Le divorce de la mission du monde - Likoutei sihot - Volume 4 - Parachat - Tetsé - Paragraphes 1-3

7 septembre 2024 · 4 éloul 5784 · 16:23 · 99 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Ki Tetsé Série : Ki tétséSérie : Likoutei sihot

Partager sur WhatsApp

1. Selon le traité Guittin 90a, il existe trois avis quant à la possibilité qu’a un homme de divorcer de son épouse. Beth Chamaï dit : “ On divorcera de son épouse uniquement si elle a été infidèle ”. Beth Hillel dit : “ même si elle a brûlé son plat ” délibérément, comme le précisent le Tour, au chapitre 119 et le Meïri. Rabbi Akiva, enfin, va encore plus loin et dit : “ même si l’on en trouve une autre, plus convenable, ainsi qu’il est dit : Si elle ne trouve plus grâce à ses yeux ”.

De façon générale, lorsque Beth Chamaï s’oppose à Beth Hillel, le premier adopte l’avis le plus rigoriste et le second, le plus souple, à l’exception de quelques cas, bien précis, qui sont énumérés dans la Michna, au traité Edouyot, chapitres 4 et 5. Et, l’on peut l’expliquer de la manière suivante. Les âmes appartenant à l’école de Beth Chamaï émanent de l’Attribut de rigueur, qui impose une grande fermeté, interdit un grand nombre de comportements, auquel il refuse l’élévation. Les âmes de l’école de Beth Hillel, par contre, émanent de l’Attribut de bonté, mettant en évidence l’aspect positif de toute chose afin de les autoriser et de les élever, comme l’expliquent le Zohar, tome 3, page 245a, le Taameï Ha Mitsvot de Rabbi ‘Haïm Vital, à la Parchat Tétsé, le Chaar Ha Guilgoulim, à la fin de la trente sixième introduction, Iguéret Hakodech, au chapitre 13, le Likouteï Torah, Chir Hachirim, pages 40a et 48c.

La possibilité de divorcer de son épouse est, certes, une permission, une habilitation qui est conférée à l’homme. Pour autant, il n’y a nullement là une marque de bonté. Bien au contraire, le divorce est un éloignement, une rupture, résultant du ressentiment et de la sévérité, comme le souligne le traité Baba Batra 160b. La bonté et l’amour sont l’antithèse du divorce.

Tout ceci conduit donc à s’interroger. Comment Beth Hillel, qui émane de l’Attribut de bonté, peut-il faciliter le divorce, par rapport à Beth Chamaï ? Et, la même question peut être posée à propos de Rabbi Akiva qui, d’ordinaire, est le défenseur d’Israël, comme le souligne Rachi, dans son commentaire du traité Sanhédrin 110b. Comment peut-il envisager qu’un homme se détache de son épouse uniquement parce qu’une autre lui convient mieux ?

On peut renforcer cette question en rappelant qu’un homme et une femme, ici-bas, sont, avec tout ce qui les concerne, à l’image de leur source céleste, le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël, également appelés Homme et Femme. La controverse qui oppose Beth Chamaï, Beth Hillel et Rabbi Akiva peut donc être transposée sur la rupture entre l’Assemblée d’Israël et son Époux, le Saint béni soit-Il, ainsi qu’il est dit (Ichaya 50, 1) : “ Où est l’acte de divorce de votre mère ? ”.

Dans la dimension spirituelle, il est bien clair que la permission de divorcer émane de l’Attribut de rigueur. Dès lors, comment Beth Hillel peut-il adopter une position plus sévère que Beth Chamaï ? Comment Rabbi Akiva, le défenseur d’Israël, autorise-t-il un divorce quand rien ne peut être reproché à l’épouse, uniquement parce que “ elle ne trouve plus grâce à ses yeux ” ? Est-il envisageable qu’en pareil cas, l’Assemblée d’Israël soit répudiée par le Saint béni soit-Il, ce qu’à D.ieu ne plaise ?

2. Un homme et une femme symbolisent, certes, le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël. Pour autant, l’âme est “ une parcelle de Divinité ”, selon les termes du verset (Yov 31, 2), que le Tanya qualifie de “ véritable ”, comme l’explique également l’introduction du Chéfa Tal. De ce fait, cette âme est également appelée “ homme ”, par rapport au corps et à la part du monde que l’on reçoit en partage, l’un et l’autre étant la “ femme ”, comme l’expliquent le Zohar, tome 1, page 122a, le Be’hayé, Béréchit 3, 21 et de nombreux autres enseignements de nos Sages. On consultera également le Likouteï Dibbourim, à la page 1578.

Chaque âme reçoit une mission qu’elle doit accomplir ici-bas et par l’intermédiaire de laquelle elle peut s’attacher au Saint béni soit-Il. Si elle cesse de la mener à bien, elle se trouve, de fait, en état de divorce, ce qui permet d’établir un lien avec l’explication précédemment donnée.

Un Juif doit donc savoir que l’endroit où il se trouve lui est désigné par la divine Providence, ainsi qu’il est dit (Tehilim 37, 23) : “ D.ieu prépare les pas de l’homme ”, comme l’explique le Hayom Yom, à la date du 10 Tamouz. Là, il doit bâtir une demeure pour D.ieu. Même s’il affronte de nombreuses difficultés, dans la mission qu’il accomplit en l’endroit où il se trouve, même s’il lui semble qu’il réaliserait plus facilement un autre accomplissement ou connaîtrait une plus grande réussite dans un autre domaine, il ne sera pas autorisé à abandonner son occupation pour en adopter une autre. En effet, celle-ci lui a été confiée par la divine Providence. C’est la preuve qu’elle est bien sa mission.

...

Autres cours de la série Ki tétsé

Toutes les vidéos

Autres cours de Rav Menahem Altabe

Toutes les vidéos