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Traduction libre du Rav Haim Mellul

1. Ce jour est, de façon générale, propice. Il l’est en particulier pour dévoiler la délivrance véritable et complète.

On peut l’expliquer de différentes façons, en considérant ce qui caractérise cette année, ce mois, cette semaine et la date dans le mois, le jour de la semaine et sa place dans le compte de l’Omer. Il est dit, en effet, qu’ «il est une Mitsva de compter les jours et une Mitsva de compter les semaines». (Les jours et les semaines occupent une place particulière dans le compte de l’Omer. Il en est ainsi chaque année, mais, cette fois-ci, Pessa’h débuta un Chabbat et c’est donc à l’issue de ce jour que commença le compte. Dès lors, les semaines de l’Omer sont entières, comme les jours de la création. Ainsi, l’effet exercé sur celle-ci par le compte de l’Omer apparaît encore plus clairement.) Il est donc nécessaire de rappeler encore une fois la nécessité d’apporter une conclusion à nos actions et à nos réalisations, qui ont pour but de dévoiler la délivrance véritable et complète. C’est ce que nous montrerons.

2. Il faut tout d’abord rappeler ce qui fait le caractère particulier de ce jour et ce qui le lie à la délivrance. Nous envisagerons tout d’abord les particularités de cette année.

On a maintes fois rappelé que ses initiales, telles qu’elles furent interprétées par les enfants d’Israël, correspondent à la phrase «ce sera une année au cours de laquelle Je vous montrerai des merveilles». C’est là le sens de ce chiffre 5751, que l’on retrouve dans tous les actes officiels rédigés au cours de cette année. 5751 ce conclut par un Noun, chiffre des dizaines et initiale de Niflaot, les merveilles, puis par un Alef, chiffre des unités et initiale de Arénou, «Je vous montrerai». Le verset dit, par ailleurs, «comme aux jours de ta sortie d’Egypte, Je vous montrerai des merveilles». Arénou précède ici Niflaot. En fait, ces deux combinaisons sont également nécessaires.

Niflaot évoque les merveilles, qui peuvent très bien ne pas être perceptibles aux hommes. Nos Sages soulignent, en effet, que certains miracles restent inconnus de ceux pour qui ils surviennent. Il en va de même pour les merveilles, qui transcendent les miracles. Bien plus, c’est précisément leur grande élévation qui fait qu’on puisse ne pas du tout les voir. C’est ainsi qu’il est dit «Il fait de grandes merveilles, Seul». C’est précisément parce qu’elles sont de grandes merveilles, que Lui seul peut en avoir connaissance. Elles restent imperceptibles pour ceux à qui elles surviennent.

Le mot Arénou vient donc souligner que ces merveilles apparaissent à l’évidence et sont visibles par les yeux de chair. En effet, le Saint béni soit-Il désire qu’il en soit ainsi. Non qu’elles ne soient pas de grandes merveilles, ce qu’à D.ieu ne plaise, mais le Tout Puissant, dans toute Son Essence, s’efforce de les révéler à chacun, même si par nature elles sont si élevées qu’elles devraient rester imperceptibles.

Le verset dit en fait «Il nous montrera», à la troisième personne et non à la seconde. Il fait ainsi allusion à un niveau particulièrement élevé de la Divinité, qui, par nature, reste cachée. Néanmoins, le dévoilement est si considérable que chacun peut voir, de ses yeux de chair, les miracles qui seraient autrement les plus voilés.

Ce qui vient d’être dit peut se réaliser de deux façons. L’existence du monde, telle qu’elle est reflétée par les actes officiels, retient «Niflaot Arénou». La création rend, en effet, ces miracles imperceptibles, ne peuvent s’y révéler. Une action de D.ieu, «Arénou», est donc nécessaire pour qu’ils puissent être perçus. Le verset de la Torah, en revanche, dit «Arénou Niflaot», soulignant que la révélation est accordée d’emblée, même s’il s’agit de miracles transcendant toute révélation.

Les deux formulations sont l’une et l’autre nécessaires. «Arénou Niflaot» souligne que le dévoilement divin est considérable, même s’il est accordé d’En Haut et ne résulte pas de l’effort des hommes. «Niflaot Arénou» souligne que tout ceci est bien perceptible aux créatures et ne transcende pas le monde.

