Message du Rav Yossef Yits’hak Meir Teichtal Chalit »a, Rav de la Communauté Chnéor, ‘Haver Vaad HaRabanim Loubavitch, veille de Roch Hachana 5781

 

Traduit par Rav David Ventura

 

De très nombreuses questions relatives aux prières de Roch Hachana et aux sonneries du Chofar dans le contexte particulier de l’épidémie liée au Coronavirus ont été adressées au Rav aux tout derniers moments avant la fête. Ne pouvant répondre à chacune d’elles individuellement, le Rav vous prie de trouver ci-après l’ensemble des réponses que ces questions appellent.
Il est tout d’abord rappelé que les recommandations des médecins doivent impérativement être respectées faute de pouvoir ouvrir la choule :
– Port du masque obligatoire
– Distance de 1 mètre minimum entre deux personnes
– Ouverture des fenêtres de la choule
– Désinfection des mains

 

Concernant le chofar et les sonneries

Il convient de rappeler que le Coronavirus se propage essentiellement par la salive et les microgouttelettes exprimées par la bouche ou par le nez lorsque l’on éternue, tousse, souffle ou parle.

Or l’action de souffler dans le chofar pour en faire sortir le son a également pour effet de diffuser dans l’air ambiant ces particules de salive susceptibles de véhiculer le virus dans l’air. Et plus le baal tokea souffle fort, plus ces gouttelettes de salive peuvent être projetées loin.

C’est pourquoi il convient de prévoir une distance minimale de 2 mètres entre, d’une part, le baal tokea et le makri chargé de lui indiquer l’ordre des sonneries et qui pourront se tenir de part et d’autre de la bima et, d’autre part, entre le baal tokea et les membres du tsibour.

Il faudra également veiller, si le chofar doit être utilisé par plusieurs personnes, à le désinfecter soigneusement avec de l’arak ou du vinaigre entre chaque utilisation, mais il est préférable, pour éviter tout risque de contamination, que chaque baal tokea ait son propre chofar (à cette fin, les Rabanim ont demandé cette année aux boutiques vendant des chofarot de diminuer les prix autant que possible).

Il se peut que, cette année, de nombreuses personnes placées en isolement du fait de la maladie ne pourront pas aller à la choule. Il convient d’établir à l’avance la liste de ces personnes chez qui il faudra se rendre pour leur permettre d’entendre les sonneries.

Le baal tokea qui se rend au domicile de quelqu’un qui est en quarantaine doit éviter de sonner le chofar dans le couloir ou les escaliers de l’immeuble à cause de l’écho qui s’y produit et qui rend la sonnerie psoula. Il sonnera de préférence dans la cour ou devant la fenêtre si, à cette distance, la personne peut percevoir distinctement le son du chofar. Dans le cas contraire, il devra entrer dans le domicile de la personne en prenant toutes les précautions sanitaires qui s’imposent, une me’hitsa de nylon ou de plexiglas devant notamment être prévue depuis avant la fête pour séparer le baal tokea de la personne, cette me’hitsa ne faisant pas obstacle à la diffusion du son du chofar.

La personne qui prie beya’hid (seule à la maison) est acquittée de la mitsva du chofar que par les 30 tkiot meyouchav (celles qui, à la choule, sont faites avant le moussaf, à savoir 3 fois 3, תשר׳׳תfois תש׳׳ת et 3 fois תר׳׳ת). Elle n’a pas le droit d’écouter les tkiot meoumad pendant la tefila de moussaf, la takanat ‘hakhamim ayant réservé ces tkiot à la prière betsibour.

Celui qui prie seul ne peut pas prier moussaf ni entendre le chofar pendant les trois premières heures à partir du nets ha’hama (lever du soleil à 7 heures 34 le dimanche 20 septembre) car ce sont des heures de din.

Le baal tokea qui fait les tkiot pour les malades ou des personnes confinées doit normalement les acquitter par les 30 tkiot meyouchav. Mais s’il n’a pas la force ou la possibilité de le faire, il peut ne faire que 10 tkiot (תש׳׳ת, תשר׳׳ת et תר׳׳ת).

Il est important de noter que, pour les tkiot meyouchav (que ce soit à la choule ou dans le cadre des mivtsaim), les chevarim et la troua doivent se faire benechima a’hat (en un seul souffle) avec un efsek (une légère interruption) entre les deux, alors que pour les tkiot meoumad pendant la tefila de moussaf, il faut respirer entre chevarim et troua. Les chevarim et la troua des 30 tkiot à la fin du moussaf de font aussi benechima a’hat.

Si, dans une choule, il y a plusieurs minianim répartis en « capsules » de 10 personnes, il faudra veiller à ce que toutes ne procèdent pas à la sonnerie du chofar même temps afin d’éviter la confusion, chaque tekia devant être entendue distinctement par les membres du tsibour.

