L'expiation qui transcende la téchouva - Likoutei sihot - Volume 4 - Kipour - Paragraphes 1-5

6 octobre 2024 · 3 tichri 5785 · 38:14 · 303 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Yom Kippour Série : KipourSérie : Likoutei sihot

Partager sur WhatsApp Lire l'article

. Le traité Chevouot 13a rapporte une controverse à propos de l’expiation apportée par Yom Kippour. Les Sages disent que “ Yom Kippour expie les fautes uniquement pour ceux qui se repentent ”. Rabbi, en revanche, considère que : “ Yom Kippour apporte l’expiation, que l’on soit parvenu à la Techouva ou non ”. En effet, “ l’essence même du jour réalise cette expiation ”. La Hala’ha retient l’avis des Sages, comme le disent le Rambam, lois de la Techouva, chapitre 1, paragraphe 3, lois des fautes commises par inadvertance, chapitre 3, paragraphe 10 et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 607, paragraphe 16.

Cela ne signifie pas que, selon les Sages, l’essence même du jour n’apporte pas l’expiation et que seule la Techouva la permette. En réalité, les Sages reconnaissent le caractère expiatoire de ce jour. De fait, le Rambam, qui tranche la Hala’ha selon l’avis des Sages, précise bien, aux paragraphes 3 et 4, que “ l’essence même du jour de Yom Kippour apporte l’expiation ”.

Ainsi, l’homme, par sa Techouva, ne peut pas atteindre l’expiation que lui apporte l’essence du jour et la discussion entre les Sages et Rabbi est donc la suivante. Comment obtenir l’expiation que seule l’essence du jour confère ? Pour Rabbi, celle-ci éclaire, dès qu’arrive ce jour. Pour les Sages, en revanche, on l’obtient seulement après la Techouva, même si elle est beaucoup plus élevée qu’elle. Mais, en tout état de cause, tous s’accordent pour reconnaître que “ l’essence même du jour apporte l’expiation ”.

Ceci nous permettra de comprendre ce que la Guemara dit, à propos du verset : “ Recherchez D.ieu pendant qu’Il peut être trouvé ”. Elle explique : “ Il s’agit des dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour ”. Selon cette formulation, Roch Hachana et Yom Kippour sont eux-mêmes décomptés, puisqu’il est question de “ dix jours ”. Pour autant, la Techouva n’est pas leur aspect essentiel et ils entrent dans cette période uniquement par l’aspect le plus bas de leur contenu. Plus profondément, ils la transcendent totalement.

De fait, le contenu profond de Roch Hachana est la proclamation de la royauté divine et celui de Yom Kippour, le fait que “ l’essence même de ce jour apporte l’expiation ”, à l’initiative de D.ieu et pour chaque Juif, sans aucune commune mesure avec la Techouva réalisée.

2. L’expiation n’a pas pour unique effet de dispenser celui qui a fauté de la punition. Elle permet également de rincer l’âme de la tache qui y a été déposée par la faute, comme le souligne le premier chapitre d’Iguéret Ha Techouva. Bien plus, la finalité de cette expiation n’est pas seulement de faire disparaître la trace de la faute. Elle doit, en outre, transformer les fautes intentionnellement commises en bienfaits, comme le dit le traité Yoma 86b.

Or, on peut ici s’interroger. Un Juif qui accède à la Techouva et regrette la faute qu’il a commise perdra, de la sorte, le plaisir qu’il a pu éprouver à la commettre et, en conséquence, il fera disparaître l’esprit du mal. Puis, il confessera, verbalement, sa faute et supprimera ainsi le corps de la faute. A l’issue de ce processus, l’homme est blanchi, lavé du mal. Les fautes lui permettent ainsi d’éprouver, pour D.ieu, une soif beaucoup plus intense. C’est la raison pour laquelle elles sont comptées comme des bienfaits, comme le précise le Tanya, au chapitre 7.

Comment l’essence de ce jour peut-elle laver le mal de l’homme, sans qu’il accède à la Techouva ? En effet, on peut comprendre que celui-ci ne soit pas puni, du fait de Yom Kippour. En revanche, comment la tache faite en son âme disparaît-elle ? Car, les Sages, qui exigent la Techouva, n’en conviennent pas moins que son effet n’atteint pas celui de l’essence du jour. Et, Rabbi, pour sa part, considère que Yom Kippour apporte l’expiation même en l’absence de la Techouva.

L’explication est la suivante. Le lien qui existe entre l’homme et D.ieu se manifeste à différents niveaux :

A) Il peut être réalisé par la pratique des Mitsvot, par la soumission au joug de la Royauté divine, par la volonté de mettre en pratique toutes les Injonctions divines.

B) Plus profondément, ce lien transcende la pratique des Mitsvot et la soumission. Concrètement, celui qui a transgressé les Commandements et rejeté le joug divin, en est confus et penaud. Ce qu’il a fait lui inspire la Techouva et ce sentiment provient donc de ce qui, en son âme, transcende le lien découlant de la pratique des Mitsvot. L’homme peut ainsi faire disparaître la tache de son âme, résultant des fautes qui ont affaibli l’aspect le plus évident de son attachement à D.ieu.

Bien plus, là-haut, la Techouva atteint également un stade plus élevé que la Volonté des Mitsvot, comme l’expliquent le Likouteï Torah, A’hareï, page 26c et le Dére’h Mitsvoté’ha, à la Mitsva de la confession et de la Techouva.

Malgré tout cela, ce lien, plus profond, n’en reste pas moins limité. En effet, il reste proportionnel à l’intensité de la Techouva qui a été réalisée.

...

Autres cours de la série Kipour

Toutes les vidéos

Autres cours de Rav Menahem Altabe

Toutes les vidéos