L'interdiction de la Orla - Likoutei sihot - Volume 3 - Parachat Kedochim - Paragraphes 1-3
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Kedochim Série : KedochimSérie : Likoutei sihot
1. La Parchat Kedochim définit l’interdiction de la Orla, c’est-à-dire des trois premières productions d’un arbre. La Michna du traité Orla, chapitre 1, Michna 6, citée par le traité Guittin 54b, dit : “ Si des plantations d’Orla se sont mélangées à celles qui n’en sont pas, on ne les cueillera pas. Si on l’a fait, il faut que les fruits permis soient deux cent une fois plus importants que ceux d’Orla ”.
De façon générale, ce qui est interdit par la Torah disparaît devant la majorité ou même devant une quantité soixante fois plus grande. Les fruits d’Orla, en revanche, s’annulent dans une quantité deux cent une fois plus importante. Néanmoins, il en est ainsi uniquement lorsque l’on est devant le fait accompli, lorsque le mélange a déjà eu lieu. A priori, par contre, il est interdit de mélanger des fruits d’Orla et d’autres fruits, afin de supprimer l’interdiction des premiers. Le traité Beïtsa 4b et le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 99, paragraphe 5, disent, en effet, que “ il est, a priori, interdit de faire disparaître une interdiction ”.
Notre Michna enseigne que, si des plantations d’Orla se mélangent à une quantité deux cent fois plus grande de plantations permises, de sorte que l’on ne puisse les distinguer, il est, a priori, interdit de les cueillir, ce qui aurait pour effet de supprimer cette interdiction d’Orla, la quantité requise pour cela étant bien présente. Or, il est d’emblée, interdit d’annuler un interdit. Pour autant, si on l’a d’ores et déjà pratiqué de la sorte, l’interdiction disparaît.
Pourquoi le caractère d’Orla de ces fruits disparaît-il précisément après qu’ils aient été cueillis, ce qui n’est pas le cas avant la cueillette ? Parce que “ ce qui est attaché au sol ne peut pas s’annuler ”, comme le soulignent les commentateurs des traités Orla et Guittin, à la référence précédemment citée, de même que le Sdeï ‘Hémed, principes, seconde partie, paragraphe 83.
2. Tous les Préceptes de l’enseignement révélé de la Torah délivrent également une enseignement moral, pour le service de D.ieu d’un Juif.
La Torah établit le principe selon lequel la minorité disparaît devant la majorité. Considérant que “ vous êtes la minorité d’entre les nations ”, on pourrait se demander où puiser la force de ne pas se fondre dans les peuples majoritaires, auprès desquels les Juifs vivent depuis des centaines d’années.
C’est à ce propos qu’est énoncé l’enseignement suivant. Les Juifs, partout où ils se trouvent, restent liés à leur Source, à D.ieu. Ils ne peuvent donc pas s’assimiler aux autres. Ils restent en permanence “ un peuple qui réside seul et ne tient pas compte des nations ”, selon les termes du verset Bamidbar 23, 9.
D.ieu dit (Mala’hi 3, 6) : “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ”. Il ne connaît pas de mutation et il est dit que “ Il a été, Il est, Il sera ”. En outre, le Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna, au début du chapitre 7, souligne que ce qui est vrai de la dimension du temps l’est également pour l’espace.
Les Juifs, qui sont attachés à D.ieu, possèdent également ce caractère immuable et, du reste, le même verset se conclut par : “ Et, vous, fils de Yaakov, vous ne disparaîtrez pas ”. Leur disparition, ce qu’à D.ieu ne plaise, est inconcevable.
Le Torah Or, Yethro, page 67a et le Likouteï Torah, commentaires de Roch Hachana, page 61d, donne une autre lecture, interrogative, du verset “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé et vous, fils de Yaakov, vous ne disparaîtrez pas ”. En effet, ayant conscience que “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ”, comment se fait-il que “ vous, fils de Yaakov, vous n’ayez pas disparu ” en connaissant l’extase ?
Tous les commentaires donnés à propos d’un même verset sont liés. En l’occurrence, celui qui, ayant conscience que “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ”, n’en conçoit nullement de l’extase, selon la deuxième explication, n’en reste pas moins lié à la Source. Il ne peut donc pas disparaître et se fondre parmi les nations, ce qu’à D.ieu ne plaise, comme le souligne la première explication.
Pour autant, ce lien doit s’exprimer concrètement, de sorte que (Devarim 28, 10) : “ Toutes les nations du monde puissent voir que tu portes le Nom de D.ieu ”. Le caractère divin des Juifs doit donc apparaître à l’évidence. Non seulement “ les nations du monde ”, les préoccupations matérielles, ne marqueront pas d’opposition, mais, bien plus, elles “ te craindront ”, viendront en aide aux Juifs dans leur service de D.ieu, qui est la finalité de la création, comme le dit la Michna, à la fin du traité Kiddouchin : “ Ils ont été créés pour me servir et j’ai moi-même été créé pour servir mon Créateur ”.
