(pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)

Dans le discours ‘hassidique du 15 Sivan 5751, le Rabbi explique que l’âme d’un Juif, même s’il s’agit de l’âme d’un Juste parfait qui sert D.ieu avec crainte et amour, ne fusionne totalement avec le divin que lorsque ce Juif accomplit une Mitsvah.

Les Commandements divins représentent la profondeur de la Volonté divine et la vitalité qui les anime n’est pas, contrairement à l’âme, une chose ‘séparée’, car la vitalité des Commandements divins se fond véritablement dans la Volonté de D.ieu.

Aussi, le Rabbi souligne ici que la perfection de l’élévation de l’âme et de sa fusion (‘Bitoul’) avec le divin n’est réalisée qu’au moyen de l’acte de la Mitsvah, ainsi qu’il est dit:

‘…Bien que la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.

En d’autre termes, nous aurions pu penser que lorsque nous accomplissons une Mitsvah ‘nous cessons d’exister’ car alors notre volonté se fond en la Sienne.

Notre âme cesse-t-elle ‘d’exister’ lorsqu’elle fusionne avec la lumière divine? Il semblerait qu’au moment de cette fusion, il n’existe seulement que la réalité divine. Le Rabbi répond qu’en réalité c’est le contraire qui est vrai, car ce n’est qu’au moment où l’âme fusionne avec le Divin que commence réellement notre vie, notre réalité, notre existence. Ce n’est que lorsqu’il se soumet totalement à D.ieu qu’un Juif commence vraiment à exister.

Dans la Parachat Chela’h il est question des douze princes des tribus que Moché envoya, (sans en avoir reçu l’ordre divin) pour explorer la Terre d’Israël.

Par ailleurs, dans la Haftarah qui suit la lecture de la Paracha, il est question de deux hommes ‘simples’ que Yéochoua envoya secrètement pour explorer la Terre d’Israël, après que l’Eternel le lui ait ordonné .

Le Rabbi nous enseigne que les différences qui existent entre les explorateurs de Moché et ceux de Yéochoua, ne sont pas sans évoquer celles qui existent entre l’Unité (A’hdout) et la Division (Hit’halkout).

De façon générale l’Essence divine, laquelle est indivisible, désigne L’Unité, mais du fait que ‘la Torah lsraël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un’, l’Essence de l’âme d’Israël, et l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, désignent également l’Unité.

Ainsi, dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi explique que la Haftara, par le fait que Yéochoua envoie seulement deux explorateurs, exprime l’Unité, et qu’à l’opposé, notre Paracha, par le fait que Moché envoie douze explorateurs, exprime la Division.

Le Rabbi precise que la mission des explorateurs de Moché et celle des explorateur de Yéochoua, ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël afin d’en faire une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie.

Ces deux missions correspondent à deux services divins qui sont tous les deux necessaries, et qui se complètent.

Le premier travail qui correspond à la Hit’halkout (la Division), s’accorde à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (Néchamah: les forces de l’intellect, dans le cerveau, Roua’h: les sentiments, dans le coeur, Néfèch: la vitalité du corps, dans le sang). Il s’agit dans ce cas de concquérir la Terre d’Israël (et aussi ‘la Terre’ que représente notre corps), en la sanctifiant au moyen des forces de notre âme qui s’habillent dans notre corps.

Cependant, raffiner et purifier ce monde matériel ne doit pas se limiter aux simples forces de l’âme, car il s’agit aussi de révéler la partie profonde de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’: le niveau de ‘A’hdout’.

Ce n’est qu’en dévoilant la partie profonde de l’âme, et la partie profonde de la Torah, que le travail de raffinement et de purification de la Terre d’Israël atteind la perfection.

Le Rabbi donne plusieurs exemples dans la Haftara. Le fait que les explorateurs de Yéochoua sont deux hommes simples n’est pas sans évoquer la qualité de ‘simplicité’, ‘pchitout’, de l’Essence divine. En effet, le Rabbi revient très souvent sur ce point. ‘Or pachout’ désigne la lumière de l’Essence divine qui est au-delà de toutes les formes, de toutes les particularités et de tous les détails. Or, cette lumière illumine chaque Juif, même s’il s’agit du plus ‘simple’, l’Essence de son âme est enracinée dans l’Essence divine.

C’est à cela que se rapporte la déclaration des Sages d’après laquelle lorsque les enfants d’Israël entendirent les deux premiers Commandements de la Bouche de L’Eternel leurs âmes s’envolèrent, pour rejoindre leur source , en D.ieu.

De fait, la partie la plus élevée de l’âme, qui ne s’habille pas dans le corps, est extrêmement proche de sa source. Elle ressent et désire constammnent le Divin.

Il est interressant de mentionner ici que la Torah a comparé Moché au soleil, et Yéochoua à la lune. Dès-lors, on peut se demander comment cela s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel la mission des explorateurs de Yéochoua correspond à l’Essence de l’âme, et la mission des explorateurs de Moché correspond aux forces de l’âme.

A priori, le contraire semble plus vrai. Du fait que Moché est comparé au soleil, n’évoque-t-il pas, plus que Yéochoua, l’Essence de l’âme, que la ‘Hassidout qualifie de ‘Luminaire’ (‘le soleil’) ?

N’est-il pas plus logique de penser que Yéochoua, l’élève de Moché, évoque les forces de l’âme, lesquelles ne sont qu’un reflet de l’Essence?

La raison à cela tient peut-être du fait que dans les Temps messianiques la lune, comparée à Yéochoua, retrouvera sa taille originelle. De fait, la Séfira de Mal’hout (la lune) s’élèvera au-dessus de toutes les Séfirot, ainsi qu’il est dit ‘Une épouse vertueuse est la couronne de son mari’.

Aussi, Yéochoua, dont la grandeur véritable apparaîtra lors de la Délivrance, n’est pas sans évoquer l’unité de l’Essence divine, l’unité de l’âme et l’unité de la Torah.

A ce sujet le Rabbi explique que Yéochoua envoya deux explorateurs car il reçut pour cela l’ordre de D.ieu. Il n’en est pas de même pour Moché, qui ne reçut pas pour cela un ordre divin.

Le fait que Yéochoua n’agit que sur l’ordre de D.ieu n’est pas sans évoquer l’Essence de l’âme, le niveau de ‘A’hdout’, l’acceptation du joug divin, la parfaite et totale soumission du plus haut niveau de l’âme à l’Essence de D.ieu.

C’est à cela que se rapporte la déclaration du Zohar selon laquelle ‘le point doit illuminer le palais’. Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la Délivrance finale dépend de cela. L’Unité de l’âme doit illuminer les forces de l’âme, l’unité de la Torah, la ‘Hassidout, doit éclairer toutes les parties de la Torah….

Le Rabbi enseigne que la Mitsvah des Tsistsit, mentionnée dans notre Paracha, en est un parfait exemple. Cette Mitsvah englobe toutes les Mitsvoth, à elle-seule, elle dévoile l’Unité qui illumine chacune d’entre-elles : la Volonté de D.ieu.

A l’exemple du Rabbi qui dévoile l’Essence de l’âme de son ‘hassid, et l’Essence de la Torah, l’unité de l’âme et l’unité de la Torah.

Rav Yaakov Abergel

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