Pourquoi CES cadeaux de mariage ? Likoutei sihot -Volume 1 - Parachat Hayé Sarah - Paragraphes 8-11

14 novembre 2022 · 20 hèchvan 5783 · 11:16 · 27 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha 'Hayé Sarah Série : Hayé sarahSérie : Likoutei sihot

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8. Commentant le passage de notre Paracha qui commence par «Avraham était âgé, avancé dans les jours», nos Sages constatent que «les discussions des serviteurs des Pères sont préférables à l’enseignement des fils». En effet, de nombreux principes de la Loi ne sont déduits que d’une simple lettre ajoutée à un mot.

En d’autres termes, «l’enseignement des fils» est formulé de manière concise et allusive. C’est précisément ce qui distingue la Loi Ecrite de la Loi Orale, cette dernière étant plus développée et débattue, alors que la première est succincte et indirecte.

La discussion des serviteurs des Pères, en revanche, est décrite longuement et exhaustivement. Bien plus, chaque point en est répété deux ou trois fois, comme c’est le cas pour le récit d’Eliézer. La Torah raconte d’abord ce qu’Avraham lui a dit, puis ce qui s’est passé. Puis, par la suite, tout cela est répété, lorsqu’Eliézer rapporte les propos d’Avraham et qu’il explique ce qui lui est arrivé.

9. Il est ainsi établi que «les discussions des serviteurs des Pères sont préférables à l’enseignement des fils». Néanmoins, dans quel contexte la Torah fait-elle état de ce principe? A propos d’une union et d’un mariage et l’on peut en déduire, non seulement la valeur des ces discussions des serviteurs, mais aussi l’importance du mariage.

On peut proposer, à ce propos, l’explication suivante. Celui qui s’apprête à fonder un foyer juif bâtit un édifice éternel, dès lors qu’il le base sur la Torah, laquelle est une Torah de vie, donnée par Celui Qui possède la vie éternelle. On peut constater, en conséquence, que «vous êtes attachés à l’Eternel votre D.ieu, tous vivants aujourd’hui». C’est ainsi que la maison que l’on construit peut être éternelle. Et, c’est alors seulement que la vie est digne de ce nom.

Il est donc rapporté qu’Eliézer donna à Rivka «un anneau d’or pesant un Beka et deux bracelets d’un poids de dix mesures d’or». Ce don intervint avant son mariage. L’anneau évoquait le demi Shekel, qu’il fut, par la suite, pour chaque personne, une Mitsva de donner. Ce demi Shekel avait une valeur invariable, celle d’un Beka et il était aussi une forme de Tsédaka, Précepte générique, qui représente tous les autres à la fois. Quant aux bracelets, ils correspondaient aux deux Tables de la Loi, portant les dix Commandements, lesquels représentent l’ensemble de la Torah à laquelle les Juifs acceptèrent de se soumettre en disant: «nous ferons et (ensuite) nous comprendrons».

En effet, les fondations sur lesquelles on peut construire une maison juive sont la Torah et les Mitsvot, que l’on met en pratique avec soumission.

10. Pourquoi Eliézer donna-t-il deux bracelets, évoquant les deux Tables de la Loi, sur lesquelles les dix Commandements étaient gravés et non écrits?

De façon générale, la Loi Ecrite est constituée de lettres que l’on inscrit, avec de l’encre, sur un parchemin. Néanmoins, l’encre et le parchemin restent deux entités distinctes. Elles ne font que s’associer pour constituer la Loi Ecrite.

On trouve également deux éléments dans la Loi Orale, son commentaire, d’une part et l’homme qui le développe, d’autre part. Là encore, il est possible de les distinguer.

Les dix Commandements, en revanche, étaient partie intégrante des Tables. Etant gravées sur elles, les uns et les autres ne formaient nullement deux entités séparées. Les lettres étaient indissociables de la pierre.

Les lettres gravées délivrent un enseignement pour le service de D.ieu. La Guemara enseigne, en effet, que celui qui en a le mérite acquiert la Torah au point de la faire sienne. Elle est alors «sa» Torah, indissociable de lui.

C’est pour cette raison qu’Eliézer donna des bracelets, évoquant les Tables de la Loi. Il proclama ainsi qu’un foyer juif doit être basé sur la Torah et les Mitsvot. Pour cela, il ne suffit pas d’appliquer ces Préceptes avec soumission, tout en conservant une identité distincte de celle de la Torah, même si elle lui est conforme.

En fait, un homme doit faire corps avec la Torah, en être indissociable. Son existence doit s’exprimer par les termes du verset «Je suis l’Eternel ton D.ieu» et par tous les autres Commandements.

11. C’est en ce sens que «les discussions des serviteurs des Pères sont préférables à l’enseignement des enfants», principe que l’on déduit précisément d’un mariage. Les serviteurs des Pères évoquent l’idée de l’obéissance. Le mariage est un édifice bâti sur les fondations de la Torah et des Mitsvot que l’on met en pratique avec soumission, à l’image des lettres gravées. Telle est bien la base de l’enseignement des fils.

Lorsque ces fondations sont posées avec soumission, de manière détaillée et exhaustive, répétées encore et encore, l’enseignement des enfants, les détails des lois, énoncés de manière concise et allusive, prennent un sens.

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