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Lorsque le Rav Boroukh Ber Leibowitz proposa au Rabbi de devenir “le leader du monde des Yéchivot lituaniennes”

Lorsque le Rav Boroukh Ber Leibowitz proposa au Rabbi de devenir “le leader du monde des Yéchivot lituaniennes”

 

Rav Yossef Krupnik, fr.chabad.org

En 1966, j’étudiais dans le Lower East Side de Manhattan à la « Rabbi Jacob Joseph School », célèbre dans le monde entier sous les initiales « RJJ ». À l’époque j’avais un partenaire d’étude du nom d’Alexander Stern qui était attaché à ‘Habad et qui ne cessait de m’inviter à venir voir ce qu’était un Farbrenguen avec le Rabbi. J’ai fini par accepter son invitation pour Youd Chevat.

Le dixième jour du mois hébraïque de Chevat est l’une des dates les plus importantes du calendrier ‘Habad. C’est l’anniversaire du décès du sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak, également connu sous l’acronyme Rabbi Rayats, ainsi que le jour où, un an plus tard, son gendre, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, prit officiellement la direction de ‘Habad-Loubavitch.

Je suis allé au Farbrenguen et j’ai beaucoup apprécié. Il en résulta que je suis rentré chez moi vraiment très tard et le lendemain matin je suis arrivé en retard à la yéchiva. Notre professeur, Reb Shaya Shimonowitz, qui était l’un des véritables géants qui restaient de l’ancienne Yéchiva de Mir en Europe, a réalisé tout de suite pourquoi nous étions tous deux en retard ce matin. Quand nous sommes entrés dans la classe, il nous a réprimandés : « Vous ne comprenez pas l’importance de la Torah ? Vous avez perdu du temps d’étude de la Torah… Vous avez raté un cours ! »

Il nous a réprimandés très très sévèrement et, pour être honnête, j’en ai été profondément blessé. Jusqu’à ce moment, j’étais persuadé d’avoir une très bonne relation avec lui. C’était la première fois qu’il me tombait dessus de cette manière.

Quand il eut fini de donner le cours et qu’il était l’heure pour les élèves d’aller le réviser dans la salle d’étude, il nous a demandé à Alex et à moi de rester avec lui. J’étais certain que nous allions nous prendre un deuxième round de réprimande, mais ce n’est pas ce qui se passa.

Quand tout le monde fut sorti et que nous nous sommes retrouvés seuls avec Reb Shaya, celui-ci nous raconta une histoire stupéfiante. Il semble qu’il comprenait combien sa réprimande nous avait fait mal et il avait décidé de se réconcilier avec nous en nous faisant savoir, implicitement, que le temps que nous avions passé à ‘Habad avec le Rabbi de Loubavitch n’avait pas vraiment été du temps perdu.

Il semble qu’en 1937, lorsque le Rabbi n’était pas encore Rabbi et qu’il étudiait à Paris, il fut chargé de différentes missions par le Rabbi précédent. Dans ce cadre, il dut une fois se rendre à Vilna, en Lituanie – un important centre d’étude des Yéchivas à cette époque – pour inviter le Rav ‘Haïm Ozer Grodzenski à cosigner une lettre que le Rabbi précédent avait écrite. le Rav ‘Haïm Ozer Grodzenski était une des plus grandes autorités décisionnaires (Posseq) de la loi juive (Halakha) dans le judaïsme orthodoxe de la fin du xixe siècle et de la première moitié du xxe siècle. Il est connu comme Reb Chaim Ozer1. Son titre officiel est Av Beis Din de Vilnius.

Quand le Rabbi arriva, il se trouvait que Reb ‘Haïm Ozer Grodzenski recevait dans son bureau un visiteur éminent, un autre luminaire de la Torah de l’époque, Reb Boroukh Ber Leibowitz qui était le Roch Yéchiva de Kaminetz et le principal disciple de Reb ‘Haïm de Brisk. Il fut dit au Rabbi qu’il devrait attendre qu’ils aient terminé leur réunion avant qu’il puisse entrer.

Alors qu’il attendait, certaines personnes dans la salle d’étude se rendirent compte qu’il était un ‘Hassid et décidèrent alors de le harceler. Ils commencèrent à le mitrailler de questions précises sur des sujets talmudiques : Connaissait-il tel sujet ? Qu’avait-il à dire de tel autre sujet ? et ainsi de suite.

Mais le Rabbi ne répondit pas. Notre professeur, Reb Shaya, fut témoin de toute la scène parce qu’il était l’accompagnateur de Reb Boroukh Ber. Il nous a dit que certains de ces étudiants l’ont vraiment harcelé sans pitié. Pourtant le Rabbi ne dit rien. Il demeura silencieux.

Au bout d’un moment, Reb ‘Haïm Ozer ouvrit la porte. Il resta à écouter quelques instants ce qui se passait autour du Rabbi puis il fit signe au Rabbi d’entrer. Le Rabbi pénétra dans le bureau et, une fois à l’intérieur, il se mit à répondre aux questions qui lui avaient été posées à l’extérieur. Reb Shaya dit qu’il y répondit avec une grande clarté et une grande profondeur, citant aussi bien les premiers commentateurs de la Torah (« richonim ») que les commentateurs ultérieurs (« a’haronim »).

Reb ‘Haïm Ozer demanda au Rabbi : «Pourquoi n’avez-vous pas répondu à ces questions dehors, quand ils vous ont harcelé?»

Le Rabbi répondit : « Je ne suis pas venu pour tenir des débats avec qui que ce soit. J’ai cependant remarqué que lorsque vous êtes sorti de votre bureau, vous avez observé leurs questions et j’ai eu peur que mon absence de réponse puisse avoir un impact négatif sur la mission qui m’a été confiée par mon beau-père. » Il craignait que Reb ‘Haïm Ozer puisse ne pas consentir à cosigner la lettre du Rabbi Précédent, c’est pourquoi il avait décidé de clarifier la situation.

Après cet échange, Reb ‘Haïm Ozer prit la lettre et se mit à la lire. Pendant ce temps, son illustre visiteur, Reb Boroukh Ber Leibowitz, impressionné, continua de discuter de divers sujets avec le Rabbi.

Au bout de quelques minutes, Reb Boroukh Ber Leibowitz dit au Rabbi : « Si vous venez étudier dans ma Yéchiva, je vous garantis que vous deviendrez le leader du monde des yéchivas lituaniennes. »

Le Rabbi refusa poliment. Il dit qu’il avait son chemin, qu’il savait ce qu’il devait faire et à qui il devait rendre des comptes, entendant par là le Rabbi précédent. Lorsqu’il dit cela, Reb Boroukh Ber Leibowitz se mit à pleurer.

Reb Shaya, qui avait assisté à toute cette rencontre, nous dit qu’il n’avait jamais raconté cette histoire à personne auparavant. Et je pense qu’il était difficile pour lui d’admettre que le Rabbi, un ‘Hassid, aurait potentiellement pu devenir le chef d’un segment différent du monde juif s’il en avait décidé ainsi.

Rav Yossef Krupnik

Pourquoi manger de la viande ?

Pourquoi manger de la viande ?

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Certains prétendent que consommer de la viande n’est pas moral. Qu’est-ce qui donne à l’homme le droit de manger la chair d’une autre créature ? Mais on peut dire la même chose sur le fait de consommer des végétaux, de l’eau, de l’oxygène. Qu’est-ce qui donne à l’homme le droit de consommer quelque création divine que ce soit, tout simplement pour maintenir sa propre existence ?

En fait, un tel droit naturel n’existe pas. Quand l’homme ne vit que pour soutenir et améliorer son propre bien-être, rien ne justifie qu’il utilise une autre forme de vie pour ce faire. Comme l’exprime un grand maître ‘hassidique : «quand une personne avance, en pensant à D.ieu, le sol sous ses pieds lui-même s’écrie : ‘Malotru ! En quoi es-tu meilleur que moi ? De quel droit marches-tu sur moi ?’».

Le fait qu’un homme représente une forme de vie supérieure ne justifie guère la destruction de créatures inertes ou inanimées. Plus encore, selon les enseignements de la Cabbale, les âmes des animaux, des plantes et des objets inanimés sont en réalité plus élevées que celles des êtres humains. Car, lors du grand effondrement du premier des mondes créés par D.ieu, tohou, les éléments les plus élevés tombèrent le plus bas (tout comme lors de l’éboulement d’un mur, les pierres les plus hautes tombent le plus loin), de sorte que les étincelles divines les plus étincelantes s’incorporèrent dans les parties du monde matériel prétendues «inférieures».

Si l’homme a le droit de consommer d’autres créatures, ce n’est que parce que et dès lors qu’il sert d’intermédiaire pour les élever.

L’essence spirituelle d’une pierre, d’une plante ou d’un animal peut être supérieure à celle d’un être humain mais c’est une étincelle statique, dépourvue de la capacité de combler la quête de toute création à s’unir avec le Créateur. La cruauté d’un chat ou l’ingéniosité d’une fourmi ne sont pas des failles morales ou des accomplissements, pas plus que la dureté d’un roc ou la douceur d’une pomme.

Le minéral, le végétal et l’animal ne peuvent faire le bien ou le mal, ils ne peuvent que suivre les préceptes de leur nature innée. Seul l’homme a été doté de la liberté de choix, de la possibilité d’améliorer (ou d’empirer, à D.ieu ne plaise) son état naturel. Quand un individu boit un verre d’eau, mange une pomme ou abat un bœuf et consomme sa chair, ces éléments sont intégrés dans le mécanisme du corps humain et l’énergie qui le dirige.

Quand cette personne accomplit un acte Divin, un acte qui transcende sa propre nature et la rapproche de D.ieu, elle élève ainsi les éléments qu’elle a absorbés, réunissant les étincelles de Divinité qu’ils incorporent à leur source. (Sont également élevées les créations qui ont permis l’acte divin : le sol qui a nourri la pomme, l’herbe qu’a mangé le bœuf, le cheval qui a apporté l’eau à la ville, etc.).

C’est ici que réside le sens profond du verset cité plus haut : « … tu diras : ‘Je mangerai de la viande’, car ton âme désire consommer de la viande…». Il se peut que vous exprimiez un désir pour de la viande et que vous ne soyez conscient que de l’envie de votre corps pour la satisfaction qu’un tel aliment vous apporte. Mais en réalité, il s’agit ici de l’expression du désir de votre âme de consommer de la viande, de la quête de votre âme pour les étincelles de Divinité envoyées sur terre pour être libérées.

 

Le désir

Cependant, il existe une importante différence entre la consommation de la viande et celle des autres aliments.
L’être humain ne peut vivre sans les composants végétaux et minéraux de son alimentation. C’est la raison pour laquelle il est obligé de les consommer, mû par l’aspect le plus élémentaire de ses besoins physiques : la préservation de son existence. La viande, quant à elle, ne constitue pas une nécessité mais un luxe. Le désir de viande n’est pas motivé par un besoin mais c’est un désir, au sens absolu du terme, le désir de ressentir un plaisir.

En d’autres termes, les animaux sont élevés, leur chair intégrée au corps humain, leur âme devient partenaire d’un acte Divin, seulement parce que D.ieu a instillé dans la nature humaine le désir du plaisir.

Cela signifie que l’élévation de la viande requiert de la part de son consommateur une plus grande sensibilité spirituelle que pour tous les autres aliments. Quand un individu mange un morceau de pain et puis, étudie la Torah, prie ou donne la charité, le pain a directement contribué à ces actes. Pour pouvoir les accomplir, l’âme de l’homme doit s’unir à un corps physique et le morceau de pain a joué un rôle primordial dans cette fusion. L’homme mange du pain pour vivre et s’il vit pour accomplir la volonté de son Créateur, la fusion est alors complète. Mais il ne mange pas de la viande pour vivre mais pour en savourer le goût. Aussi n’est-il pas suffisant, pour élever la viande qu’il mange, que l’homme vive pour servir son Créateur. Il doit plutôt être une personne pour laquelle le fait même d’éprouver un plaisir physique est une entreprise divine, quelque chose qui n’est destiné qu’à une fin divine. Il doit être une personne pour laquelle la satisfaction physique générée par une viande goûteuse se traduit en une compréhension plus approfondie de la Torah, une plus grande dévotion dans la prière, un plus gentil sourire pour accompagner la pièce glissée dans la paume du pauvre.

C’est ainsi que la Torah déclare : «Quand l’Eternel ton D.ieu aura étendu tes frontières, comme Il te l’a promis…, tu pourras manger de la viande selon le désir de ton âme.»

Le Talmud déduit de ce verset qu’ «à l’origine, ils n’avaient pas le droit de manger ‘la viande du désir’ (bassar taavah). Ce n’est qu’après qu’ils furent entrés en Terre (d’Israël) qu’ils eurent la permission de manger la viande du désir. Pour la première génération d’Israël en tant que peuple, depuis le moment où ils reçurent la Torah et érigèrent le Sanctuaire dans le désert du Sinaï jusqu’à ce qu’ils s’installèrent en Terre Sainte, la seule viande permise à la consommation était celle des korbanot, les sacrifices animaux offerts à D.ieu dans le Sanctuaire. La consommation de cette viande était une mitsva, un commandement divin qui avait donc pour effet direct son élévation. Cependant, il leur était impossible d’élever la viande dont le seul effet était de procurer du plaisir à son consommateur si bien qu’elle était donc interdite. Les Enfants d’Israël furent même réprimandés et punis pour avoir exprimé un désir de viande, ce qui est relaté dans le onzième chapitre de Bamidbar.

Ce n’est qu’après que D.ieu eut élargi les frontières, leur donnant donc la mission de faire de «sainte» la «terre», qu’ils purent sanctifier le recoin le plus matériel de la vie humaine.

Nos Sages ont dit, de la même façon, qu’«un rustre n’a pas le droit de consommer de la viande» (Pessa’him 49b). La permission accordée à l’homme de consommer les créatures et les créations du monde et de les soumettre à son service n’est pas inconditionnelle. Elle dépend de sa sensibilité à l’essence spirituelle des créations de D.ieu et de son engagement à les servir en les faisant participer à la sanctification de sa vie.

Nouveau : cours de Guemara avec Rachi en vidéo par le Rav Menahem Altabé

Nouveau : cours de Guemara avec Rachi en vidéo par le Rav Menahem Altabé

 

Voici les 3 premiers cours sur le traité Bra’hot :

Guemara Masse’het Bra’hot page 2A et 10 lignes de 2B avec Rachi et une Hala’ha

משנה: מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בָּעֲרָבִין?
מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִים לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן,

מאימתי קורין את שמע בערבין. משעה שהכהנים נכנסים לאכול בתרומתן. כהנים שנטמאו וטבלו והעריב שמשן והגיע עתם לאכול בתרומה:

עַד סוֹף הָאַשְׁמוּרָה הָרִאשׁוֹנָה – דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.

עד סוף האשמורה הראשונה. שליש הלילה כדמפרש בגמ’ (דף ג.) ומשם ואילך עבר זמן דלא מקרי תו זמן שכיבה ולא קרינן ביה בשכבך ומקמי הכי נמי לאו זמן שכיבה לפיכך הקורא קודם לכן לא יצא ידי חובתו. אם כן למה קורין אותה בבית הכנסת? כדי לעמוד בתפלה מתוך דברי תורה והכי תניא בבריי’ בברכות ירושלמי. ולפיכך חובה עלינו לקרותה משתחשך. ובקריאת פרשה ראשונה שאדם קורא על מטתו יצא:

וַחֲכָמִים אוֹמְרִים עַד חֲצוֹת.

רַבָּן גַמְלִיאֵל אוֹמֵר “עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר”.

עד שיעלה עמוד השחר. שכל הלילה קרוי זמן שכיבה:

מַעֲשֶׂה וּבָאוּ בָנָיו מִבֵּית הַמִּשְׁתֶּה, אָמְרוּ לוֹ: “לֹא קָרִינוּ אֶת שְׁמַע”. אָמַר לָהֶם: “אִם לֹא עָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר, חַיָּיבִין אַתֶּם לִקְרוֹ”. וְלֹא זוֹ בִלְבַד אָמְרוּ, אֶלָּא כָּל מַה שֶּׁאָמְרוּ חֲכָמִים עַד חֲצוֹת,
מִצְוָתָן עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר” –

מצותן. להעלות כל הלילה ואינן נפסלים בלינה עד שיעלה עמוד השחר והן למטה מן המזבח דכתי’ לא ילין לבקר (שמות לד)

הֶקְטֵר חֲלָבִים וְאֵבָרִים

חלבים. של כל קרבנות: אברים. של עולה: הקטר חלבים ואברים. של קרבנות שנזרק דמן ביום: 

מִצְוָתָן עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר,

וְכָל הַנֶּאֱכָלִים לְיוֹם אֶחָד

.וכל הנאכלים ליום אחד. כגון חטאת, ואשם, וכבשי עצרת, ומנחות, ותודה:

מִצְוָתָן

מצותן. זמן אכילתן:

עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר.

