Le parapet - Likoutei sihot - Volume 2 - Ki tetsé - Paragraphes 2-4

20 août 2023 · 3 éloul 5783 · 18:39 · 47 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Ki Tetsé Série : Ki tétséSérie : Likoutei sihot

Partager sur WhatsApp

2. Quelqu’un m’a interrogé, dans une lettre, à propos du parapet. La Torah demande d’en placer un, du fait du danger, ainsi qu’il est dit: “ Il n’y aura pas de sang dans ta maison, car quelqu’un pourrait tomber ”. Or, le Rambam dit que l’on ne fait pas de bénédiction en accomplissant une Mitsva instaurée du fait du danger. Puis, précisément à la même référence, il affirme que l’on dit bien une bénédiction en fixant un parapet, “ béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, Qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonnés de faire un parapet ”.

On pourrait expliquer simplement qu’il est d’autres moyens d’éviter que quelqu’un fasse une chute. De fait, un parapet est obligatoire uniquement si la hauteur de la maison est au moins de dix Tefa’h. Il reste donc possible de baisser le toit plus bas que cette hauteur, ou bien de rehausser le sol de la rue. On peut encore faire un toit incurvé, auquel cas le danger de la chute est retiré sans qu’il ne soit nécessaire de faire un parapet. C’est pour cela qu’en en plaçant un, on récite une bénédiction. Le parapet n’a donc pas pour seul objectif de se préserver du danger.

Néanmoins, on ne peut se suffire de cette explication. Il reste, malgré tout, que le parapet protège bien du danger et, dès lors, pourquoi dire une bénédiction en le plaçant?

En effet, la nécessité de fixer un parapet et le besoin de prévenir la chute sont deux Mitsvot distinctes. Ainsi, le Rambam, dans ses principes des Mitsvot, énonce une règle. La raison de la Mitsva ne doit pas être comptée, indépendamment de cette Mitsva, dans les 613 Commandements de la Torah. Pour autant, le Rambam lui-même compte deux Mitsvot, mentionnant, parmi les Injonctions, l’obligation de faire un parapet et, parmi les Interdits, l’interdiction de faire en sorte que quelqu’un puisse tomber. Il faut en conclure que le fait de se préserver du danger ne justifie pas la construction d’un parapet et qu’il s’agit bien de deux Mitsvot différentes.

La référence du Rambam est le Sifri, qui dit: “ Tu fera un parapet sur ton toit, c’est une Injonction, il n’y aura pas de sang dans ta maison, c’est une Interdiction ”.

3. Ce qui vient d’être dit s’applique également au service de D.ieu.

Lorsqu’un Juif bâtit un édifice nouveau, il ne peut pas se suffire des précautions qu’il a prises jusqu’alors, même si elles ont été suffisantes pour le préserver du danger. En effet, il pourrait se féliciter de sa situation, constater que la majeure partie de sa vie s’est écoulée et qu’il n’a pas commis de fautes.

Il doit donc savoir qu’il construit désormais une maison nouvelle et qu’il doit, en conséquence, accéder à une autre manière de servir D.ieu. Il doit s’attendre à affronter de nouvelles épreuves, qui peuvent être partie intégrante de cette nouvelle forme du service de D.ieu.

Celui qui quitte les murs de la maison d’étude pour affronter le monde accède effectivement à une nouvelle manière de servir D.ieu. Il entre en contact avec ce qu’il ne connaissait pas, jusqu’alors.

Il en est de même pour chaque homme, chaque jour. On doit d’abord prier, puis étudier la Torah. Et, après avoir quitté les quatre coudées de la prière et de la Hala’ha, on retrouve les trente neuf travaux profanes, qui caractérisent le monde.

C’est alors qu’il faut construire un parapet, pour s’assurer que les préoccupations du monde et les travaux profanes sont accomplis de la manière qui convient, afin d’éviter tout sang versé, toute chute.

Concrètement, le parapet doit être plus haut que le toit de la maison. Et, il en est de même pour la dimension spirituelle. Le parapet doit émaner d’une source plus élevée que l’homme, recevoir l’aide du stade spirituel le plus élevé.

C’est pour cela qu’il est envisageable, et même nécessaire, de faire une bénédiction, en plaçant un parapet. En effet, comment l’obtenir et le révéler, à partir d’un stade plus élevé que sa propre situation?

Une bénédiction permet d’obtenir cette révélation. Nos Sages constatent que Bera’ha, la bénédiction, est de la même étymologie que Hamavri’h, celui qui recourbe une tête de vigne. Il y a bien là un mouvement de révélation, “ béni sois-Tu, Eternel ”, Qui transcende le monde, apparaît comme “ notre D.ieu ”, grâce à la contraction et à la rigueur permettant cette révélation et devient “ Roi du monde ”. Dès lors, Il “ nous a ordonné ” et nous a ainsi lié à Lui, “ de faire un parapet ”.

De la sorte, on peut fixer un parapet de dix Tefa’h au dessus du monde spirituel de Brya. Et, celui-ci devient le sol de celui d’Atsilout, comme l’établissent les écrits du Ari Zal.

4. Il découle un enseignement précis de tout cela.

Mon beau-père, le Rabbi, dit qu’à chaque Roch Hachana, on doit s’engager à mieux accomplir une Injonction, à se préserver plus scrupuleusement d’une Interdiction, à adopter un bon comportement de plus, même si, déjà auparavant, on avait une attitude judicieuse. En effet, une lumière nouvelle se révèle à chaque Roch Hachana, comme l’explique Igueret Hakodech.
..

Autres cours de la série Ki tétsé

Toutes les vidéos

Autres cours de Rav Menahem Altabe

Toutes les vidéos