La voix qui n'avait pas d'échos - Likoutei Sihot - Volume 4 - Parachat Vaet'hanan - Paragraphes 1 6
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vaet'hanan Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 4
1. Faisant référence aux dix Commandements, le verset évoque la “ grande Voix qui ne s’interrompait pas ”. Le Midrach Chemot Rabba, à la fin du chapitre 28, rapporte, à ce propos, trois commentaires :
A) “ Chaque son se répartissait en sept, qui, à leur tour, se répartissaient entre les soixante dix langues ”, de sorte que les dix Commandements ne furent pas entendus uniquement dans la Langue sacrée, mais bien dans toutes les soixante dix langues.
B) “ C’est par cette Voix que la prophétie fut accordée à tous ceux qui la reçurent par la suite ”. Ainsi, la voix ne fut pas entendue uniquement à cet instant précis, mais elle retentit encore par la suite et, grâce à elle, les prophètes et les Sages purent s’exprimer, aux époques ultérieures.
De fait, le Midrach précise : “ Tous les Sages, en chaque génération, reçoivent leur enseignement de ce qui a été dit sur le mont Sinaï ”, comme l’explique le Likouteï Torah, Bamidbar, à la page 15c.
C) “ Cette Voix n’avait pas d’écho ”, bien que ce soit le cas général et que chaque son en ait systématiquement un.
Or, on peut ici s’interroger. En quoi, la troisième explication exprime-t-elle la grandeur de la Voix des dix Commandements et son caractère infini ? Selon les deux premières explications, on peut le comprendre. La Voix ne se limitait pas à la Langue sacrée ou au temps du don de la Torah. Elle se répandait sur toutes les langues, se prolongeaient en toutes les générations. En revanche, comment faire l’éloge de cette Voix en constatant qu’elle n’a pas d’écho. N’est-ce pas celui-ci, bien au contraire, qui lui confère la puissance ? Son absence n’est-elle pas marque de faiblesse ?
Une autre question peut également être posée. On sait que D.ieu ne fait pas de miracle sans justification. Ainsi, le Ran explique, dans ses commentaires, que “ D.ieu désire que soient maintenus les usages du monde, dans toute la mesure du possible. La nature Lui est précieuse et Il n’y introduit un changement qu’en cas de grand besoin ”. On trouve une explication similaire dans le traité Chabbat 53b.
En l’occurrence, une voix possède, par nature un écho et celui d’une “ grande voix ” doit donc être particulièrement fort. Pourquoi les voies naturelles furent-elles donc modifiées, en sorte que la “ grande Voix ” du don de la Torah n’ait pas d’écho ?
Certains commentateurs expliquent la raison d’être de ce miracle de la manière suivante. Il fallait que nul ne puisse commettre l’erreur de penser qu’il y avait une seconde voix. Toutefois, ce commentaire est difficile à admettre, car l’écho ne peut pas être confondu avec la voix. Il a la même intonation, prononce les mêmes mots. Bien plus, la Voix du don de la Torah émanait simultanément des quatre points cardinaux, du ciel et de la terre, selon le commentaire des Tossafot, à la fin de la Parchat Yethro. Pourtant, nul ne se trompa. Il n’y avait donc pas lieu de craindre une erreur, du fait de l’écho, qui retentit un peu après la voix et qui, comme en attestent les mots qu’il prononce, n’en est que la reproduction.
Une autre question se pose également. De façon générale, le but de la Torah n’est pas de rapporter des récits, mais bien de délivrer un enseignement pour le service de D.ieu. Lequel est-il, en l’occurrence ? Que déduire du fait que la Voix du don de la Torah n’avait pas d’écho ?
2. Le premier mot des dix Commandements, qui les inclut tous en lui, est Ano’hi, Je et nos Sages soulignent, dans la Pessikta Rabba, au chapitre 21, que ce mot est constitué des initiales de la phrase signifiant : “ Moi, J’ai donné et écrit les dix Commandements ”. Le traité Chabbat 105a, selon la version du Eïn Yaakov, ajoute qu’il est également formé par les initiales de cette autre phrase : “ Moi, l’Essence de Moi-même, Je l’ai donnée et écrite ”.
Ainsi, lors du don de la Torah, c’est bien l’Essence de D.ieu qui s’exprima et s’introduisit dans les dix Commandements qui furent alors prononcés et qui s’adressaient à chacun, à titre individuel : “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ”, au singulier et non pas globalement, à l’ensemble de la génération.
Nos Sages disent, dans les Pirkeï de Rabbi Eliézer, au chapitre 41, le Midrach Chemot Rabba, à la fin du chapitre 28, le Midrach Tan’houma, Nitsavim, au chapitre 3, le Zohar, tome 1, page 91a, tome 2, page 83b et le Tikouneï Zohar, Tikoun 49, à la page 86a, que toutes les âmes assistèrent au don de la Torah, y compris celles des époques précédentes et des générations ultérieures. Certes, la Torah fut donnée aux âmes vêtues de corps. Toutefois, ces âmes purent ainsi contenir la révélation du Gan Eden, du monde futur et de la résurrection des morts. C’est donc à chacun, personnellement, que D.ieu dit : “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” et “ Moi, l’Essence de Moi-même, Je l’ai donnée et écrite ”.
