Tout est pour le bien - Likoutei sihot - Volume 2 - Ki tavo - Paragraphes 4-7

28 août 2023 · 11 éloul 5783 · 10:18 · 33 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Ki Tavo Série : Ki tavoSérie : Likoutei sihot

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4. Nos Sages disent que tout ce qui advient est pour le bien et ils l’expriment de deux manières. Ils disent que “ tout ce que D.ieu fait est positif ” et aussi que “ ceci est également pour le bien ”.

Ces deux formulations ne sont pas identiques. La première est énoncée en Araméen, la seconde en Hébreu, une langue sainte et élevée, qui suscite la clarté et souligne, à l’évidence, que tout est effectivement bien. Cette clarté n’apparaît pas aussi clairement dans la première formule.

Nous illustrerons notre propos en rappelant les explications et les exemples énoncés par la Guemara à propos de ces deux formules. Nous envisagerons tout d’abord ce qu’elle dit, à propos de “ tout ce que D.ieu fait est positif ”.

Rabbi Akiva partit en voyage, emportant avec lui une bougie, un âne et un coq.

De nos jours, ceux qui voyagent se munissent d’autres objets, un chéquier, une brosse à dents. A l’époque, on prenait une bougie, afin de pouvoir étudier la Torah même dans l’obscurité, un âne pour porter ses affaires, afin de ne pas être obligé de le faire soi-même et un coq, pour pouvoir se réveiller au milieu de la nuit.

D.ieu fit qu’on ne le laisse pas entrer dans la ville, de sorte qu’il dut passer la nuit dans le champ. Alors, le vent souffla, éteignit la bougie et il resta dans l’obscurité. Un loup vint ensuite et mangea l’âne, puis survint un chat, qui mangea le coq. Rabbi Akiva dit : “ Tout ce que D.ieu fait est positif ”.

Par la suite, il fut établi que c’était effectivement le cas. Pendant cette nuit, la ville fut attaquée et pillée. S’il y avait passé la nuit, Rabbi Akiva aurait également été victime de cette attaque. Si la bougie était allumée dans le champ, on l’aurait vu. Si l’on avait entendu l’âne braire ou le coq chanter, on aurait pu le découvrir. C’est finalement grâce à ce qui lui était arrivé qu’il fut sauvé.

5. La Guemara illustre la formule “ ceci est également pour le bien ” en faisant référence à un Sage de la Michna, “ Na’houm, qui fut appelé ‘ceci est également’ ”. Il reçut ce nom précisément parce qu’il prononçait cette phrase à propos de tout événement qui lui arrivait.

On lui confia, une fois, une mission auprès du roi de Rome et on lui confia des pierres précieuses et des perles, pour qu’il les lui offre. Une nuit, on les lui vola et l’on plaça dans le coffret, à la place de celles-ci, de la terre. Il dit alors : “ Ceci est également pour le bien ”. Les Juifs l’avaient chargé de se rendre auprès du roi et il se devait donc de s’y rendre. D.ieu l’aiderait sûrement.

Il parvint chez le roi et lui offrit ce cadeau. On vit que le coffret contenait de la terre et l’on voulut lui infliger la punition qui est celle des personnes ayant commis un crime de lèse-majesté. Mais, D.ieu envoya le prophète Elie, qui prit l’apparence d’un ministre et dit au roi que cette terre était peut-être celle d’Avraham, avec laquelle il gagnait les guerres. Chez les nations, les guerres sont fréquentes. On fit donc un essai et l’on put vérifier que cette terre apporta la victoire contre les ennemis du roi.

6. Il existe une différence entre ces deux exemples.

Rabbi Akiva souffrit, connut la peine. Il perdit son âne, son coq, resta dans l’obscurité et passa la nuit dans le champ. Par la suite, il s’avéra que tout cela avait été pour le bien, mais la souffrance n’en fut pas moins effective.

Na’houm, en revanche, ne souffrit pas. Bien plus, s’il avait effectivement apporté des pierres précieuses, qui sait si le roi les aurait accepté ? Il est clair que celui-ci n’en manquait pas, dans sa maison. En revanche, la terre qu’il apporta fut bien accueillie.

Rabbi Akiva souffrit et il fut, de la sorte, préservé d’une douleur encore plus importante. Na’houm ne connut que le bien.

7. Telle est la supériorité de “ Ceci est également pour le bien ”, par rapport à “ Tout ce que D.ieu fait est positif ”. La première formule signifie que l’événement lui-même est positif et non qu’il se justifie par le bien qui en découlera ensuite. Néanmoins, dans un premier temps, ce bien est voilé, comme si l’on avait les yeux fermés. On ne voit donc que la douleur et la peine. Par la suite, le voile est supprimé et l’on s’aperçoit que tout était d’emblée positif.

Na’houm était le maître de Rabbi Akiva, qui vécut donc dans la génération suivante, c’est-à-dire à un moment où l’obscurité était encore plus grande, puisque celle-ci va croissant. A son époque, on ne s’apercevait donc plus que tout ce qui se passe est effectivement bien.

Même si la vérité est une évidence, si l’on sait que tout est bien, le monde ne permet pas de révéler qu’il en est bien ainsi et l’on se dit donc simplement que “ tout ce que D.ieu fait est positif ”. A l’époque de Na’houm, par contre, on était plus proche de la période du Temple. On pouvait donc percevoir, dans le monde, que “ ceci est également pour le bien ”.

Nous approchons maintenant du temps de la délivrance, “ pour ceux qui L’aiment, comme lorsque le soleil se révèle dans toute sa force ”. ...

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