עד שיעלה עמוד השחר. והוא מביאן להיות נותר דכתיב “בתודה לא יניח ממנו עד בקר” (ויקרא ז) וכלם מתודה ילמדו:

אִם כֵּן לָמָּה אָמְרוּ חֲכָמִים עַד חֲצוֹת?
כְּדֵי לְהַרְחִיק אָדָם מִן הָעֲבֵירָה.

אם כן למה אמרו חכמים עד חצות. בקריאת שמע ובאכילת קדשי’: כדי להרחיק אדם מן העבירה. ואסרום באכילה קודם זמנן כדי שלא יבא לאכלן לאחר עמוד השחר ויתחייב כרת וכן בקריאת שמע לזרז את האדם שלא יאמר יש לי עוד שהות ובתוך כך יעלה עמוד השחר ועבר לו הזמן. והקטר חלבים דקתני הכא לא אמרו בו חכמים עד חצות כלל, ולא נקט להו הכא אלא להודיע שכל דבר הנוהג בלילה כשר כל הלילה. והכי נמי תנן בפרק שני דמגילה (דף כ:) כל הלילה כשר לקצירת העומר ולהקטר חלבים ואברים:

גמרא: תַּנָּא הֵיכָא קָאֵי דְּקָתָנֵי “מֵאֵימָתַי”?

גמ’ היכא קאי. מהיכא קא סליק דתנא ביה חובת קריאת שמע שהתחיל לשאול כאן זמן הקריאה:

וְתוּ, מַאי שְׁנָא דְּתָנֵי דְּעַרְבִית בְּרֵישָׁא – לִתְנֵי דְּשַׁחֲרִית בְּרֵישָׁא!
תַּנָּא אַקְּרָא קָאֵי,

אקרא קאי. ושם למד חובת הקריאה:

דִּכְתִיב: “בְּשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ”, וְהָכִי קָתָנֵי: זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע דִּשְׁכִיבָה אֵימַת? מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִין לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן.
וְאִי בָּעִית אֵימָא יָלִיף מִבְּרִיָּיתוֹ שֶׁל עוֹלָם,

ואיבע”א. הא דתנא ערבין ברישא יליף מברייתו של עולם:

דִּכְתִיב: “וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד”.
אִי הָכִי, סֵיפָא דְּקָתָנֵי “בַּשַּׁחַר מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וְאַחַת לְאַחֲרֶיהָ, וּבָעֶרֶב מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וּשְׁתַּיִם לְאַחֲרֶיהָ”, לִתְנֵי דְּעַרְבִית בְּרֵישָׁא!
תַּנָּא פָּתַח בְּעַרְבִית, וַהֲדַר תָּנֵי בְשַׁחֲרִית.

והדר תנא בשחרית. מאימתי קורין את שמע בשחרית:

עַד דְּקָאֵי בְשַׁחֲרִית פָּרֵישׁ מִילֵּי דְּשַׁחֲרִית, וַהֲדַר פָּרֵישׁ מִילֵּי דְּעַרְבִית.

אָמַר מַר: “מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִים לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן”. מִכְּדִי, כֹּהֲנִים אֵימַת קָא אָכְלֵי תְרוּמָה? מִשְּׁעַת צֵאת הַכּוֹבָבִים. לִתְנֵי מִשְּׁעַת צֵאת הַכּוֹבָבִים!

 משעת צאת הכוכבים. שהוא גמר ביאת השמש. כדיליף לקמן (עמוד ב):

מִלְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קָמַשְׁמַע לָן – כֹּהֲנִים אֵימַת קָא אָכְלֵי בִתְרוּמָה – מִשְּׁעַת צֵאת הַכּוֹבָבִים, וְהָא קָמַשְׁמַע לָן דְּכַפָּרָה לֹא מְעַכְּבָא, כִּדְתַנְיָא: “וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ וְטָהֵר” – בִּיאַת שִׁמְשׁוֹ מְעַכַּבְתּוֹ מִלֶּאֱכוֹל בִּתְרוּמָה, וְאֵין כַּפָּרָתוֹ מְעַכַּבְתּוֹ מִלֶּאֱכוֹל בִּתְרוּמָה.
וּמִמַּאי דְּהַאי “וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ” בִּיאַת הַשֶּׁמֶשׁ, וְהַאי “וְטָהֵר” טָהַר יוֹמָא?

דִּילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא,

דילמא ביאת אורו. שיאור השמש ביום השמיני ויטהר האיש עצמו בהבאת קרבנותיו ואחר יאכל: 

וּמַאי “וְטָהֵר” – טָהַר גַּבְרָא!
אָמַר רַבָּה בַּר רַב שִׁילָא: אִם כֵּן,לֵימָא קְרָא “וְיִטָּהֵר”.

אם כן. דהאי קרא וטהר לשון צווי הוא נימא קרא ויטהר מאי וטהר: 

מַאי “וְטָהֵר”? – טָהַר יוֹמָא, כִּדְאָמְרֵי אִינְשֵׁי: “אִיעֲרַב שִׁמְשָׁא וְאִדַּכִּי יוֹמָא”.

אדכי. לשון עבר נתפנה מן העולם השמש:

בְּמַעֲרָבָא הָא דְּרַבָּה בַּר רַב שִׁילָא לֹא שְׁמִיעַ לְהוּ, וּבָעוּ לָהּ מִיבַּעְיָא: הַאי “וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ” בִּיאַת שִׁמְשׁוֹ הוּא, וּמַאי “וְטָהֵר” – טָהַר יוֹמָא, אוֹ דִּילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא, וּמַאי “וְטָהֵר” – טָהַר גַּבְרָא? וַהֲדַר פָּשְׁטוּ לָהּ מִבְּרַיְיתָא

 מברייתא. דקתני לקמן בשמעתין משעה שהכהנים נכנסין לאכול בתרומתן וראיה לדבר צאת הכוכבים ש”מ אין כפרתן מעכבתן:

– מִדְּקָתָנֵי בִבְרַיְיתָא “סִימָן לַדָּבָר צֵאת הַכּוֹבָבִים”, שְׁמַע מִינָּהּ בִּיאַת שִׁמְשׁוֹ הוּא, וּמַאי “וְטָהֵר” – טָהַר יוֹמָא.

 

Guemara Masse’het Bra’hot page 2B 11ème ligne et 3A 3 premières lignes avec Rachi et une explication hassidique

אָמַר מַר: מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִין לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן,
וּרְמִינְהוּ – מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בָּעֲרָבִין?
מִשֶּׁהֶעָנִי נִכְנָס לֶאֱכוֹל פִּתּוֹ בְּמֶלַח, עַד שָׁעָה שֶׁעוֹמֵד לִיפָּטֵר מִתּוֹךְ סְעוּדָּתוֹ.

רש”י – משהעני. שאין לו נר להדליק בסעודתו:

סֵיפָא וַדַּאי פְּלִיגָא אַמַּתְנִיתִין, רֵישָׁא מִי לֵימָא פְּלִיגָא אַמַּתְנִיתִין?

רש”י – סיפא ודאי פליגא אמתני’. דקתני הכא עד שעה שעומד ליפטר מתוך הסעודה והיינו לא כרבי אליעזר ולא כרבנן ולא כרבן גמליאל. דדריש ובשכבך תחלת זמן שכיבה ובמתני’ תנן עד סוף האשמורה הראשונה:

לֹא, עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁיעוּרָא הוּא.

רש”י – עני וכהן. עני כל לילותיו וכהן טמא לאכול בתרומה חד שעורא הוא צאת הכוכבים:

וּרְמִינְהוּ – מֵאֵימָתַי מַתְחִילִין לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע בְּעַרְבִית? מִשָּׁעָה שֶׁבְּנֵי אָדָם נִכְנָסִין לֶאֱכוֹל פִּתָּן בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת – דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר,

רש”י – בערבי שבתות. ממהרין לסעודה שהכל מוכן:

וַחֲכָמִים אוֹמְרִים מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים זַכָּאִין לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן –
סִימָן לַדָּבָר צֵאת הַכּוֹבָבִים.

וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר,

רש”י – שאין ראיה לדבר. שהיום כלה בצאת הכוכבים זכר לדבר איכא:

זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: “וַאֲנַחְנוּ עוֹשִׂים בַּמְּלָאכָה וְחֶצְיָם מַחֲזִיקִים בָּרְמָחִים, מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד צֵאת הַכּוֹבָבִים”.
וְאוֹמֵר: “וְהָיוּ לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר וְהַיּוֹם מְלָאכָה”.
מַאי “וְאוֹמֵר”? וְכִי תֵימָא מִכִּי עָרְבָא שִׁמְשָׁא לֵילְיָא הוּא, וְאִינְהוּ דִּמְחַשְּׁכֵי  
וּמְקַדְּמֵי,
תָּא שְׁמַע: “וְהָיוּ לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר וְהַיּוֹם מְלָאכָה”.

רש”י – דמחשכי. ועושין מלאכה בלילה משקיעת החמה עד צאת הכוכבים:  ומקדמי. ומשכימין קודם היום דאימא יום לא הוי עד הנץ החמה והם מקדימין מעלות השחר דהוי כמו מהלך ה’ מילין (פסחים דף צג:): ת”ש והיה לנו הלילה משמר. מדקאמר והיום מלאכה אלמא האי דעבר מעלות השחר עד צאת הכוכבים ימ הוא. וזכר לדבר איכא דכל עת מלאכה קורא הכתוב יום:

קָא סַלְקָא דַעְתָּךְ דְּעָנִי וּבְנֵי אָדָם חַד שִׁעוּרָא הוּא,

רש”י – קס”ד. רוב בני אדם היינו עניים כלומר בני אדם בערבי שבתות ועניים בימות החול חד שעורא הוא:

וְאִי אָמְרַתְּ עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא, חֲכָמִים הַיְינוּ רַבִּי מֵאִיר!
אֶלָּא שְׁמַע מִינָּהּ עָנִי שִׁעוּרָא לְחוּד וְכֹהֵן שִׁעוּרָא לְחוּד!

לֹא, עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא, וְעָנִי וּבְנֵי אָדָם לַאו חַד שִׁעוּרָא הוּא.
וְעָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא?
וּרְמִינְהוּ – מֵאֵימָתַי מַתְחִילִין לִקְרוֹת שְׁמַע בָּעֲרָבִין?

מִשָּׁעָה שֶׁקָּדַשׁ הַיּוֹם בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת –

רש”י – משעה שקדש היום בערבי שבתות. היינו בין השמשות ספק יום ספק לילה וכיון דספק הוא קדש היום מספק:


דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.

רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים מְטוֹהָרִים לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן.

רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים טוֹבְלִין לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן.

רש”י – משעה שהכהנים טובלים. היינו קודם בין השמשות כדי שיהא להם קודם בין השמשות הערב שמש והכי אמרינן בבמה מדליקין (דף לה.) דזמן הטבילה קודם בין השמשות מעט:

אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: וְהֲלֹא כֹהֲנִים מִבְּעוֹד יוֹם הֵם טוֹבְלִים!

רש”י – והלא כהנים מבעוד יום הם טובלים. רבי יהודה לטעמיה דאמר בבמה מדליקין בין השמשות כדי מהלך חצי מיל קודם צאת הכוכבים קרוי בין השמשות והוי ספק הלכך טבילה דמקמי הכי מבעוד יום הוא ולאו זמן שכיבה הוא ולקמן מפרש מאי אהדר ליה רבי מאיר:

רַבִּי חֲנִינָא אוֹמֵר מִשָּׁעָה שֶׁעָנִי נִכְנָס לֶאֱכוֹל פִּתּוֹ בְּמֶלַח.

רַבִּי אַחַאי וְאָמרִי לָהּ רַבִּי אַחָא אוֹמֵר מִשָּׁעָה שֶׁרוֹב בְּנֵי אָדָם נִכְנָסִין לְהָסֵב.

רש”י – נכנסין להסב. אית דאמרי בימות החול ואית דאמרי בשבתות מכל מקום מאוחר הוא (לכולם):

וְאִי אָמְרַתְּ עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא, רַבִּי חֲנִינָא הַיְינוּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ!
אֶלָּא לַאו, שְׁמַע מִינָּהּ שִׁעוּרָא דְּעָנִי לְחוּד וְשִׁעוּרָא דְּכֹהֵן לְחוּד, שְׁמַע מִינָּהּ.

הֵי מִנַּיְיהוּ מְאוּחָר?

רש”י – והי מינייהו מאוחר. (לכולם) דעני או דכהן: ה”ג אי ס”ד דעני קודם רבי חנינא היינו רבי אליעזר: בין השמשות דרבי יהודה מהלך חצי מיל לפני צאת הכוכבים ודרבי יוסי כהרף עין לפני צאת הכוכבים ורבי מאיר כרבי יוסי ס”ל וכי טביל מקמי הכי סמוך לחשכה הוא וזמן שכיבה קרינן ביה:

מִסְתַּבְּרָא דְּעָנִי מְאוּחָר, דְּאִי אָמְרַתְּ דְּעָנִי מוּקְדָּם, רַבִּי חֲנִינָא הַיְינוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר! אֶלָּא לַאו, שְׁמַע מִינָּהּ דְּעָנִי מְאוּחָר, שְׁמַע מִינָּהּ.

אָמַר מַר: אָמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה: וְהֲלֹא כֹהֲנִים מִבְּעוֹד יוֹם הֵם טוֹבְלִים! שַׁפִּיר קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה לְרַבִּי מֵאִיר!
וְרַבִּי מֵאִיר? הָכִי קָאָמַר לֵיהּ:
מִי סָבְרַתְּ דַּאֲנָא אַבֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דִּידָךְ קָא אֲמִינָא?
אֲנָא אַבֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּרַבִּי יוֹסֵי קָא אֲמִינָא, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת כְּהֶרֶף עַיִן – זֶה נִכְנָס וְזֶה יוֹצֵא, וְאִי אֶפְשָׁר לַעֲמוֹד עָלָיו.
קשיא דר’ מאיר אדר”מ

רש”י – קשיא דרבי מאיר אדר’ מאיר. לעיל אמר משעה שבני אדם נכנסין לאכול פתן בערבי שבתות והוא שעור מאוחר משל כהן והכא אמר משעת טבילה שהיא קודם בין השמשות:

 תרי תנאי אליבא דר”מ
קשיא דר’ אליעזר אדר’ אליעזר
תרי תנאי אליבא דר’ אליעזר ואב”א רישא לאו ר’ אליעזר היא:

רש”י –  קשיא דרבי אליעזר. דברייתא אדר’ אליעזר דמתני’: ואב”א רישא. דמתני’: לאו ר’ אליעזר היא. והא דקתני דברי ר’ אליעזר אסוף הזמן קאי דקאמר עד סוף האשמורה הראשונה ופליגי רבנן עליה ואמרי עד חצות דרבי אליעזר דריש בשכבך זמן התחלת שכיבה שבני אדם הולכים לשכב זה קודם וזה מאוחר. ורבנן דרשי כל זמן שכיבה דהיינו כל הלילה אלא שעשו סייג לדבר ואמרו עד חצות ור”ג לית ליה ההוא סייג:

 

 


Guemara Masse’het Bra’hot page 3A  4ème ligne et 9 lignes de 3B avec Rachi et une Hala’ha