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A) “ Chaque son se répartissait en sept, qui, à leur tour, se répartissaient entre les soixante dix langues ”, de sorte que les dix Commandements ne furent pas entendus uniquement dans la Langue sacrée, mais bien dans toutes les soixante dix langues.
B) “ C’est par cette Voix que la prophétie fut accordée à tous ceux qui la reçurent par la suite ”. Ainsi, la voix ne fut pas entendue uniquement à cet instant précis, mais elle retentit encore par la suite et, grâce à elle, les prophètes et les Sages purent s’exprimer, aux époques ultérieures.
De fait, le Midrach précise : “ Tous les Sages, en chaque génération, reçoivent leur enseignement de ce qui a été dit sur le mont Sinaï ”, comme l’explique le Likouteï Torah, Bamidbar, à la page 15c.
C) “ Cette Voix n’avait pas d’écho ”, bien que ce soit le cas général et que chaque son en ait systématiquement un.
Or, on peut ici s’interroger. En quoi, la troisième explication exprime-t-elle la grandeur de la Voix des dix Commandements et son caractère infini ? Selon les deux premières explications, on peut le comprendre. La Voix ne se limitait pas à la Langue sacrée ou au temps du don de la Torah. Elle se répandait sur toutes les langues, se prolongeaient en toutes les générations. En revanche, comment faire l’éloge de cette Voix en constatant qu’elle n’a pas d’écho. N’est-ce pas celui-ci, bien au contraire, qui lui confère la puissance ? Son absence n’est-elle pas marque de faiblesse ?
Une autre question peut également être posée. On sait que D.ieu ne fait pas de miracle sans justification. Ainsi, le Ran explique, dans ses commentaires, que “ D.ieu désire que soient maintenus les usages du monde, dans toute la mesure du possible. La nature Lui est précieuse et Il n’y introduit un changement qu’en cas de grand besoin ”. On trouve une explication similaire dans le traité Chabbat 53b.
En l’occurrence, une voix possède, par nature un écho et celui d’une “ grande voix ” doit donc être particulièrement fort. Pourquoi les voies naturelles furent-elles donc modifiées, en sorte que la “ grande Voix ” du don de la Torah n’ait pas d’écho ?
Certains commentateurs expliquent la raison d’être de ce miracle de la manière suivante. Il fallait que nul ne puisse commettre l’erreur de penser qu’il y avait une seconde voix. Toutefois, ce commentaire est difficile à admettre, car l’écho ne peut pas être confondu avec la voix. Il a la même intonation, prononce les mêmes mots. Bien plus, la Voix du don de la Torah émanait simultanément des quatre points cardinaux, du ciel et de la terre, selon le commentaire des Tossafot, à la fin de la Parchat Yethro. Pourtant, nul ne se trompa. Il n’y avait donc pas lieu de craindre une erreur, du fait de l’écho, qui retentit un peu après la voix et qui, comme en attestent les mots qu’il prononce, n’en est que la reproduction.
Une autre question se pose également. De façon générale, le but de la Torah n’est pas de rapporter des récits, mais bien de délivrer un enseignement pour le service de D.ieu. Lequel est-il, en l’occurrence ? Que déduire du fait que la Voix du don de la Torah n’avait pas d’écho ?
2. Le premier mot des dix Commandements, qui les inclut tous en lui, est Ano’hi, Je et nos Sages soulignent, dans la Pessikta Rabba, au chapitre 21, que ce mot est constitué des initiales de la phrase signifiant : “ Moi, J’ai donné et écrit les dix Commandements ”. Le traité Chabbat 105a, selon la version du Eïn Yaakov, ajoute qu’il est également formé par les initiales de cette autre phrase : “ Moi, l’Essence de Moi-même, Je l’ai donnée et écrite ”.
Ainsi, lors du don de la Torah, c’est bien l’Essence de D.ieu qui s’exprima et s’introduisit dans les dix Commandements qui furent alors prononcés et qui s’adressaient à chacun, à titre individuel : “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ”, au singulier et non pas globalement, à l’ensemble de la génération.
Nos Sages disent, dans les Pirkeï de Rabbi Eliézer, au chapitre 41, le Midrach Chemot Rabba, à la fin du chapitre 28, le Midrach Tan’houma, Nitsavim, au chapitre 3, le Zohar, tome 1, page 91a, tome 2, page 83b et le Tikouneï Zohar, Tikoun 49, à la page 86a, que toutes les âmes assistèrent au don de la Torah, y compris celles des époques précédentes et des générations ultérieures. Certes, la Torah fut donnée aux âmes vêtues de corps. Toutefois, ces âmes purent ainsi contenir la révélation du Gan Eden, du monde futur et de la résurrection des morts. C’est donc à chacun, personnellement, que D.ieu dit : “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” et “ Moi, l’Essence de Moi-même, Je l’ai donnée et écrite ”.
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