La perception véritable consiste donc à cumuler ces deux aspects à la fois. Ainsi, D.ieu, qui est plus élevé que le monde, se révèle dans la matière et y est perceptible par les lois de la nature.

Ainsi, les miracles dont il est question dans ce verset seront perceptibles à chacun et «comme aux jours de ta sortie d’Egypte, Je te montrerai des merveilles», celles de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, (qui seront merveilleuses, même par rapport aux miracles de la sortie d’Egypte).

3. A tout ceci s’ajoute, cette fois-ci, un point particulier si l’on prend en compte la date dans le mois, dans la semaine et la nature de ce jour.

Nissan est «un mois de délivrance». C’est alors que les Juifs quittèrent l’Egypte et c’est également en Nissan qu’interviendra la délivrance future, ainsi qu’il est dit: «c’est en Nissan qu’ils ont été libérés et en Nissan qu’ils le seront». A l’intérieur de ce mois, cette nuit fait la transition entre le 27 et le 28 Nissan.

Le 27 est la valeur numérique du mot Za’h, pur, ainsi qu’il est dit: «de l’huile d’olive pure», dont on sait qu’elle est particulièrement brillante. Il fait ainsi allusion au caractère lumineux de Nissan.

L’importance du chiffre 27 est également soulignée par le fait qu’il correspond à neuf fois trois. Il y a donc ici un fait accompli, qui est lui-même, à son tour, répété trois fois. Nous avons plusieurs fois expliqué le lien entre cette année et le chiffre trois. Elle commença, en effet, par trois jours consécutifs de sainteté, qui se répétèrent trois fois, à l’extérieur d’Erets Israël, à Roch Hachana, au début de Soukkot, puis à Chemini Atséret et Sim’hat Torah.

Le 28 correspond à la valeur numérique du mot Koa’h, la force. Il fait ainsi allusion à la puissance et à la détermination de ce mois, qui permettra en particulier de dévoiler la délivrance de façon concrète.
Un autre point caractérise cette semaine et ce jour.

Cette semaine est celle de la Parchat Chemini. (Il en est ainsi à l’extérieur d’Erets Israël, là où se trouve la majorité numérique et structurelle du peuple juif. En Erets Israël, cette semaine reçoit sa bénédiction de la Parchat Chemini.) Or, Chemini, le huitième niveau est directement lié à la délivrance. (Nos Sages soulignent que, lorsque le Machia’h viendra, la Harpe, dans le Temple, aura huit cordes). Bien plus, cette Parchat Chemini est étudiée pour la troisième fois et se présente donc comme un fait établi.

C’est, en outre, maintenant la veille du Chabbat, au cours duquel cette Parchat Chemini sera lue dans sa totalité et, cette fois-ci, pour la huitième fois. Il s’agit donc de «huit fois huit», un niveau qui décrit la délivrance future dans sa plus haute perfection. (En outre, le passage du ‘Houmach étudié ce vendredi parle de quatre animaux impurs, qui font allusion aux quatre royaumes ayant asservi Israël et dont la puissance disparaîtra, lors de la délivrance future. Par ailleurs, la Parchat Chemini, qui, pendant ce Chabbat, est lue publiquement, l’est également individuellement, par chacun, le vendredi. On connaît, en effet, la pratique qui veut qu’on en lise deux fois chaque verset, suivi du Targoum. De plus les Rebbéim de ‘Habad avaient coutume de commencer cette lecture, dès le vendredi soir.)

4. L’importance de ce jour découle également du lien qui peut être réalisé avec les jours suivants. (Celui-ci, en l’occurrence, apparaît de façon tout à fait claire. C’est en effet, la veille du Chabbat qui prépare le jour sacré, ainsi qu’il est dit: «celui qui fait des efforts à la veille du Chabbat, mangera pendant le Chabbat». Or, les jours suivant le Chabbat reçoivent leur bénédiction de lui et donc de la veille, qui le prépare.)

