Le père et la mère des sentiments - Likoutei Sihot - Volume 4 - Parachat Balak - Paragraphes 1-4
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Balak Série : BalakSérie : Likoutei sihot
. Commentant le verset “ Je l’apercevrai du sommet des rocs et Je le verrai des plaines ”, nos Sages disent, dans le Midrach Bamidbar Rabba, chapitre 20, paragraphe 19, le Tan’houma, Balak, chapitre 12 et le Zohar, tome 3, page 210 : “ le sommet des rocs fait allusion aux Patriarches et les plaines, aux Mères d’Israël ”.
Le père et la mère sont différents, dans leur relation avec l’enfant. Le père est à l’origine de son corps, dans sa globalité, avant que ses membres ne puissent être différenciés. Certes, il est dit que la goutte séminale du père permet aux os de se former. Mais, pour cela, la gestation est nécessaire, qui est le fait de la femme.
La forme du corps de l’enfant et de tous ses membres découle donc des neuf mois de la gestation, comme le précise le second chapitre du Tanya. Après sa naissance, sa mère est donc plus proche de lui que son père, car elle est à l’origine des aspects spécifiques de son corps.
En conséquence, on peut constater pratiquement qu’un enfant est plus attaché à sa mère qu’à son père. En revanche, il éprouve plus de crainte envers son père, comme le dit le traité Kiddouchin 30b. En effet, l’amour est un sentiment de proximité et la crainte, un sentiment d’éloignement.
Et, il en est de même pour le “ père ” et la “ mère ” spirituels, les Attributs de découverte intellectuelle, ‘Ho’hma et d’analyse raisonnée, Bina. Le premier est à l’origine de la crainte et le second de l’amour.
On retrouve la même différence entre les Pères et les Mères d’Israël. C’est pour cela qu’à propos des rocs, qui sont les Patriarches, le verset dit : “ Je l’apercevrai ” de loin, alors que pour les “ plaines ” que sont les Mères, il dit : “ Je le verrai ”, de près, comme le montre également le terme employé par le Targoum, désignant une observation précise et concentrée, comme l’indique le commentaire de Rachi sur le traité Béréchit 19, 26.
Néanmoins, le sens de ces termes est parfois présenté comme l’inverse de ce qui vient d’être dit, le premier de près et le second de loin. Les deux avis figurent dans le Midrach E’ha Rabba, au début du chapitre 5.
2. La naissance d’un enfant à ses parents, comme tout événement matériel, découle de sa source spirituelle. Les sentiments sont appelés “ les descendances ”, car ils sont le produit de l’intellect. La méditation et la perception de la grandeur de D.ieu donnent naissance à l’amour et à la crainte de D.ieu. Et, l’intellect lui-même présente deux aspects, ‘Ho’hma et Bina.
‘Ho’hma est le point premier de la compréhension, qui est appelé “ père ”. Bina, qui présente une analyse détaillée, est la mère, selon le chapitre 3 du Tanya et les Biyoureï Ha Zohar, Balak, page 103b.
Les forces de l’âme émanent des Sefirot célestes, comme le dit le chapitre 3 du Tanya et, parmi elles, on retrouve donc la même organisation que dans les forces de l’âme, puisqu’elles en sont à l’origine.
Ainsi, les forces de l’âme se répartissent en deux catégories, intellect et sentiments, les seconds étant le produit du premier. Or, il en est de même pour les sphères célestes, d’autant que les Sefirot de l’intellect ont une vocation interne alors que celles du sentiment sont tournées vers l’autre. Les Attributs du sentiment, qui furent à l’origine de la création des mondes, découlent de ‘Ho’hma et Bina. C’est pour cela qu’ils sont appelés “ les sept jours de la construction ”.
‘Ho’hma est donc le “ père ” des Attributs de l’émotion, se tenant à distance par rapport à eux et, a fortiori, par rapport aux mondes qu’ils créent. Bina est la mère, proche des sentiments et des mondes dont ils sont à l’origine.
Pour Bina, source de proximité pour les sentiments, à l’origine des créatures, le monde a une importance véritable. Certes, Bina conduit à ressentir la Divinité dans le monde. Pour autant, elle permet de soumettre sa personnalité, mais non de la faire disparaître.
Il n’en est pas de même pour ‘Ho’hma, qui transcende les sentiments. Pour ce qui la concerne, le monde est effectivement insignifiant. On peut donc ressentir que “ Lui seul existe et nul autre ”, selon les termes du chapitre 35 du Tanya. De fait, ‘Ho’hma est l’anagramme de Koa’h Ma, la force de la soumission la plus totale, qui fait abstraction de l’être, selon les Tikouneï Zohar, introduction, page 4a et le Tanya, aux chapitres 3 et 18.
3. Il s’agit bien là des Pères et des Mères de chaque Juif, à qui ils ont légué leur héritage. C’est la raison pour laquelle “ seuls trois hommes peuvent être qualifiés de pères ”, selon le traité Bera’hot 16b. En effet, on peut imaginer de ne pas avoir les caractères des fils de Yaakov. En revanche, l’héritage des pères et des mères est réellement le fait de chacun, comme l’explique le Torah Or, Vaéra, page 55a.
