Darty ou Garty ? - Likoutei sihot - Vol 1 - Vaychla'h - Paragraphes 1-6
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vayichla'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1
1. Commentant le verset : «J’ai résidé avec Lavan», Rachi explique: «J’ai résidé, Garti, avec Lavan, et j’ai respecté les 613, Taryag, Mitsvot».
On peut s’interroger sur une telle affirmation. Taryag est, certes, l’anagramme de Garti. Néanmoins, comment intervient, dans le sens simple du verset, le respect des Mitsvot? Garti ne signifie-t-il pas résider, mais aussi être étranger?
Par ailleurs, pourquoi Yaakov devait-il faire savoir à Esav qu’il avait respecté les 613 Mitsvot? Et quel est l’enseignement que nous pouvons tirer de tout cela?
2. Que signifie «J’ai résidé avec Lavan»? En fait, tout les biens matériels que Lavan l’araméen possédait, les boeufs, les ânes, le troupeau, les serviteurs et les servantes, restaient étrangers à Yaakov. Là ne se trouvait nullement sa préoccupation.
Son foyer était celui de l’âme, la Torah, les Mitsvot, alors que les considérations matérielles lui étaient indifférentes.
C’est la raison pour laquelle, comme le dit notre Sidra, un peu plus loin, «Il se construisit une maison et, pour ses troupeaux, fit des cabanes». Pour lui-même, pour son âme et tout ce qui la concerne, il bâtit effectivement une demeure fixe. Mais, pour ses troupeaux, pour les biens matériels qui ne sont nullement l’essence de sa personne, il ne fit que des cabanes, des demeures provisoires. Car, l’âme n’en a nul besoin, surtout lorsqu’elle se trouve là-haut. Bien plus, cela ne la concerne pas et seul son passage ici-bas crée une relation entre elle et les objets matériels.
Dans l’une de ses causeries, mon beau-père, le Rabbi, a rapporté le mot suivant du Maguid de Mézéritch: «A la maison, tout est différent et il est important de disposer de tout. Lorsque l’on est en voyage, en revanche, on peut accepter une moins belle demeure, un mobilier plus approximatif, dès lors que l’on n’est pas chez soi.»
Ce qui vient d’être dit permet d’opérer le lien entre le sens simple du verset et son sens analytique. Yaakov constate que «J’ai habité avec Lavan» et que les objets matériels dont celui-ci disposait lui étaient étrangers. De la sorte, ceux-ci ne firent pas obstacle à sa spiritualité et, en conséquence, «j’ai respecté les 613 Mitsvot».
3. Bien plus, le fait de considérer les biens matériels comme étrangers n’est pas uniquement le moyen d’empêcher qu’ils fassent obstacle à la spiritualité, mais permet, en outre, de révéler cette dernière au sein de la matière, au point que celle-ci devienne spirituelle et sainte.
Le verset dit ainsi: «J’ai des boeufs, des ânes, un troupeau, des serviteurs, des servantes». Il souligne, de la sorte, que tous ces biens furent acquis à Yaakov, à l’essence profonde de sa personnalité.
4. Commentant ce verset, le Midrach dit: «L’âne, c’est le roi Machia’h, duquel il est dit: pauvre et chevauchant un âne».
La venue du Machia’h dépend de la transformation de la matière du monde. Si chacun réalise l’élévation de son corps et de son âme animale, de la part du monde qui lui est confiée, en en faisant usage pour le domaine de la sainteté, nous pourrons obtenir tous les dévoilements du monde futur.
Tel est donc le sens de ces versets, «J’ai résidé avec Lavan... et j’ai eu des boeufs, des ânes». Yaakov sut rester étranger aux valeurs matérielles, en faire des réceptacles de la Divinité. Il ne fit que «résider» parmi ces valeurs. De la sorte, il était déjà prêt à accueillir le Machia’h et il possédait donc «l’âne», qui fait allusion au roi Machia’h.
C’est pour cette raison qu’il délégua des anges auprès d’Esav. Il voulait lui faire savoir qu’il avait, pour sa part, achevé la transformation de la matière, qu’il était prêt pour la délivrance. Et, il pensait qu’il en était de même pour Esav, que celui-ci ne ferait pas obstacle à la venue du Machia’h.
5. La Torah et ses enseignements sont éternels, pour chacun, en toute époque et en tout lieu.
Il découle, de ce qui vient d’être dit, la leçon suivante. Le monde, l’environnement peut sembler ne pas être prêt pour la délivrance, n’ayant pas encore reçu la transformation nécessaire. Pour autant, un Juif se préparera pour la délivrance complète, avec tout ce dont il dispose, son troupeau, ses serviteurs, ses servantes.
Comment mener à bien une telle préparation? En résidant auprès de Lavan, en sachant que l’on ne fait que «résider» dans ce monde, ainsi qu’il est dit: «Je suis un étranger sur cette terre».
Il est dit que «nos jours atteignent soixante dix ans et, si l’on fait intervenir la rigueur, quatre vingt ans» et aussi que «ces jours seront de cent vingt ans». Or, durant tout ce temps, l’homme n’est qu’un étranger, résidant auprès de Lavan. S’il le ressent, le monde matériel ne contredira plus sa spiritualité et, il pourra posséder, y compris de manière concrète, «des boeufs, des ânes, un troupeau, des serviteurs et des servantes».
