Mélanger 2 joies ? Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Vayétsé - Paragraphes 9-13
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vayetsé Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1
Le premier mariage évoqué par la Torah est celui d’Its’hak. Néanmoins, la Torah parle uniquement de sa préparation. Le premier que la Torah décrit par le détail est donc celui de Yaakov, élu d’entre les Patriarches, duquel on déduit, du reste, plusieurs lois relatives au mariage juif.
Ainsi, deux lois sont apprises du verset, «emplis cette semaine», qui se rapporte au mariage de Yaakov, la nécessité de faire suivre le mariage de sept jours de festin, d’une part, l’interdiction de mêler deux causes de joie, par exemple un mariage et une autre fête, d’autre part.
On peut s’interroger, à ce propos. N’est-il pas dit que l’on ne peut rien déduire de ce qui se passa avant le don de la Torah?
Bien plus, la nécessité des sept jours du festin est établie par nos Sages. Certes, un avis considère que le premier jour pourrait être instauré par la Torah. Les suivants, en revanche, sont, d’après tous les avis, une institution de nos Sages. Il ne s’agit donc pas, à proprement parler, d’une interprétation de ce verset et l’on peut, du reste, l’expliquer par le fait que l’on ne déduit rien de ce qui s’est passé avant le don de la Torah.
Dès lors, comment apprendre, du même verset, que l’on ne peut mêler deux causes de joie, ce qui, d’après les Tossafot, est l’interprétation qui doit être faite de ce verset et donc un principe instauré par la Torah?
10. L’explication est, en fait, la suivante. L’impossibilité de faire une déduction de ce qui s’est passé avant le don de la Torah se limite strictement au domaine de la Hala’ha, laquelle fut introduite uniquement lors de la révélation du mont Sinaï. On peut, en revanche, à partir d’un récit précédant le don de la Torah, apprendre à connaître le psychisme des hommes, car celui-ci n’a pas été modifié par la révélation du Sinaï.
Ce qui vient d’être dit permet d’établir une différence entre les deux lois précédemment citées. La nécessité de célébrer sept jours de festin est une Hala’ha. L’impossibilité de mêler deux causes de joie, par contre, découle du caractère des hommes. En l’observant, on peut conclure qu’il doit en être ainsi, comme nous le montrerons.
11. On peut envisager deux réactions, de la part de l’homme.
Lorsqu’un homme se trouve dans un certain état d’esprit, qu’il est, par exemple, joyeux, il pourra considérer toute chose de manière optimiste, même si sa joie a une raison bien précise. Mais, on peut également imaginer qu’il se réjouisse uniquement pour cette raison et pour aucune autre, bien plus, que cette joie le trouble, dans toute autre activité. La joie peut donc provoquer des effets opposés, dès lors que les causes sont différentes, l’une pouvant remettre l’autre en cause.
Tel est donc le sens de ce verset, «emplis cette semaine», qu’il faut interpréter de la seconde manière pour en déduire que l’on ne peut mêler deux causes de joie.
La joie des mariés, au même titre que celle qui est inspirée par n’importe quelle autre Mitsva, doit pénétrer toutes les préoccupations de l’homme. Accomplir une Mitsva, c’est, en effet, mettre en pratique la Volonté de D.ieu. Un homme doit le faire de son plein gré, ainsi qu’il est dit: «Fais que Sa Volonté soit la tienne». Dès lors, elle concentre tous ses efforts et, selon l’expression du Baal Chem Tov, «l’homme se trouve là où est sa volonté».
L’esprit doit, en conséquence, s’emplir de joie, parce que l’on sait que telle est la Volonté de D.ieu, concernant la réjouissance des mariés. Et, l’on peut déduire d’un récit précédant le don de la Torah qu’une joie peut en déranger une autre. On peut en conclure que l’on ne mélange pas la joie inspirée par une Mitsva à celle qui est provoquée par une autre Mitsva, car celle-ci en serait troublée.
12. On peut apporter une précision, relative à la dimension spirituelle de ce qui vient d’être dit.
Les Patriarches, avant le don de la Torah, atteignirent, par leurs efforts, la source des créatures. Ils acquirent ainsi la plus haute perfection qu’un homme puisse obtenir par ses forces propres. Néanmoins, tous leurs accomplissements furent spirituels. Car, la matière et l’esprit étaient alors hermétiquement séparés, comme le souligne le Midrach Rabba, en remarquant que: «Les habitants de Rome ne descendront pas en Syrie, les habitants de Syrie ne monteront pas à Rome».