3. L’enseignement venant d’être énoncé, selon lequel ce qui est lié à sa source ne peut disparaître, est exprimé par la Michna, à propos de la Orla, car cette interdiction permet de réparer la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, selon le commentaire du Sifteï Cohen sur la Torah, cité par le Likouteï Torah, Kedochim, page 29a.
...
De façon générale, ce qui est interdit par la Torah disparaît devant la majorité ou même devant une quantité soixante fois plus grande. Les fruits d’Orla, en revanche, s’annulent dans une quantité deux cent une fois plus importante. Néanmoins, il en est ainsi uniquement lorsque l’on est devant le fait accompli, lorsque le mélange a déjà eu lieu. A priori, par contre, il est interdit de mélanger des fruits d’Orla et d’autres fruits, afin de supprimer l’interdiction des premiers. Le traité Beïtsa 4b et le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 99, paragraphe 5, disent, en effet, que “ il est, a priori, interdit de faire disparaître une interdiction ”.
Notre Michna enseigne que, si des plantations d’Orla se mélangent à une quantité deux cent fois plus grande de plantations permises, de sorte que l’on ne puisse les distinguer, il est, a priori, interdit de les cueillir, ce qui aurait pour effet de supprimer cette interdiction d’Orla, la quantité requise pour cela étant bien présente. Or, il est d’emblée, interdit d’annuler un interdit. Pour autant, si on l’a d’ores et déjà pratiqué de la sorte, l’interdiction disparaît.
Pourquoi le caractère d’Orla de ces fruits disparaît-il précisément après qu’ils aient été cueillis, ce qui n’est pas le cas avant la cueillette ? Parce que “ ce qui est attaché au sol ne peut pas s’annuler ”, comme le soulignent les commentateurs des traités Orla et Guittin, à la référence précédemment citée, de même que le Sdeï ‘Hémed, principes, seconde partie, paragraphe 83.
2. Tous les Préceptes de l’enseignement révélé de la Torah délivrent également une enseignement moral, pour le service de D.ieu d’un Juif.
La Torah établit le principe selon lequel la minorité disparaît devant la majorité. Considérant que “ vous êtes la minorité d’entre les nations ”, on pourrait se demander où puiser la force de ne pas se fondre dans les peuples majoritaires, auprès desquels les Juifs vivent depuis des centaines d’années.
C’est à ce propos qu’est énoncé l’enseignement suivant. Les Juifs, partout où ils se trouvent, restent liés à leur Source, à D.ieu. Ils ne peuvent donc pas s’assimiler aux autres. Ils restent en permanence “ un peuple qui réside seul et ne tient pas compte des nations ”, selon les termes du verset Bamidbar 23, 9.
D.ieu dit (Mala’hi 3, 6) : “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ”. Il ne connaît pas de mutation et il est dit que “ Il a été, Il est, Il sera ”. En outre, le Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna, au début du chapitre 7, souligne que ce qui est vrai de la dimension du temps l’est également pour l’espace.
Les Juifs, qui sont attachés à D.ieu, possèdent également ce caractère immuable et, du reste, le même verset se conclut par : “ Et, vous, fils de Yaakov, vous ne disparaîtrez pas ”. Leur disparition, ce qu’à D.ieu ne plaise, est inconcevable.
Le Torah Or, Yethro, page 67a et le Likouteï Torah, commentaires de Roch Hachana, page 61d, donne une autre lecture, interrogative, du verset “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé et vous, fils de Yaakov, vous ne disparaîtrez pas ”. En effet, ayant conscience que “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ”, comment se fait-il que “ vous, fils de Yaakov, vous n’ayez pas disparu ” en connaissant l’extase ?
Tous les commentaires donnés à propos d’un même verset sont liés. En l’occurrence, celui qui, ayant conscience que “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ”, n’en conçoit nullement de l’extase, selon la deuxième explication, n’en reste pas moins lié à la Source. Il ne peut donc pas disparaître et se fondre parmi les nations, ce qu’à D.ieu ne plaise, comme le souligne la première explication.
Pour autant, ce lien doit s’exprimer concrètement, de sorte que (Devarim 28, 10) : “ Toutes les nations du monde puissent voir que tu portes le Nom de D.ieu ”. Le caractère divin des Juifs doit donc apparaître à l’évidence. Non seulement “ les nations du monde ”, les préoccupations matérielles, ne marqueront pas d’opposition, mais, bien plus, elles “ te craindront ”, viendront en aide aux Juifs dans leur service de D.ieu, qui est la finalité de la création, comme le dit la Michna, à la fin du traité Kiddouchin : “ Ils ont été créés pour me servir et j’ai moi-même été créé pour servir mon Créateur ”.
3. L’enseignement venant d’être énoncé, selon lequel ce qui est lié à sa source ne peut disparaître, est exprimé par la Michna, à propos de la Orla, car cette interdiction permet de réparer la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, selon le commentaire du Sifteï Cohen sur la Torah, cité par le Likouteï Torah, Kedochim, page 29a.
...