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Paracha Vayetsé "Bon anniversaire Rabbi Dov-Ber" par le Rav Yaakov Abergel
Magazine - Paracha
Jeudi, 08 Décembre 2016 13:43

rav-yaakov-abergelYé’hida, le plus haut niveau de l’âme juive est l’essence de l’âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.


L’essence de l’âme est si proche du divin qu’elle le ressent. Ce plaisir qu’elle ressent anime son désir, sa volonté, de rejoindre sa source divine, de se lier à D.ieu d’un lien jamais interrompu, et dont aucune raison n’est la cause.


La volonté de l’âme de s’attacher à D.ieu transcende tous les autres désirs. Elle est la volonté de toutes les volontés. Toutes les autres volontés d’un juif ne sont rien en comparaison à cette volonté, exactement de la même façon que les rayons du soleil ne sont rien en comparaison au soleil.


Dans le ‘Kountrass ha Hitpaalouth’ l’Admour Haemtsaeï l’explique au moyen de l’exemple d’un juif à qui l’on attente à sa vie. Si l’on tente d’arracher la vie du corps d’un juif, que D.ieu nous en préserve, on touche à l’essence même de son âme. Tout le point de la volonté de l’essence de son âme s’anime alors, car ce juif est alors touché au plus profond de lui-même.


Toutes ses autres volontés ne sont rien en comparaison à ce point, qui relie son âme à son corps, et dans lequel s’habille sa volonté de vivre, de rester attaché au D.ieu vivant.


Ce qui vient d’être dit concerne un homme à qui l’on essaie d’ôter la vie sans que cela ait un rapport avec le fait qu’il soit juif. A l’évidence cela est aussi vrai quand on menace de le tuer s’il ne renonce pas à sa judaïcité.


L’Admour Haemtsaeï explique en effet, que pour sanctifier le Nom de D.ieu et pour sauver la vie de son âme divine, laquelle est unie et liée à D.ieu, chaque juif est capable de se séparer de sa vie physique car il ne peut absolument pas commettre un péché qui couperait son âme de D.ieu.


On raconte par exemple au sujet de Rabbi Yossef Itz’hak, le Rabbi précédent, qu’il ne ressentit pas la moindre peur quand, au cours de son incarcération, un officier russe le menaca de son révolver. Le Rabbi aucunement impressionné par l’arme répondit à l’officier:


“Ceux qui ont peur de ce joujou sont ceux qui ont plusieurs dieux et ne vivent que dans un seul monde..Nous-même juifs n’avons qu’Un seul D.ieu et vivons dans deux mondes, ce monde et le monde à venir…”.


L’Admour Haemtsaeï rapporte aussi l’exemple du Baal-Téchouva. Celui-ci ne ressent que du dégoût pour la vie quand celle-ci n’est que matérielle et totalement dénuée de spiritualité et de divin. Tout le point de la volonté de l’essence de son âme, de s’attacher au D.ieu vivant, est alors en éveil, à l’exemple de celui qui pour sanctifier le Nom de D.ieu et pour sauver la vie de son âme désire se séparer de sa vie physique.


L’Admour Haemtsaeï nous enseigne à ce sujet que “Seulement l’âme de celui qui possède une grande force ne se sépare pas de son corps”.


Cette force vient de la volonté de cet homme de se soumettre à la Volonté du Saint béni soit-Il, d’avoir une demeure ici-bas. Le corps de ce juif doit être une demeure pour D.ieu, et dans ce cas l’âme doit impérativement rester dans le corps.

Ce qui vient d’être dit convient parfaitement avec la Paracha ‘Vayetsé’.


Yaakov quitta la maison de son père Itz’hak, qui est un Tsaddik, et parvint à ‘Haran (‘la colère du monde’), dans la maison de Lavan, qui est un racha (méchant). C’est d’une véritable descente dont il est question ici. Une chute à partir d’un endroit extrêmement élevée, car la maison d’Itz’hak est remplie de la lumière divine, vers un endroit des plus obscurs, puisque la maison de Lavan est celle d’un racha.


D’après l’enseignement de la Hassidout, la descente de Yaakov est comparable à la descente de l’âme divine dans le corps.


En effet, l’âme divine (Yaakov) descend dans le corps (la maison de Lavan) afin d’effectuer une mission dans ce monde. Nous pouvons comprendre la nostalgie de l’âme lorsqu’elle se trouve dans le corps et dans ce monde physique. Confrontée alors à la grossièreté et aux vils plaisirs du mauvais penchant contre qui elle doit lutter.


Un juif doit sans cesse lutter pour purifier le côté gauche de son coeur dans lequel réside l’âme animale. Il doit combattre ainsi face à la dualité de ses deux penchants. Son âme divine regarde sans cesse vers le haut, vers sa source divine qui ne désire que D.ieu. Son âme animale, quant à elle, regarde incessamment vers le bas, comme l’animal qui regarde le sol, afin d’assouvir des plaisirs matériels.


Dès-lors, il n’y a rien d’étonnant que l’âme divine désire au fond d’elle-même retourner vers sa source. Comme le fils d’un roi qui a quitté depuis longtemps le palais de son père et qui désire du plus profond de son coeur de regagner son palais et de revoir le visage du roi, son père.


Nous pouvons alors comprendre la raison pour laquelle l’Admour Haemtsaeï déclare que “Seulement l’âme de celui qui possède une grande force ne se sépare pas de son corps”.


‘La grande force’ de ce juif est qu’il parvient à sacrifier ses désirs personnels, voire même son désir le plus fort, de regagner le palais de son père, afin de réaliser le désir de son Père qui est dans le ciel. Le désir d’Hachem d’avoir une demeure ici-bas dans ce monde.


Pour réaliser ce désir, un juif doit ‘retenir’ son âme divine, l’empêcher ‘d’aller vers le haut’. L’âme divine malgré son désir de retourner à sa source, doit impérativement rester dans le corps, car c’est précisement dans ce corps et dans ce monde physique qu’elle doit faire une demeure pour D.ieu.


A l’exemple de notre père Yaakov dont la grande force s’exprime par le fait qu’il eût 12 fils, tous Tsaddikim, dans l’endroit le plus obscur de la terre.


Cette grande force anime les Maîtres de la Hassidouth. Les Hassidim de l’Admour Haemtsaeï disaient à son sujet que si l’on ouvrait ses veines on y trouverait, non pas du sang, mais des paroles de Hassidout.


La profondeur de la Torah coule dans ses veines, sa volonté se fond en La Volonté de D.ieu. L’esprit divin fusionne avec la matière comme la flamme du feu s’unit à la mèche d’une bougie et illumine l’obscurité du jour. Bon anniversaire Rabbi Dov Ber. Ta lumière ne cesse d’illuminer notre âme et notre coeur. Elle coule dans nos veines, vivifie nos membres et réveille notre désir du Machia’h au point que ce désir, descend du cerveau, à l’image de Yaakov qui sort de la maison de son père Itz’hak, vers le coeur, et dirige nos pas vers le troisième Temple, pour écouter la Torah de notre Juste Machia’h. Trés bientôt et de nos jours.


Rav Yaakov Abergel

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