Le omer : 1 seule mitsva ou 49 ? Likoutei sihot Volume 1 - Parachat Emor Paragraphes 17-20
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Emor Série : EmorSérie : Likoutei sihot
17. La Hala’ha précise que, si l’on oublie, un jour, de compter l’Omer, ce qu’à D.ieu ne plaise, on poursuit ce compte sans bénédiction.
On peut le justifier de la manière suivante. Selon un avis, on accomplit, en comptant l’Omer chaque jour, quarante neuf Mitsvot différentes. D’après cette conception, si l’on oublie cette Mitsva, un jour, on ne remet pas en cause tous les autres, puisqu’il s’agit, à chaque fois, d’une Mitsva nouvelle.
Mais, il est aussi un second avis, selon lequel tout le compte de l’Omer ne constitue qu’une seule et même Mitsva. Il en résulte qu’un oubli, un jour, ne permet plus de poursuivre le compte, par la suite. Concrètement, on compte l’Omer, après un oubli, sans en dire la bénédiction.
Or, on peut s’interroger, à ce sujet. Si l’on admet que les quarante neuf comptes ne font qu’une seule et même Mitsva, pourquoi réciter, chaque jour, la bénédiction ? Pourquoi prononcer quarante neuf bénédictions et non une seule, au début ou à la fin de ce compte ?
De plus, d’après l’avis qui considère que le compte de l’Omer ne constitue qu’une seule Mitsva, un oubli remet en cause non seulement les jours suivants, mais aussi les jours précédents. Dès lors, pourquoi ne pas instaurer que l’on ne puisse pas dire de bénédiction jusqu’au dernier jour de ce compte, de peur qu’on l’oublie, un jour ? Un tel oubli ne rend-il pas inutiles les bénédictions des jours précédents ?
On peut expliquer qu’en fait, il s’agit bien de quarante neuf Mitsvot différentes. Néanmoins, on introduit, la première nuit, un premier compte, la second nuit, un deuxième compte, la troisième nuit, un troisième compte et ainsi de suite. C’est donc ce lien existant entre les jours de l’Omer qui fait qu’en omettant le compte un jour, on doit l’interrompre, par la suite.
Celui qui oublie, par exemple, de compter l’Omer le second soir, ne pourra pas dire, le lendemain, “ c’est aujourd’hui le troisième jour de l’Omer ”, puis “ c’est aujourd’hui le quatrième jour de l’Omer ”, car il ne peut y avoir de troisième et de quatrième, s’il n’y a pas eu, au préalable, un second. On peut ainsi justifier qu’un oubli remette en cause les jours suivants, mais non les comptes précédents, dès lors qu’il s’agit bien, chaque jour, d’une Mitsva différente.
18. Nos Sages se posent la question suivante. L’Omer correspond-il à une réalité, que la Torah demande de compter, au même titre que les années du cycle séparant un Chabbat de la terre ou un jubilé du suivant ? Ou bien, doit-on considérer que l’Omer n’a pas d’existence propre, si ce n’est celle que lui confère la Mitsva ? En effet, le fait de compter, par lui-même, ne donne pas d’existence à cette pratique et l’Omer, ne l’acquiert, en l’occurrence, que dans la mesure où ce compte est une Mitsva.
La réponse à cette question a une incidence sur la Hala’ha. Un esclave peut être affranchi au milieu de la période de l’Omer, dont il a commencé le compte alors qu’il était encore esclave. On peut se demander s’il a la possibilité, en pareil cas, de continuer à réciter la bénédiction, après avoir été libéré.
Si l’on considère que l’Omer a une existence propre et que ce compte a réellement eu lieu avant son affranchissement, on peut en conclure qu’il peut le poursuivre avec une bénédiction. A l’opposé, si l’on admet que l’Omer n’existe que par la Mitsva et qu’un tel homme, étant esclave, n’était pas astreint à compter l’Omer, on en déduira que le compte préalable est sans valeur et qu’il lui est donc impossible de réciter une bénédiction, par la suite.
Un non-Juif peut se convertir au Judaïsme au milieu de la période de l’Omer. Toutefois, la même question ne se pose pas, en pareil cas, car celui-ci est considéré comme un homme nouveau, comme un enfant qui vient de naître.
Le Min’hat ‘Hinou’h traite de cette question. Selon lui, néanmoins, le critère à prendre en compte n’est pas l’existence ou non de l’Omer, mais plutôt le fait que les quarante neuf jours ne constituent qu’une seule et même Mitsva. Dès lors, on peut rencontrer une telle situation non seulement chez l’esclave affranchi, mais aussi chez l’enfant ayant atteint sa majorité religieuse pendant la période de l’Omer.
Avant sa Bar Mitsva, l’enfant compte l’Omer parce qu’il est une Mitsva de lui donner une éducation juive, ce qui est uniquement une obligation introduite par les Sages. On peut donc considérer qu’une disposition des Sages ne permet pas de poursuivre, par la suite, ce qui est une Mitsva introduite par la Torah.