 עד סוף האשמורה: מאי קסבר ר’ אליעזר אי קסבר שלש משמרות הוי הלילה לימא עד ארבע שעות ואי קסבר ארבע משמרות הוי הלילה לימא עד שלש שעות לעולם קסבר שלש משמרות הוי הלילה והא קמ”ל דאיכא משמרות ברקיע ואיכא משמרות בארעא דתניא ר’ אליעזר אומר שלש משמרות הוי הלילה ועל כל משמר ומשמר יושב הקב”ה ושואג כארי שנאמר (ירמיהו כה) ה’ ממרום ישאג וממעון קדשו יתן קולו שאוג ישאג על נוהו וסימן לדבר משמרה ראשונה חמור נוער שניה כלבים צועקים שלישית תינוק יונק משדי אמו ואשה מספרת עם בעלה. מאי קא חשיב ר’ אליעזר אי תחלת משמרות קא חשיב תחלת משמרה ראשונה סימנא למה לי אורתא הוא אי סוף משמרות קא חשיב סוף משמרה אחרונה למה לי סימנא יממא הוא אלא חשיב סוף משמרה ראשונה ותחלת משמרה אחרונה ואמצעית דאמצעיתא ואב”א כולהו סוף משמרות קא חשיב וכי תימא אחרונה לא צריך למאי נפקא מינה למיקרי ק”ש למאן דגני בבית אפל ולא ידע זמן ק”ש אימת כיון דאשה מספרת עם בעלה ותינוק יונק משדי אמו ליקום וליקרי. אמר רב יצחק בר שמואל משמי’ דרב ג’ משמרות הוי הלילה ועל כל משמר ומשמר יושב הקב”ה ושואג כארי ואומר אוי לבנים שבעונותיהם החרבתי את ביתי ושרפתי את היכלי והגליתים לבין אומות העולם: תניא א”ר יוסי פעם אחת הייתי מהלך בדרך ונכנסתי לחורבה אחת מחורבות ירושלים להתפלל בא אליהו זכור לטוב ושמר לי על הפתח <והמתין לי> עד שסיימתי תפלתי לאחר שסיימתי תפלתי אמר לי שלום עליך רבי ואמרתי לו שלום עליך רבי ומורי ואמר לי בני מפני מה נכנסת לחורבה זו אמרתי לו להתפלל ואמר לי היה לך להתפלל בדרך ואמרתי לו מתיירא הייתי שמא יפסיקו בי עוברי דרכים ואמר לי היה לך להתפלל תפלה קצרה באותה שעה למדתי ממנו שלשה דברים למדתי שאין נכנסין לחורבה ולמדתי שמתפללין בדרך ולמדתי שהמתפלל בדרך מתפלל תפלה קצרה ואמר לי בני מה קול שמעת בחורבה זו ואמרתי לו שמעתי בת קול שמנהמת כיונה ואומרת אוי לבנים שבעונותיהם החרבתי את ביתי ושרפתי את היכלי והגליתים לבין האומות ואמר לי חייך וחיי ראשך לא שעה זו בלבד אומרת כך אלא בכל יום ויום שלש פעמים אומרת כך ולא זו בלבד אלא בשעה שישראל נכנסין לבתי כנסיות ולבתי מדרשות ועונין יהא שמיה הגדול מבורך הקב”ה מנענע ראשו ואומר אשרי המלך שמקלסין אותו בביתו כך מה לו לאב שהגלה את בניו ואוי להם לבנים שגלו מעל שולחן אביהם: ת”ר מפני שלשה דברים אין נכנסין לחורבה מפני חשד מפני המפולת ומפני המזיקין. מפני חשד ותיפוק ליה משום מפולת

רש”י

מאי קסבר כו’. הוה ליה לומר זמן הניכר: אי קסבר. דפליגי תנאי לקמן בהא מלתא איכא מאן דאמר ג’ משמרות הוי הלילה במשמרות עבודת המלאכים ושיר שלהם נחלק לשלש חלקים ראשונה לכת אחת שניה לכת אחרת שלישית לכת שלישית. ואיכא מאן דאמר ארבע משמרות הוי הלילה: והא קמ”ל. כשנתן לך סימן זמן הקריאה בסוף האשמורה ולא פי’ לך סימן מפורש למדך שיש היכר לכל אדם בדבר כי היכי דאיכא ברקיע: ישאג שאוג ישאג. הרי ג’: ואשה מספרת עם בעלה. כבר הגיע קרוב ליום ובני אדם מתעוררים משינתן והשוכבים יחד מספרים זה עם זה: מאי קא חשיב. סימנים הללו שנתן למשמרות הארץ היכן נתנו בתחלת האשמורות או בסופן: אורתא הוא. צאת הכוכבים: ושמר. והמתין כמו לא יאמר אדם לחבירו שמור לי בצד ע”ז פלוני (סנהדרין דף סג:) ובב”ק בפ’ החובל (דף צ:) שמרה עומדת על פתח חצרה וכן ואביו שמר את הדבר (בראשית לז). שומר אמונים (ישעיהו כו): תפלה קצרה. [הביננו] ולקמן מפרש לה בפרק תפלת השחר (דף כט.): אשרי המלך שמקלסין אותו בביתו כך. אשרי כל זמן שהיה קלוס זה בתוך בהמ”ק: מפני חשד. שלא יאמרו זונה מוכנת לו שם: ומפני המפולת. שחומת החורבה רעועה ומסוכן הוא פן תפול החומה עליו: תיפוק ליה. כלומר למה לנו ג’ טעמים לדבר א’ הרי די באחת מהן אם לא בא ללמדך שיש שעות שאין הטעם הזה וצריך להניח בשביל זה:

 

Temoignage : J’ai connu un ‘Hassid à Paris,  Reb ‘Haim Hillel Azimov

Temoignage : J’ai connu un ‘Hassid à Paris, Reb ‘Haim Hillel Azimov

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Témoigner, c’est avant tout faire revivre, ressusciter un événement, un être cher aussi… pour soi-même et pour d’autres. C’est une expérience fascinante que de recréer, de faire surgir du passé des souvenirs, des gestes, des mots, des attitudes d’une personne que l’on aime, qui est proche ou loin de nous.

 

Mais quelle douloureuse expérience que d’évoquer un être disparu. Il est regrettable, injuste même d’attendre qu’il y ait passage dans l’autre monde pour en parler. On devrait dire du bien de ceux qui le méritent, de leur vivant. En matière de témoignage le rapport subjectivité-objectivité est certes inégal. Car un homme peut plaire à certains, déplaire à d’autres. Et il est bien rare de réunir l’unanimité d’opinions sur un même individu. Les Pirké Avot déclarent: «Celui qui est agréable aux hommes est agréable à D-ieu.»

Reb Hillel Azimov-Zyslin, ce serrurier de métier, rescapé de derrière le Rideau de Fer, plaisait à tout le monde. Et c’est là un fait exceptionnel, tenter de cerner son caractère. sa personnalité peut paraître vain, car c’était un homme qui parlait peu.

Tableau incomplet procédant par clichés, par petites scènes, le témoignage inexhaustif qui suit est une description modeste d’un ‘hassid non moins modeste, vénéré respecté et aimé de tous.

Paris, 1970

Le mouvement Loubavitch était alors naissant. Rue des Francs-Bourgeois, son domicile, fut le havre accueillant, chaleureux de certains Juifs qui faisaient un retour aux sources.

A la sortie du Chabbat, nous avions l’habitude d’aller écouter la Havdalah chez Reb Hillel. C’était aussi l’occasion pour lui de nous donner des Talit  Katan (vêtements avec franges) pour les enfants du Talmud Torah, de nous rappeler la vertu cardinale d’un professeur, la ponctualité, d’emporter aussi des «Mavo Lakriah» (livres de lecture pour enfants) ou des «Michloa’h Manot» (cadeaux de Pourim), etc.., l’occasion également de nous raconter des histoires ‘hassidiques. Et avec quelle chaleur et quelle sincérité il nous remettait dans le contexte de l’histoire. Chaque mot, chaque parole étaient choisis, pesés, réfléchis. On en ressortait que plus transformé, rempli d’inspiration pour la nouvelle semaine.

Les Talmud Torah

Les Lilas, 10 heures Les professeurs sont à leur place. Ils enseignent le `Houmach ou l’instruction religieuse. Dans certaines classes, le chahut, dans d’autres, le jeune auditoire est captivé.

Reb Hillel, directeur des Talmudé Torah Loubavitch, arrive, son cartable à la main. Les enfants se lèvent. Ils avaient un profond respect pour ce directeur. Et pourtant, il ne parlait pas un mot de français (du moins à l’époque!). Sa seule expression favorite, qui m’avait fait forte impression était: «Assis la place!» adressée à un élève quelque peu turbulent.

Reb Hillel se mettait alors à faire son tour d’inspection. Ce qu’il se plaisait à demander aux enfants, c’était: «Quelle bénédiction fait-on sur un fruit de l’arbre? De la terre?». Il faisait déjà comprendre aux jeunes enfants qu’il n’y avait pas deux Juifs en eux: le juif du Talmud Torah et le Juif de la maison! C’était là le sens de sa question: «Et à la maison, tu récites tes bénédictions, tu portes ton Talit Katan?».

L’inspection consistait à faire lire quelques versets dans le `Houmach, avec leur traduction. Inlassablement, chaque dimanche ou mercredi matin, il vérifiait que chaque enfant portait son Talit Katan, sa Kipah. Prodigue aussi en conseils au professeur, Reb Hillel! Il tenait à ce que les enfants prononcent correctement les mots de la Tefilah.

Qu’il est bon de se rappeler avec quel amour, quel Ahavat Israël, Reb Hillel posait son doux regard sur un enfant Juif! Tantôt une caresse sur la tête, tantôt une exclamation de satisfaction. De temps à autres. des «gros yeux», mais toujours remplis d’affection et de délection pour une jeune âme juive à propos de laquelle il se plaisait à répéter la sentence du Talmud: «On n’interrompt pas l’étude de jeunes enfants, même pour la construction du Temple! ».

Le dimanche matin. C’était souvent la tournée des Talmudé Torah. Aux Lilas, à Alfortville, ou encore à Montreuil, la marche, les longues distances ne lui faisaient pas peur!
Sa seule présence au Talmud Torah, son intérêt, sans cesse renouvelé, son amour infini pour les enfants, son caractère pointilleux pour chaque détail qui touche au judaïsme et à l’avenir des futures générations, suffisaient à nous stimuler et nous revigorer d’une énergie nouvelle constante.

Reb Hillel raconte: «C’était après la guerre, lorsque je réussis à réunir pour la première fois quelques enfants au 17 rue des Rosiers, mon coeur fut tellement empli de joie que je me dispensai de réciter «Ta’hanoune» (supplications quotidiennes que l’on ne récite pas le Chabbat et les jours de fête). “Un véritable Yom Tov pour moi, ce jour-là!”.

On avait entrepris des travaux au Talmud Torah de Montreuil. Les portes étaient donc closes. Mais les enfants étaient quand même venus. Reb Hillel était là. Par son entêtement à vouloir entrer, malgré les travaux, il obtint la permission de faire cours normalement. Et Reb Hillel d’évoquer: «En Russie, on étudiait, on priait en cachette. Les synagogues étaient fermées. Un jour, à nos risques et périls, nous décidâmes de prier à la synagogue et l’on réussit à en obtenir les clés. On risquait gros. Ici, en France, pour des «bêtises» de travaux, on veut empêcher des enfants Juifs d’étudier la Torah!»

Yom Kippour au 17, rue des Rosiers

Imaginez-vous un petit «Chtibele», un petit lieu de culte, rempli d’hommes, de femmes et d’enfants vêtus de blanc. L’atmosphère est lourde, solennelle. Les derniers venus se hâtent de mettre leur Talit, ou de finir les Tehilim. D’autres récitent le «Al ‘Het» de Min’ha.

Le Kol Nidré commence… La voix de Reb Hillel fend le silence religieux de la petite Choule. Reb Hillel pouvait, par l’accent sincère de ses prières, briser le coeur le plus insensible. Nous étions convaincus que Reb Hillel à l’Amoud, toutes nos fautes seraient pardonnées. Le gage de notre pardon? Ses larmes, son appel à D.ieu lancé du tréfonds de son âme, de son coeur.

Reb Hillel, le Baal Koré

Ah! Reb Hillel, Baal Koré (lecteur de la Torah), encore une scène inoubliable! Que ce soit le sacrifice de Yits’hak, la prière de `Hannah ou la Meguilah de Pourim, Reb Hillel et la Torah, au moment de la lecture, ne faisaient qu’un seul corps. On eût dit que Yits’hak, Morde’haï ou Esther revivaient devant nous. Car c’est toute son âme qu’il mettait dans cette lecture. Il lisait avec circonspection, émotion et inspiration. Le Sefer Torah était l’autel sur lequel les larmes de Reb Hillel se déversaient comme des perles, à l’instar des larmes des anges tombant sur l’autel du sacrifice de Yits’hak. Reb Hillel en prière, Reb Hillel Baal Koré, Reb Hillel lui tout seul était une incitation à la Techouvah, à l’introspection, à l’humilité, à la Hitbonenout: la réflexion sur Dieu, et enfin aux bonnes actions.

La douceur de Reb Hillel

Ses remarques étaient comme un baume pour le coeur et l’esprit de celui qui savait en tenir compte. Pendant le Kaddich, il veillait scrupuleusement à ce que chacun et en particulier les enfants répondent «Amen — Yéhé Chmé Raba… », et autant de fois que c’était nécessaire. A l’un, il recommandait de faire suivre ses enfants sur le `Houmache pendant la lecture de la Torah. A l’autre, de ne pas parler pendant la répétition de la Amidah.

Il fallait voir comment il récitait une bénédiction. On voyait qu’il avait compris, ressenti, fait sienne la parole que le Tséma’h Tsédeh adressa un jour au ‘hassid Rabbi David Tsvi ‘Hein, alors âgé de 11 ans: «Écoute-moi et commence à savoir dès ton jeune âge que lorsque tu dois réciter une bénédiction avant de manger ou de boire, sache à Qui tu adresses ton “Barou’h Ata”».

Reb Hillel savait prier et donnait envie de prier. L’observer en prière, les yeux fermés, suffisait amplement à nous remplir d’ardeur, de joie et de zèle dans le service divin pour toute la journée.

A de rares occasions nous réussîmes à le faire asseoir parmi nous et à le faire parler. Il ne faisait pas de grands discours interminables. Son principe était d’enseigner, de transmettre un message par l’histoire, l’anecdote ‘hassidique de l’époque d’antan. Il nous faisait découvrir et, de surcroît, revivre le temps des bons vieux ‘hassidim. Il aimait évoquer son maître Reb David Horodoker. C’était de lui qu’il tenait ses histoires.

Si on voulait définir qui était Reb Hillel, on dirait: le Messirout Nefech, l’abnégation et le sacrifice de soi-même incarnés.

Reb Hillel, le soldat

Reb Hillel est parti de ce monde dans le feu de l’action, en pleine activité, en «plein travail» pour l’amour et la propagation de la Torah et des Mitsvot. On comprend dès lors pourquoi le Rabbi lui a conféré le titre de «soldat», soldat de Dieu. Le jour où il nous a quitté (le 29 lyar 1981), Reb Hillel partait collecter des fonds, aux Pays-Bas. De l’argent pour la Yechivah Tom’hé Tmimim. Oui, il partait à l’étranger pour subvenir aux besoins de la Yechivah et du Talmud Torah. Ce jour-là, les siens tentèrent de le dissuader de partir, car il était fatigué. Il répliqua: «Je ne pars pas pour moi. Je pars pour Tom’hé Tmimim! »

Jérusalem, la capitale éternelle du peuple juif

Jérusalem, la capitale éternelle du peuple juif

 

Par Nissan Mindel / fr.chabad.org

Savez-vous comment on va à Jérusalem ? Rien n’est plus facile. Nos Sages donnent, à ce propos, les indications les plus complètes. Écoutez-les :

« Dieu mesura le monde. Au centre exact de la terre, Il plaça la Terre Israël, et au centre de ce pays, Jérusalem. Au centre de Jérusalem se trouve le Saint Temple, et au centre du Saint Temple, le Saint des Saints. »

Certes, vous n’avez pas besoin de ces indications pour aller à Jérusalem, mais celle déclaration de nos Sages atteste avec évidence la grande importance de la Terre Sainte, de la Ville Sainte, du Saint Temple et du Saint des Saints, Jérusalem a toujours été le centre de tout intérêt humain. Même de nos jours, elle est considérée comme la Ville Sainte par des centaines de millions d’hommes. Cependant, nos Prophètes nous promettent que sa gloire future surpassera tout ce qu’elle a connu dans le passé.

Une antique cité

Selon nos Sages, le nom de Jérusalem dérive de l’ancien nom de la ville : Salem (plus exactement Chalem, de l’hébreu Chalom qui signifie paix). Il est mentionné pour la première fois dans le ‘Houmach, au temps d’Abraham, quand ce dernier rencontra Malki-Tsedek (qui était Chem, le fils de Noé) ; Abraham venait de remporter une grande victoire sur ses ennemis, les quatre rois, Chédarlaomer et ses trois alliés. Plus tard, quand eut lieu la Akédah (la ligature d’Isaac) sur le mont Moriah a Jérusalem, Abraham fit précéder le nom du mot Yireh (il verra et sera vu), pour commémorer la Divine Révélation sur cette montagne, et en raison des futurs pèlerinages au Saint Temple qui y fut érigé. Ainsi, la ville fut connue sous le nom de Yérouchalaïm.

