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Durant la famine qui frappa l’Egypte, Yossef nourrit son père, ses frères, et la maison de son père, de pain selon le besoin de chacun. Cette évidence, rapportée par un verset (1) de notre paracha, doit être comprise sur un registre profond pour se justifier. Au-delà d’une indication historique, le texte nous fournit une précieuse directive pour affronter ce dernier exil avant la délivrance messianique.

 

Un verset des Téhilim (les Psaumes) affirme que D.ieu conduit Yossef comme (un berger le ferait pour) son troupeau (2). S’agit-il vraiment du personnage de Yossef que le texte évoque ici ? C’est à cette question que Rachi répond dans son commentaire, pour expliquer que tout le peuple juif est appelé du nom de Yossef parce que Yossef assura la subsistance de sa famille durant la famine. Et l’on devine la question, posée d’ailleurs par la plupart de nos Maîtres : comment Yossef peut-il avoir le privilège d’être comparé à tout Israël simplement parce qu’il nourrit sa famille durant la famine ?

Un nourricier

Un premier élément de réponse se trouve dans la parachath Vayétsé nous rapportant la naissance de Yossef (3). Lorsqu’il naquit, Ra’hel, sa mère, lui donna ce nom parce qu’elle demanda alors que D.ieu lui ajoute un autre fils, le nom Yossef étant construit à partir de la même racine hébraïque que le verbe « ajouter » (léhossif). Toutefois, une lecture au second degré nous offre une autre perspective.

Ra’hel nous révèle ici, toute l’identité de son fils. En inversant les mots du verset, on découvre quel sera le but de Yossef sur terre : il sera celui qui va changer l’autre (celui qui est « autre » au judaïsme) pour en faire un « fils pour D.ieu ». En d’autres termes, durant la famine, il faut être un Yossef (symbole du peuple juif). De quelle famine parle t-on ? De celle qui affecte notre faim spirituelle. Quand, autour de nous, personne ne connaît D.ieu, il faut devenir un nourricier et apporter à chacun la connaissance du divin pour réduire le poids de la famine.

A ses frères

D’aucuns pourraient penser, qu’il vaut mieux, dans une telle situation, s’enfermer dans ses livres pour se renforcer afin d’affronter la famine et subsister. C’est pourquoi Rachi, conforté par le texte biblique, nous enseigne que le peuple juif est appelé Yossef précisément parce qu’il porta secours à ses frères. Mieux encore, comme nous le rappelle le verset notre paracha, il agit dans cette voie « selon le besoin de chacun ».

Il prit soin d’agir au cas par cas, à la fois dans la quantité et dans la qualité. Nous avons ici, la clé pour sortir du dernier exil dans lequel nous nous trouvons. On ne peut vivre tranquillement et ignorer tout aussi tranquillement celui qui est encore « autre » au judaïsme. Il faut s’activer de toutes nos forces pour assouvir la faim de D.ieu qui existe en lui. C’est ce qui déclenchera la délivrance, comme celle que Yossef offrit à son père et à ses frères.

Notes

  1. Chap. 47, verset 12
  2. Début du chap. 80
  3. Chap. 30, verset 24

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