Se préparer au mariage ! Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Vayétsé Paragraphes 1-6

26 novembre 2022 · 2 kislev 5783 · 16:59 · 49 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vayetsé Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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1. Notre Sidra commence par: «Yaakov quitta Beer Cheva et se rendit à ‘Haran». Rachi souligne que la Torah répète ici ce qu’elle avait déjà dit, à la fin de la Sidra précédente.

La Torah est particulièrement précise et nos Sages déduisent, d’une seule lettre supplémentaire, de nombreuses Hala’hot. Combien plus la répétition, à différentes reprises, de tout un passage, doit-elle délivrer un enseignement pour toutes les générations, pour chaque période et chaque lieu, y compris pour notre époque, car la Torah est éternelle.

2. La Torah énonce deux raisons pour lesquelles cet endroit fut appelé Beer Cheva. D’une part, Cheva est de la même étymologie que Chevoua, le serment, faisant ainsi allusion à celui qui fut prononcé lorsqu’une alliance fut conclue entre Avraham et Avimélé’h. D’autre part, Cheva signifie sept et Beer désigne le puits. Il s’agit, en ce sens, d’une référence aux sept puits qui furent creusés après que Avraham ait conclu la paix avec Avimélé’h.

Ces deux explications décrivent donc une situation de calme pour les Juifs. Or, quittant Beer Cheva, Yaakov «se rendit à ‘Haran», lieu qui a une connotation radicalement opposée. Nos Sages, en effet, rapprochent ce nom de ‘Haron, la colère et en déduisent que ‘Haran est «le lieu de la colère de D.ieu dans le monde».

Or, on peut ici s’interroger. D.ieu nous donna la Torah et les Mitsvot, de Sa main pleine et large. Quelle que soit la situation à laquelle on est confronté, on doit toujours mettre en pratique une Injonction ou bien ce qui en découle, ou encore se garder de transgresser l’un des 365 Interdits ou de leurs dérivés. D.ieu aurait donc pu nous libérer de tous les tracas, du soucis de l’exil, de la nécessité de subvenir à ses besoins matériels. Alors, il nous aurait été bien plus aisé de mettre en pratique les Mitsvot.

Plus encore, pourquoi D.ieu ne fit-il pas qu’il nous soit inutile d’avoir recours à la matière? Pourquoi ne pourrions-nous pas résider en permanence dans la tente de la Torah?

C’est pour répondre à ces interrogations que la Torah nous raconte les pérégrinations de Yaakov, c’est-à-dire du premier homme qui fut pleinement représentatif d’Israël. En effet, Avraham donna naissance à Ichmaël et Its’hak, à Esav. Tous les fils de Yaakov, en revanche, furent intègres.

Lorsque Yaakov dut se marier et fonder un foyer juif, on lui demanda de quitter Beer Cheva, de s’éloigner de la Yechiva de Chem et d’Ever, afin de se rendre à ‘Haran, lieu de la colère de D.ieu dans le monde.

Avant de donner naissance au peuple juif, il pouvait et devait donc se trouver à Beer Cheva, où D.ieu se révélait pleinement, où il était aisé de pratiquer les Mitsvot, difficile de commettre une faute. Puis, il dut fonder une maison juive et il lui fallut alors quitter Beer Cheva pour se rendre à ‘Haran, où la Divinité était cachée et occultée.

De fait, le monde, Olam, est de la même étymologie que Elem, le voile, car il est conçu pour voiler D.ieu. Combien plus en était-il ainsi à ‘Haran.

A ‘Haran, il est très facile de commettre une faute et chaque Mitsva requiert un intense effort. Mais, Yaakov parvint à surmonter ces épreuves. C’est ainsi qu’il put bâtir un foyer juif et tous ses enfants furent intègres.

Il y a bien là un enseignement pour chaque Juif. Celui qui est confronté à l’épreuve, réunit toutes ses forces et parvient à la surmonter, pourra, de la sorte, bâtir, de manière effective, un foyer juif, une maison lumineuse et chaleureuse.

3. La méthode que l’on doit adopter, lorsque l’on se trouve dans une telle situation, est décrite par la suite de notre Sidra.

Lorsque Yaakov partit pour ‘Haran, le verset dit que «il pria D.ieu». Ce fut là sa première action. Or, il se rendait en un endroit où il devait rencontrer celle qui allait devenir son épouse. Il aurait donc pu, dans un premier temps, apprendre la langue et les coutumes de ce pays, adopter la mode vestimentaire de ses habitants.

Yaakov ne fit rien de tout cela et sa seule préoccupation fut de prier D.ieu, avec ferveur.

Comme on l’a dit, ce récit relatif à Yaakov, comme tous ceux que la Torah rapporte, délivre un enseignement, pour toutes les générations.

Lorsque quelqu’un s’apprête à fonder un foyer juif, il pourrait se dire que, même si son activité, jusqu’alors, à consisté à étudier la Torah, à prier, à pratiquer les Mitsvot, il se doit, maintenant, d’entrer dans le monde. Il lui faut donc mettre tout cela de côté et se consacrer à l’étude et à l’adoption des pratiques du pays, à imiter ceux qui l’habitent.

On doit donc dire à une telle personne que ce n’est nullement le cas. Sa seule préoccupation doit être la prière.

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