On peut s’interroger sur une telle affirmation. Taryag est, certes, l’anagramme de Garti. Néanmoins, comment intervient, dans le sens simple du verset, le respect des Mitsvot? Garti ne signifie-t-il pas résider, mais aussi être étranger?
Par ailleurs, pourquoi Yaakov devait-il faire savoir à Esav qu’il avait respecté les 613 Mitsvot? Et quel est l’enseignement que nous pouvons tirer de tout cela?
2. Que signifie «J’ai résidé avec Lavan»? En fait, tout les biens matériels que Lavan l’araméen possédait, les boeufs, les ânes, le troupeau, les serviteurs et les servantes, restaient étrangers à Yaakov. Là ne se trouvait nullement sa préoccupation.
Son foyer était celui de l’âme, la Torah, les Mitsvot, alors que les considérations matérielles lui étaient indifférentes.
C’est la raison pour laquelle, comme le dit notre Sidra, un peu plus loin, «Il se construisit une maison et, pour ses troupeaux, fit des cabanes». Pour lui-même, pour son âme et tout ce qui la concerne, il bâtit effectivement une demeure fixe. Mais, pour ses troupeaux, pour les biens matériels qui ne sont nullement l’essence de sa personne, il ne fit que des cabanes, des demeures provisoires. Car, l’âme n’en a nul besoin, surtout lorsqu’elle se trouve là-haut. Bien plus, cela ne la concerne pas et seul son passage ici-bas crée une relation entre elle et les objets matériels.
Dans l’une de ses causeries, mon beau-père, le Rabbi, a rapporté le mot suivant du Maguid de Mézéritch: «A la maison, tout est différent et il est important de disposer de tout. Lorsque l’on est en voyage, en revanche, on peut accepter une moins belle demeure, un mobilier plus approximatif, dès lors que l’on n’est pas chez soi.»
Ce qui vient d’être dit permet d’opérer le lien entre le sens simple du verset et son sens analytique. Yaakov constate que «J’ai habité avec Lavan» et que les objets matériels dont celui-ci disposait lui étaient étrangers. De la sorte, ceux-ci ne firent pas obstacle à sa spiritualité et, en conséquence, «j’ai respecté les 613 Mitsvot».
3. Bien plus, le fait de considérer les biens matériels comme étrangers n’est pas uniquement le moyen d’empêcher qu’ils fassent obstacle à la spiritualité, mais permet, en outre, de révéler cette dernière au sein de la matière, au point que celle-ci devienne spirituelle et sainte.
Le verset dit ainsi: «J’ai des boeufs, des ânes, un troupeau, des serviteurs, des servantes». Il souligne, de la sorte, que tous ces biens furent acquis à Yaakov, à l’essence profonde de sa personnalité.
4. Commentant ce verset, le Midrach dit: «L’âne, c’est le roi Machia’h, duquel il est dit: pauvre et chevauchant un âne».
La venue du Machia’h dépend de la transformation de la matière du monde. Si chacun réalise l’élévation de son corps et de son âme animale, de la part du monde qui lui est confiée, en en faisant usage pour le domaine de la sainteté, nous pourrons obtenir tous les dévoilements du monde futur.
Tel est donc le sens de ces versets, «J’ai résidé avec Lavan... et j’ai eu des boeufs, des ânes». Yaakov sut rester étranger aux valeurs matérielles, en faire des réceptacles de la Divinité. Il ne fit que «résider» parmi ces valeurs. De la sorte, il était déjà prêt à accueillir le Machia’h et il possédait donc «l’âne», qui fait allusion au roi Machia’h.
C’est pour cette raison qu’il délégua des anges auprès d’Esav. Il voulait lui faire savoir qu’il avait, pour sa part, achevé la transformation de la matière, qu’il était prêt pour la délivrance. Et, il pensait qu’il en était de même pour Esav, que celui-ci ne ferait pas obstacle à la venue du Machia’h.
5. La Torah et ses enseignements sont éternels, pour chacun, en toute époque et en tout lieu.
Il découle, de ce qui vient d’être dit, la leçon suivante. Le monde, l’environnement peut sembler ne pas être prêt pour la délivrance, n’ayant pas encore reçu la transformation nécessaire. Pour autant, un Juif se préparera pour la délivrance complète, avec tout ce dont il dispose, son troupeau, ses serviteurs, ses servantes.
Comment mener à bien une telle préparation? En résidant auprès de Lavan, en sachant que l’on ne fait que «résider» dans ce monde, ainsi qu’il est dit: «Je suis un étranger sur cette terre».
Il est dit que «nos jours atteignent soixante dix ans et, si l’on fait intervenir la rigueur, quatre vingt ans» et aussi que «ces jours seront de cent vingt ans». Or, durant tout ce temps, l’homme n’est qu’un étranger, résidant auprès de Lavan. S’il le ressent, le monde matériel ne contredira plus sa spiritualité et, il pourra posséder, y compris de manière concrète, «des boeufs, des ânes, un troupeau, des serviteurs et des servantes».