Stop à l'indifférence ! Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Vaéra - Paragraphes 1-13

14 janvier 2023 · 21 téveth 5783 · 35:43 · 45 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vaéra Pessa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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1. Comme nous l’avons maintes fois souligné, toutes les idées de la Torah, non seulement ses lois, mais aussi ses récits, délivrent un enseignement, pour chaque époque, en chaque endroit. De fait, le mot Torah est de la même étymologie que Horaa, enseignement et c’est en ce sens qu’elle est immuable.

Ainsi, lorsque la Torah fait un récit, relate un événement, lié à des circonstances bien particulières, que l’on ne pourrait rencontrer à notre époque, elle n’en délivre pas moins une leçon pour toutes les générations, puisqu’elle est éternelle.

Il en est de même pour tous les récits de la Torah et, combien plus est-ce le cas, lorsque ceux-ci portent sur la sortie d’Egypte.

Il est une Mitsva de se souvenir, chaque jour, de la sortie d’Egypte et, bien plus, chacun est quotidiennement confronté à sa dimension morale. L’Admour Hazaken l’explique précisément au chapitre 47 du Tanya et dans le Torah Or. Il est donc certain que la manière dont les enfants d’Israël quittèrent l’Egypte, telle que la Torah la rapporte, montre comment l’on peut se libérer de l’Egypte morale.

La sortie d’Egypte commença par les dix plaies, qui brisèrent l’arrogance du Pharaon et de l’Egypte. Tel est précisément le contenu de cette Sidra, qui relate quelques unes de ces plaies, le sang, les grenouilles.

2. Le début de notre Sidra décrit les conditions amères de l’exil, en Egypte.

Ses premiers mots sont : “ Je Me suis révélé à Avraham ”, qui constituent la réponse de D.ieu à la question formulée par Moché, figurant à la fin de la Parchat Chemot : “ Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple ? Tu n’as pas sauvé Ton peuple ! ”.

L’exil fut si difficile, si obscur, que Moché lui-même, perfection de la sagesse et de l’intellect appartenant au domaine de la sainteté, ne pouvait comprendre qu’il en soit ainsi et il s’insurgea : “ Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple? ”.

Par la suite, Moché transmit aux enfants d’Israël la réponse de D.ieu : “ En conséquence, dis aux enfants d’Israël que Je suis l’Eternel. Et Je vous ai fait soulagé des souffrances de l’Egypte ”. Il prononça alors les quatre termes, figurant dans la Paracha, qui évoquent la délivrance. Malgré cela, “ ils n’écoutèrent pas Moché, du fait de la limite de leur esprit et de l’âpreté de la servitude ”.

Certes, ils bénéficièrent alors d’une révélation exceptionnelle du Nom de D.ieu, ainsi qu’il est dit : “ En conséquence, dis aux enfants d’Israël que Je suis l’Eternel ”. Cette révélation fut particulièrement intense. Pour autant, elle ne fit pas disparaître l’exil, de sorte que “ ils n’écoutèrent pas Moché ”.

Il est clair que l’émissaire transmettant les Paroles de D.ieu n’était nullement en cause. Il s’agissait, en l’occurrence, de Moché, notre maître, duquel il est dit que “ D.ieu s’exprimait par sa gorge ”. Son corps n’était donc qu’un canal, véhiculant la Lumière de D.ieu telle qu’elle était.

On sait en quoi Moché était différent de tous les autres prophètes. Ces derniers, lorsqu’ils prophétisaient, perdaient toute relation avec la matérialité, car leur corps n’était pas apte à révéler la Parole de D.ieu. Plus encore, leur prophétie commençait par “ ainsi ”, terme qui désigne une apparition imprécise. Moché, à l’opposé, prophétisait dans son état normal et il introduisait ses propos par “ voici ”, car son corps était capable de restituer la Parole de D.ieu sans la dénaturer.

Par ailleurs, il y avait également le mérite des Patriarches, dont D.ieu fit mention dès le début de Ses Propos : “ Je Me suis révélé aux Patriarches ”. Evoquer ce mérite fut d’un apport certain. Ainsi, la Michna rapporte que l’on avait coutume de dire “ tout l’Orient s’est éclairé jusqu’à ‘Hevron ”, afin d’invoquer le mérite des Patriarches, qui reposent dans cette ville. Cette mention favorisait les sacrifices, en général et le sacrifice perpétuel, en particulier.

Bien plus encore, c’est D.ieu Lui-même Qui rappela le souvenir des Patriarches. L’aide ainsi obtenue fut considérable. De la sorte, on put réunir tous les éléments favorables suivants :
A. Le Nom de D.ieu se révéla à travers les quatre termes de délivrance.
B. Cette révélation fut obtenue par l’intermédiaire de Moché.
C. Le mérite des Patriarches fut invoqué.
D. D.ieu Lui-même en fit mention.
Mais, tout cela ne fut pas suffisant pour briser l’exil et les enfants d’Israël ne purent obtenir la délivrance. Non seulement, ils ne purent la voir, ce qui apporte bien la conviction la plus forte, mais ils n’en entendirent pas non plus parler, ne la comprirent pas, “ ils n’écoutèrent pas Moché ”.

3. Tout ceci est expliqué dès le début de notre Paracha. Par la suite, celle-ci parle des plaies, qui commencèrent à briser l’Egypte, malgré sa puissance et sa prétention.

Il y a bien là un enseignement pour le service de D.ieu de chacun, permettant de quitter, chaque jour, son Egypte morale.

L’Egypte dans laquelle on se trouve peut être particulièrement forte. Parfois, elle reste dans le domaine de la sainteté. ...

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