Un judaïsme vivant et chaleureux - Likoutei sihot - Volume 1 - TSAV Paragraphes 8 -11

26 mars 2023 · 4 nissan 5783 · 12:34 · 22 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Tsav Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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8. Le Maguid de Mézéritch souligne, dans l’explication qui vient d’être citée, que l’on “ éteint ” les éléments négatifs, grâce au “ feu perpétuel ”, à l’enthousiasme permanent que l’on éprouve pour la Torah et les Mitsvot.

On ne peut pas se contenter d’avoir, une fois, même récemment, éprouvé cet enthousiasme pour la Torah et les Mitsvot. Ce sentiment doit être permanent car, si l’indifférence le remplace, même pour un seul instant, les manifestations négatives peuvent ensuite faire leur apparition.

C’est pour cette même raison qu’il est une Mitsva de se souvenir chaque jour de ce qu’a fait Amalek. Il faut, en permanence, faire tout ce qui est nécessaire pour ne pas être victime, même un seul instant, de la passivité qu’il entend introduire, ce qu’à D.ieu ne plaise, ainsi qu’il est dit : “ Tu allumeras un feu perpétuel sur l’autel, tu ne l’éteindras pas ”.

9. Le “ feu perpétuel ” possède également une autre caractéristique. Il prépare la révélation du “ feu céleste ”. Nos Sages disent, en effet, que “ un feu descendait du ciel (pour consumer les sacrifices). Les hommes avaient, néanmoins, une Mitsva d’en allumer un également ”. En d’autres termes, le feu des hommes prépare et appelle celui du ciel.

Dans quel cas le feu céleste se révèle-t-il ? Lorsque celui des hommes est intègre. C’est uniquement à cette condition qu’il a le pouvoir de le mettre en évidence.

Les Sidrot que nous lisons actuellement, Tsav et Chemini, font la preuve de tout cela. Pendant les jours d’inauguration du Sanctuaire, alors que le Tabernacle était déjà achevé, avec toutes les parties qui le constituent, en particulier l’autel, alors que Moché et Aharon étaient présents et que les sacrifices avaient été offerts, la Présence divine ne se révélait pas. Car, une trace de la faute du veau d’or subsistait encore.

Puis, au huitième jour de cette inauguration, lorsque le feu des hommes avait effectivement fait disparaître tous les éléments négatifs, le stigmate de la faute du veau d’or disparut et, dès lors, “ un feu émana de devant l’Eternel ” et la Présence de D.ieu se révéla grâce à l’action de leurs mains.

Quelle est la qualité spécifique du feu céleste, justifiant qu’on puisse le révéler uniquement lorsque le feu des hommes est intègre ?

Les êtres créés sont, par nature, limités. Les objets dont ils font usage pour servir D.ieu le sont également et, par nature, ils ne sont pas immuables. Pour que leur existence s’imprègne d’éternité, ils doivent donc recevoir une révélation céleste, car D.ieu Seul transcende la limite.

C’est pour cette raison que, pendant sa période d’inauguration, le Sanctuaire était, chaque jour, assemblé, puis démonté. En effet, la seule force des hommes était incapable de lui conférer l’éternité. Puis, le huitième jour, la Présence de D.ieu se révéla et “ un feu émana de devant l’Eternel ”. Dès lors, “ le Sanctuaire fut édifié ” et on ne le démonta plus. Son élaboration fut définitive et il devint immuable.

Ce qui vient d’être dit permet de préciser la différence entre les sept premiers jours de cette inauguration et le huitième, d’expliquer que le feu céleste se révéla uniquement le dernier jour. En effet, les sept premiers jours constituent le cycle hebdomadaire. Ils conservent ainsi une relation avec les mondes. Le huitième jour, en revanche, transcende ce cycle. Il procède de la Lumière qui transcende les mondes. Il a donc le pouvoir de révéler le feu céleste.

10. Les êtres limités n’ont pas accès à l’éternité. Malgré cela, le feu qu’ils apportent doit être parfait pour attirer le feu céleste. En d’autres termes, lorsqu’un homme fait tout ce qui est en son pouvoir, il obtient la révélation divine du feu céleste, qui transcende la limite, même s’il reste inscrit dans la limite.

C’est en ce sens qu’il faut interpréter le mot “ perpétuel ” dont ce verset fait mention. Ce qui est perpétuel n’est pas soumis à la limite et transcende le temps. En effet, le temps est un ensemble d’instants précis et, de ce fait, il est lui-même limité. Malgré cela, la perfection du service de D.ieu, permettant d’allumer le feu des hommes, révèle l’infini, transcendant le temps. Dès lors, le temps lui-même devient immuable, “ perpétuel ”.

Dans la dimension du monde, cela signifie qu’il est possible d’obtenir, au sein de la nature, une réussite surnaturelle.

11. Il découle, de tout ce qui vient d’être dit, l’enseignement suivant.

Chaque Juif est lui-même un Sanctuaire et un Temple, consacrés à D.ieu, ainsi qu’il est dit : “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ”, c’est-à-dire “ au sein de chacun ”. Il doit donc savoir qu’un “ feu ” imparfait, un manque d’enthousiasme et de chaleur, remet en cause le dévoilement de D.ieu, y compris chez celui qui étudie la Torah, accomplit les Mitsvot et possède en lui tout ce qui caractérisait le Sanctuaire. Bien plus, peut-être est-il même possible que subsiste en lui une trace de la faute du veau d’or.

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