L'action et l'intention - Likoutei sihot - Volume 3 - Parachat Terouma - Paragraphes 8-10

23 février 2025 · 25 chevat 5785 · 12:13 · 34 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Terouma Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3

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8. Commentant le verset : “ Ils prendront pour Moi, une offrande ”, Rachi explique : “ pour Moi : pour Mon Nom ”. Les offrandes destinées au Sanctuaire devaient donc être consacrées au Nom de D.ieu et n’avoir aucune autre motivation.

Or, on peut ici s’interroger. Pourquoi la Torah apporte-t-elle cette précision à propos de cette Mitsva plutôt que pour n’importe quelle autre ? Pourquoi ne pas dire qu’elles doivent toutes être “ pour Son Nom ” et comment justifier le choix particulier de cette Mitsva ?

Bien plus, il eut été plus logique qu’il en soit autrement. En effet, le Baal Chem Tov souligne que, s’agissant de certaines actions, l’intention dans laquelle elles sont effectuées est moins déterminante que pour d’autres. C’est le cas, par exemple, de l’immersion rituelle. Celui qui se rend au Mikwé non pas dans le but d’accéder à la pureté, mais en ayant une autre motivation, sera, malgré cela, purifié. Bien plus, même s’il n’a nullement l’intention de pratiquement une immersion rituelle, mais qu’il est simplement recouvert par la vague qui passe, il sera effectivement pur, comme le dit le traité ‘Haguiga 19a.

Un autre exemple de l’application de ce principe est le don de la Tsédaka. Peu importe pour quelle raison celle-ci est apportée. Bien plus, même si on la donne sans avoir eu l’intention de le faire, par exemple parce que l’on a perdu de l’argent qui a ensuite été trouvé par un pauvre, on a bien accompli cette Mitsva de la Tsédaka, dès lors que ce pauvre a reçu la pièce.

Et, il en est de même également pour la Mitsva de l’oubli, qui s’applique à la partie de la récolte ayant été laissée dans le champ par inadvertance, qu’il convient de laisser au pauvre, comme l’explique le Sifri, à propos du verset Devarim 24, 19, cité par Rachi, à la même référence.

Tous ces exemples conduisent à s’interroger. Concernant les autres Mitsvot, pour lesquelles l’intention n’est pas déterminante, la Torah ne dit pas qu’elles doivent être effectuées “ pour Moi : pour Mon Nom ”. Cette précision figure, en revanche, pour les offrandes du Sanctuaire, qui s’apparentent, pourtant, au don de la Tsédaka. Comment le justifier ?

Nous répondrons à cette question en fonction de ce qui a été exposé au préalable. La finalité du Sanctuaire est de permettre à un Juif d’unifier tout ce qui le concerne à D.ieu, jusqu’à “ Le reconnaître ” également “ en toutes tes voies ”. Il est donc important de lui préciser qu’il doit agir “ pour Moi : pour Mon Nom ”. En effet, tel est le rôle du Sanctuaire, grâce auquel les hommes s’attachent à D.ieu.

9. Bien plus, la relation entre l’explication “ pour Moi : pour Mon Nom ” et l’Injonction “ En toutes tes voies, reconnais-Le ” apparaîtra encore plus clairement si l’on précise, tout d’abord, la formulation du verset : “ Ils prendront, pour Moi, une offrande ”.

En effet, pourquoi ne pas dire : “ Ils donneront, pour Moi, une offrande ” ? Pourquoi souligner le fait de "prendre"? En fait, la Torah énonce ainsi, d’une manière allusive, le principe selon lequel le pauvre doit recevoir la Tsédaka “ pour Son Nom ”, comme l’explique le Kéter Chem Tov, en sa seconde partie.

D.ieu fixa, dans l’ordre de la création, qu’il y ait des riches et des pauvres, que ces derniers aient recours aux premiers, afin que certains donnent et que d’autres reçoivent, que, de cette manière, la Tsédaka soit possible, comme le dit le Midrach Chemot Rabba, chapitre 31, paragraphe 5 et le Tan’houma, à la même référence.

Il est bien clair que D.ieu “ nourrit le monde entier, par Sa bonté, Sa grâce, Son bienfait et Sa miséricorde ”, qu’Il subvient aux besoins de tout le monde, des pauvres et des riches. Néanmoins, Il assure la subsistance de ces derniers en confiant leur part aux riches, qui sont chargés de la leur transmettre. En conséquence, le riche qui donne de la Tsédaka au pauvre ne lui remet pas ce qui lui appartient personnellement. Il ne fait que lui restituer ce qui est placé en dépôt chez lui, afin qu’il le donne à ce pauvre.

Or, puisque D.ieu subvient Lui-même aux besoins des pauvres, pourquoi ne le fait-Il pas directement, selon la question qui est posée par le traité Baba Batra 10a ? Pourquoi les riches doivent-ils être les intermédiaires ?

La réponse à cette question est celle que nous donnions auparavant. D.ieu souhaite que le bienfait et la Tsédaka soient partie intégrante du monde. Si chacun recevait directement ce qui lui est destiné, sans avoir recours à quelqu’un d’autre, cette notion de Tsédaka serait remise en cause.

En conséquence, le pauvre qui reçoit de la Tsédaka doit l’accepter dans le but de mettre en pratique la Volonté de D.ieu, Qui souhaite assurer la présence de cette Tsédaka dans le monde. C’est la raison pour laquelle la Torah dit : “ Ils prendront, pour Moi, une offrande ”. Cette Tsédaka, dès qu’on la “ prend ”, doit être “ pour Mon Nom ”.
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