 

Concernant le déroulement des tefilot

Une personne en bidoud (placée en isolement) peut s’acquitter de atarat nedarim (annulation des vœux) par Zoom. Elle prononcera le texte comme si elle se tenait devant le beth-din.

Les personnes qui accomplissent la mitsva de pti’hat haaron (ouverture du hekhal) doivent d’abord se désinfecter les mains à l’alcool. L’usage du gel hydroalcoolique est actuellement autorisé par les rabbanim même chabbat et yom tov en raison du danger de la contamination.

Il est permis de faire tachlikh beya’hid avec un récipient rempli d’eau si on ne peut pas sortir de la maison.

Si l’on n’a pas le droit de raccourcir la prière et les piyoutim, les ‘hazanim ne doivent pas, de leur côté, les tirer en longueur et s’attarder.

Les gabaïm ne doivent pas non plus faire durer la vente des mitsvot qui, si possible, doit avoir lieu avant le début des fêtes. Un micheberakh collectif peut être prononcé plutôt que de le faire individuellement.
Il est recommandé de commencer l’office le plus tôt possible.

 

Quelques hala’hot complémentaires

Il est interdit de mettre un masque sur le chofar pour éviter les projections de salive car cela change le son du chofar et parce que le fait de lui rajouter quelque chose le rend passoul (impropre à l’utilisation).

Les personnes qui ont été testées positives au Coronavirus, récemment ou non, n’ont pas le droit de faire le jeûne de Guedalia, même si elles ne présentent pas de symptômes et qu’elles se sentent bien.

Bien que cette année la sonnerie du chofar n’aura lieu que dimanche, il n’y aura pas de tkiot vendredi matin car l’habitude est de ne pas sonner le chofar la veille de Roch Hachana.

Motsae chabbat, avant d’allumer le ner cheni de Yom Tov, Les femmes devront prononcer « baroukh hamavdil ben kodech le-kodech ».

On ne cuisine pas et on ne mange pas d’aliments amers ou aigres pendant les repas de Yom Tov, mais il est permis d’ajouter un peu de sel ou de citron pour améliorer le goût d’un plat, mais il n’y a pas de problème avec le piquant. On évite également de manger des noix (egoz), des amandes ou des cacahuètes, même dans les plats cuisinés, le mot אגוז (noix) ayant la même valeur numérique que le mot חט (faute).

Le premier soir de Yom tov, après le kidouch, on fait le motsi dont on mange au moins un kazaït et immédiatement après on mange la pomme (rouge car plus douce).

Le second soir de Yom Tov, on fait le kidouch avec chéhéh’ianou en pensant à s’acquitter à la fois sur le yom tov et sur le pri ‘hadach (un nouveau fruit) que l’on regarde et l’on mange tout de suite au moins un kazaït de ce fruit sans parler entre le kidouch et le fruit. Puis on dit la brakha a’harona sur le fruit avant de faire nétilat et motsi.

Si il n’y a pas de nouveau fruit pour le deuxième soir, on dit quand même chéhéh’ianou. Mais si celui qui fait le kidouch a déjà goûté de tous les fruits nouveaux, il vaut mieux que ce soit quelqu’un de la famille qui n’en a pas goûté qui dise le chéhéh’ianou pour acquitter tout le monde.

Pour la même raison, les femmes qui disent chehe’hianou en allumant les nérot doivent allumer le plus près possible du moment où le baal habaït va faire le kidouch.

Celui qui est en bidoud et qui fait les seli’hot beya’hid ne peut pas dire les 13 midot même avec les taamim de la Tora ou les passages en araméen (ומסי מחי, מרנא דבשמיא).

Si un ‘hatan ou un baal brit assiste aux seli’hot, ils doivent sortir au moment des ta’hanoun, sauf si les seli’hot sont faites avant le nets ha’hama.

Pendant les sli’hot qui sont faites le jour, le ‘hazan qui porte un talit cheoula (qui n’appartient pas au kahal mais emprunté à un ami) peut faire dessus la brakha. Mais si les seli’hot sont faites la nuit, il n’a pas besoin d’un talit cheoula car même sur son propre talit il ne ferait pas la brakha (chita du Baal Ha-Tania).

Le Rav bénit toute la Kéhila et tout le Klal Israel, pour que cette année 5781 apporte à chacun tout ce dont il a besoin pour lui, pour ses enfants, sa santé et sa parnassa, et souhaite à tous et à chacun ktiva ve’hatima tova et chana tova oumetouka.

 

Rav Yossef Yits’hak Meir TEICHTAL

 

Roch Hachana et Corona 5781 3