Ainsi, deux lois sont apprises du verset, «emplis cette semaine», qui se rapporte au mariage de Yaakov, la nécessité de faire suivre le mariage de sept jours de festin, d’une part, l’interdiction de mêler deux causes de joie, par exemple un mariage et une autre fête, d’autre part.
On peut s’interroger, à ce propos. N’est-il pas dit que l’on ne peut rien déduire de ce qui se passa avant le don de la Torah?
Bien plus, la nécessité des sept jours du festin est établie par nos Sages. Certes, un avis considère que le premier jour pourrait être instauré par la Torah. Les suivants, en revanche, sont, d’après tous les avis, une institution de nos Sages. Il ne s’agit donc pas, à proprement parler, d’une interprétation de ce verset et l’on peut, du reste, l’expliquer par le fait que l’on ne déduit rien de ce qui s’est passé avant le don de la Torah.
Dès lors, comment apprendre, du même verset, que l’on ne peut mêler deux causes de joie, ce qui, d’après les Tossafot, est l’interprétation qui doit être faite de ce verset et donc un principe instauré par la Torah?
10. L’explication est, en fait, la suivante. L’impossibilité de faire une déduction de ce qui s’est passé avant le don de la Torah se limite strictement au domaine de la Hala’ha, laquelle fut introduite uniquement lors de la révélation du mont Sinaï. On peut, en revanche, à partir d’un récit précédant le don de la Torah, apprendre à connaître le psychisme des hommes, car celui-ci n’a pas été modifié par la révélation du Sinaï.
Ce qui vient d’être dit permet d’établir une différence entre les deux lois précédemment citées. La nécessité de célébrer sept jours de festin est une Hala’ha. L’impossibilité de mêler deux causes de joie, par contre, découle du caractère des hommes. En l’observant, on peut conclure qu’il doit en être ainsi, comme nous le montrerons.
11. On peut envisager deux réactions, de la part de l’homme.
Lorsqu’un homme se trouve dans un certain état d’esprit, qu’il est, par exemple, joyeux, il pourra considérer toute chose de manière optimiste, même si sa joie a une raison bien précise. Mais, on peut également imaginer qu’il se réjouisse uniquement pour cette raison et pour aucune autre, bien plus, que cette joie le trouble, dans toute autre activité. La joie peut donc provoquer des effets opposés, dès lors que les causes sont différentes, l’une pouvant remettre l’autre en cause.
Tel est donc le sens de ce verset, «emplis cette semaine», qu’il faut interpréter de la seconde manière pour en déduire que l’on ne peut mêler deux causes de joie.
La joie des mariés, au même titre que celle qui est inspirée par n’importe quelle autre Mitsva, doit pénétrer toutes les préoccupations de l’homme. Accomplir une Mitsva, c’est, en effet, mettre en pratique la Volonté de D.ieu. Un homme doit le faire de son plein gré, ainsi qu’il est dit: «Fais que Sa Volonté soit la tienne». Dès lors, elle concentre tous ses efforts et, selon l’expression du Baal Chem Tov, «l’homme se trouve là où est sa volonté».
L’esprit doit, en conséquence, s’emplir de joie, parce que l’on sait que telle est la Volonté de D.ieu, concernant la réjouissance des mariés. Et, l’on peut déduire d’un récit précédant le don de la Torah qu’une joie peut en déranger une autre. On peut en conclure que l’on ne mélange pas la joie inspirée par une Mitsva à celle qui est provoquée par une autre Mitsva, car celle-ci en serait troublée.
12. On peut apporter une précision, relative à la dimension spirituelle de ce qui vient d’être dit.
Les Patriarches, avant le don de la Torah, atteignirent, par leurs efforts, la source des créatures. Ils acquirent ainsi la plus haute perfection qu’un homme puisse obtenir par ses forces propres. Néanmoins, tous leurs accomplissements furent spirituels. Car, la matière et l’esprit étaient alors hermétiquement séparés, comme le souligne le Midrach Rabba, en remarquant que: «Les habitants de Rome ne descendront pas en Syrie, les habitants de Syrie ne monteront pas à Rome».