide.
Les deux versets précédemment cités sont, en fait, la réponse que Moché fit à ces quatre groupes à la fois. A ceux qui envisageaient de se jeter à la mer, il dit : “ Dressez-vous et observez le salut que D.ieu réalisera ”. A ceux qui suggéraient le retour en Egypte, il affirma : “ Si vous avez vu l’Egypte en ce jour, vous ne la reverrez plus pour l’éternité ”. A ceux qui voulaient la guerre contre les Egyptiens, il précisa : “ L’Eternel combattra pour vous ”. Enfin, à ceux qui proposaient de crier et d’implorer D.ieu, il répliqua : “ Vous resterez silencieux ”, sans prier.
Que fallait-il donc faire ? Le verset le précise ensuite : “ Parle aux enfants d’Israël et qu’ils avancent ” sur le chemin les conduisant vers le mont Sinaï, afin d’y recevoir la Torah. Telle était, en effet, la finalité de la sortie d’Egypte.
Or, on peut s’interroger sur ce qui vient d’être exposé. Les quatre groupes avaient des conceptions très différentes. Pourquoi donc Moché répondit-il à tous à la fois dans une même parole ? Et, l’on consultera, à ce sujet, les commentaires de nos Sages sur les versets Chemot 3, 14 et Esther 7, 5.
L’idée de retrouver l’exil d’Egypte était la négation de la libération. Le désir de se jeter à la mer lui était radicalement opposé, puisqu’il excluait tout retour en Egypte, au point d’être prêt au sacrifice, y compris spirituel, puisque le suicide est interdit et l’était déjà avant le don de la Torah, selon le traité Baba Kama 91b, le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 34, paragraphe 13 et le Rambam, lois du crime, chapitre 2, paragraphe 3. Malgré cela, ceux qui appartenaient à ce groupe étaient prêts à toute éventualité, plutôt que de tomber à nouveau dans les mains des Egyptiens.
Moralement, le désir de retourner en Egypte, d’y être de nouveau esclave est encore plus clairement opposé à l’intention de faire la guerre à ce pays et à son armée, de se révolter, de vaincre le maître. De même, cette éventualité de retrouver l’Egypte, d’y être encore réduit en esclavage, avec le désespoir qu’elle implique, est véritablement l’antithèse, dans la dimension morale, de la prière adressée à D.ieu et de la conscience que tout dépend de Lui. En effet, la nécessité de se tourner vers D.ieu pour obtenir la satisfaction de ses besoins, en particulier dans un moment de détresse, est une Mitsva particulièrement élevée, comme le soulignent le ‘Hinou’h, au paragraphe 433 et le Séfer Hamitsvot, dans le Choréch Mitsvat Ha Tefila. Une telle prière est une expression de foi, une reconnaissance de la toute puissance de D.ieu. Et, selon différents avis, c’est précisément du fait de sa portée générale que ce principe ne figure pas parmi les 613 Mitsvot, comme l’explique le Likouteï Torah Balak, à la page 70d.
Certes, à l’époque, la Torah n’avait pas encore été donnée et la prière ne pouvait donc être qualifiée de Mitsva. Ainsi, le Rambam, dans ses lois des rois, au début du chapitre 9, dit : “ Avraham reçut l’ordre de se circoncire, mais il décida de faire la prière de Cha’harit ”. Néanmoins, la prière est, après le don de la Torah, une Mitsva particulièrement importante et l’on peut en déduire qu’elle possédait déjà, avant ce don, une élévation particulière.
En tout état de cause, on peut se demander pourquoi la réponse apportée aux quatre groupes, dont les conceptions étaient si clairement opposées, fut énoncée dans la même parole.
Il nous faut comprendre également l’ordre dans lequel ces quatre groupes sont énoncés dans la Torah, en fonction des réponses qui leur sont apportées, se jeter à la mer, puis retourner en Egypte. Cette dernière éventualité n’est-elle la première qu’il fallait écarter, étant l’hypothèse la plus basse ? C’est ensuite seulement que l’on pouvait exclure les autres propositions, se jeter à la mer, faire la guerre ou prier.