Jérusalem est l’une des plus vieilles cités du monde. Des fouilles ont révélé que des humains y ont vécu il y a cinq mille ans environ.

La ville de David

Les anciens habitants de Jérusalem, mentionnés dans la Bible, furent les Jébusites. Longtemps après que le pays de Canaan eut été conquis par Josué, les Jébusites résistèrent dans leur ville fortifiée jusqu’à ce que les hommes de Judah, prenant d’assaut la citadelle, la conquirent sous la conduite du roi David. La ville fut alors appelée « Métsoudat-Tsion », la citadelle de Sion. Le roi David lui donna un autre nom : « Ir David », la ville de David. Dans les temps anciens, Jérusalem s’étendait sur plusieurs collines séparées l’une de l’autre par des vallées. Aujourd’hui on peut à peine distinguer les hauteurs, car les vallées ont été comblées au cours des siècles. En outre, la ville est elle-même entourée de collines.

Deux vallées à l’inférieur de l’enceinte de Jérusalem coupent celle-ci en deux parties principales. Ce sont Guei-Hinnom (la vallée de Hinnom) située au sud-ouest et au sud, et Kidron à l’est. Le mont des Oliviers s’élève en face à l’est. Au nord se trouve le mont Tsofim (Scopus) du sommet duquel on peut contrôler toute la ville. La source de Gui’hone jaillit au sud-est, et une seconde source, Ein-Roghel (appelée maintenant le Puits de Jacob), se trouve a la jonction des vallées de Hinnom et de Kidron au sud-est. Là également se dressent les vestiges d’anciens aqueducs qui canalisaient l’eau venant de ce qu’on appelait « les Étangs de Salomon », non loin de Bethléhem.

Comme nous l’avons dit plus haut, le roi David s’était emparé de la forteresse Jébusite, et, sur elle et autour d’elle, avait érigé sa ville. Mais ce fut son fils, le roi Salomon, qui contribua plus qu’aucun autre à faire de Jérusalem la plus belle des cités d’alors en y élevant outre le Saint Temple, son propre palais et d’autres édifices importants. C’est aussi Salomon qui acheva, autour de la Ville Sainte, la construction des murs commencée par son père.

Première destruction

Après le partage de la Terre d’Israël pendant le règne de Ré’havam, le fils de Salomon, Jérusalem tomba entre les mains de Chichak, le pharaon d’Égypte. Mais la ville fut vite libérée et entièrement reconquise. Sous le règne du roi ‘Hizkiyah (Ézéchias), elle fut assiégée par les Assyriens conduits par Sennachérib, mais elle fut sauvée par miracle : une épidémie de peste éclata au milieu de l’armée assyrienne et la décima toute. Jusqu’au règne de ‘Hizkiyah, la ville dépendait, pour son approvisionnement en eau, de plusieurs étangs situés hors de l’enceinte. Mais ce roi vit le grand danger que constituait cet état de choses et tâcha d’y remédier. Il fit construire des canalisations et plusieurs réservoirs à l’intérieur de Jérusalem. Quelques années plus tard, sous le règne de Yéhoïakim, la ville fut saccagée par les Babyloniens, et enfin, après un long siège l’armée de Néboukhadnetsar (Nabuchodonosor), roi de Babylone, s’en empara. C’était sous le règne du roi Tsidkiyah (Sédécias). Non seulement la cité et le Temple furent détruits, mais l’ennemi étendit sa domination sur le pays entier, et les Juifs furent exilés à Babylone.

Premier retour

La destruction du Temple par les Babyloniens (en l’an 3338 après la Création) réduisit en fait Jérusalem à un amas de ruines. Finies sa splendeur, sa puissance et sa beauté ! La mort et la désolation régnaient partout. Ce fut dans cet état que les Juifs, de retour de leur exil en Babylonie, trouvèrent leur ville bien-aimée. Mais ils ne tardèrent pas, sous la conduite énergique de Zeroubabel, à s’atteler courageusement à l’œuvre de reconstruction de leur cité et du Saint Temple. Après plusieurs interruptions dues aux attaques des Samaritains, le Temple était érigé à nouveau en l’an 3408. Néhémie, qui gouvernait les Juifs à cette époque, fit reconstruire et fortifier les murs de la ville. À l’intérieur, l’aire sur laquelle se déployait la capitale était fort étendue, mais sa population demeurait réduite. Cette disproportion constituait une entrave sérieuse à son développement. Aussi Néhémie décida-t-il d’y porter remède sans délai. Il prit un décret qui contraignait un dixième de la population provinciale à se transférer dans la capitale. Le résultat immédiat en fut que Jérusalem compta d’emblée environ douze mille habitants. La vie commença à s’y développer, et à mesure que la situation redevenait normale, la population de la ville sainte s’accrut d’elle-même avec régularité.

Durant les deux cents ans qui suivirent, Jérusalem fut à nouveau une cité heureuse. Trois fois par an elle accueillait les pèlerins enthousiastes, lesquels arrivaient si nombreux qu’aux époques de ces fêtes la population se trouvait considérablement multipliée.

Les Hasmonéens

Vers l’an 3427 Jérusalem tomba soûla domination d’Alexandre le Grand Elle fut toutefois épargnée, et même obtint la liberté totale de se gouverner elle-même. A la mort du grand conquérant, les Ptolémées d’Égypte en furent les maîtres, auxquels succédèrent les Séleucides de Syrie. Quand Antiochus Épiphane (Antiochus IV) monta sur le trône de ce pays, il pilla par deux fois la ville et établit une puissante garnison dans la citadelle de David (alors appelée Akra). Le Temple fut profané et un autel à Zeus érigé sur place. Ce fut la cause de la révolte de Matitiahou l’Hasmonéen, laquelle, après une dure et longue lutte conduite par son fils Judah Macchabée, aboutit à la défaite totale des forces d’Antiochus, à la libération de la cité et à la purification du Temple (‘Hanouccah, en l’an 3622).

La citadelle d’Akra résista encore pendant un an au bout duquel elle fut prise par Siméon, le frère de Judah. Jonathan, un autre des frères Macchabées, qui succéda à Siméon, fut officiellement proclamé roi de Judée et poursuivit l’œuvre de fortification des murs de la ville commencée par ses frères.

Aux mains des Romains

La guerre civile qu’avait allumée la jalousie des deux frères Hyrcan et Aristobule fut un désastre pour la ville. Elle tomba aux mains des Romains commandés par Pompée (3697). Environ 25 ans plus tard Jérusalem fut à nouveau dévastée, cette fois par Hérode que les Romains proclamèrent roi. Dans un effort pour gagner la faveur du peuple qui le méprisait pour avoir détruit la ville et massacré les Sages, cherchant à être reconnu comme un roi juif, alors qu’il était un esclave affranchi, Édomite de naissance, Hérode entreprit un programme de construction ambitieux, destiné à embellir la ville et son Temple. Celui-ci fut reconstruit dans toute sa splendeur. Une magnifique colonnade fut érigée tout alentour. Hérode fit également édifier le palais royal au nord-ouest de la ville. Il fit élever la forteresse d’Antonia au nord-ouest de la Montagne du Temple, et ce, afin d’avoir l’œil, en cas de troubles, sur les pèlerins qui s’assemblaient dans le Lieu Saint. Le palais royal était entouré de nombreuses tours, l’une desquelles est actuellement appelée la Tour de David (« Migdal David »). Hérode, un admirateur des Romains, fit aussi construire un théâtre et un stade dans la ville sainte, ce qui eut pour effet d’irriter le peuple. De nombreux édifices, tant publics que privés, furent érigés, et les rues pavées et entretenues dans un état de grande propreté. Ce fut l’époque la plus brillante et la plus prospère pour Jérusalem ; elle n’avait pas d’égale dans le monde.

La reine Helena et le roi Monbaze d’Adiabene, grandement loués dans le Talmud pour leurs bonnes actions, rendirent de nombreuses visites à la ville dont ils contribuèrent à accroître la beauté. Ce qu’on appelle aujourd’hui « les Tombes des Rois », au nord de Jérusalem, sont réellement celles de la famille de la reine Helena.

Mais, les Romains, qui avaient étendu leur influence jusqu’à Jérusalem pendant la guerre fratricide, fourbissaient déjà leurs armes en vue d’une complète domination. Les Juifs, épris de liberté, firent une tentative désespérée pour jeter bas le joug des Proconsuls romains qui s’appesantissait graduellement sur eux, mais ils succombèrent sous le poids du nombre. En l’an 3828, ils furent écrasés par les forces puissantes de Vespasien, et à Tichea BeAv le Temple fut détruit.

La ville fut rasée au sol. De son ancienne gloire, il ne resta plus que le « Mur Occidental » du Temple (le « Kotel Hamaaravi »), auquel les non-juifs ont donné le nom de « Mur des Lamentations ».

Jordanie : visite de la tombe d’Aaron Hacohen à Pétra

Jordanie : visite de la tombe d’Aaron Hacohen à Pétra

 

Visite de la tombe d’Aaron Hacohen le grand prêtre dans la Bible, et frère de Moïse. Selon la tradition, il est enterré sur le mont “Hor Hahar”, près de Petra, sur un site connu sous le nom de Jabal Haroun (voir le plan).

Le Roch ‘Hodech Av 2488, Aharon Hacohen gravit la montagne Hor Hahar où il décéda, à l’âge de 123 ans. La date de son décès est la seule qui est mentionnée dans la Torah, alors qu’en ce qui concerne le décès d’autres tsaddikim, il faut s’en référer au Talmud.

 

 

 

 

Ne cessez jamais de rêver

Ne cessez jamais de rêver

 

Par Mendy Herson / fr.chabad.org

Avez-vous déjà rêvé ?

De ce que serait un véritable amour ? De la manière dont votre future famille fonctionnera et s’épanouira ? De votre réussite professionnelle ?

En supposant que cela fait longtemps et que vous êtes déjà entré dans la vie réelle, posez-vous la question suivante :

Rêvez-vous encore ?

Nous devons accepter la (parfois) dure et froide réalité de la vie, mais nous ne devons jamais arrêter de rêver.

La Torah reconnaît que le monde est marqué par les difficultés et la douleur. Elle décrit aussi une ère de perfection de l’existence, le monde de Machia’h. Ce monde de paix, d’harmonie et de bien est notre vision, notre but, notre rêve.

Et cela n’a pas été facile de conserver ce rêve.

Voici une histoire que l’on raconte :

La pauvre Yankel était le minable du village. Il ne parvenait pas à gagner sa vie et toute sa famille en souffrait.

Finalement, ses amis se sont concertés pour lui créer un emploi : il serait payé deux roubles par semaine pour rester assis dans une guérite à l’entrée du village à attendre la venue du Machia’h. Le cas échéant, il devrait alerter toute la population que la Rédemption est arrivée.

Yankel savait bien que deux roubles par semaine était un salaire misérable.

« La paye est mauvaise, » protesta-t-il.

« C’est vrai, lui dirent ses amis. Mais tu as la sécurité de l’emploi. »

Cette histoire reflète deux réalités présentes dans le monde juif :

a) Le Judaïsme inclut une croyance en la venue du Machia’h. Nous sommes même prêts à payer quelqu’un pour le guetter !

b) Notre long et douloureux cheminement a parfois vidé ce rêve de sa substance et de sa vitalité. Nous « savons » que Yankel va attendre longtemps…

Je pense que cette posture est largement répandue, bien qu’inconsciente. La croyance en la venue du Machia’h est l’un des Treize Principes de foi du Judaïsme. Notre attente est exprimée dans nos prières, trois fois par jour.

Mais le rêve est-il vraiment vivant ?

Ou bien est-ce une blague ?

Le Rabbi nous a enseigné qu’il nous faut continuer de rêver.

Le Rabbi a pris la mesure de l’existence douloureuse de ce monde, et en a partagé les souffrances.

Mais le Rabbi croyait de manière si flagrante au rêve de Machia’h.

Machia’h – un monde parfait – était plus qu’un rêve ; c’est une vision qui a animé la vie du Rabbi, guidé ses projets et qui fut son « étoile polaire ».

Parce que le Rabbi savait que D.ieu peut tenir Sa promesse. Le monde peut et va changer. Et, si cela prend un certain temps, nous devons continuer à rêver. Parce que le rêve insuffle une âme à notre vie, la rafraîchit et lui donne l’espérance et la nettoie de tout cynisme.

À part ça, on peut aussi compter sur D.ieu concernant nos relations, nos familles et nos vies professionnelles.

Affrontez et surmontez les difficultés de la vie.

Mais ne cessez jamais de rêver.

12 Iyar : Hilloula de la Rabanite Perle, épouse du Maharal de Prague

12 Iyar : Hilloula de la Rabanite Perle, épouse du Maharal de Prague

 

fr.chabad.org / par Nissan Mindel

 

Imaginons un visiteur étranger flânant dans les rues étroites et sombres de Prague bordées de constructions vétustes. Imaginons-le traversant le pont qui enjambe la Moldau. Il ne manquera pas de percevoir cette spiritualité particulière qui imprègne toute l’atmosphère. Car la ville est ancienne. Une vieille tradition juive locale nous dit même qu’elle fut ceinte d’une muraille au temps de Josué bin Noun (raison pour laquelle, soit dit en passant, il est d’usage à Prague de lire la Méguila également à Chouchane Pourim, le 15 Adar ; sans bénédiction, bien entendu). Ce sentiment s’accroît à mesure que le visiteur se rapproche de Meislova Ulica, le cœur de ce qui fut jadis le Ghetto, avec sa grande et légendaire Synagogue, célèbre par son architecture singulière et l’extraordinaire richesse de ses matériaux.

Un grand nom

Le nom le plus prestigieux qui se présente à l’esprit de tout Juif dès qu’on évoque Prague est celui du Maharal, Rabbi Yéhoudah Levaï, fils de Rabbi Betsalel. Une statue élevée à sa mémoire et une rue portant son nom témoignent jusqu’à ce jour de l’hommage qu’a tenu à lui rendre même le monde non juif où l’on avait coutume de l’appeler « Der hohe Rabbi Loew » (l’exalté rabbin Loew).

Le nom du Maharal nous ramène au XVIe siècle, ce grand siècle de l’histoire. Les structures austères du Moyen Âge étaient battues en brèche et l’on croyait fermement à l’avènement de « l’Âge Nouveau ». Moins de cent ans s’étaient écoulés depuis que Colomb avait découvert le nouveau continent, et l’on allait de découverte en découverte. En Italie la Renaissance célébrait ses innombrables victoires et son esprit se répandait aux quatre coins de l’Europe. Philosophes, savants et poètes voyaient s’étendre leur influence jusque dans les cours royales, y compris celle de Rodolphe, roi de Bohême.

Que toutes ces lumières rendissent l’humanité meilleure, beaucoup y crurent, encore que cela fût plus que douteux. Il suffisait pour s’en convaincre de considérer, dans cette vaste fresque qu’est l’histoire, le coin plein d’ombre réservé aux Juifs. Il ne reflétait, hélas, qu’agressivité foncière et ni l’intelligence, ni la culture n’arrivaient à masquer les mauvais instincts enracinés dans l’homme.

L’Inquisition poursuivait son œuvre démoniaque et étendait ses méfaits jusqu’au Portugal. En effet, non contente d’expulser les Juifs fidèles à la foi de leurs ancêtres, elle les traquait jusque dans le pays voisin. Et si une lueur d’espoir venait d’Orient, de Constantinople plus précisément, plus à l’ouest en Europe le tableau demeurait fort sombre. Même dans une capitale éclairée comme l’était Prague, le « libellé du sang » accusant les Juifs de tuer les enfants chrétiens pour les besoins de la fête de Pessa’h était presque à l’ordre du jour. L’expulsion, la torture, l’oppression arbitraire, étaient autant de menaces suspendues, telle l’épée de Damoclès, au-dessus des têtes de tous ceux qui formaient la vieille communauté israélite de cette grande ville.

Ce qui est extraordinaire, c’est que cela n’empêcha pas l’éclosion d’esprits parmi les plus éminents de notre histoire juive. Le RaMa (Rabbi Moché Isserlès), le MaHaRaChaL (Rabbi Chlomo Louria) et le MaHaRaL en sont quelques-uns.

L’enfance de Perle

Comme nous le disions plus haut, le nom du Maharal est presque universellement connu et intimement lié à la ville de Prague. Cependant, par une injustice du sort dont l’histoire offre de nombreux exemples, on connaît beaucoup moins sa femme Perle qui fut la fille du riche érudit Chmouel Reich. L’histoire de sa vie présente plus d’un point commun avec celle de Rabbi Akiba et sa femme Rachel. Histoire peu commune en vérité, même considérée dans la perspective de l’époque où elle vécut.

