A QUI le mérite du dévoilement divin ? Likoutei Sihot - Volume 1 Parachat Vayéra Paragraphes 1-7

5 novembre 2022 · 11 hèchvan 5783 · 16:01 · 41 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vayera Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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1. C’est aujourd’hui le 20 Mar’Hechvan, date de la naissance du Rabbi Rachab, père de mon beau-père. Je rappellerai, à cette occasion, un récit que j’ai déjà raconté une fois.

Chaque 20 Mar’Hechvan, le Rabbi Rachab avait coutume, à l’occasion de son anniversaire, d’être reçu par son grand-père, le Tséma’h Tsédek, qui lui accordait alors sa bénédiction. Vraisemblablement, les autres petits-fils du Tséma’h Tsédek en faisaient de même.

Une fois, âgé de quatre ou cinq ans, il se rendit chez son grand-père et il éclata en sanglots. De fait, le Rabbi Rachab naquit en 5621 et le Tséma’h Tsédek quitta ce monde en Nissan 5626. Cette fois-là, il demanda à son petit fils pourquoi il pleurait et celui-ci lui répondit qu’il avait étudié le ‘Houmach ou bien avait entendu le récit de la Paracha Vayéra. Il avait ainsi appris que D.ieu s’était révélé à Avraham. En conséquence, il pleurait, car D.ieu ne s’était pas révélé à lui.

Le Tséma’h Tsédek lui répondit:

«Lorsqu’un Juif (selon une seconde version, un Juif qui est un Juste) décide de se faire circoncire à quatre vint dix neuf ans, il mérite de recevoir la révélation divine». L’enfant accepta cette explication et cessa de pleurer.

2. Ce récit se passa lorsque le Rabbi Rachab était encore enfant, avant sa Bar Mitsva, avant même qu’il ne soit en âge de recevoir une initiation formelle à la pratique des Mitsvot. Il peut, néanmoins, délivrer un enseignement, puisque le Rabbi Rachab le raconta à son fils unique, mon beau-père, le Rabbi et que celui-ci en assura la diffusion la plus large.

Ce récit nous concerne donc et l’on peut, en l’occurrence, en déduire deux enseignements, l’un qui sera tiré de la question et l’autre, de la réponse.

3. Le Rabbi pleura parce que D.ieu ne s’était pas révélé à lui. Une leçon en découle pour un Juif, quelle que soit la situation dans laquelle il se trouve, même s’il n’est pas encore «en âge de recevoir une éducation formelle», c’est-à-dire qu’il manque de maturité, au point de ne pas comprendre par ses propres moyens et d’être incapable d’accepter l’influence de quelqu’un d’autre.

Il peut s’agir d’un adulte qui, moralement, est resté un petit enfant. Mon beau-père, le Rabbi, explique, en effet, que les années juives ne sont pas mesurées à partir de l’acte de naissance. Ce document peut définir un vieillard qui, par son existence véritable et morale, par sa pratique de la Torah et des Mitsvot, n’est rien d’autre qu’un petit enfant, jouant encore sous la table.

Or, une telle personne peut exiger, le faire avec détermination, au point d’éclater en sanglots, que D.ieu se révèle à lui, comme Il est apparu à notre père Avraham. En pareil cas, ce qu’il revendique dépasse son entendement, sa raison. Il ne peut donc le supporter et ainsi jaillissent ses larmes.

4. Bien plus, une telle personne peut même demander d’avoir une vision de D.ieu identique à celle que notre père Avraham put obtenir après sa circoncision, lorsque «D.ieu se révéla à lui».

Car, déjà avant cela, le Tétragramme fut révélé à Avraham. Toutefois, après la circoncision, le dévoilement qu’il en reçut fut infiniment plus élevé.

Lorsque D.ieu apparut à Avraham, après sa circoncision, la lettre Hé avait déjà été ajoutée à son nom et il s’appelait bien Avraham. La Guemara précise que celui-ci reçut alors la maîtrise parfaite des cinq membres de son corps, les yeux, les oreilles et l’organe de la reproduction, qu’il est, de manière naturelle, impossible de diriger.

Auparavant, il s’appelait Avram, sans ce Hé. Il maîtrisait donc uniquement les membres du corps dont la nature permet le contrôle. Par la suite, ayant accompli, de sa propre initiative, tout ce que l’on peut réaliser par ses forces propres, D.ieu lui offrit la maîtrise de ce que l’homme ne peut personnellement diriger. Il devint ainsi le maître de ce que la nature ne permet pas de commander.

On peut en conclure à quel point la révélation divine qu’obtint Avraham, après sa circoncision, dépassa celle qu’il connut avant de la pratiquer.

Malgré tout cela, chaque Juif, y compris celui qui, moralement, n’est pas encore à même de recevoir une éducation juive, peut demander à D.ieu de se dévoiler à lui comme Il le fit à Avraham, après que celui-ci ait pratiqué la circoncision.

5. Le Tséma’h Tsédek répondit au Rabbi Rachab que D.ieu se révéla à Avraham parce qu’il avait accepté le principe de la circoncision. Là encore, un enseignement en découle.

Certes, chaque Juif est en droit d’exiger la révélation divine. Mais, il doit savoir qu’il existe une condition préalable. Cet homme doit d’abord se circoncire, quelles que soient les qualités qu’il possède par ailleurs, concrètement ou, au moins, potentiellement.

Nous avons expliqué que, par les forces dont il dispose, un Juif peut obtenir la plus haute élévation. De fait, chacun est tenu de dire: «Quand mes actions égaleront-elles celles de mes ancêtres, Avraham, Its’hak et Yaakov?».

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