Extrait du livre : « Sagacité »
Traduit par Haim Mellul

 

La société moderne a érigé en principe que le déclin de la force physique est une carence et que les personnes atteignant un certain âge doivent accepter la réduction de leur capacité à produire et à accomplir.

D’autres voix, en revanche, encouragent les personnes âgées à envisager d’une manière plus positive le changement qui s’opèrent en elles : «Vous avez bien mérité de ralentir le rythme de votre existence ! Vous devez vraiment prendre un peu de repos !». D’autres encore adoptent une formulation beaucoup plus abrupte : «Vous n’êtes plus rentable pour la société ! Laissez donc votre place aux plus jeunes !».

Or, cette tendance, que l’on observe couramment, à pousser vers la retraite, à partir d’un certain âge, affecte la mentalité des personnes concernées. Celles-ci, à leur tour, entérinent une telle conception et elles se résignent à avoir, par la suite, une vie moins productive, ayant moins de contenu et moins de sens.

La Torah offre une vision radicalement différente de celle-ci, notamment quand elle souligne que : «le nombre des années confère la connaissance». Nos Sages expliquent que les érudits de la Torah, au fur et à mesure qu’ils vieillissent, assoient leur compréhension. Bien plus, cette évolution ne se limite pas uniquement aux érudits de la Torah. Nos Sages demandent de se lever, en signe de respect, devant une personne âgée, même si celle-ci n’est pas versée dans l’étude, car les expériences de sa vie lui apportent une profondeur et une perception qu’un jeune homme ne peut avoir.

L’homme est, par nature, un être réfléchi. C’est son intellect qui structure sa personnalité. Avec l’âge, sa compréhension s’approfondit et rien ne justifie que son activité ne se développe pas de manière proportionnelle. Un homme d’un certain âge peut servir de référence aux autres, les guider et les conseiller. Il peut, de la sorte, exercer une influence beaucoup plus large que celle qu’il avait durant sa jeunesse, quand il consacrait encore son énergie, en priorité, à la recherche de son propre développement.

Il en résulte qu’en mettant une personne âgée de côté, on fait subir une grande perte, non seulement à cette personne elle-même, mais aussi à l’ensemble de la société, laquelle inclut également tous ceux qui souhaitent l’écarter. Ceux-là se privent de la sagesse que l’immense énergie des jeunes gens ne peut pas compenser.
Tout ce qui vient d’être dit est particulièrement vrai, en la présente période, alors que les avancées technologiques et les progrès de la communication ont réduit l’importance de l’effort physique.

De nos jours, plus que jamais, la connaissance et la compréhension permettent la croissance économique et sociale. A cette époque, des hommes possédant largement de telles qualités devraient donc être appréciés à leur juste valeur, non pas mis à l’écart.

Il est naturel de vouloir accroître ce dont on dispose et, selon la formulation significative de nos Sages, «celui qui possède cent pièces en veut deux cents». Or, rien ne justifie qu’en prenant de l’âge, un homme soit conduit à modifier cette tendance. Bien au contraire, la connaissance et la profondeur que seule l’expérience apporte doivent l’inciter à rechercher des objectifs plus larges. Il est dit que : «l’homme est né pour l’effort». Il en résulte que, lorsque la vie se rallonge, cet effort et les fruits qu’il produit doivent être développés en conséquence.

Simultanément, un homme qui avance sur le chemin de la vie se doit, au fur et à mesure, de redéfinir ses priorités. A tout âge, en effet, la plus grande importance doit être accordée à la vie et non uniquement à la manière de la gagner. Puis, par la suite, à un âge plus avancé, les préoccupations financières deviennent moins lourdes. Les enfants se marient et s’installent dans une vie indépendante. Cette évolution doit offrir aux parents l’opportunité de reconsidérer leurs propres ambitions.

Etant plus jeunes, de telles personnes ont pu : «manger, boire et s’investir dans les affaires», mais, parvenues à cet âge, elles peuvent soudain lever les yeux vers d’autres horizons et s’employer à parfaire leur croissance spirituelle. Certes, leur vigueur physique diminue, mais, en revanche, leur sagesse se développe. Et, tout cela doit leur permettre de s’investir dans la direction vers laquelle elles entendent canaliser leurs énergies.

La conscience morale accrue qui en résulte pour elles insufflera la vitalité à toutes les dimensions de cette expérience de la vie et chacun pourra, de cette façon, avoir une existence réellement pleine, de manière positive. C’est, en outre, de cette façon, que l’on peut anticiper et, par là même, hâter la plus parfaite de toutes les expériences humaines, celle de la période de la délivrance véritable et complète, lorsque : «des hommes âgés et des femmes âgées seront de nouveau assis dans les rues de Jérusalem». Puisse D.ieu faire qu’il en soit ainsi au plus vite !

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