Perle naquit en 5276 (1516). Dès l’enfance, tout en elle annonçait la brillante jeune dame qu’elle devait devenir par la suite. L’influence de son père s’étendait jusqu’à la famille royale, et il ne se fit pas faute d’en user chaque fois que la situation de ses frères persécutés le requit.

Le père de Maharal, Rabbi Betsalel, fut lui aussi un éminent érudit. Il était toutefois fort pauvre. Le jeune Yéhoudah montra très tôt des dons intellectuels exceptionnels. À l’âge de sept ans, sa précocité était telle qu’il pouvait soutenir, en matière de Torah, des discussions avec les plus grands érudits qui fréquentaient la maison paternelle.

La situation matérielle très précaire de Rabbi Betsalel lui commandait de marier rapidement ses enfants. Il se mit en quête de familles respectables et aisées qui seraient disposées à pourvoir aux besoins de ses fils pendant leur période d’étude à la yéchivah et, au besoin, après leur mariage.

Les fiançailles

Quand le Maharal eut dix ans, ses fiançailles avec Perle, âgée de six, eurent lieu. Bien qu’elle ne fût encore qu’une enfant, cette dernière eut aussitôt l’intuition du génie extraordinaire de son fiancé et résolut de faire tout son possible pour se rendre intellectuellement digne d’un tel époux.

À douze ans, Yéhoudah fut envoyé à Przemysl, en Galicie, à la yéchivah de Rabbi Jacob Pollak où les érudits remarquables étaient seuls admis. Il y resta quatre ans, jusqu’au départ de son maître. Le Maharal erra alors de ville en ville, poursuivant ses études durant deux ans encore. Puis il revint à Prague. Chmouel Reich, son beau-père, désireux de voir unir les deux fiancés, promit alors au jeune homme de pourvoir à tous les besoins du couple, ce qui permettrait à Yéhoudah de continuer ses études à la yéchivah. Perle avait alors quatorze ans. Ne se doutant pas des efforts accomplis secrètement par elle en vue d’acquérir une culture très poussée en matière de Torah, son fiancé fut à la fois stupéfait et ravi de constater avec quelle pertinence elle était capable de discuter avec lui de questions où il doutait qu’elle pût le suivre.

L’homme propose…

Le mariage devait être célébré sans retard. Mais les circonstances ne s’y prêtant guère, force fut de le différer et le Maharal partit poursuivre ses études pour une période d’environ quatre ans. Il alla à Posen où se trouvait la yéchivah de Rabbi Yits’hak Clover de Worms. D’étudier sous la direction de ce grand érudit lui donna tant de satisfaction qu’à l’expiration des quatre années prévues, peu enclin à quitter un tel maître, il écrivit à sa fiancée et à son beau-père. Et il obtint d’eux de prolonger de trois ans encore son séjour à Posen.

Avant de quitter ces derniers, il avait établi à l’usage de sa fiancée un programme d’études ; elle avait promis de s’y conformer assidûment et elle tint sa promesse tant que dura l’absence du jeune homme.

Au cours des trois années supplémentaires qui séparèrent les fiancés, Chmouel Reich perdit sa fortune. Il fut contraint de vendre tout ce qu’il possédait afin de payer ses dettes. Il en informa le Maharal et lui expliqua qu’étant donnée l’impossibilité où il se trouvait, lui Chmouel Reich, de faire face à ses engagements vis-à-vis du jeune couple, Yéhoudah pouvait se considérer libéré des siens à l’égard de Perle et que, désormais sans liens, rien ne s’opposait à ce qu’il épousât une autre jeune fille qu’elle.

La réponse du fiancé ne se fit pas attendre. Elle fut digne de lui. Il écrivit que le changement dans la situation financière du beau-père n’affectait en rien ses plans et qu’il était décidé à épouser Perle, à moins qu’elle ne fût pas disposée à attendre son retour.

La vaillance de Perle

Que l’érudition ne la rebutât point, cette dernière en avait donné plus d’une preuve. Ce n’était pas cependant l’unique corde à son arc. Elle avait un sens pratique extrêmement développé. Mise en présence des graves revers de fortune qu’avait subis son père, elle ouvrit à Prague une boutique d’alimentation. De ce commerce elle put retirer suffisamment de profit pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses parents.

En 5303 (1543) la guerre éclatait en Bohême, entre Prague et les villes voisines. Le Maharal vint retrouver sa famille et sa fiancée. Elle et lui étaient âgés respectivement de vingt-huit et trente-deux ans. Encore une fois une grande surprise attendait le jeune homme : les progrès extraordinaires accomplis par sa fiancée en matière de Torah pendant sa longue absence.

Le mariage est enfin célébré

Le retour du Maharal et son entrée dans la famille signifiaient aussi pour Perle une bouche de plus à nourrir. Car elle entendait s’opposer à tout ce qui pouvait compromettre ou entraver les études de son mari. Ses responsabilités se faisaient ainsi plus lourdes. Mais que leur importait d’être pauvres ! Ils étaient heureux de vivre ensemble absorbés, lui par l’étude, elle par son travail. Elle trouvait d’ailleurs le temps, une fois sa journée terminée, de se plonger dans la lecture des ouvrages sur la Torah.

La guerre faisait rage. On se battait de plus en plus près de Prague. Un jour un soldat armé entra dans la boutique de Perle. Il demanda à celle-ci une certaine quantité de pain et de produits alimentaires qu’il chargea sur sa voiture. Quand Perle voulut se faire payer, le soldat lui déclara tout bonnement qu’il n’avait pas d’argent. La jeune femme expliqua avec douceur que son commerce était sa seule ressource et qu’il lui permettait de gagner tout juste sa vie et celle de sa famille. Le militaire ne manquait ni de cœur, ni de raison. Les paroles de Perle l’émurent. Il lui demanda d’accepter en gage une tunique toute brodée et ajouta : « Si dans les deux ou trois jours qui viennent je ne me serais pas acquitté de ma dette, cet habit vous appartiendra. »

Le trésor inattendu

Beaucoup de jours passèrent et le soldat ne revint pas. « En période de guerre, dit le Maharal, nombre de personnes dissimulent leurs joyaux dans de tels habits. Si on y regardait un peu ! » Perle défit la couture de la tunique. Comme son mari l’avait prévu, une grande quantité de pierres précieuses y étaient cachées.

La famille attendit encore. Beaucoup d’autres jours passèrent et toujours point de soldat. Encore si l’on pouvait retrouver sa trace ! Mais il avait disparu sans qu’on ne sût rien de lui ni de ses proches. Le précieux habit revenait de droit à Perle.

Cette chance inespérée rétablit la situation matérielle de la famille. Chmouel Reich pouvait songer à se remettre dans les affaires. La guerre terminée il fut chargé de s’occuper de la reconstruction des nombreux immeubles détruits ou endommagés. Il s’attela à sa tâche et s’en acquitta à l’entière satisfaction de ceux qui la lui avaient confiée et, grâce aux excellents émoluments qu’il en retira, retrouva l’aisance financière perdue. D’une main généreuse, il distribua alors l’argent aux œuvres charitables. Enfin, il fut pressenti pour la fonction de chef de la communauté juive de Prague.

Une femme exemplaire

Quant au brillant Maharal, il pouvait désormais poursuivre ses études, débarrassé du souci que lui donnait la conscience d’être à charge de sa femme. Même Perle, dont le fardeau se trouvait considérablement allégé, avait maintenant la possibilité de consacrer de longues heures par jour à son instruction. Quotidiennement, son mari lui donnait une leçon. Ensemble ils étudiaient non seulement la Guémara, mais aussi l’éthique et la métaphysique.

Perle avait coutume de dire que depuis l’âge de huit ans elle n’avait pas laissé passer un jour sans accorder au moins cinq heures aux études. Quand plus tard elle épousa le Maharal et que diverses communautés prirent l’habitude de lui soumettre leurs problèmes, c’est l’épouse érudite qui lisait à son mari ces lettres et rédigeait ses réponses. On raconte qu’elle releva pas moins de huit erreurs dans les écrits du Maharal, que ce fussent des citations inexactes d’après les Sages ou d’après Rachi. Lui se réjouissait que ce fût à elle qu’il dût ces rectifications, et il louait ses mérites. Il avait l’habitude de lui appliquer cette citation : « Beaucoup de femmes ont œuvré brillamment, mais toi tu les as toutes surpassées ! »

Perle donna à son mari un fils, Betsalel, et trois filles, Reichel, Tilla et Reyalino. Après cela, aucun événement saillant de sa vie ne nous est parvenu. Il serait toutefois inexact de dire qu’elle se contenta de vivre heureuse jusqu’à la fin de ses jours. Car la vie du Maharal devait connaître après cette période ses moments les plus agités et ses développements les plus dramatiques, alors qu’il s’était fixé pour de bon à Prague comme rabbin de la communauté israélite.

Perle, comme nous la connaissons, ne pouvait que jouer un rôle vital dans toutes ces conjonctures. Elle fut un exemple vivant pour les femmes juives de tous les temps, particulièrement pour la génération qui suivit la sienne et qui vit s’épanouir des personnalités remarquables, aussi bien masculines que féminines.

L’un des descendants de cette femme exceptionnelle devait, être, six générations plus tard, Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, auteur du « Tanya » et de son « Choul’hane Aroukh ». Celui-ci donna naissance à la lignée des Rabbis de ‘Habad-Loubavitch, jusqu’au Rabbi actuel.

Les habits des Cohanim et leur signification

Les habits des Cohanim et leur signification

 

La Torah prévoit des habits spécifiques que les prêtres devront porter quand ils exerceront leur ministère dans le Tabernacle : «Et vous ferez des vêtements sacrés pour Aaron votre frère, pour la décence et pour la beauté de son office» (Exode 28:2).

Ces vêtements sont décrits en détail dans Exode 28, Exode 39 et Lévitique 8. Le Grand Prêtre portait huit vêtements sacrés (bigdei kodesh). Quatre d’entre eux étaient les mêmes que ceux que portaient tous les prêtres et quatre lui étaient réservés. Son apparence était celle d’un personnage royal.

 

Les quatre habits communs à tous les prêtres :

  1. Mi’hnasayim : Sorte de culotte de lin allant de la taille aux genoux « pour couvrir leur nudité » (Exode 28:42).
  2. Ketonet : Tunique faite de pur lin, couvrant le corps tout entier du cou aux pieds, avec des manches allant jusqu’aux poignets. (Celle du Grand Prêtre était brodée (Exode 28:39) ; celles des prêtres étaient plus simples (Exode 28:40)).
  3. Avnet (ceinture) :  Celles que portaient les prêtres étaient de lin blanc et retordu. Elle entourait la tunique. (Celle du Grand Prêtre était de lin sans défaut avec des broderies travaillées en bleu et pourpre et écarlate (Exode 28:39, 39:29))
  4. Mitznefet (turban de lin) :  Celui des prêtres elle formait une sorte de cône, appelé migbahat. (Celle du Grand Prêtre était beaucoup plus grande que celle des prêtres et enroulée de manière à former un turban large, au sommet plat.)

Le Grand Prêtre portait également ces quatre vêtements, toujours tissés en lin fin.

Quatre autres éléments sacerdotaux lui étaient réservés, qu’il portait par-dessus les quatre précédents :

  1. Le Me’il (robe de l’Ephod) : Longue robe sans manches, tissée de pourpre violette, dont l’ourlet inférieur était bordé de 72 clochettes d’or alternant avec des glands de lin et de laine en forme de grenades, en bleu, pourpre et écarlate – tekhelet, argaman, tolaat shani.
  2. Le Ephod, un gilet ou tablier richement brodé, retenu par deux pierres d’onyx sur les épaules. Les noms des 12 tribus d’Israël étaient gravés sur ces deux pierres : 6 par pierre.
  3. Le Hoshen (pectoral) : fixé sur le devant de l’Ephod, il était orné de douze pierres précieuses, chacune gravée avec le nom d’une des tribus. Il « consistait en une tablette carrée ou en une pochette d’or» dans laquelle le Grand Prêtre portait les Urim et les Thummim.
  4. Tzitz (couronne), ou Nezer (lame) : une plaque en or sur laquelle étaient inscrits les mots קדש ליהוה (Kodesh le-YHWH), «Consacré à l’Éternel». Elle était fixée à l’avant de la Mitznefet (turban de lin) par un fil de pourpre violette, en sorte qu’elle reposait sur son front. Voir leur signification

 

Signification des habits des Cohanim

A propos des vêtements que portait Aaron Hacohen, il est écrit en Dévarim 28, 2-5 : « Tu feras des vêtements de sainteté pour Aharon ton frère pour l’honneur et la splendeur… un pectoral, un ‘éphod’, une robe, une tunique brodée, un tiare, une ceinture…ils prendront de l’or et de l’azur, du pourpre, de l’écarlate et du lin…» Le Ramban écrit que les vêtements des Cohanim, d’une splendeur royale, étaient
principalement destinés à distinguer le Cohen Gadol (Grand Prêtre) aux yeux du peuple et à l’investir d’une aura souveraine.

On trouve cependant une idée contradictoire au sujet des vêtements des Cohanim. Il est écrit à propos de la tunique du Grand Prêtre qu’elle devait être bordée de clochettes d’or et de grenades placées en alternance sur le pourtour de l’ourlet, comme il est dit : «Elle sera  pour Aaron, pour faire le service; son tintement s’entendra à sa venue vers le sanctuaire devant Hachem et à sa sortie, et il ne mourra pas». Rabbénou Béh’ayé explique que lorsqu’un homme se présente devant un Roi, le protocole lui interdit d’entrer de façon brusque et inopinée, sous peine de mort. De même, les clochettes d’or qui tintaient au bas de la tunique d’Aaron devaient lui rappeler en permanence la soumission qu’il devait montrer devant D.ieu et que c’est seulement avec Sa permission qu’il entrait et sortait « comme des pauvres et des indigents viennent frapper à la porte du Roi ».

Ces vêtements avaient donc pour but de faire prendre conscience au Cohen Gadol de son insignifiance. Comment concilier ces deux états d’esprit a priori contradictoires?

Ces vêtements avaient pour but de l’élever parmi tous les Bné Israël, afin que le peuple prenne conscience de l’immense valeur du Service Divin.

L’objectif n’était pas de faire honneur au Cohen Gadol lui même, mais qu’il soit intermédiaire pour faire honneur au Roi des rois.

La tâche devient alors difficile pour Aaron : Ne pas s’enorgueillir au sein de cette splendeur et de cette majesté, et même cultiver modestie et soumission à Celui que l’on doit réellement honorer.

La solution: les clochettes ! Un rappel permanent de la présence d’Hachem et que c’est Lui qui dispense les qualités de chacun, la richesse, le rang social (Cohen, Levi, Israël)…

Ainsi avec une pleine conscience de cette vérité, les habits majestueux du Cohen gadol ne sont plus une source d’orgueil pour celui qui les revêt, au contraire ils lui permettront d’être encore plus humble à l’image de ce Gouverneur qui se «faisait de plus en plus petit » à chaque fois qu’on l’acclamait.

Dans le traité talmudique Erkhine, on trouve ceci :

Rabbi Anéni bar Sasson enseigne : Tout comme que les sacrifices apportent l’expiation des fautes, de même les vêtements du Cohen réparent les fautes.

  1. La tunique (kétonete) expie le meurtre, comme il est dit : ‘Ils trempèrent la tunique dans le sang’, (Béréchit, 37, 31).
  2. Le caleçon (mi’hnassaïm), la dépravation des moeurs, comme il est dit: ‘Fais-leur des pantalons de toile afin de couvrir la nudité de la chair’, (Chémot, 28, 42).
  3. La tiare (mitsnéfèt), expie l’orgueil, ainsi que l’a enseigné rabbi ‘Hanina quand il a dit : ‘Que vienne ce qui est haut pour pardonner l’action hautaine’.
  4. La ceinture (avnète) apporte l’expiation des pensées impures qui viennent du coeur (hirhour haLev), puisqu’en effet c’est là qu’elle était attachée.
  5. Le pectoral (‘hochen), les mauvais jugements, comme il est dit : ‘Tu feras le pectoral de jugement’, (Chémot, 28, 15).
  6. L’éphod, la faute d’idolâtrie, ainsi qu’il est écrit : ‘Sans éphod, ni pénates’, (Osée, 3, 4).
  7. Le manteau (méïl), la médisance ; le Saint béni soit-Il a affirmé en effet : ‘Que vienne ce qui est sonore [sur l’ourlet du manteau étaient cousues 72 clochettes d’or, ainsi que 72 grenades d’or, chacune entre chaque clochette- Ndlr.] et qu’il apporte l’expiation de cette action effectuée avec la voix’.
  8. La plaque (tsits), l’arrogance, car il est écrit ici : ‘Elle sera sur le front d’Aaron’, (Chémot, 28, 38), et il est écrit là-bas : ‘Tu avais le front d’une pervertie’, (Jérémie, 3, 3)» sur laquelle est gravée la phrase “Sanctifié pour D.ieu”. Le nom de D.ieu y est ici gravé avec ses soixante dix lettres.

