Comment décider que faire ? Likoutei sihot - Volume 1 (Bo) Youd Chevat - Paragraphe 18-25

24 janvier 2023 · 2 chevat 5783 · 19:40 · 34 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bo Youd Chevat Série : BoSérie : Likoutei sihot

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18. Parmi les pratiques instituées par le Rabbi, dont nous célébrons la Hilloula, l’une consiste à étudier, chaque jour, le passage quotidien de la Paracha de la semaine, avec le commentaire de Rachi.

Et, le Rabbi a rappelé, à ce propos, l’explication de l’Admour Hazaken selon laquelle il est nécessaire de “ vivre avec le temps ”. Il convient donc de tirer un enseignement de l’étude quotidienne, concernant plus spécifiquement le jour qu’elle est délivrée.

19. Dans le passage de la Sidra lié au jour de la Hilloula, il est question de la situation des enfants d’Israël, peu avant le passage de la mer Rouge.

Cette traversée fut l’un des plus grands miracles. Ainsi, pour définir un fait exceptionnel, nos Sages emploient l’expression “ aussi difficile que l’ouverture de la mer Rouge ”. Celle-ci prépara le don de la Torah et également la délivrance future.

Comment fut-il possible de traverser la mer Rouge ?

Le Chelichi de cette Paracha, qui sera étudié après le jour de la Hilloula, rapporte qu’il était un homme, s’appelant Na’hchon, fils d’Aminadav. Celui-ci fit don de sa propre vie et il sauta dans la mer. Ainsi, il suscita un sentiment similaire chez tous les enfants d’Israël et il provoqua le miracle, l’ouverture de la mer Rouge, ici-bas, dans le monde.

20. Na’hchon, fils d’Aminadav, sauta dans la mer à une époque et dans une situation bien précise et peut-être, alors, la position qu’il adopta pouvait-elle être contestée. Comme on le sait, en effet, un avis considère qu’avant le don de la Torah, les Juifs étaient considérés comme des descendants de Noa’h. Or, il y a une controverse, parmi les premiers et les derniers de nos Sages, pour déterminer si un descendant de Noa’h est tenu de mettre sa vie en péril pour mettre en pratique la Volonté de D.ieu.

Si l’on adopte la position selon laquelle il n’est pas tenu de le faire, cela signifie que le sacrifice personnel lui est interdit. En effet, il n’a pas le droit de commettre un crime, même si celui-ci porte sur sa propre personne, ainsi qu’il est dit : “ Je vous demanderai des comptes, sur votre sang, pour votre propre personne ”. Il en résulte que Na’hchon n’avait pas le droit de risquer sa vie.

Même d’après l’avis qui n’assimile pas les Juifs, avant le don de la Torah, à des descendants de Noa’h, cette position est maintenue uniquement lorsqu’elle conduit à une position plus rigoriste, mais non si elle est plus légère. Le don de sa propre personne, en l’occurrence, lui était donc effectivement interdit.

Néanmoins, Na’hchon savait qu’en libérant les Juifs d’Egypte, D.ieu avait dit : “ Lorsque tu feras sortir le peuple d’Egypte, vous servirez D.ieu sur cette montagne ”. Il fallait donc se diriger vers le mont Sinaï, pour recevoir cette Torah. S’il apercevait une mer, au milieu de la route, il ne devait donc en tenir aucun compte. En conséquence, il sauta dans la mer et poursuivit son chemin, afin de se diriger vers le don de la Torah.

21. Le Midrach Pirka de Rabbénou Hakaddoch, commentant l’étude de ce jour, qui est liée à la Hilloula, explique que les enfants d’Israël se répartirent en quatre groupes. L’un dit : “ Changeons de direction et retournons en Egypte ”. Le second souhaita faire la guerre contre les Egyptiens, le troisième opta pour fuir dans le désert. Seul le quatrième groupe disait que l’on pouvait ou même que l’on devait traverser la mer.

Un principe établit que l’on doit se conformer à l’avis majoritaire. Ainsi, la logique, émanant du domaine de la sainteté, indique que la position prise par Na’hchon n’était pas une évidence.

Mais, en fait, Na’hchon ne se posa même pas toutes ces questions. Il savait que D.ieu demandait de se diriger vers le mont Sinaï, afin de recevoir la Torah. Il se disait qu’un tel objectif ne serait jamais atteint en retournant en Egypte, ni en faisant la guerre aux Egyptiens ou en fuyant dans le désert. Il n’était qu’un seul moyen d’y parvenir. Il fallait sauter dans la mer. Il n’y avait pas d’autre alternative, pour se rapprocher du mont Sinaï.

22. La réaction des Juifs qui devaient traverser la mer Rouge délivre un enseignement pour toutes les générations et il en est de même pour l’œuvre du Rabbi, dont nous célébrons la Hilloula et qui lui-même mena sa mission à bien, au péril de sa vie. Il transmit, en outre, ce comportement, à tous ceux qui s’efforcent de le suivre.

Dès qu’il accéda à la direction des ‘Hassidim, il fit aussitôt don de sa propre vie. A l’époque, en Russie, la section juive des Bolcheviques était toute puissante. Prendre alors la responsabilité de diriger les ‘Hassidim, de diffuser la Torah, les Mitsvot et surtout l’enseignement profond de la Torah revenait à troubler l’ordre établi dans le pays, à agir contre nature. Il fallait, pour cela, offrir sa vie morale et physique, d’une manière effective.

Et, le Rabbi exigeait également cet esprit de sacrifice de ceux qui le suivaient et de ses collaborateurs.
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