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C’est une question récurrente de tous les grands textes de la philosophie juive : quel est le sens de l’exil et de toutes les souffrances qu’il occasionne ? La réponse nous sera donnée dans notre paracha, avec l’exil que connut Yossef en Egypte. Elle nous permettra, dans le même temps de jeter un éclairage vivifiant sur l’exil dans lequel nous nous trouvons encore aujourd’hui, depuis près de 2000 ans.

Un début de réponse peut se lire dans un verset de notre paracha qui nous raconte brièvement la naissance du second fils de Yossef. Lorsqu’il naquit, Yossef le nomma Ephraïm, un prénom qu’il justifia par…une contradiction : « …parce que D.ieu m’a fait fructifier dans le pays de ma pauvreté », le mot Ephraïm ayant une étymologie commune avec « hifrani » (m’a fait fructifier). Comment peut-on associer pauvreté et fruits dans un seul prénom ? C’est précisément l’exil dans une terre de pauvreté qui permettra la production de fruits, répondent nos Maîtres ! Pour aller plus loin dans notre réponse, il faut prendre les notions de pauvreté et de fruits, au second degré. Bien évidemment, l’exil c’est, dans un premier temps, une rupture physique avec un territoire mais plus profondément, c’est une rupture avec D.ieu qui engendre alors, une pauvreté spirituelle. C’est ce qui se produisit avec Yossef. Confiné dans une Egypte dépravée, il dut déployer des forces intérieures considérables pour ne pas trébucher. Cet effort engendra des fruits et le hissa à un niveau que personne n’avait atteint avant lui.

Un sens profond

Ce niveau peut se lire en filigrane dans un verset qui décrit la scène emblématique de la rencontre de Yossef avec ses frères. Treize ans après l’avoir vendu, les frères de Yossef descendent en Egypte chercher du blé. L’homme chargé de vendre le blé égyptien n’est autre que Yossef, nommé au poste de vice roi par le Pharaon. Le texte nous rapporte que Yossef reconnut ses frères mais que eux ne le reconnurent pas. Quand, en effet, il fut vendu, il était jeune et n’avait pas de barbe. A présent, il en avait une et les années aidant, on peut comprendre qu’ils eurent du mal à voir un frère en la personne d’un si haut dignitaire. Mais pour comprendre la portée réelle de ce texte, il faut lui donner un sens plus profond. Les mots « Ils ne le reconnurent pas » signifient que les frères n’eurent pas de connaissance d’un tel niveau, tel qu’ils le virent chez Yossef. Eux étaient bergers parce que la quiétude d’une telle occupation créait une atmosphère propice à l’étude de la Thora. En d’autres termes, il était impossible, selon eux, de vivre dans le monde tout en restant attaché à D.ieu. Mais Yossef, lui, était parvenu à cumuler ces deux niveaux. C’est ce que les frères ne reconnurent pas.

Malgré la modernité

Cette double identité de Yossef qui le propulse à un niveau qui dépasse celui des trois patriarches, nous renvoie à un autre exil, le notre, celui qui prépare l’avènement messianique. On peut voir effectivement que cet exil présente les mêmes caractéristiques que l’exil de Yossef. Ce Juste vécut dans le monde et resta fidèle à D.ieu, malgré les turbulences de toutes sortes qu’il dut affronter. Bien plus, ces turbulences le hisseront à un degré spirituel exceptionnel. Il en est de même pour nous. Le Juif de la modernité n’est plus à l’intérieur du ghetto. Il est complètement immergé dans le monde et, malgré cette dangereuse immersion, manifeste chaque jour, un peu plus, un désir de retour au judaïsme très fort. Et comme Yossef qui s’éleva au dessus de l’exil pour en sortir grandi, le Juif d’aujourd’hui est celui qui provoquera la délivrance. Très prochainement.

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