Le décret du pharaon actuel ! Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Chemot paragraphes 1-5

7 janvier 2023 · 14 téveth 5783 · 14:03 · 68 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Chemot Pessa'h Série : ChemotSérie : Likoutei sihot

Partager sur WhatsApp

. Une question est soulevée à propos du verset : “ Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve et toute fille, vous la ferez vivre ”. Quel est le sens de la précision que donne ici le Pharaon à propos des filles ? Son but n’était-il pas d’annoncer que tous les garçons nouveaux nés seraient jetés dans le fleuve? En revanche, il ne s’intéressait nullement au sort des filles. Or, la formulation de ce verset semble indiquer que “ toute fille, vous la ferez vivre ”, énonce également un décret émis par le Pharaon.

On peut apporter, à cette interrogation, la réponse suivante. L’expression “ vous la ferez vivre ” doit effectivement être interprétée comme une injonction de faire vivre les filles. Par ces mots, le Pharaon ordonna à la fois de jeter les garçons juifs dans le fleuve, afin de tuer leur corps physique et d’assurer la vie des rescapés de ce massacre, en leur donnant une éducation selon les voies égyptiennes, en leur conférant les valeurs de l’Egypte, afin de tuer leur âme.

On peut ainsi justifier la formulation des versets de ce passage de la Torah. Car, s’adressant aux sages femmes juives, le Pharaon leur demanda uniquement de laisser la vie sauve aux filles, afin qu’il leur soit plus aisé de tuer les garçons. Devant elles, il constata donc uniquement que “ une fille vivra ”. S’adressant aux Egyptiens, en revanche, il ordonna de “ faire vivre ” ces filles.

Et, la Torah rapporte ces deux décrets conjointement, dans un même verset. On peut en conclure que “ toute fille, vous la ferez vivre ” n’est pas une disposition moins sévère que “ tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve ”. Tuer une âme est aussi grave, et sans doute même plus grave, que de tuer un corps. De fait, il est dit que “ la mort spirituelle est plus tragique que la mort physique ” et Rachi, commentant le verset Devarim 23, 9, explique: “ On est plus coupable en conduisant un homme à la faute qu’en le tuant ”.

2. Le décret auquel il vient d’être fait allusion, “ toute fille, vous la ferez vivre ”, l’obligation d’éduquer un enfant en lui conférant des valeurs égyptiennes, apparaît également dans la première partie de ce même verset, “ tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve ”.

Le Nil était l’idole des Egyptiens, qui lui vouaient un culte. Au sens le plus simple, en effet, il était à l’origine de leur subsistance. Car, il ne pleut pas dans ce pays et les champs sont irrigués uniquement par les crus du fleuve.

En conséquence, l’injonction selon laquelle “ vous le jetterez dans le fleuve ” avait deux conséquences:
A) L’exil physique de l’Egypte avait pour but de tuer le corps juif.
B) L’exil moral de l’Egypte conduisait à se jeter dans l’idolâtrie et dans les plaisirs de ce pays, afin de tuer son âme.
En effet, le fleuve véhiculait de l’eau, symbole du plaisir et, bien plus, il est dit que “ l’eau favorise toutes les formes du plaisir ”.

3. L’exil d’Egypte fut la source de tous les exil ultérieurs et l’on peut en conclure que les décrets qui furent alors émis trouvent également leur équivalent dans ces exils ultérieurs, y compris dans le nôtre et en la présente génération.

Car, il existe encore, à l’heure actuelle, un Pharaon, roi de l’Egypte, prenant la forme des usages et des convenances du pays, qui réclament que les enfants soient jetés dans le fleuve de sa culture et de ses valeurs. Ces enfants, prétend-il, doivent y être immergés, jusqu’à se noyer car, poursuit-il, c’est là le seul moyen d’assurer leur subsistance.

Et, l’époque veut aussi que ces enfants soient emmurés dans les édifices de Pithom et de Ramsès, c’est-à-dire que l’on fasse naître en eux un désir pour les grands objectifs que s’assigne la nation.

Commentant le verset “ dressons-nous contre lui par la ruse ”, nos Sages insistent: “ Faisons-le effectivement par la ruse ”. Il faut donc savoir que tous ces arguments émanent du Pharaon, roi de l’Egypte, dont le but est d’éradiquer toute trace du Judaïsme, de supprimer les âmes juives et, de cette façon, les corps juifs.

Il faut donc se dresser avec la plus grande fermeté contre de tels décrets et s’assurer que les enfants reçoivent une éducation conforme à la Tradition d’Israël.

4. Concrètement, on peut tirer de ce qui vient d’être dit, la conclusion suivante.

Lorsqu’il s’agit d’assurer l’éducation des enfants juifs, nul ne peut et nul n’a le droit de les noyer dans le Nil, dans l’idole du pays où l’on se trouve. Il ne faut pas les faire tomber dans les pièges que dresse la recherche d’une carrière. Le seul moyen de leur permettre de vivre est de leur donner une parfaite éducation, basée sur notre Torah, une Torah de vie.

Et, il n’y a pas lieu d’observer ce que font les autres parents, dont les enfants, lorsqu’ils grandiront, disposeront de tout ce qu’il faut. L’un possédera une maison et l’autre, une voiture. L’un sera médecin et l’autre, avocat...

Autres cours de la série Chemot

Toutes les vidéos

Autres cours de Rav Menahem Altabe

Toutes les vidéos