La détermination du Rabbi - Likoutei Sihot - Volume 4 - 12 Tamouz - Paragraphes 1-5

18 juillet 2024 · 12 tamouz 5784 · 24:39 · 61 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Guimel Tamouz Série : 12 TamouzSérie : Likoutei sihot

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1. Parmi les récits que raconta, le 3 Tamouz 5701, le Rabbi, dont nous célébrons la joie et la délivrance, certains portent sur la période proprement dite de son arrestation. L’un d’entre eux est le suivant.

Dès qu’il fut incarcéré, le Rabbi prit la ferme décision de ne pas se perdre et de ne pas s’affecter devant ses geôliers et les hommes de la Gué Pé Ou, de les ignorer. Non seulement il ne tiendrait pas compte de leur présence, pour tout ce qui a trait à la crainte de D.ieu, mais, bien plus, il ferait comme s’ils n’existaient pas. Selon ses propres termes, il les observait comme s’ils étaient “ le néant, à proprement parler ”.

Par la suite, il fut puni parce qu’il refusa de répondre à une question qu’ils lui posaient, mais il ne modifia pas son état d’esprit pour autant. Cette punition fut la suivante. On l’enferma dans une cave emplie de boue, jusqu’à une certaine hauteur. Il n’y avait aucun objet auquel il puisse se tenir. Sur les murs et sur la boue, courraient des rats et d’autres bestioles. Il resta là pratiquement pendant vingt quatre heures. Mais, même par la suite, il resta résolu à ne tenir aucun compte de leur présence et à les observer comme “ le néant, à proprement parler ”.

Dans la cellule où le Rabbi était incarcéré, il était difficile de faire la différence entre le jour et la nuit. En effet, celle-ci n’avait qu’une petite lucarne, sous le toit, obturée par un mur qui se trouvait juste en face, de sorte que la lumière du jour ne pouvait pas entrer dans la pièce. Comme il l’indique dans le Likouteï Dibbourim, à la page 65, le Rabbi parvenait donc à déterminer l’heure en fonction de l’organisation de la journée dans la prison. Il savait, par exemple, à quel moment on apportait de l’eau chaude aux détenus.

Le jeudi, Roch ‘Hodech Tamouz, à onze heures du matin, des policiers pénétrèrent dans sa cellule. Le Rabbi, précisa, dans son récit, qu’il avait coutume d’allonger sa prière, pendant son incarcération. Ces policiers lui ordonnèrent de se lever. Ils lui parlèrent en russe, mais le Rabbi avait pris l’habitude de leur répondre en Yiddish. Il leur signifia donc qu’il ne se lèverait pas.

L’ordre établi, à la prison, voulait que le détenu auquel une information était communiquée se lève pour la recevoir. Ainsi, il faisait la preuve de sa soumission et c’est pour cela que le Rabbi ne voulait pas se mettre debout.

Vraisemblablement, l’un des policiers était un Juif, qui comprit la réponse du Rabbi, formulée en Yiddish. Ils lui dirent encore, toujours en russe : “ Si vous n’obéissez pas, nous vous frapperons ”. Le Rabbi leur répondit : “ Hé, bien ? ”. Ils firent effectivement ce qu’ils avaient dit, puis quittèrent la cellule.

Plus tard, un second groupe de policiers pénétra dans la cellule. Parmi eux, se trouvait Loulov, l’un de ceux qui avaient pris part à l’arrestation du Rabbi et qui était lui-même issu d’une famille ‘hassidique. Celui-ci introduisit son propos par le mot “ Rabbi ” et dit : “ Rabbi, pourquoi vous en prenez-vous à eux ? Pourquoi polémiquer avec eux ? Ils viennent vous annoncer un allégement de votre peine ! Lorsqu’ils vous demandent de vous mettre debout, vous devez donc le faire ! ”.

Le Rabbi ne répondit pas et Loulov dit encore : “ Devront-ils vous frapper de nouveau ? ”. De nouveau, le Rabbi resta silencieux et ils le frappèrent donc. L’un d’entre eux lui donna une gifle sous le menton, dont le Rabbi ressentit longtemps la douleur, par la suite. Puis, ils se retirèrent.

Par la suite, un groupe de policiers vint, pour la troisième fois. Parmi eux, il y avait également un Juif, qui s’appelait Kovalov. Ils lui demandèrent de se lever et le Rabbi répondit qu’il ne le ferait pas. On le frappa encore et c’est précisément Kovalov qui s’en chargea, mais rien n’y fit. Kovalov explosa de colère et s’écria, en russe : “ Nous t’apprendrons ”. Le Rabbi répondit, en Yiddish : “ Nous verrons qui apprendra à qui ”.

Un peu plus tard, d’autres policiers vinrent et lui dirent qu’il était convoqué dans les bureaux. Là, on lui fit part de l’allégement auquel Loulov faisait allusion. Il quitterait la prison et serait exilé, pendant trois ans, dans la ville de Kostrama.

S’approchant du bureau, le Rabbi vit, sur la table, les pièces de son dossier. Il y remarqua une ligne manuscrite, qui avait été barrée. Il y était écrit qu’on le condamnait à mort, ce qu’à D.ieu ne plaise. Le Rabbi rapporta ce récit de son vivant et il ne voulut donc pas faire mention de cela. Il indiqua uniquement qu’une ligne était inscrite, puis barrée. Puis, il y avait un second verdict, dix ans d’exil à Solovki. A côté de cette ligne, il était écrit : “ Nyet ”. Enfin, une troisième ligne disait : “ Trois ans à Kostrama ”.

Quand on fit savoir au Rabbi qu’il devait se rendre à Kostrama pour trois ans, on lui demanda par quel train il rejoindrait cet endroit. Il répondit : “ En première classe ”. Celle-ci était à l’époque réservée aux dignitaires du régime et aux personnes très riches.

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