 

Des habits expiatoires

L’un des procédés herméneutiques utilisés par les rabbins est celui de la juxtaposition des versets ou des paragraphes qui n’ont aucun lien a priori.

Sur ce principe le Talmud établit que les habits du grand prêtre avaient une fonction expiatoire. Pour beaucoup de commentateurs, il ne s’agit pas de conduite magique, mais d’une fonction éducative pour rappeler au peuple, à travers les habits du Cohen Gadol, les “péchés capitaux” d’Israël. (Talmud de Babylone traité Zébahim page 88 b)

 

La beauté de l’homme idéal et son vêtement.

La beauté de participation (nature d’Israël reliant le bas et le haut).

Il faut se souvenir que le Sanctuaire d’en-bas a son parallèle dans les mondes d’En-Haut, pour comprendre que les vêtements de beauté sont tellement une expression de la beauté de Hachem Lui même que les commentateurs les mettent en rapport direct avec les lettres des noms saints de Hachem (voir toute l’oeuvre du Ari et des Sages qui s’en inspirent) ; de plus, ils soulignent le fait que l’éphod ne pouvait pas être séparé de l’autre vêtement pour garder la conscience de la relation continue à la source de cette beauté.

Toute beauté doit être perçue comme reliée à la source de l’intériorité (pnimioute). Cela est exprimé également par la forme des fenêtres du Temple de Salomon (I Rois 6, 4) qui étaient plus étroites à l’intérieur du Temple qu’à l’extérieur, afin de montrer que le rayonnement vient de l’intérieur et non pas de l’extérieur.

 

 

Le nom de cohen ( כהן), plur. cohanim, (dédié, dévoué) désigne les membres et descendants de la famille des prêtres hébreux qui réalisaient les sacrifices du Temple de Jérusalem sous l’autorité du Cohen Gadol (Grand Prêtres).

Ce titre fut conféré par D.ieu Lui-Même à Aaron et à sa descendance masculine (Exode 28:1 & 2–4) comme un office perpétuel, d’abord au service du Michkane, (tabernacle portatif) puis, plus tard, du Temple de Jérusalem.

Aaron était le frère de Moïse et de la prophétesse Myriam, grand-mère de Betsalel, qui a construit le Michkhane.

En l’an 2365, Hamram et Yokhéved, de la tribu de Lévi, donnent naissance à Aaron, qui est de 3 ans le frère aîné de Moïse.

Il est marié à Elichévah la fille d’Haminadav. Elle lui donnera 4 fils nommés Nadav, Avyouh, Eléhazar et Itamar. Ces deux derniers sont les deux frères fondateurs de la lignée des Cohanim.

Depuis la destruction du Temple, le nom a continué à se transmettre de père en fils.

Les cohanim continuent d’ailleurs à jouir d’un statut personnel distinctif dans le judaïsme et sont astreints à des règles et lois particulières.

Ainsi, après l’instauration de la lecture de la Torah dans les synagogues en remplacement des sacrifices depuis la destruction du Temple de Jérusalem, qui était érigé sur le « Mont du Temple »,  (aujourd’hui l’esplanade des Mosquées), ce sont les Cohanim qui ont la priorité pour monter à la la lecture du rouleau de la Torah le Chabbat, suivi des Levi, puis du reste du peuple d’Israël.

 

Ainsi, la vision biblique du Cohen (prêtre) est aux antipodes de celle des autres religions de l’Antiquité.

Voyons l’histoire de cette famille juive des Cohanim et opérons un retour sur l’origine, selon la tradition (de la Bible à Maïmonide), avec examen de leurs diverses missions.

Chez tous les peuples de la terre, y compris les plus archaïques, la relation entre la sphère humaine et la sphère divine passe par des médiateurs : chamans, devins, guérisseurs, mages, sorciers, nécromanciens, exorcistes, investis d’un pouvoir spirituel suprême, bâtissant des passerelles entre la terre et le ciel.

Dans certaines religions païennes de l’Antiquité, une case sacerdotale composée de prêtres et de prêtresses gère le lien entre l’univers inférieur et l’univers supérieur.

 

Tout autre est la vision biblique du prêtre hébraïque, “l’émissaire de l’Eternel des Constellations” (Malachie II,7), dont le rôle religieux, strictement monothéiste, est aux antipodes de celui des officiants de Baal, Astarté, Moloch, Kemoch, Osiris et Dagon.

A l’origine, dans la littérature biblique, le mot “Cohen” (qui ne désigne pas spécifiquement un ministre du culte hébraïque, mais toute personne investie d’un rôle liturgique, sans distinction de foi) apparaît au retour d’Abram (avant qu’il ne reçoive du Créateur son nom d’Abraham), victorieux d’une expédition armée pour délivrer son neveu Loth, otage de rois ennemis.

Alors, Abram fut béni par un très mystérieux personnage, Mélchitsédek, roi de Salem et “prêtre du D.ieu Suprême”, qui offrit au patriarche des Hébreux, du pain et du vin (Genèse 14,18).

Plus tard, Joseph, nommé par Pharaon vizir d’Egypte, épouse Asenath, fille de Potiphar, “Cohen On”, prêtre d’un sanctuaire païen.

Et Moïse, fuyant l’Egypte, épouse Tsipora, fille du prêtre midianite Jethro (Exode 2, 21).

Selon les commentaires rabbiniques, Asenath et Tsipora suivirent pleinement la foi monothéiste.

Mais dès l’Exode d’Egypte, commence une aventure spirituelle inédite : celle du culte monothéiste hébraïque. Israël n’est plus un clan, où le chef de famille pourrait jouer le rôle de maître du rituel. Il est une nation nombreuse, à l’intérieur de laquelle la nouvelle législation désigne une lignée pour le service divin, les descendants d’Aaron, frère aîné de Moïse.

 

A la différence des cultes païens, il n’y a pas de prêtresses israélites, le pontificat étant exclusivement masculin, alors que l’on trouve des prophétesses et des guerrières Judéennes.

Dans son traité, le “Kouzari”, le philosophe juif espagnol Judah Halévi justifie le caractère héréditaire de la prêtrise israélite : le 1er homme, Adam, était investi de toutes les facultés et potentialités de l’esprit, mais ses descendants n’héritèrent pas, de façon égalitaire, de tous ces dons, sans exception. Certains héritèrent d’une imagination féconde, d’autres d’une mémoire prodigieuse.

La faculté spirituelle de connaissance et de vénération du sacré a été transmise à Noé, puis à Abraham, à Isaac, à Jacob, à Lévi et à ses fils. Ils ne seront pas prêtres par privilège, mais par vocation et don. Certes, c’est une vision idéale, souvent démentie par une histoire complexe où des prêtres trahissent leur mission…

Le sacerdoce impose des interdictions matrimoniales nombreuses et des lois de pureté très sévères, destinées à préserver la personnalité spirituelle sui generis du serviteur de l’Eternel.

Pour Maïmonide, la foi d’Israël, servie par la famille aaronide, repose entièrement sur l’idée d’un D.ieu créateur unique avec un message éthique primordial de justice et de compassion.

Ainsi se constitue un pontificat avec, à sa tête, un “Cohen Gadol” (Grand Prêtre) nommé par l’autorité suprême nationale (roi, prophète, juge ou grande assemblée, selon les époques) et assisté par des prêtres ordinaires (Cohanim Ediototh). Le premier “Cohen Gadol”, investi par Moïse sur ordre divin fut, comme nous l’avons vu, Aaron. Il était assisté par ses 4 fils, dans le rôle de prêtres ordinaires : Eleazar, Ithamar, Nadav et Abihou.

Tout au long de l’histoire ancienne, depuis l’Exode jusqu’à la destruction du Second Temple, en l’an 70 de l’ère commune, les Cohanim ont rempli des missions spirituelles diverses : les sacrifices, dans le sanctuaire, les jours de semaine et les festivités diverses. Au cours de la journée de Kippour, le rôle primordial était attribué au Cohen Gadol (Grand Prêtre), le seul homme à pouvoir pénétrer dans le “Kodech hakodachim” ( le Saint des Saints) du Temple, pour implorer la clémence céleste pour le peuple
d’Israël.

Description et explications sur l’éphod

 

“Ils feront l’éphod d’or” (Exode 28,6) L’éphod était l’habit du grand prêtre.

Sur chaque épaule étaient inscrits les noms des tribus d’Israël.

C’était un vêtement de soie tissé d’or agrémenté de 4 rangées de 3 pierres précieuses. Sur chacune figurait le nom d’une tribu ainsi que ceux d’Abraham, Isaac et Jacob, plus d’autres noms saints.

Les deux vêtements : éphod et pectoral, étaient réunis et ressemblaient au gilet rituel à 4 franges appelé “tallit catane” (petit tallit). Les noms inscrits sur ces habits étaient appelés ourim vetouvim. Les rois et autres responsables politiques suprêmes de la nation pouvaient, dans des cas d’extrême gravité, demander au Cohen Gadol, (le Grand Prêtre) de dicter leur ligne de conduite par la lecture des lettres qui composaient des mots et ainsi le Cohen Gadol lisait les réponses à des questions importantes. Le pectoral sacerdotal était considéré comme l’expression de la parole divine : cérémonie énigmatique qui suscitera de nombreux débats entre les exégètes.

La bénédiction du peuple par les prêtres (birkat cohanim) était un moment de haute valeur, à la fois émotionnelle et religieuse, dans l’unité de tout un peuple de croyants, rassemblé pour les grandes solennités. Les prêtres étaient aussi responsables du transport de l’Arche sainte du Seigneur et sonnaient les trompettes à différentes occasions rituelles.

 

La purification était aussi du ressort des prêtres, y compris la vérification des tâches de lèpre et d’autres maladies de la peau.
Cette dimension intellectuelle du rôle des Cohanim est fondamentale : Maïmonide souligne que, à la différence des prêtres païens qui inculquent à leurs dévôts des rites immoraux et superstitieux pour détourner la colère des prétendues divinités de la nature.

La foi d’Israël, servie par la famille aaronide, repose entièrement sur l’idée d’un D.ieu créateur unique, au-dessus de la création, avec un message éthique primordial de justice et de compassion.

 

 

 

 

Les Cohanim montaient la garde en 3 endroits dans le Temple :

  1. dans la Loge d’Avtinas,
  2. dans la Loge des Reflets
  3. et dans la Chambre du Feu.

Et les Lévites en 21 endroits :

  1. 5 aux 5 portes du Mont du Temple;
  2. 4 à ses 4 coins à l’intérieur;
  3. 5 aux 5 portes de la Azarah;
  4. 4 aux 4 coins de l’extérieur,
  5. 1 dans la loge des Moutons,
  6. 1 dans l’Atelier de Broderie,
  7. et 1 derrière le Saint des Saints.

Le responsable du Mont du Temple visitait chaque poste de garde et des flambeaux brûlaient devant lui.

Toute garde qui ne se levait pas, le responsable du Mont du Temple lui disait : “La paix soit avec toi !” S’il s’avérait qu’il s’était endormi, il le frappait de son bâton. Il était autorisé à lui brûler son vêtement. On disait : “Quel est ce cri dans la Azarah ? C’est le cri d’un Lévi que l’on frappe et dont les vêtements sont brûlés parce qu’il s’est endormi durant sa garde”. Rabbi Eliézer ben Yaakov raconte : Une fois, ils ont trouvé le frère de ma mère endormi et lui ont brûlé son vêtement.

 

Il y avait 5 portes au Mont du Temple :

  • 2 portes de ‘Houlda au Sud servaient aux entrées et sorties ;
  • Kifonos à l’Ouest servait aussi aux entrées et sorties,
  • Tadi, au Nord, n’était pas utilisée ;
  • La porte de l’Est, sur laquelle était représentée la ville de Suze, par laquelle sortait le Cohen Gadol pour brûler la vache rousse ; de même la vache et tous ses assistants sortaient vers le Mont de l’onction.

  Il y avait 7 portes dans la Azarah :

  • 3 au Nord
  • 3 au Sud
  • et 1 à l’Est

Au Sud

la porte du Bois, la suivante – la porte des premiers-nés, la suivante – la porte de l’eau.

A l’Est

la porte de Nikanor, 2 loges y étaient attenantes, 1 à sa droite et 1 à sa gauche :

1 était la Loge de Pin’has l’habilleur

et 1 était la loge de confection des ‘Havitim.

Au Nord – la porte des Reflets était conçue en forme de portique sur laquelle était construite une chambre surélevée d’où les Cohanim montaient la garde alors que les Lévites montaient la garde en dessous. Il y avait une porte donnant sur le ‘Heil. La suivante – la porte des Sacrifices et la 3ème – la Chambre du Feu.

Il y avait 4 loges dans la Chambre du Feu, comme des pavillons s’ouvrant sur une galerie :

2 dans le sacré

et 2 dans le profane et des pierres de couleur délimitaient le sacré du profane.

Et quel était leur usage ?

Celle du Sud-Ouest était la loge des agneaux des sacrifices,

celle du Sud-Est était la loge de confection des pains de proposition,

celle du Nord-Est – où les Hasmonéens avaient enfoui les pierres de l’Autel qu’avaient souillé les dominateurs grecs,

celle du Nord-Ouest – par laquelle on descendait vers le bain rituel.

Il y avait 2 portes dans la Chambre du Feu :

1 donnant accès au ‘Heil

et 1 donnant accès à la Azarah.

Rabbi Yéhouda a dit : “celle qui donnait accès à la Azarah avait un petit portillon par lequel entraient pour inspecter la Azara.”

La Chambre du Feu, coiffée d’un dôme, était un grand pavillon aménagé sur son pourtour de gradins de pierres où les doyens du clan de garde dormaient et les clefs de la Azarah étaient en leur possession. Quant aux jeunes prêtres, chacun déployait sa couverture à même le sol.

 

Il y avait une trappe d’une coudée sur une coudée, recouverte d’une dalle de marbre où un anneau était fixé et une chaînette à laquelle les clefs étaient accrochées. Lors de la fermeture, on soulevait la plaque à l’aide de l’anneau et on décrochait les clefs de la chaînette, puis le Cohen fermait de l’intérieur alors que le Lévi dormait à l’extérieur. Puis on achevait la fermeture… Si un accident arrivait à l’un d’entre eux, celui-ci sortait et s’en allait par une galerie souterraine… des lampes éclairaient de chaque côté…

Rabbi Eliézer ben Yaakov dit : “Il suivait la galerie souterraine qui passait sous le ‘Heil, puis sortait et s’en allait par Tadi.”

 

Quand le Cohen quittait le bain rituel, il ne retournait pas dans la Chambre du Feu, mais empruntait la galerie souterraine, qui n’avait pas un caractère sacré, passait sous le ‘Heil et sortait vers le Mont du Temple proche de la porte du côté Nord appelée la porte de Tadi.

Rabbi Eliézer ben Yaakov est en désaccord sur le point vu en Tamid 1,1 : “Il revenait s’asseoir parmi ses frères les Cohanim, jusqu’à ce que les portes s’ouvrent.”

D’après l’opinion de Rabbi Eliézer, il lui était interdit de revenir dans la Chambre du Feu parce qu’il était un Tévoul Yom (impur qui s’est immergé dans le bain de purification, mais qui ne sera purifié définitivement qu’après le coucher du soleil), mais les Sages pense ainsi : “Bien qu’il soit un Tévoul Yom, on le laisse regagner la Chambre du Feu puisqu’il est devenu impur à l’intérieur “(Barténora). (Source dossier Alliance et Aharon Altabé)

 

La liste exacte des Grands Prêtres ne s’est pas conservée et il n’existe que des listes partielles et sujettes à discussion.

Le Talmud de Babylone rapporte que 18 Grands Prêtres ont officié dans le 1er Temple, et que pas moins de 300 Grands Prêtres ont officié à l’époque du 2e Temple parce que ces Grands Prêtres achetaient les représentants du pouvoir romain pour pouvoir être élevés à cette fonction.

Le nombre de 300 semble exagéré et un nombre beaucoup plus petit apparaît dans le Talmud de Jérusalem, entre 80 et 85 Grands Prêtres. Au vue des sources historiques dont on dispose aujourd’hui, on ne connait qu’au plus 84 Grands Prêtres pour une période couvrant les deux Temples.