En tout état de cause, nous venons de montrer que chaque jour peut effectivement être considéré comme une Mitsva indépendante, mais qu’il ne peut cependant pas y avoir de troisième jour s’il n’y a pas eu, au préalable, un second. Il importe donc que l’on ait acquis non pas la Mitsva, mais bien l’existence des jours précédents.
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On peut le justifier de la manière suivante. Selon un avis, on accomplit, en comptant l’Omer chaque jour, quarante neuf Mitsvot différentes. D’après cette conception, si l’on oublie cette Mitsva, un jour, on ne remet pas en cause tous les autres, puisqu’il s’agit, à chaque fois, d’une Mitsva nouvelle.
Mais, il est aussi un second avis, selon lequel tout le compte de l’Omer ne constitue qu’une seule et même Mitsva. Il en résulte qu’un oubli, un jour, ne permet plus de poursuivre le compte, par la suite. Concrètement, on compte l’Omer, après un oubli, sans en dire la bénédiction.
Or, on peut s’interroger, à ce sujet. Si l’on admet que les quarante neuf comptes ne font qu’une seule et même Mitsva, pourquoi réciter, chaque jour, la bénédiction ? Pourquoi prononcer quarante neuf bénédictions et non une seule, au début ou à la fin de ce compte ?
De plus, d’après l’avis qui considère que le compte de l’Omer ne constitue qu’une seule Mitsva, un oubli remet en cause non seulement les jours suivants, mais aussi les jours précédents. Dès lors, pourquoi ne pas instaurer que l’on ne puisse pas dire de bénédiction jusqu’au dernier jour de ce compte, de peur qu’on l’oublie, un jour ? Un tel oubli ne rend-il pas inutiles les bénédictions des jours précédents ?
On peut expliquer qu’en fait, il s’agit bien de quarante neuf Mitsvot différentes. Néanmoins, on introduit, la première nuit, un premier compte, la second nuit, un deuxième compte, la troisième nuit, un troisième compte et ainsi de suite. C’est donc ce lien existant entre les jours de l’Omer qui fait qu’en omettant le compte un jour, on doit l’interrompre, par la suite.
Celui qui oublie, par exemple, de compter l’Omer le second soir, ne pourra pas dire, le lendemain, “ c’est aujourd’hui le troisième jour de l’Omer ”, puis “ c’est aujourd’hui le quatrième jour de l’Omer ”, car il ne peut y avoir de troisième et de quatrième, s’il n’y a pas eu, au préalable, un second. On peut ainsi justifier qu’un oubli remette en cause les jours suivants, mais non les comptes précédents, dès lors qu’il s’agit bien, chaque jour, d’une Mitsva différente.
18. Nos Sages se posent la question suivante. L’Omer correspond-il à une réalité, que la Torah demande de compter, au même titre que les années du cycle séparant un Chabbat de la terre ou un jubilé du suivant ? Ou bien, doit-on considérer que l’Omer n’a pas d’existence propre, si ce n’est celle que lui confère la Mitsva ? En effet, le fait de compter, par lui-même, ne donne pas d’existence à cette pratique et l’Omer, ne l’acquiert, en l’occurrence, que dans la mesure où ce compte est une Mitsva.
La réponse à cette question a une incidence sur la Hala’ha. Un esclave peut être affranchi au milieu de la période de l’Omer, dont il a commencé le compte alors qu’il était encore esclave. On peut se demander s’il a la possibilité, en pareil cas, de continuer à réciter la bénédiction, après avoir été libéré.
Si l’on considère que l’Omer a une existence propre et que ce compte a réellement eu lieu avant son affranchissement, on peut en conclure qu’il peut le poursuivre avec une bénédiction. A l’opposé, si l’on admet que l’Omer n’existe que par la Mitsva et qu’un tel homme, étant esclave, n’était pas astreint à compter l’Omer, on en déduira que le compte préalable est sans valeur et qu’il lui est donc impossible de réciter une bénédiction, par la suite.
Un non-Juif peut se convertir au Judaïsme au milieu de la période de l’Omer. Toutefois, la même question ne se pose pas, en pareil cas, car celui-ci est considéré comme un homme nouveau, comme un enfant qui vient de naître.
Le Min’hat ‘Hinou’h traite de cette question. Selon lui, néanmoins, le critère à prendre en compte n’est pas l’existence ou non de l’Omer, mais plutôt le fait que les quarante neuf jours ne constituent qu’une seule et même Mitsva. Dès lors, on peut rencontrer une telle situation non seulement chez l’esclave affranchi, mais aussi chez l’enfant ayant atteint sa majorité religieuse pendant la période de l’Omer.
Avant sa Bar Mitsva, l’enfant compte l’Omer parce qu’il est une Mitsva de lui donner une éducation juive, ce qui est uniquement une obligation introduite par les Sages. On peut donc considérer qu’une disposition des Sages ne permet pas de poursuivre, par la suite, ce qui est une Mitsva introduite par la Torah.
En tout état de cause, nous venons de montrer que chaque jour peut effectivement être considéré comme une Mitsva indépendante, mais qu’il ne peut cependant pas y avoir de troisième jour s’il n’y a pas eu, au préalable, un second. Il importe donc que l’on ait acquis non pas la Mitsva, mais bien l’existence des jours précédents.
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