Ceci nous permettra de comprendre les propos des premiers Sages, par exemple le Ritva, commentant le traité Yebamot 46a, qui mettent en application, dans la formulation de la prière, le fait qu’il y ait uniquement trois Pères et quatre Mères.
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Le père et la mère sont différents, dans leur relation avec l’enfant. Le père est à l’origine de son corps, dans sa globalité, avant que ses membres ne puissent être différenciés. Certes, il est dit que la goutte séminale du père permet aux os de se former. Mais, pour cela, la gestation est nécessaire, qui est le fait de la femme.
La forme du corps de l’enfant et de tous ses membres découle donc des neuf mois de la gestation, comme le précise le second chapitre du Tanya. Après sa naissance, sa mère est donc plus proche de lui que son père, car elle est à l’origine des aspects spécifiques de son corps.
En conséquence, on peut constater pratiquement qu’un enfant est plus attaché à sa mère qu’à son père. En revanche, il éprouve plus de crainte envers son père, comme le dit le traité Kiddouchin 30b. En effet, l’amour est un sentiment de proximité et la crainte, un sentiment d’éloignement.
Et, il en est de même pour le “ père ” et la “ mère ” spirituels, les Attributs de découverte intellectuelle, ‘Ho’hma et d’analyse raisonnée, Bina. Le premier est à l’origine de la crainte et le second de l’amour.
On retrouve la même différence entre les Pères et les Mères d’Israël. C’est pour cela qu’à propos des rocs, qui sont les Patriarches, le verset dit : “ Je l’apercevrai ” de loin, alors que pour les “ plaines ” que sont les Mères, il dit : “ Je le verrai ”, de près, comme le montre également le terme employé par le Targoum, désignant une observation précise et concentrée, comme l’indique le commentaire de Rachi sur le traité Béréchit 19, 26.
Néanmoins, le sens de ces termes est parfois présenté comme l’inverse de ce qui vient d’être dit, le premier de près et le second de loin. Les deux avis figurent dans le Midrach E’ha Rabba, au début du chapitre 5.
2. La naissance d’un enfant à ses parents, comme tout événement matériel, découle de sa source spirituelle. Les sentiments sont appelés “ les descendances ”, car ils sont le produit de l’intellect. La méditation et la perception de la grandeur de D.ieu donnent naissance à l’amour et à la crainte de D.ieu. Et, l’intellect lui-même présente deux aspects, ‘Ho’hma et Bina.
‘Ho’hma est le point premier de la compréhension, qui est appelé “ père ”. Bina, qui présente une analyse détaillée, est la mère, selon le chapitre 3 du Tanya et les Biyoureï Ha Zohar, Balak, page 103b.
Les forces de l’âme émanent des Sefirot célestes, comme le dit le chapitre 3 du Tanya et, parmi elles, on retrouve donc la même organisation que dans les forces de l’âme, puisqu’elles en sont à l’origine.
Ainsi, les forces de l’âme se répartissent en deux catégories, intellect et sentiments, les seconds étant le produit du premier. Or, il en est de même pour les sphères célestes, d’autant que les Sefirot de l’intellect ont une vocation interne alors que celles du sentiment sont tournées vers l’autre. Les Attributs du sentiment, qui furent à l’origine de la création des mondes, découlent de ‘Ho’hma et Bina. C’est pour cela qu’ils sont appelés “ les sept jours de la construction ”.
‘Ho’hma est donc le “ père ” des Attributs de l’émotion, se tenant à distance par rapport à eux et, a fortiori, par rapport aux mondes qu’ils créent. Bina est la mère, proche des sentiments et des mondes dont ils sont à l’origine.
Pour Bina, source de proximité pour les sentiments, à l’origine des créatures, le monde a une importance véritable. Certes, Bina conduit à ressentir la Divinité dans le monde. Pour autant, elle permet de soumettre sa personnalité, mais non de la faire disparaître.
Il n’en est pas de même pour ‘Ho’hma, qui transcende les sentiments. Pour ce qui la concerne, le monde est effectivement insignifiant. On peut donc ressentir que “ Lui seul existe et nul autre ”, selon les termes du chapitre 35 du Tanya. De fait, ‘Ho’hma est l’anagramme de Koa’h Ma, la force de la soumission la plus totale, qui fait abstraction de l’être, selon les Tikouneï Zohar, introduction, page 4a et le Tanya, aux chapitres 3 et 18.
3. Il s’agit bien là des Pères et des Mères de chaque Juif, à qui ils ont légué leur héritage. C’est la raison pour laquelle “ seuls trois hommes peuvent être qualifiés de pères ”, selon le traité Bera’hot 16b. En effet, on peut imaginer de ne pas avoir les caractères des fils de Yaakov. En revanche, l’héritage des pères et des mères est réellement le fait de chacun, comme l’explique le Torah Or, Vaéra, page 55a.
Ceci nous permettra de comprendre les propos des premiers Sages, par exemple le Ritva, commentant le traité Yebamot 46a, qui mettent en application, dans la formulation de la prière, le fait qu’il y ait uniquement trois Pères et quatre Mères.
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