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 Cette année 5778, tout comme l’année 5751 d’où provient l’enseignement du Dvar Mal’hout sur le livre DévarimRoche ‘Hodech dure deux jours, le jour du Chabbat de la Paracha Réeh, et le lendemain, yom richon.

 

A cette occasion le Rabbi approfondit certains concepts qu’il avait déjà abordés dans le Dvar Mal’hout de la Paracha précédente, ‘Ekev’. Un des points les plus particuliers que le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout, et certainement l’un des plus essentiels, de part sa nouveauté, est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha Réeh et le mois d’Elloul.

Le Rabbi définit l’attitude que nous devons adopter avant de commencer le travail du mois d’Elloul. Durant ce mois, ‘le Roi est dans les champs’, et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir.

Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah, et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande d’ouvrir les yeux et de regarder.

Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26)‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’.

Vois (Réeh), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette chose était devant nos yeux.

Je (Ano’hi)‘Ano’hi’ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.

donne (noten), et ‘tout celui qui donne, donne avec un bon oeil (avec largesse)’.

devant vous (lifné’hem). ‘Devant vous‘ s’écrit en hébreu לפנ’כם   qui est apparenté au mot   לפנ’מ’ותם  ‘à leur profondeur’, et désigne donc ici la profondeur de l’âme Juive qui est l’essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.

aujourd’hui (hayom). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.

la bénédiction’(bra’ha). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien que celles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve.

A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit (et cela au point de Voir et donc de ressentir), notre véritable réalité, qui est bien loin de se limiter à notre existence ‘révéleé’. C’est-à-dire que notre réalité ne doit pas seulement être l’expression de la partie révélée de notre âme, mais elle doit aussi exprimer sa partie cachée, l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine.

Le Rabbi revient inlassablement sur cet enseignement. L’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps, et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler ce niveau (‘Ano’hi’} dans ses pensées ses paroles et ses actes.

C’est cela même que l’Eternel déclare à Ses enfants (Réeh, 11, 26)‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’

En effet, d’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous ordonne ici de méditer au fait qu’Il nous a donné, ‘d’un bon oeil’, une partie de Lui-même, et que cette partie constitue notre véritable existence.

C’est à cela que nous devons attacher de tout notre coeur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir, notre regard (‘Vois’), afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour dévoiler ce niveau.

Le Rabbi explique que c’est en agissant au-delà de nos propres limites que l’on éveille le désir de D.ieu d’agir à son tour au-delà de toutes les limites.

Peut-être est-il possible de dire ici qu’il y a une allusion à cela dans les deux chiffres de référence de notre verset, lesquels sont 11 et 26.

11 représente la lumière divine de la Séfira de Kéter qui est au-delà de l’enchaînement des mondes, et le chiffre 26 est la valeur numérique du Nom divin d’Havayéh qui est révélé dans le monde d’Atsilout. Ainsi ces deux chiffres font peut-être allusion au dévoilement de la lumière de Kéter (11) dans le monde d’Atsilout (26).

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il apparaît à nouveau que notre soumission au Rabbi et à ses enseignements nous permet de parvenir àVoir ce que l’Eternel nous ordonne de Voir, car la mission du Rabbi consiste précisément à révéler l’Essence de notre âme.

Peut-être, est-ce la raison pour laquelle la Paracha Ekev (Talon) précède la Paracha Réeh (Vois). En effet, le talon est la partie la plus basse du corps et désigne l’action, laquelle est toujours soumise à la tête. La Paracha Ekev précède la Paracha Réeh, comme pour nous dire que notre soumission à l’Eternel est l’étape nécessaire au dévoilement divin.

Autrement dit, c’est par notre soumission aux enseignements du Rabbi(Ekev) que l’on parvient à ‘Voir’(Réeh), ‘avec nos yeux de chair’, la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Rav Yaakov Abergel

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