Pourquoi cette ruse ? Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Toldot - Paragraphes 22-24

22 novembre 2022 · 28 hèchvan 5783 · 11:11 · 31 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Toledot Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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22. Un discours ‘hassidique explique pourquoi Yaakov dut avoir recours à la ruse, bien qu’elle ait été basée sur la sagesse de la Torah, pour recevoir les bénédictions d’Its’hak. De fait, la ruse fut, pour ainsi dire, la règle générale. Des parcelles spirituelles de sainteté descendirent ici-bas, investirent la matière du monde et «le serpent était le plus rusé de tous les animaux». Pour libérer ces parcelles de l’emprise qu’il exerce sur elle, il fallait donc avoir recours à la ruse, ainsi qu’il est dit: «sois obstiné avec celui qui est obstiné».

23. C’est pour cette raison que Rivka demanda à Yaakov qu’il aille recevoir les bénédictions de son père. Elle le rassura en précisant que, s’il était maudit, ce qu’à D.ieu ne plaise, elle acceptait elle-même les termes de cette malédiction, ainsi qu’il est dit: «que ta malédiction s’applique à moi, mon fils».

Or, on peut ici s’interroger. En quoi Yaakov se trouvait-il ainsi rassuré? Un fils, surtout s’il s’agit de Yaakov, ne se soucie-t-il pas du bien-être de sa mère? Comment pouvait-il donc être tranquillisé? Or, c’est précisément avec cet argument que Rivka put convaincre Yaakov.

L’explication est, en fait la suivante. Yaakov fut comparé à Adam, le premier homme et il répara sa faute, comme l’explique la Kabbala. Or, c’est par ruse que le serpent put convaincre Adam. Pour modifier les choses et s’assurer que les bénédictions ne parviennent pas à Esav, Yaakov dut avoir également recours à la ruse, ainsi qu’il est dit: «ton frère est venu avec ruse et il a pris ta bénédiction».

24. On peut brièvement donner, à ce propos, l’explication suivante.

Il s’agit ici de dévoiler ce qui est particulièrement élevé et transcende la raison, alors que la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal fut plus basse que la raison. Il faut donc être un réceptacle, capable d’intégrer une telle élévation. La logique et l’intellect ne le permettent pas. Seul le don de sa propre personne est le moyen d’y parvenir.

Il faut offrir sa propre personne et c’est ce que signifia Rivka par ces mots: «que ta malédiction s’applique à moi, mon fils». Elle était prête à cela et, bien plus, il devait en être ainsi. Il n’y avait aucun autre moyen d’obtenir ces bénédictions. Elle devait faire don d’elle-même et écarter tout raisonnement logique. Sa réaction permit que Yaakov adopta la même attitude.

Nos Sages en disent de même de celui qui veut intégrer la Torah. Commentant les bénédictions que Its’hak accorda à Yaakov, le Midrach explique: «La rosée du ciel, c’est la Loi Ecrite; les mets gras de la terre, c’est la Michna; le blé, c’est le Talmud; la vigne, c’est la Aggada».

Il faut donc faire usage de la ruse, issue du domaine de la sainteté et de la sagesse de la Torah. On reçoit ainsi la plus haute élévation, comme le souligne le Rabbi, dans son discours ‘hassidique. Il précise, en effet, la nécessité de transformer «la folie des forces du mal» en «folie de la sainteté». Une telle manière d’agir confère une élévation beaucoup plus considérable que celle qui découle d’une démarche réfléchie.

On atteint un stade de la sainteté qui dépasse ce que l’on peut obtenir, dans ce domaine, par la logique.

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