Avant de manger l'afikomen - Likoutei sihot - Volume 3 - Hossafot - Pessa'h Paragraphe 19-22

8 avril 2024 · 29 adar II 5784 · 6:25 · 38 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Pessa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3

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19. Tsafoun

Tsafoun, "caché", étape du Séder au cours de laquelle on mange l’Afikomen, est lié à une autre étape, Ya’hats, lorsque l’on casse la Matsa du milieu.

Lors du premier Séder de Pessa’h 5698, mon beau-père, le Rabbi, raconta qu’il avait vu son père, le Rabbi Rachab, casser l’Afikomen en cinq morceaux, mais il ne savait pas s’il devait effectivement en être ainsi. Puis, une fois, il vit que l’Afikomen avait été coupé en six morceaux et que le Rabbi en avait mis un de côté. Il en demanda donc la raison et le Rabbi lui répondit: "Lorsque l’on veut tout savoir, on devient vieux très vite".

Le lendemain, alors que tous les deux marchaient ensemble, mon beau-père, le Rabbi, poussa un soupir et son père lui dit: "Cela est donc si important pour toi?". Il lui en expliqua alors la raison:

La Matsa du milieu correspond à Its’hak et, de fait, toutes les lettres de Ya’hats se retrouvent dans son nom. L’Afikomen, en revanche, est la bonté d’Avraham, car il signifie "Donnez la manne" et il permet donc la satisfaction de ses besoins. Or, Avraham distribuait à tous, y compris aux arabes, de la nourriture à satiété.

Its’hak représente l’élévation, qu’il faut pouvoir introduire dans un réceptacle. On casse donc la Matsa du milieu afin de briser la rigueur d’Its’hak. Et, on la coupe en cinq morceaux, car il est cinq formes de rigueur, comme on le sait. Il faut donc adoucir toutes les cinq par la bonté d’Avraham.

20. Le Rabbi Maharach choisit le Rav Chalom Kadoner comme professeur pour ses enfants, le Razah et le Rabbi Rachab. Celui-ci était un grand érudit de la Torah.

Une fois, Rav Chalom demanda au Rabbi Maharach pourquoi il était nécessaire de cacher l’Afikomen. Le Rabbi lui répondit: "Parce que c’est écrit dans la Haggadah, à l’étape Tsafoun". Il demanda encore: "Que l’on supprime donc le mot Tsafoun de la Haggadah. Ainsi, il ne sera plus nécessaire de cacher l’Afikomen".

Le Rabbi lui répondit: "Ceci apporte la force de détruire ce qui est caché (Tsafoun) dans le cœur de l’homme, c’est-à-dire le mauvais penchant, à propos duquel il est dit: J’éloignerai celui qui vient du nord (Tsefoni). On tire de l’Afikomen la force d’y parvenir. En effet, celui-ci n’a pas de goût et, de même, on ne peut lutter contre l’âme animale par la logique, mais seulement par la contrainte. Non, c’est non et oui, c’est également non. Ce qui ne doit pas être est à écarter et ce qu’il faut faire est une nécessité".

Néanmoins, la question demeure. En effet, le mauvais penchant possède plusieurs noms et l’on aurait donc pu en choisir un autre. Dès lors, il n’aurait pas été nécessaire de cacher l’Afikomen.

Mais, l’explication est, en fait la suivante. On distingue le mal révélé du mal caché. Tsafoun souligne qu’il faut corriger non seulement le premier, mais aussi le second, le Tsefoni.

Même celui qui, par son effort, ne ressent plus du tout le mal en son âme, ne peut considérer qu’il est parvenu au résultat final. En effet, ce mal peut encore se maintenir en lui, d’une manière cachée.

Ainsi, différents textes expliquent pourquoi Rabbi Yo’hanan Ben Zakaï dit: "Je ne sais pas vers quel chemin on me conduit". Or, comment pouvait-il avoir une telle pensée? Il avait accompli les Préceptes les plus importants, comme les plus légers. Et, les Sages énumèrent les nombreuses qualités qu’il possédait. Pourquoi était-il donc dans le doute?

L’explication est la suivante. Les forces révélées ne donnent aucune indication sur ce qui existe profondément. Elles peuvent donc être liées au bien, alors que l’essence de l’âme se trouve au stade le plus intérieur des forces du mal.

21. Les forces révélées ne permettent pas de déterminer la situation de l’essence profonde. Dès lors, que signifie Tsafoun? Comment apporter l’élévation au mal caché? L’effort de l’homme ne procède-t-il pas uniquement des forces révélées?

Selon un récit bien connu, rapporté dans le Torat Chalom, à la date du 19 Kislev 5673, l’Admour Hazaken dit, une fois, à quelqu’un: "En qui places-tu ta confiance? En moi? En fait, tu ne connaîtras même pas le chemin conduisant vers mon Gan Eden!".

Le Tséma’h Tsédek, qui était alors présent, précisa que l’Admour Hazaken se trouvait à un niveau plus élevé que celui de Rabbi Yo’hanan Ben Zakaï. Car, ce dernier avait dit: "Je ne sais pas vers quel chemin on me conduit", alors que l’Admour Hazaken savait qu’il irait au Gan Eden.

22. Quand on mange l’Afikomen, qui rappelle le sacrifice de Pessa’h et prépare la délivrance future, on doit d’abord réaliser l’élévation du mal caché. Faire le Séder jusqu’à Tsafoun ne suffit pas. Il faut, en outre, ajouter l’effort de Tsafoun et révéler l’essence de l’âme.

De la sorte, on mérite d’être "l’an prochain, à Jérusalem" et de connaître la perfection, lorsque "là-bas, nous consommerons les sacrifices de Pessa’h et de Zéba’h", dans le troisième Temple, qui est déjà construit, là-haut et qui descendra ici-bas, grâce à notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.Sihot

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