La signification d'un recensement - Likoutei sihot - Volume 2 - Bamidbar Paragraphes 1-10

13 mai 2023 · 22 iyar 5783 · 21:22 · 95 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bamidbar Série : BamidbarSérie : Likoutei sihot

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. La première Mitsva énoncée par le livre de Bamidbar est la suivante: “ Comptez les têtes de l’assemblée des enfants d’Israël ”. C’est précisément du fait de ce recensement que le livre de Bamidbar est appelé par la Guemara “ le ‘Houmach des comptes ”.

Un dénombrement n’apporte aucune précision sur ce qui fait l’objet du compte. Chacun est considéré de manière identique, quelle que soit, par ailleurs, son importance quantitative ou qualitative. Lors d’un recensement, la personne la plus importante n’est pas considérée comme plus qu’une unité et la plus humble n’est pas moins qu’une unité. Le compte ne laisse nullement apparaître la valeur spécifique à chacun.

Certes, la condition fixée, en l’occurrence, était de dénombrer uniquement ceux qui étaient âgés de vingt ans et plus. Néanmoins, il n’y a nullement là le résultat d’un effort, d’un labeur. Cet âge est indépendant de la nature de chacun et il survient inexorablement, lorsque le temps passe. Nos Sages constatent que le fait de laisser le temps s’écouler est une attitude passive.

Ce dénombrement semble donc accessoire. Il n’est en aucune manière l’expression d’un certain message ou d’une qualité avérée. Dès lors, comment peut-il être la première Mitsva, la plus fondamentale de ce ‘Houmach, au point de le définir, dans sa globalité, comme celui des comptes?

2. La Hala’ha établit que “ ce qui est compté ne peut être annulé ”. En effet, le simple fait de compter est un moyen de conférer de la valeur. Lorsqu’un ensemble est important, on dénombre chaque élément qui le constitue.

Ainsi, un recensement, même s’il ne donne aucune indication de contenu, ne permet pas de distinguer un individu d’un autre, n’en établit pas moins l’importance d’un groupe par rapport à tous les autres.

Toutefois, on ne peut se suffire d’une telle explication. Certes, le recensement établit la valeur de ce qui est compté. Pour autant, celui-ci n’est qu’une indication, qu’un indice de cette valeur. En revanche, il n’en est nullement la cause, n’est pas à son origine.

Ce qui vient d’être dit permet de comprendre pourquoi la Hala’ha distingue ce qui est systématiquement vendu en une quantité précise de ce qui l’est seulement occasionnellement. Si le recensement conférait la valeur à ce qui est dénombré, une telle distinction ne serait pas significative. En effet, qu’importe que le compte soit systématique ou occasionnel? Dès lors qu’il est effectué, il procure l’importance, rend toute annulation impossible.

Il faut en conclure qu’un groupe possède une importance intrinsèque et que le recensement sera uniquement une indication de cette importance. En conséquence, ce qui est compté seulement de manière occasionnelle n’a pas une valeur suffisante et peut donc effectivement être annulé. Tel est l’avis de Rabbi Yo’hanan, qui est celui que retient la Hala’ha.

Il résulte de cette analyse qu’un dénombrement possède uniquement un caractère superficiel. Dès lors, pourquoi la Mitsva énoncée par la Torah, à ce propos, est-elle aussi fondamentale, au point d’appeler l’ensemble de ce livre “ le ‘Houmach des comptes ”?

3. Rien n’est laissé au hasard, dans le monde, en particulier ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Tout est effet de la divine Providence et il faut en conclure qu’un indice relatif à un certain élément doit être directement lié à cet élément.

Il en est de même pour ce dénombrement. Nous avons vu qu’il est la marque d’une importance intrinsèque et il faut en conclure qu’il est lui-même important.

Certes, nous avons vu qu’il n’avait pas de valeur propre. Mais, c’est le cas uniquement lorsqu’il porte sur un ensemble qui n’a, par nature, aucune importance. A l’opposé, lorsque chaque élément décompté est important, le recensement le devient également, même si sa valeur est uniquement superficielle par rapport à celle de l’ensemble dénombré.

Ceci nous permettra de comprendre pourquoi le livre de Bamidbar, dans son ensemble, est “ le ‘Houmach des comptes ”. En effet, le recensement, bien que sans valeur propre, souligne l’importance de ce qui est compté. Il justifie donc que l’ensemble de ce ‘Houmach soit bien celui des comptes.

4. On peut encore s’interroger sur ce qui vient d’être dit. Si le compte est superficiel et sans relation directe avec l’ensemble sur lequel il porte, comment peut-il être le moyen d’exprimer un certain contenu et une valeur intrinsèque?

En fait, une telle question se serait posée uniquement si l’on pouvait distinguer les dimensions quantitative et qualitative. Si c’était le cas, l’importance qualitative serait totalement indépendante du dénombrement quantitatif. Mais, il s’agit, en l’occurrence, des Juifs et de ce qui les concerne, d’un “ peuple unique sur la terre ” qui, selon l’interprétation que donne l’Admour Hazaken de ce verset, mettent en évidence l’unité de D.ieu également au sein de la “ terre ”, dans les préoccupations matérielles et grossières. ...

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