L'âme ou le corps ? Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Hayé sarah Paragraphes 1-4
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha 'Hayé Sarah Série : Hayé sarahSérie : Likoutei sihot
1. Notre Paracha raconte que «Sarah mourut à Kiryat Arba, qui est ‘Hevron, dans le pays de Canaan, et Avraham vint pour prononcer l’éloge funèbre de Sarah et pour la pleurer». Le Zohar explique que Sarah fait ici allusion au corps et Avraham, à l’âme. Il note que la mort physique, «Sarah mourut», se produisit à «Kiryat Arba», le village des quatre, puisqu’elle a pour effet de séparer les quatre éléments fondamentaux de la matière, qui constituent le corps, c’est-à-dire le feu, le vent, l’eau et la terre.
Le verset dit encore que Kiryat Arba «est Hévron», étymologiquement, le lieu de la jonction, car, durant la vie physique, ces quatre éléments sont bien unis. Puis, après la mort, «Avraham vint», l’âme se présente, «pour prononcer l’éloge funèbre de Sarah et pour la pleurer». L’âme pleure parce que, même après la mort, elle reste liée au corps.
Néanmoins, si l’on accepte l’idée que Sarah symbolise le corps et Avraham, l’âme, on peut se demander pour quelle raison il fut dit à Avraham: «Ecoute la voix de Sarah, en tout ce qu’elle te dira».
2. On connaît l’interprétation que donne le Baal Chem Tov du verset: «Lorsque tu verras l’âne de ton ennemi ployer sous son fardeau, tu souhaiteras l’abandonner à son sort, mais, en fait, tu lui viendras en aide».
«Lorsque tu verras l’âne», ‘Hamor, de la même étymologie que ‘Homer, la matière, lorsque tu observeras ta propre matérialité, alors tu prendras conscience que celle-ci est «ton ennemi». En effet, au seuil du service de D.ieu, au début de la vie, le corps et l’âme sont déjà antagonistes. Et, cette matérialité «ploie sous son fardeau», supportant le joug de la Torah et des Mitsvot. Certes, il s’agit bien de «son fardeau» personnel et, de fait, les Mitsvot ont bien été confiées à l’âme vêtue d’un corps, afin que ce dernier puisse s’affiner grâce à cette pratique. Pour autant, cette mission n’en est pas moins un «fardeau», que le corps ne souhaite pas. C’est la raison pour laquelle il «ploie sous son fardeau».
3. Les Mitsvot sont accomplies précisément par des âmes vêtues de corps. Bien plus, elles sont mises en pratique au moyen d’objets matériels. Ceci n’est pas vrai uniquement pour les Préceptes qui impliquent une action concrète, mais également pour les sentiments du coeur, comme l’amour et la crainte de D.ieu, ou encore pour les obligations intellectuelles, comme la foi en l’unité de D.ieu. Ces Commandements doivent aussi être physiquement ressentis, par le coeur et par le cerveau.
Prenons l’exemple de l’amour de D.ieu. Dans la dimension matérielle, il est dit que «une bonne nouvelle engraisse l’os» et la Guemara raconte de quelle manière quelqu’un grossit physiquement, après qu’on lui ait annoncé une bonne nouvelle. De même, l’amour de D.ieu est le sentiment de bien être que procure Sa proximité. Et, ce que l’homme perçoit doit apparaître à l’évidence sur sa personne.
Il en est de même pour la crainte de D.ieu. Ce sentiment doit contracter l’esprit et le coeur, au point d’être reconnaissable, de manière évidente, chez celui qui l’éprouve, dont le cerveau et le coeur sont, en pareil cas, saisis par la peur.
Nos maîtres ont précisé chaque concept et ils ont donné l’exemple, en la matière également. Ainsi, une fois, l’Admour Hazaken, durant la prière de Roch Hachana ou de Yom Kippour, alors qu’il s’apprêtait à prononcer les mots «inspire-nous donc Ta crainte (Pa’hdé’ha)», commença à gesticuler en disant Pa’h, Pa’h. Il était saisi par cette crainte, au point d’être incapable de prononcer l’intégralité de ce mot. Il lui fallut un moment pour y parvenir.
On rapporte également un récit du Tséma’h Tsédek. Quelques années après avoir pris la direction des ‘Hassidim, celui-ci participa à une réunion ‘hassidique, au cours de laquelle on servit de l’alcool à 90°. Il en but un verre, puis un second et il demanda qu’on lui en verse un troisième. Puis, il passa la main sur son visage et il fut ensuite impossible de voir sur lui l’effet de cet alcool.
Par la suite, le Tséma’h Tsédek expliqua qu’il avait alors médité à la grandeur de D.ieu, au point de s’emplir de crainte. Or, disent nos Sages, «le vin fort réduit le sentiment de peur» et cette peur supprime l’effet que le vin exerce sur le corps. La crainte l’avait donc saisi au point d’être reconnaissable, de manière évidente, sur son corps et elle fit disparaître l’emprise de l’alcool.