Le 28 Nissan est suivi par le 29, veille de Roch ‘Hodech Iyar, qui s’appelle également « petit Yom Kippour » et évoque donc le grand. Or, Yom Kippour est le jour de l’union entre le Saint béni soit-Il et Israël. C’est alors que furent données les dernières Tables de la Loi et cette union entre l’assemblée d’Israël et le Saint béni soit-Il parviendra à sa perfection, lors de la délivrance future. (Iyar est, en outre, constitué des initiales d’Avraham, Its’hak, Yaacov et Ra’hel, qui sont les quatre pieds du Char Céleste. On retrouve ainsi l’importance du chiffre quatre, également lié à David, le roi Machia’h.)

Il y aura ensuite Roch ‘Hodech, jour de la nouvelle lune, directement lié à Israël, qui «est comparé à la lune» et «base sur elle son calendrier», car «ils se renouvelleront comme elle», lors de la délivrance future. En l’occurrence, Roch ‘Hodech a deux jours et il y aura donc ensuite le deuxième jour, qui sera aussi le 1er Iyar. Or, la délivrance elle-même est liée à ce qui est double. (En effet, le premier jour de Roch ‘Hodech est également le trentième du mois qu vient de s’écouler et ce qui est double est bien lié à la délivrance, comme on le sait.)

Cette année, le Chabbat est, en outre, à la veille du Roch ‘Hodech. (C’est la raison pour laquelle est lue une Haftara particulière, «Demain est Roch ‘Hodech».)

Lorsque la veille de Roch ‘Hodech est un Chabbat, le « petit Yom Kippour » est avancé (de façon générale, au jeudi, ce qui souligne encore plus clairement le lien entre ce jour, la veille du Chabbat et le Chabbat lui-même). En effet, le Ta’hanoun n’est pas récité pendant le Chabbat et seul subsiste alors son aspect joyeux, «le jour de votre joie: c’est le Chabbat».

Un autre point est essentiel. Lorsque la veille de Roch ‘Hodech est un Chabbat, ce jour en lui-même fait allusion à la délivrance, «le jour qui sera entièrement Chabbat et repos pour l’éternité».
Le lendemain du second jour de Roch ‘Hodech Iyar sera le 2 Iyar, jour de la naissance du Rabbi Maharach.

Les ‘Hassidim connaissent le proverbe soulignant l’importance de sa date de naissance, liée à la Sefira « Tiféret de Tiféret ». On sait, en effet, qu’il avait un comportement tout à fait particulier, «à priori par le dessus de l’obstacle». Selon son adage bien connu, «on considère généralement que si l’on ne peut passer en dessous d’un obstacle, il faut aller au dessus de celui-ci. Je dis, moi, qu’il faut passer à priori par le dessus».

Bien plus, ce Précepte, «à priori par le dessus», agit également de manière rétroactive. Ainsi, tout ce qui le précède, depuis ce 27 Nissan, peut être «à priori par le dessus», à la façon de «Tiféret de Tiféret».

5. La période l’Omer introduit une qualité de plus.
Cette période sépare Pessa’h, «temps de notre liberté», de Chavouot, «temps du don de notre Torah». Les enfants d’Israël quittèrent, en effet, l’Egypte pour la recevoir. Or, c’est lors de la délivrance que cette réception sera parfaite, lorsqu’ «une Torah nouvelle émanera de Moi». (En effet, tous les exils portent le nom de l’Egypte. De plus, le don de la Torah, qui intervient au cinquantième jour de l’Omer, apporte aussi la cinquantième porte de la compréhension, qui fait allusion aux Niflaot, aux merveilles de cette année, que l’on peut également lire « Noun Plaot », cinquante merveilles. En effet, «D.ieu consulta la Torah pour créer le monde». C’est de cette façon qu’Il put agir sur le monde et qu’Il bâtira «les cieux nouveaux et la terre nouvelle», qui apparaîtront lors de la délivrance. Le renouvellement, alors, concernera l’ensemble de la création, et plus spécifiquement le peuple juif, ainsi qu’il est dit: «votre descendance et votre nom se révèleront alors».)