Pour la période du Premier Temple, le nombre de Grands Prêtres diverge selon les sources. Hazal compte 18 Grands Prêtres, mais le commentateurs du Talmud, dont les tossafistes, émettent des réserves sur ces propos. En effet dans le livres des Chroniques, il figure une liste des descendants d’Aaron et de son petit fils Pinhas issu de la branche d’Eléazar. On considère cette liste comme étant celle des Grands Prêtres du Premier Temple. Selon cette interprétation traditionnelle, elle ne comporte donc que 13 Grands Prêtres.

Une autre approche, adoptée notamment par le Malbim, (celui qui monte en premier à la Torah pendant les offices) dit que la liste des descendants d’Aaron du  livre des Chroniques n’est pas la liste des Grands Prêtres. Cette approche se base sur les propos de l’historien contemporain Flavius Josèphe, qui donne une liste de 17 Grands Prêtres pour la période du Premier Temple (Antiquités judaïques, livre X). Une liste proche de celle de Josèphe se trouve dans le Seder Olam Zoutta et compte 19 noms.

Les Grands Prêtres des époques perses et hellénistiques sont connus grâce aux 2 livres des Macchabées et à Flavius Josèphe. Ceux de l’époque romaine sont également connus grâce à Josèphe. Deux Grands Prêtres mentionnés dans le Talmud ne figurent pas chez les auteurs antiques : ils s’agit d’Eléazar ben Harsoum, qui selon Hazal fut Grand Prêtre pendant 11 ans, et de Rabbi Ishmaël ben Elisha HaCohen haGadol (le grand père du tanna Rabbi Ishmael)

Isaac Newton, le père de la physique moderne, un juste des Nations ?

Isaac Newton, le père de la physique moderne, un juste des Nations ?

 

Le père de la physique moderne, celui qui a découvert la loi de la gravitation, était croyant. Cela est connu de tous. Mais dans quel monothéisme? De nouveaux documents dévoilent la vérité cachée par les proches de Newton après sa mort. Newton était un amoureux du judaïsme. Il pratiquait en secret les sept lois des bné Noah. Il avait lu Maïmonide et le Talmud, semble-t-il en hébreu. Pour lui, les grecs étaient des falsificateurs et des copieurs qui n’ont pas hésité à trafiquer les dates de leur histoire, afin de masquer les origines juives de leurs découvertes scientifiques et philosophiques. Il aconsacré une partie importante de ses recherches au Beth Hamikdach. A ne pas manquer.

Le saviez-vous? Newton; oui Isaac Newton, le père de la physique moderne, celui qui a démontré les lois de la gravitation universelle; vous savez bien: le monsieur qui a reçu une pomme sur la tête; celui qui a révélé au monde les principes de l’inertie, de la dynamique et de l’action/réaction, était en secret un admirateur du judaïsme, un pratiquant des sept lois de Noah. Si l’atmosphère religieuse des 16ème et 17ème siècles l’avait permis, Newton aurait certainement pu afficher ses convictions en public. Mais sa célébrité, et surtout le fait qu’il était un symbole national en Angleterre, en a décidé autrement, y compris après sa mort.

Comment connait-on ce secret? Qui a révélé cette information si bien cachée?

En fait, c’est une boîte bien remplie qui a conduit les historiens sur la piste de cet amour caché; une boîte remplie de manuscrits, écrits de la main de Newton lui-même.

Newton est né en 1643, et il est décédé en 1727. Après sa mort, ses proches mettent la main sur une caisse contenant des manuscrits; on sait que Newton aimait écrire. Il a d’ailleurs écrit près de 3600000 mots dans l’ensemble de ses lettres. Il ne publiait jamais le fruit de ses recherches immédiatement, d’où l’intérêt d’étudier le contenu de ces manuscrits. Le résultat de ces recherches va laisser les proches de Newton dans la confusion la plus absolue. Ils y découvrent tout simplement que le savant chrétien était en fait totalement fasciné par le judaïsme. Il avait même pris sur lui de pratiquer les sept lois de Noah, que tout non-juif se doit de pratiquer, d’après le judaïsme. C’est tellement grave, qu’ils décident de ne rien publier durant plusieurs décennies. Ce n’est qu’en 1936, soit plus de deux siècles après sa mort, lorsque la société anglaise Sotheby’s décide de mettre en vente une grande partie des manuscrits, que la vérité va éclater.

Un des acheteurs de ces textes, est un des plus grands économistes de tous les temps; il s’agit de John Meynard Keynes, qui va se livrer à une étude complète de tous ces documents.

Voici le compte rendu de son travail: « Newton était un homme très religieux qui voyait dans son travail scientifique une mission visant à dévoiler la sagesse divine dans la création » écrit-il; et il poursuit: « Cependant, dès le début de sa vie, newton a abandonné la foi chrétienne dans laquelle il avait été éduqué. Par son étude en profondeur des textes saints, il est arrivé à la conclusion que les idées fondamentales de la chrétienté, n’était que des immitations tardives. Du point de vue religieux, Newton croyait dans le monothéisme juif, selon les conceptions de Maïmonide. »

On a même retrouvé dans certains documents des annotation en hébreu, qui renvoient à des passages du Michné Torah de Maïmonide;

Dans sa bibliothèque, on pouvait trouver des livres comme « le guide des égarés » ou le « Michné Thora » de Maïmonide, le commentaire de rav Abrabanel sur la Thora; Les notes de Newton, celles que ses proches ont voulu cacher, montrent une connaissance encyclopédique des écrits des rabbanim de toutes les époques.

Dans un de ces manuscrits, dans lequel il écrit des notes sur la guerre de Gog et Magog, la guerre qui permettra l’avènement du messie, il produit une preuve de son point de vue en s’appuyant sur une traduction araméenne de la meguilat Esther, sur des commentaires rabbi Saadya Gaon et de Even Ezra. A un autre endroit, il commente un point de vue du sefer hahinoukh, un livre qui décompte et explique les 613 mitswot de la Thora, et oppose ce point de vue à celui de Rachi, le commentateur de la Thora sur cette même mistwa. A un autre endroit, il cite le point de vue de rabénou Ovadia Mi barténora, sur les dimensions du beth hamikdach. Sur d’autres feuillets, on retrouve de longues notes, rédigées en hébreu, qu’il recopie des textes du Talmud.

On dispose même d’un manuscrit dans lequel il traite du partage de la Thora en petits textes que l’on nomme les paracha; non pas celles qu’on lit toutes les semaines, mais celles qui sont au nombre de 155 à 175 selon les avis, et qu’on appelle en hébreu les stoumot et les p’touhot. Il y rappelle un commentaire de nos sages sur la parachat Vayéhi, à la fin de Berechit.

De l’étude de ces documents, il ressort clairement que Newton avait décidé de pratiquer les sept lois de Noah, et ce afin d’être en accord avec le monothéisme juif. Il y écrit notamment que l’interdiction de manger des animaux vivants, qui est une de ces sept lois, ainsi que l’interdiction de manger du sang, qui n’en fait pas partie mais qu’il prend quand même sur lui, sont destinées à amener l’homme à un état idéal.

Pourquoi garde-t-il ce secret? La réponse est simple: 30 ans avant la naissance de Newton , on brûlait encore les gens qui osaient défier la chrétienté; de son vivant, la loi qui interdisait de contredire les dogmes chrétiens, et qui ne sera abrogée qu’en 1813, était encore en vigueur.

Et qui est le rav qui a eu le bonheur d’enseigner à un si illustre élève?

Il s’agit du rav Ytshak Abendana, qui fut autorisé à venir s’installer en Angleterre en 1662, et qui reçut un poste d’enseignant à Cambridge, là où étudiait un jeune homme, nommé Isaac Newton, alors âgé de 19 ans.

En sa compagnie, il étudiera le calendrier juif qui fascinait tant les astronomes de toutes les époques, les sept lois de Noah, et surtout les dimensions, la structure et les secrets du beth hamikdach, dans lesquels il voyait le dévoilement des secrets de toute la création.

Il écrira également au sujet des grecs: « les concepts de base des grecs, en philosophie et en mathématique, ont été pris de sources juives. Les grecs ont retardé la datation de leur histoire de 300 à 400 ans, pour cacher le fait qu’ils ont pris leurs idées des bné Israël, du peuple juif »

Laissons le mot de la fin à Newton lui-même, en rappelant que tous les jours, dans la prière du matin, nous disons que D. recrée le monde à chaque instant. Newton, en observant le cosmos, et dans une optique purement scientifique, parvient à une conclusion qui est la suivante: « D. recrée le monde à chaque instant ».

Rappelons le: Newton est le père de la physique moderne, ses écrits influencent encore aujourd’hui l’histoire de la science et des idées. Tout cela de la part d’un homme qui s’identifiait silencieusement au judaïsme.

 

ravmordekhaibitton.over-blog.com

La Psychanalyse est-elle cachère ?

La Psychanalyse est-elle cachère ?

Par Tzvi Freeman / fr.chabad.org

Quelle est l’approche traditionnelle du Judaïsme quant à la psychanalyse ? Je suis particulièrement intéressé par les similitudes qu’il semble y avoir entre la pensée de Freud et la philosophie ‘Habad.

Au sein du Judaïsme traditionnel, il y a eu une grande variété de réactions envers la psychanalyse allant de l’adhésion la plus enthousiaste à la condamnation absolue. Ce qui suit est basé sur la correspondance du Rabbi de Loubavitch sur le sujet.

Le Rabbi a écrit que la psychanalyse a effectivement aidé nombre de personnes, mais, dans la mesure où Freud et ses collègues voyaient en la religion une sorte de pathologie en elle-même, il faut être vigilant lorsque l’on choisit un thérapeute.

Vous avez peut-être entendu parler du docteur Viktor Frankl qui écrivit « Découvrir un sens à sa vie » (« Mans Search for Meaning »). La base de la théorie de Frankl est que la première motivation d’un individu est la quête du sens dans sa vie et donc que l’objectif premier de la psychothérapie devrait être d’aider l’homme à trouver ce sens. Le Rabbi privilégie l’approche de Frankl par rapport à celle de Freud et déplore le fait que la majorité des psychothérapeutes n’aient pas suivi cette voie.

Dans d’autres lettres, le Rabbi accorde qu’il existe de nombreuses similitudes entre le modèle freudien de la psyché humaine et ce que décrit Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi dans son œuvre profondément novatrice, quoique dans la lignée traditionnelle de la morale talmudique, le “Tanya”.

Le premier livre du Tanya est un guide spirituel de la vie quotidienne, décrivant les mécanismes intimes de l’âme humaine. Son enseignement est basé sur le Talmud et d’autres écrits rabbiniques tels que les œuvres de Rabbi Moché ben Maïmone (Maïmonide), de Rabbi Yéhouda Lowe de Prague (le Maharal), de Rabbi Its’hak Louria (le Ari Zal), de Rabbi Yéchaya Horowitz (Chnei Lou’hot Habrith) et bien sûr les enseignements oraux du Baal Shem Tov et du Maguid de Mézeritch, les premiers maîtres du mouvement ‘hassidique. Cependant, le Tanya se distingue comme la première œuvre qui traite des multiples facettes et strates de la psychologie humaine de façon claire et explicite. Lire la suite

Les traités d’éthique antérieurs au Tanya avaient généralement une approche comportementaliste : faites ceci, ne faites pas cela. Soyez ainsi, évitez d’être comme cela, car autrement, vous le regretterez. L’approche de Rabbi Chnéour Zalman, connue depuis sous le nom de « ‘Habad », est que nos émotions et comportements sont les symptômes de ce qui se passe dans notre esprit. On ne peut pas contrôler son cœur directement, a-t-il écrit, et même nos agissements ne sont pas réellement conditionnés par la perspective de la récompense et la menace du châtiment. Selon lui, les vrais changements personnels ne peuvent se faire qu’en travaillant sur la personne dans sa globalité, en commençant par les couches profondes de l’esprit.

Ce fut également sur ce terrain que Freud connut sa plus grande réussite, lorsqu’il démontra que nombre de maladies découlaient en fait de troubles mentaux. Il fut aussi le pionnier du concept d’une conscience à plusieurs « couches », sujette aux influences de multiples forces agissant chacune dans une direction différente. Les termes qu’il employa dans ses descriptions – le moi (ich), le surmoi, etc – sont étonnamment proches des notions d’âme divine, d’âme animale et de personne physique (gouf) évoquées dans le Tanya. Outre celles-ci, de nombreuses autres similarités peuvent être débattues.

Cependant, alors que Freud voit en l’énergie sexuelle la force la plus déterminante qui s’exprime en l’homme, le Tanya enseigne que ce rôle est tenu par l’âme divine. C’est là une différence fondamentale qui resurgit sur toute l’approche de l’un comme de l’autre.

Qui plus est, alors que Freud n’envisageait de thérapie qu’à travers l’intervention d’un praticien objectif, Rabbi Chnéour Zalman a tracé un chemin qui permet à l’homme commun de surmonter ses difficultés par ses propres moyens. Nous avons tous la faculté de contrôler nos esprits, écrit-il, pour penser librement aux sujets que nous choisissons. C’est sur cette base qu’il élabore un système qui développe une mentalité pouvant révéler les qualités les plus essentielles et les plus divines du cœur. Bien sûr, les directives et l’assistance du Tsaddik restent vitales dans ce processus, mais le travail principal, souligne Rabbi Chnéour Zalman, incombe à l’individu qui cherche à s’améliorer.

Bien entendu, le Tanya n’a pas été conçu comme un remède à la psychose. Il fut écrit pour les gens ordinaires qui ont besoin d’être guidés pour surmonter les obstacles rencontrés dans leur cheminement spirituel. Cependant, toutes les bases nécessaires à la thérapie s’y trouvent, prêtes à être employées.

De nombreux auteurs se sont penchés sur les origines juives des idées de Freud. Certains ont même établi un rapport entre celles-ci et sa fascination pour la Kabbale ainsi que ses conversations avec Rabbi Chalom Dov Ber, le cinquième Rabbi de Loubavitch. D’autres assurent que l’on peut facilement démontrer que la majorité de ses théories proviennent de la culture juive la plus commune.

Lecture de la Méguila en mp3 (Habad)

Lecture de la Méguila en mp3 (Habad)

RAPPEL IMPORTANT!!
CETTE LECTURE NE REND PAS QUITTE
DE LA MITSVA D’ECOUTER LA MEGUILA
LE JOUR DE POURIM.

ELLE DOIT ETRE ECOUTEE A LA SYNAGOGUE!!

(Texte de la Méguila en bas de la page)

קריאת המגילה נוסח חב’ד

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre7

Chapitre 8

Chapitre9

Chapitre10

 

Attention : trop de science peut vous rendre religieux !

Attention : trop de science peut vous rendre religieux !

fr.chabad.org / Professeur Velvel Greene

Avant de naître, un bébé vit entouré d’eau dans le ventre de sa mère. Il ne respire pas, ses poumons sont repliés sur eux-mêmes entre les deux cavités supérieures du cœur. Celui-ci est percé d’un orifice pour que le sang puisse circuler et un tube relie l’aorte à l’artère pulmonaire. Au cours des dix minutes qui suivent sa naissance, ses poumons doivent se déployer, l’orifice dans son cœur doit se refermer et le tube doit se boucher.

Ce sont en tout 67 étapes qui doivent se succéder pour que, de l’état de créature immergée, le bébé devienne un être humain qui respire de l’oxygène. Miraculeusement, ce phénomène est tout à fait ordinaire et se produit à chaque minute.

C’est cela, la science : lorsque l’on comprend ce qui se passe. Et nous savons qu’il n’existe aucun être humain, aucun scientifique, qui aurait pu concevoir et mettre en œuvre pareille séquence. Si un laboratoire essayait de la reproduire, cela ne marcherait jamais.

En fait, si nous étions vraiment conscients de ce qui arrive dans notre propre existence, si nous savions tout ce qui se passe à la naissance d’un bébé, nous tomberions à genoux et remercierions D.ieu éternellement. Toutes les études scientifiques qui ont été produites au cours des cent dernières années n’ont eu de cesse de montrer comment les phénomènes naturels reflètent les notions d’ordre et de séquence, et donc, d’après moi, la réalité d’un Créateur.

Un professeur de mathématiques m’a rendu visité à mon labo un jour. Un véritable athée. Et pourtant, il m’a dit ce jour-là : «Je viens de calculer qu’il est impossible que l’œil humain évolue pendant les 5 milliards d’années dont on nous parle.» Il ajouta : «Ce sont ceux qui croient en l’évolution qui font vraiment un acte de foi.»