Ceci est également vrai pour l’amour de D.ieu. On sait que Rabbi Mena’hem Na’houm de Tchernobyl était physiquement gras, du fait du plaisir que lui procuraient les mots Amen Yehé Chemé Rabba, qu’il répondait au Kaddish. Il méditait au Chemé Rabba, au «grand Nom» de D.ieu, à Sa puissance, se disait qu’Il était Mevora’h Lealam Ouleolmeï Olmaya, «béni pour l’éternité et l’éternité de l’éternité», présent, de manière immuable dans tous les mondes, y compris le nôtre, malgré ses dimensions physiques. Il en concevait de l’amour et du plaisir, au point que son corps grossissait.
Le verset dit encore que Kiryat Arba «est Hévron», étymologiquement, le lieu de la jonction, car, durant la vie physique, ces quatre éléments sont bien unis. Puis, après la mort, «Avraham vint», l’âme se présente, «pour prononcer l’éloge funèbre de Sarah et pour la pleurer». L’âme pleure parce que, même après la mort, elle reste liée au corps.
Néanmoins, si l’on accepte l’idée que Sarah symbolise le corps et Avraham, l’âme, on peut se demander pour quelle raison il fut dit à Avraham: «Ecoute la voix de Sarah, en tout ce qu’elle te dira».
2. On connaît l’interprétation que donne le Baal Chem Tov du verset: «Lorsque tu verras l’âne de ton ennemi ployer sous son fardeau, tu souhaiteras l’abandonner à son sort, mais, en fait, tu lui viendras en aide».
«Lorsque tu verras l’âne», ‘Hamor, de la même étymologie que ‘Homer, la matière, lorsque tu observeras ta propre matérialité, alors tu prendras conscience que celle-ci est «ton ennemi». En effet, au seuil du service de D.ieu, au début de la vie, le corps et l’âme sont déjà antagonistes. Et, cette matérialité «ploie sous son fardeau», supportant le joug de la Torah et des Mitsvot. Certes, il s’agit bien de «son fardeau» personnel et, de fait, les Mitsvot ont bien été confiées à l’âme vêtue d’un corps, afin que ce dernier puisse s’affiner grâce à cette pratique. Pour autant, cette mission n’en est pas moins un «fardeau», que le corps ne souhaite pas. C’est la raison pour laquelle il «ploie sous son fardeau».
3. Les Mitsvot sont accomplies précisément par des âmes vêtues de corps. Bien plus, elles sont mises en pratique au moyen d’objets matériels. Ceci n’est pas vrai uniquement pour les Préceptes qui impliquent une action concrète, mais également pour les sentiments du coeur, comme l’amour et la crainte de D.ieu, ou encore pour les obligations intellectuelles, comme la foi en l’unité de D.ieu. Ces Commandements doivent aussi être physiquement ressentis, par le coeur et par le cerveau.
Prenons l’exemple de l’amour de D.ieu. Dans la dimension matérielle, il est dit que «une bonne nouvelle engraisse l’os» et la Guemara raconte de quelle manière quelqu’un grossit physiquement, après qu’on lui ait annoncé une bonne nouvelle. De même, l’amour de D.ieu est le sentiment de bien être que procure Sa proximité. Et, ce que l’homme perçoit doit apparaître à l’évidence sur sa personne.
Il en est de même pour la crainte de D.ieu. Ce sentiment doit contracter l’esprit et le coeur, au point d’être reconnaissable, de manière évidente, chez celui qui l’éprouve, dont le cerveau et le coeur sont, en pareil cas, saisis par la peur.
Nos maîtres ont précisé chaque concept et ils ont donné l’exemple, en la matière également. Ainsi, une fois, l’Admour Hazaken, durant la prière de Roch Hachana ou de Yom Kippour, alors qu’il s’apprêtait à prononcer les mots «inspire-nous donc Ta crainte (Pa’hdé’ha)», commença à gesticuler en disant Pa’h, Pa’h. Il était saisi par cette crainte, au point d’être incapable de prononcer l’intégralité de ce mot. Il lui fallut un moment pour y parvenir.
On rapporte également un récit du Tséma’h Tsédek. Quelques années après avoir pris la direction des ‘Hassidim, celui-ci participa à une réunion ‘hassidique, au cours de laquelle on servit de l’alcool à 90°. Il en but un verre, puis un second et il demanda qu’on lui en verse un troisième. Puis, il passa la main sur son visage et il fut ensuite impossible de voir sur lui l’effet de cet alcool.
Par la suite, le Tséma’h Tsédek expliqua qu’il avait alors médité à la grandeur de D.ieu, au point de s’emplir de crainte. Or, disent nos Sages, «le vin fort réduit le sentiment de peur» et cette peur supprime l’effet que le vin exerce sur le corps. La crainte l’avait donc saisi au point d’être reconnaissable, de manière évidente, sur son corps et elle fit disparaître l’emprise de l’alcool.
Ceci est également vrai pour l’amour de D.ieu. On sait que Rabbi Mena’hem Na’houm de Tchernobyl était physiquement gras, du fait du plaisir que lui procuraient les mots Amen Yehé Chemé Rabba, qu’il répondait au Kaddish. Il méditait au Chemé Rabba, au «grand Nom» de D.ieu, à Sa puissance, se disait qu’Il était Mevora’h Lealam Ouleolmeï Olmaya, «béni pour l’éternité et l’éternité de l’éternité», présent, de manière immuable dans tous les mondes, y compris le nôtre, malgré ses dimensions physiques. Il en concevait de l’amour et du plaisir, au point que son corps grossissait.