Tout ceci apparaît encore plus clairement cette année, puisque Pessa’h est un Chabbat. Or, le Midrach dit: «ces sept semaines seront entières. Quand le sont-elles?… Lorsque Pessa’h est un Chabbat et que le compte commence à l’issue de ce jour. C’est alors que ces semaines sont entières», «car elles commencent un dimanche et se terminent un Chabbat». La perfection de cette année s’en trouve donc accrue, au point d’être la plus haute qui soit. La délivrance qui peut être obtenue pendant cette période a donc également une haute perfection.

Le compte de l’Omer de cette période est également d’une grande importance (d’autant que l’étude du Rambam de la veille du Chabbat porte sur le compte de l’Omer).

Le 27 Nissan fut le douzième jour de l’Omer, qui correspond aux douze tribus, exprimant la perfection d’Israël, telle qu’elle se révèlera dans le monde futur. Le 28 Nissan sera le treizième jour de l’Omer, valeur numérique du mot E’had, un. Puis, il y aura, à la veille de Roch ‘Hodech, le quatorzième jour de l’Omer, valeur numérique du mot Yad, la main, qui évoque « la Main forte », « la Main élevée », la « grande Main », qui se révéla, lors de la sortie d’Egypte. Puis, il y aura le quinzième jour de l’Omer, qui fait allusion à la pleine lune et à la perfection qu’Israël connaîtra dans le monde futur.

6. Le lien particulier qui existe entre cette période et la délivrance soulève une très vive interrogation: comment, malgré tout cela, n’est-on pas encore parvenu à obtenir la venue effective de notre juste Machia’h? Ceci est absolument incompréhensible!

Une autre question peut également se poser. Plusieurs dizaines de Juifs se réunissent, en un moment propice pour la délivrance. Pour autant, ils n’expriment pas leur souhait profond de voir le Machia’h venir immédiatement. Il reste, pour eux, envisageable qu’il ne vienne pas ce soir, qu’il ne soit là ni demain, ni après-demain, ce qu’à D.ieu ne plaise!

Certes, on crie « Ad Mataï », «jusqu’à quand durera cet exil?». Néanmoins, on ne le fait que parce que l’on a reçu instruction de le faire. Si l’on pensait véritablement ces mots, si l’on demandait sincèrement la délivrance, il est sûr et certain qu’on l’aurait déjà obtenu, depuis bien longtemps.

Que puis-je encore faire pour conduire les enfants d’Israël à souhaiter profondément la venue effective du Machia’h? Tout ce que j’ai fais jusqu’à maintenant n’a servi à rien. La preuve peut en être trouvée dans le fait que nous nous trouvons encore en exil et, bien plus, pour tout ce qui concerne le service de D.ieu, dans un exil profond.

La seule chose qui me reste à faire est de vous confier cette tâche: faites tout ce qui est en votre pouvoir pour faire venir notre juste Machia’h, de façon tout à fait immédiate! Faites usage des lumières particulièrement élevées de Tohou et introduisez-les dans les réceptacles de Tikoun.

Puisse D.ieu faire, qu’au bout du compte, se trouvent dix Juifs qui s’entêteront et considèreront qu’il est de leur devoir de convaincre le Saint béni soit-Il. Ils parviendront assurément à le faire, car il est dit «vous êtes un peuple à la nuque dure» et ceci peut également recevoir une traduction positive. C’est précisément pour cela que «Tu pardonneras à leurs fautes et à leurs transgressions». Ainsi, nous obtiendrons, de façon tout à fait immédiate, la délivrance véritable et complète (d’autant que le verset «comme aux jours de ta sortie d’Egypte, Je te montrerai des merveilles» est la réponse que le Saint béni soit-Il apporta à la prière du Prophète, formulée à propos de la délivrance.)

7. Pour hâter encore plus tout cela, je ferai une action de plus et confierai à chacun d’entre vous une mission de Mitsva, pour la remettre à la Tsédaka, car «grande est la Tsédaka qui hâte la délivrance».
Ainsi, je me suis acquitté de la mission qui m’incombe. Désormais, il vous appartiendra de faire tout ce qui est en votre pouvoir.

Puisse D.ieu faire qu’il y ait parmi vous une, deux ou trois personnes qui découvrent ce qu’il convient de faire et comment le faire. Ainsi, ils dévoileront la délivrance véritable et complète, de manière concrète et immédiate, dans la joie et dans l’enthousiasme.

 

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