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Jérusalem, entièrement ceinte de remparts, fait à l’époque 7 kilomètres de tour et peut abriter au moment du siège 600 000 personnes.

Hérode l’avait transformée par d’importants travaux qui lui ont donné un caractère hellénistique avec ses palais et ses tours qui servent de casernes aux troupes variées qui occupent la ville. Pline l’Ancien écrit qu’elle est « la ville la plus renommée d’Orient et pas seulement de Judée ».

Au sommet de la ville, le Temple, bâti sur l’esplanade où l’on voit aujourd’hui le dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa, constitue lui-même une forteresse protégée par de gigantesques murs dont subsistent encore les murs occidental et méridional. Elle s’étend sur le Sud de la vieille ville actuelle et au sud du Temple, là où est née la cité de David.

Quant au Temple, qui reçoit les dons de toutes les communautés de la Diaspora, il suscite la convoitise des Romains comme le montre le vol dont s’est rendu coupable Gessius Florus et aussi le bas-relief de l’arc de Titus à Rome qui représente le butin rapporté du Temple. C’est un bâtiment long de dix-huit mètres sur neuf de large, haut de vingt-sept mètres dont Tacite dit qu’il était d’une «immense richesse» et dont les rabbins du Talmud avaient gardé un souvenir admiratif : «Celui qui n’a pas vu le Temple d’Hérode n’a jamais vu de bel édifice».

La chute du Temple et la prise de Jérusalem

Titus met donc le siège devant Jérusalem peu avant Pessah 70. Il a avec lui quatre légions qu’il dispose d’abord sur les collines entourant Jérusalem, le mont Scopus et le mont des Oliviers. Malgré la gravité de la situation, les Juifs ne s’entendent toujours pas et Yohanan profite de ce qu’Eléazar laisse les pèlerins venir au Temple célébrer la Pâque, pour y introduire ses hommes et s’en emparer, éliminant ainsi Éléazar.

Titus fait alors aplanir le terrain au pied des remparts de façon à en faciliter l’approche et construire des hélépoles (des tours roulantes) qui permettent à son armée de s’attaquer au nouveau rempart de la ville neuve, le moins haut des murs d’enceinte, situé au nord de Jérusalem. Le 25 mai 70, les troupes romaines peuvent le franchir, puis, cinq jours plus tard, le 30 mai, s’emparer du second rempart et de la ville neuve jusqu’au pied de la forteresse Antonia, tenue par Yohanan mi Goush Halav.

 

Les Juifs de Yohanan mi Goush Halav et de Simon bar Giora infligent encore aux Romains de lourdes pertes et Titus décide alors de construire autour de Jérusalem une muraille de 7 kilomètres de long pour mieux isoler la ville. Jérusalem possédait des provisions pour tenir le siège durant des années. Cependant, pour « motiver » les habitants au combat, les zélotes incendièrent ces provisions. La famine commence donc à faire ses ravages : « Les terrasses étaient encombrées de femmes et de petits enfants exténués, les ruelles de vieillards morts ; des garçons et des jeunes gens erraient comme des fantômes, le corps tuméfié. Sur les places, ils tombaient là où le fléau les accablait. Les malades n’avaient pas la force d’ensevelir les cadavres de leurs proches ; ceux qui étaient encore vigoureux différaient ce soin, effrayés par la multitude des cadavres et l’incertitude de leur propre sort ; beaucoup tombaient morts sur ceux qu’ils ensevelissaient ; beaucoup, avant que fût venu pour eux le moment fatal, succombaient dans ce labeur». Et, malgré cela, la guerre civile continue alors dans Jérusalem où les zélotes se livrent toujours à de nombreuses exécutions sommaires, particulièrement parmi les prêtres.[réf. nécessaire]

Flavius Josèphe, qui, selon son propre récit, bénéficie de la protection des Romains pour avoir prédit plus tôt l’Empire à Vespasien, essaye de persuader ses compatriotes d’abandonner la lutte en les haranguant vainement du pied des remparts, ce qui lui vaut une blessure à la tête dont il se remet rapidement7.

Le 20 juillet, les Romains réussissent à percer une brèche dans le rempart, pour se retrouver devant un nouveau rempart qui avait été construit à la hâte par les assiégés20. Les Romains s’emparent ensuite de la tour Antonia qui est rasée.

Titus dépêche Flavius Josèphe à Yohanan mi Goush Halav pour lui demander de se rendre, de « cesser de souiller le sanctuaire et d’offenser Dieu » tout en l’autorisant à reprendre les sacrifices. Si Yohanan ne l’entend pas, d’autres parmi les notables choisissent de fuir la ville.

De la tour Antonia, les Romains construisent une rampe d’accès à l’esplanade du Temple et progressent malgré la résistance des Juifs qui, pour les repousser, mettent le feu aux différents portiques qui entourent le Temple. En ce moment de la fin du siège quand les sacrifices quotidiens avaient cessé dans le Temple, la famine atteint en ville son point culminant : « en dernier lieu, ils usèrent du cuir de leurs ceintures et de leurs sandales ; ils grattèrent, pour la mâcher, la peau de leurs boucliers. D’autres se nourrirent de brindilles de vieux foin ». Flavius Josèphe cite aussi un cas de cannibalisme où une mère cuit et dévore son bébé.

Les combats redoublent d’intensité dans les derniers jours d’août 70. Selon Flavius Josèphe, Titus réunit alors un conseil de guerre pour décider du sort du Temple, qu’il conclut en disant qu’il « ne brûlerait jamais un si bel ouvrage » mais cette version laisse sceptique d’autres historiens qui croient beaucoup plus à la responsabilité de Titus dans l’incendie du Temple. Finalement,  quand les Romains s’approchent du Temple, un légionnaire jette un brandon dans le Temple qui s’embrase, et malgré les ordres de Titus, les Romains ne peuvent éteindre l’incendie.

La destruction du Temple ne donne pas le contrôle de la ville aux Romains. Une fois encore, selon Flavius Josèphe, Titus s’adresse aux Juifs, et plus particulièrement à Simon et à Yohanan, et exige leur reddition en échange de la vie sauve. Mais comme ceux-ci posent leurs conditions et demandent à pouvoir fuir au désert, Titus ordonne de prendre et piller la ville à laquelle les Romains donnent l’assaut  en massacrant la population et en incendiant la ville. Simon bar Giora et Yohanan mi Goush Halav sont faits prisonniers.

La ville est rasée, seuls en subsistent ce qui constitue aujourd’hui le mur occidental et les tours Hippicus, Mariamme et Phasaël appelée aujourd’hui la tour de David.

Selon Flavius Flavius Josèphe, le nombre de prisonniers de guerre s’élève à 97 000 et le nombre de morts pendant le siège à 1 100 000, ce qui peut paraître exagéré même s’il faut se rappeler que le siège a commencé peu avant Pessa’h, fête de pèlerinage où les Juifs avaient l’habitude de se rendre à Jérusalem. 700 prisonniers, dont Shimon bar Giora et Yohanan mi Goush Halav, sont emmenés à Rome pour le triomphe de Titus. Yohanan mi Goush Halav meurt en prison et Simon bar Giora est exécuté après le triomphe.

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