Révélation de la Torah de Moché - Likoutei sihot - Volume 4 - Simhat Torah - Paragraphes 1 - 7

19 octobre 2024 · 17 tichri 5785 · 39:13 · 121 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Sim'hat Torah Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 4

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1. Le premier principe de la Torah que l’on enseigne à un enfant juif est exprimé par un verset de la Parchat Bera’ha : “ La Torah que Moché nous a ordonnée est l’héritage de la communauté de Yaakov ”. Nos Sages disent, au traité Soukka 42a, qu’un père enseigne ce verset à son fils, dès qu’il commence à parler et l’Admour Hazaken en retient le principe, au début du premier chapitre de ses lois de l’étude de la Torah.

Ce verset fait référence à la Torah transmise par Moché, notre maître, qui la reçut sur le mont Sinaï. Tout son contenu lui fut alors donné, y compris les explications que les Sages devaient développer par la suite et même l’enseignement profond de la Torah, que révélera le Machia’h. Des différences existent, en revanche, dans la révélation de la Torah. Certains commentaires ont déjà été dévoilés, alors que d’autres le seront uniquement par la suite. Mais, ces derniers ne seront pas une Torah nouvelle, ce qu’à D.ieu ne plaise. Le don de la Torah n’aura pas lieu une seconde fois.

Il n’y a donc là que la révélation de “ la Torah que Moché nous a ordonnée ”. Ce verset souligne ainsi que ce que l’on a étudié et ce que l’on étudiera, ce que l’on a compris et ce que l’on comprendra figurait, d’ores et déjà, dans ce “ que Moché nous a ordonné ”. Et, il n’y a là qu’une petite partie de la Torah que l’on peut approfondir encore et encore.

Ce qui vient d’être dit conduit à s’interroger. Comment enseigner, même de manière allusive, une idée aussi profonde à un petit enfant, qui commence tout juste à étudier la Torah ? D’ordinaire, l’étude est organisée du plus simple vers le plus complexe. On apprend donc, en premier lieu, les notions les plus évidentes, puis, par la suite, les plus compliquées et les plus hautes. Et, l’on arrive ensuite à la perfection de la connaissance et de la perception positive, de ce que l’on peut effectivement comprendre. On aborde ensuite la perception négative, les notions que l’on ne peut pas saisir. On admet ainsi que la Torah transcende et dépasse notre entendement, que tout ce que l’on en a étudié n’en est qu’une infime partie. Or, comment évoquer des concepts aussi élevés devant un enfant qui commence à parler ?

L’explication est la suivante. L’essence de “ la Torah que Moché nous a ordonnée ” ne peut pas être comprise. Elle est perceptible à l’âme et elle a été donnée à chaque Juif. Elle concerne donc chacun de la même manière, y compris le plus jeune enfant. L’étude organisée du plus simple vers le plus complexe est envisageable uniquement pour ce qui peut être appréhendé rationnellement, ce qui n’est pas le cas de la Torah, dont l’essence même est imperceptible. Par l’essence de la Torah, D.ieu exprime l’Essence de Lui-même si l’on peut s’exprimer ainsi. En l’étudiant, un Juif “ saisit ” D.ieu, comme le constate le chapitre 47 du Tanya.

D.ieu offrit donc cette possibilité à quiconque étudie la Torah. Tout comme la compréhension, par nature limitée, ne permet pas de saisir l’essence de la Torah, l’intellect le plus développé n’en offre pas plus le moyen. Néanmoins, D.ieu, Qui est Tout Puissant, nous a “ élu d’entre toutes les nations ” et Il “ nous a donné Sa Torah ”, plaisir de Son Essence. Il s’est Lui-même inscrit en elle. Il peut ainsi être “ saisi ” par l’esprit d’un “ grand ” qui se consacre à l’étude et, de la même manière, par l’enfant qui prononce l’une de ses paroles. Le souffle émanant de sa bouche est alors, à proprement parler, le reflet de l’Essence divine.

Ce verset se conclut par : “ héritage de la communauté de Yaakov ”, comme l’explique le Likouteï Torah, Bera’ha, à la page 94d. L’héritage est accordé à celui à qui il revient, quelle que soit, par ailleurs, sa situation et le traité Nidda, chapitre 5, Michna 3 constate que “ un enfant âgé d’un jour est habilité à hériter ” de ce que lui lègue son père. Il le reçoit en toute propriété et se substitue même à celui qui le fait hériter, comme l’expliquent les traités Baba Batra 65a, Zeva’him 4b et les responsa Tsafnat Paanéa’h, tome 1, chapitre 118.

Il en est de même pour les Juifs, qui sont “ les enfants du Saint béni soit-Il ” et prennent donc la place de Celui Qui leur confère cet héritage. Par la Torah, ils perçoivent, à proprement parler, Son Essence. Or, cet héritage est transmis à chaque Juif, y compris à ceux qui appartiennent à “ la communauté de Yaakov ”, de la même étymologie que Ekev, le talon, comme l’explique le Likouteï Torah, Bera’ha, à la même référence.

2. On peut poursuivre cette analyse. Il est vrai que l’essence de la Torah s’exprime également dans l’étude d’un enfant. Néanmoins, pourquoi faut-il le lui dire ? Ne peut-il recevoir cette information par la suite, lorsqu’il sera plus grand et la comprendra mieux ? En attendant, pourquoi ne pas lui enseigner uniquement ce qui est à son niveau ?

L’explication est la suivante. Il doit être bien clair pour chacun que l’essence et l’aspect véritable de la Torah ne sont pas accessibles par la logique et la compréhension.

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