La science ne contredit pas la Torah. Elle nous enseigne, au contraire, que lorsque que D.ieu dit «J’ai créé le monde,» «Je pourvoirais,» «Je vous guérirais», il disait vrai ! En 1998, il a été rapporté, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, qu’il avait été produit suffisamment de nourriture pour nourrir toute la planète. En théorie, donc, personne sur Terre ne devrait être affamé. Ainsi quand un célèbre verset des Psaumes affirme «Tu ouvres Tes mains et Tu procures à tout être vivant sa subsistance,» il dit vrai ! Lorsqu’un médecin guérit un patient, c’est ce que démontre la science : D.ieu disais vrai, Il a pourvu.

Aucun rabbin n’a jamais dit à un scientifique «Arrête de chercher.» Aucun rabbin n’a jamais dit «Cesse d’explorer.» Parce que celui qui croit en la vérité – et la Torah est toute vérité – croit aussi que toute chose vraie que l’on découvrira dans la nature sera un reflet et une expression de la gloire de D.ieu.

Lorsque j’étais plus jeune, j’ai travaillé pour la NASA. Et j’ai recherché la présence de vie sur Mars. Nous avons dépensé des centaines de millions de dollars en cherchant de la vie sur Mars. A cette époque j’ai demandé au Rabbi de Loubavitch, «Est-ce correct ? Puis-je vraiment me livrer à ces recherches ? D’autres religions disent qu’il ne faut pas. Et la Torah ne dit pas qu’il y a de la vie sur Mars.» Le Rabbi répondit en yiddish, «Professeur Greene, vous devez rechercher la vie sur Mars. Et si vous ne la trouvez pas là-bas, vous devrez chercher ailleurs. Et si vous ne la trouvez pas là-bas non plus, alors vous devrez chercher encore ailleurs. Parce que rester là et dire que D.ieu n’a pas créé de la vie ailleurs revient à mettre des limites à D.ieu, et personne ne peut faire ça.»

Pionnier de l’exobiologie, le professeur Velvel Greene a passé des années à la NASA à chercher de la vie sur Mars. Il est aujourd’hui Professeur Honoraire de santé publique et d’épidémiologie à l’école de médecine de l’université Ben Gourion de Beer Chéva.

Tout ce que vous avez voulu savoir sur les Loubavitch

Tout ce que vous avez voulu savoir sur les Loubavitch

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Vous avez sans doute déjà été dans un Beth ‘Habad. Vous connaissez certainement un « ’Habadnik » ou un « Loubavitch », ou vous en avez un dans votre famille. Il est également probable qu’un ‘Habadnik vous ait abordé pour vous proposer de mettre les téfilines ou d’allumer les bougies de Chabbat. 1Mais qu’est-ce que ‘Habad ?

C’est ce dont nous allons traiter ici : non pas ce que ‘Habad fait, mais ce que ‘Habad est.

Il serait inexact d’appeler ‘Habad un mouvement ou une idéologie ou même un courant particulier au sein de la ‘Hassidout. La meilleure description serait peut-être que ‘Habad est une manière de faire la ‘Hassidout.

Comme je l’ai écrit dans l’article sur la ‘Hassidout, les enseignements du Baal Chem Tov étaient en mesure de rendre manifestes l’essence du Juif et l’essence de la Torah, injectant ainsi une énergie vitale dans la vie juive.

‘Habad fait franchir à ce pouvoir une étape supplémentaire en plaçant ces enseignements directement entre les mains de chacun d’entre nous. D’une certaine façon, ‘Habad est « un Judaïsme à faire soi-même ». Le tsadik joue toujours un rôle décisif – peut-être même plus décisif encore –, mais plutôt comme un facilitateur que comme une centrale énergétique.

Contexte historique

Chaque membre du cercle intérieur du Baal Chem Tov était déjà un grand érudit de la Torah avant de rejoindre son maître. Après son décès, le Baal Chem Tov eut pour successeur Rabbi Dov Ber, le Maguid de Mézeritch, à la fois expert dans le Talmud et la Kabbale et auteur de profondes métaphores offrant une perspective pénétrante de la psyché humaine.

Ses disciples furent des hommes de grande stature, chacun avec son propre parcours, sa propre approche, sa propre façon de mettre en pratique les enseignements de son maître. Certains s’illustrèrent par l’extase et la joie, d’autres par la ferveur de leur prière, d’autres par l’intensité de leur étude et la profondeur de leur perception, d’autres encore par leur amour envers toute créature, grande ou petite.

Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi était le plus jeune membre de ce cercle intérieur, et également un érudit exceptionnel, à tel point que le Maguid de Mézeritch lui demanda de composer une nouvelle édition du Choul’hane Aroukh (le code de la loi juive) qui inclurait l’argumentation et l’explication des lois.

Rabbi Chnéour Zalman avait lui aussi une approche personnelle, qu’il avait développée avant même d’arriver à Mézéritch : chaque idée qu’il apprenait de ses maîtres devait être intégrée à travers une intense méditation, jusqu’à être distinctement ressentie dans son cœur. Dans l’esprit, après tout, c’était seulement une idée. Mais dès lors qu’elle résidait dans le cœur, une idée pouvait transformer une personne. Elle pouvait devenir réelle.

Chaque idée devait être intégrée à travers une intense méditation jusqu’à être distinctement ressentie dans son cœurIl ne fait aucun doute que les autres disciples du Maguid s’engageaient également dans de profondes méditations. Rabbi Chnéour Zalman, toutefois, considérait que telle était la voie pour chaque Juif.

Pour de nombreux autres disciples du Maguid, la ‘Hassidout était une forme de leadership. « Le juste vit par sa foi » dit le verset, mais ces disciples en avaient une lecture légèrement différente : « Le juste donne vie par sa foi ».

Dans leur perspective, le tsadik éclairé serait celui qui connaîtrait les enseignements secrets et qui se consacrerait à l’extase de la prière et de l’union mystique et, de cette expérience, ses adeptes recevraient également un flux de vitalité.

Rabbi Chnéour Zalman s’opposa radicalement à cette conception. Il avait de ce verset une lecture simple : pour être juste, chaque personne doit vivre avec la foi profonde, la quintessence de l’âme que le Baal Chem Tov a rendue accessible, et en faire la force motrice de toutes ses facultés personnelles. Le rôle du tsadik est de faciliter cela, mais chacun doit faire ce travail par soi-même. La vie, après tout, n’est pas quelque chose que l’on reçoit, comme une marionnette, d’une main extérieure ; la vie fait partie intégrante de la personne.

C’est seulement par cette approche, soutenait Rabbi Chnéour Zalman, que le Juif intégrera la vitalité de la ‘Hassidout dans sa vie. Il cita l’adage talmudique du voleur qui voulut entrer par effraction chez un homme riche. Sur le point d’émerger de son tunnel dans la maison, conscient qu’il risquait sa vie et prêt à prendre celle de quiconque se mettrait en travers de son chemin, il murmurait cette fervente prière : « Mon D.ieu aide-moi! »2

Le voleur croit vraiment en D.ieu. Pourtant, sa foi est en contradiction avec la réalité de sa vie : il sait bien que D.ieu désapprouve son activité, mais cette notion occupe un certain compartiment de sa conscience, et son mode de vie en occupe un autre.

En d’autres termes, il a échoué à harmoniser ses convictions profondes avec sa personnalité extérieure. Pour Rabbi Chnéour Zalman, le tsadik est celui qui entreprend de guérir cet écart, soudant ensemble l’âme et le corps en illuminant l’esprit et le cœur conscients du Juif avec l’étincelle cachée de sa quintessence.

L’approche ‘Habad a développé les enseignements du Baal Chem Tov en poussant leur logique jusqu’au bout.Le D.ieu du Baal Chem Tov se trouve en tout lieu et en toute chose, comme l’énonce le Zohar : « Il n’est pas de lieu qui soit vide de Lui. »

Affirmer que la connaissance de D.ieu pouvait seulement pénétrer l’esprit élevé des grands tsadikim mais pas celui de l’homme ou de la femme du commun, revenait à déclarer l’existence d’un vide de la Divinité, d’un endroit que la lumière de D.ieu n’atteint pas. Pour que les enseignements du Baal Chem Tov soient pleinement réalisés, il était nécessaire que chaque individu, quel qu’il soit, puisse se les approprier.

Qui est-ce qui prie ?

Voici une histoire qui illustre la distinction entre les deux écoles de pensée :
Rabbi Chnéour Zalman avait un disciple qui était marchand, comme l’étaient de nombreux Juifs à cette époque. Dans le jargon ‘hassidique, un disciple est appelé un « ’hassid » et son maître, son « rabbi ».

Il arrivait que ce ‘hassid partît pour les grandes foires marchandes en compagnie d’un ami qui était un disciple de Reb ‘Haïkel, l’un des collègues de Rabbi Chnéour Zalman. Un jour, ce marchand ‘hassid ‘Habad vint se plaindre à son Rabbi en ces termes :

« Chaque matin, à l’auberge où nous logeons, mon ami se lève de bonne heure et moi aussi je me lève de bonne heure, raconta-t-il. S’il n’y a pas de mikvé, il s’immerge dans une rivière ou un ruisseau avoisinant, et je fais de même. Puis il commence à réciter sa prière avec une ferveur et un enthousiasme incroyables, et c’est chaque matin la même chose, sans faillir !

« Et moi ? Je révise un enseignement du Rabbi. Je m’efforce de me concentrer au maximum, d’évacuer toute pensée au sujet de mon voyage, de  la foire, de la marchandise, des affaires et de penser uniquement à cet enseignement ; j’essaie de le visualiser dans mon esprit. Ensuite je fais ma prière à grand peine. Il y a des matins où je ressens tant bien que mal quelque inspiration. Et d’autres matins où…

« Mais mon ami ressent chaque matin la même ferveur, la même flamme. En un instant, il prie sans effort ! »

Ce à quoi Rabbi Chnéour Zalman répondit : « C’est lui qui prie penses-tu? C’est Reb ‘Haïkel qui prie! »

Le livre pour tous

À cette fin, Rabbi Chnéour Zalman présenta son approche sous la forme de deux courtes œuvres, réunies en un seul volume qu’il appela « Un recueil de propos », se contentant d’indiquer modestement sur la page de garde que ces enseignements avaient été rassemblés « à partir de livres et de scribes ». De nos jours, ce livre est généralement appelé « le Tanya », d’après le premier mot du premier chapitre. La première partie de ce livre est judicieusement intitulée « le Livre pour l’Homme Ordinaire ».

C’est certes une traduction assez pauvre, mais elle exprime bien l’objet du livre : il ne s’agit pas de guider l’âme pure à trouver sa voie vers l’illumination. Rabbi Chnéour Zalman s’adresse au Juif du monde qui combat son mauvais penchant au quotidien. Il lui apporte une vision de soi-même totalement restructurée et lui prodigue son conseil, lui montrant comment il peut, lui aussi, servir D.ieu avec joie et amour, tout au moins suffisamment pour avoir toujours le dessus sur son mauvais penchant.

Il prodigue à cet homme ordinaire un saisissant encouragement en lui affirmant que sa lutte permanente contre ces pulsions récurrentes procure à D.ieu un plaisir que même un tsadik ne peut Lui apporter, car le tsadik vit dans un monde de lumière, tandis que lui affronte l’obscurité et suscite une lumière qui transcende tout ce que le tsadik peut atteindre.

Le Tanya et la psychologie

L’approche du Tanya rappelle beaucoup ce que les psychologues appellent de nos jours le « recadrage cognitif », c’est-à-dire aider une personne à ajuster son idée de soi-même et de sa place dans le cosmos au point d’entraîner un changement dans son attitude et son comportement. Rabbi Chnéour Zalman l’a décrit comme « le chemin long et court ». « Long », parce que c’est à soi-même de faire ce travail d’ouvrir son esprit, étape par étape, à la lumière de son âme jusqu’à ce qu’elle puisse éveiller le cœur. Et « court », parce qu’il vous met directement en contact avec cette lumière.3

La plupart des enseignements de Rabbi Chnéour Zalman, cependant, étaient oraux. Ils furent appelés maamarim (pluriel de maamar), et mémorisés puis mis par écrit par ses élèves (parmi lesquels son fils et son petit-fils) pour être ensuite publiés, souvent accompagnés de développements et d’explications. Ils constituaient la matière sur laquelle les ‘hassidim ‘Habad méditaient avant et pendant leur prière, comme le prône le Tanya.

De génération en génération, les Rabbis successifs ont développé les enseignements de ces maamarim, ce qui aboutit à la vaste bibliothèque de la ‘Hassidout ‘Habad que nous connaissons aujourd’hui dans laquelle le ‘hassid ‘Habad puise quotidiennement.

Dans son travail de recherche sur ‘Habad, Roman Foxbrunner résume ainsi l’harmonie des traits de caractère que Rabbi Chnéour Zalman et ses successeurs ont cultivé chez leur ‘hassidim :

Savant, mais sociable ; réservé, mais prompt à entonner des mélodies ‘hassidiques et à raconter les histoires et les traditions ‘hassidiques ; sérieux, mais pas sombre ou sans humour ; profondément religieux, mais pas mielleux ou piétiste ; modeste, mais confiant en soi ; dévoué à RCZ [Rabbi Chnéour Zalman], mais tout à fait capable de penser par soi-même : ce ‘hassid personnifiait le système profond et paradoxal qui allait être connu comme le ‘Hassidisme ‘Habad.4

Pourquoi le nom Habad ?

D’autres disciples du Maguid ont mis l’accent sur l’enthousiasme dans la prière. Rabbi Chnéour Zalman a quant à lui mis en valeur la contemplation avant et pendant la prière qui peut engendrer spontanément cet enthousiasme. Il a donc distingué son école de pensée en l’appelant ‘Habad :

  

REPRÉSENTE…

TRADUIT PAR

SIGNIFIE…

‘H

ח‘HokhmahSagesseconception d’une idée

B

בBinahCompréhensioncognition d’une idée

D

דDaatConnaissanceprise de conscience d’une idée

 

L’approche cognitive a prouvé son efficacité de nombreuses façons. Dans la Russie tsariste de la fin du 19ème siècle, les Juifs furent rapidement exposés à la pensée laïque de l’Europe occidentale. La jeunesse juive s’enflammait pour les idéaux de réforme sociale, dédaignant une religion qu’elle considérait comme rétrograde, archaïque et ridicule.

Rabbi Chalom Dovber, le Rabbi de ‘Habad de cette époque, réagit en ouvrant une yéchiva où les jeunes gens étudieraient la ‘Hassidout ‘Habad parallèlement à leurs études talmudiques, mais avec le même esprit révolutionnaire que ceux qui étudiaient Marx et Engels. Plus tard, en Pologne, son fils allait encourager les jeunes femmes à constituer des cercles pour faire de même.

Avec la montée du régime totalitaire de Staline, la vie même de ceux qui avait une quelconque pratique religieuse était menacée. Cette fois encore, l’approche responsabilisante  de ‘Habad allait jouer un rôle déterminant. Les ‘hassidim de ‘Habad, en particulier ceux qui avaient étudié dans les yéchivas ‘Habad, refusèrent de renoncer à leur pratique religieuse, quand bien même étaient-ils soumis à la plus cruelle oppression.

Ils furent nombreux à être exécutés ou envoyés en Sibérie pour « activités contre-révolutionnaires ». Alors que quasiment toutes les autres organisations juives succombèrent sous les coups répétés de la Yevsektsia et du KGB, ‘Habad résista vaillamment à travers un vaste réseau clandestin qui parvint à maintenir allumé le feu du judaïsme tout au long des années les plus sombres de la persécution religieuse.

L’approche de ‘Habad s’est avérée puissante et invincible dans toutes sortes d’épreuves décisives

Lorsque le sixième Rabbi de ‘Habad, Rabbi Yossef Its’hak, arriva en Amérique au cours de la Seconde Guerre mondiale, il y apporta ce même esprit infatigable. Presque immédiatement après son arrivée, il déclara : « L’Amérique n’est pas différente ! » Son gendre, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, lui succéda en 1950, mais même avant cela, il était déjà impliqué dans le processus qui allait faire de ‘Habad une agence mondiale, une planche de salut pour l’âme juive.

Au moment d’accepter le rôle de leader en récitant son premier maamar public, le Rabbi réaffirma immédiatement l’approche ‘Habad : « En général, chez ‘Habad, annonça-t-il, chacun est censé faire soi-même son propre travail, et ne pas s’en remettre aux rabbis. » Le Rabbi poursuivit en décrivant la différence entre les deux interprétations du verset « le tsadik vit par sa foi », rapportées ci-dessus. Il dit ensuite :

Mais nous, ‘Habad, chacun d’entre nous doit faire son travail soi-même, avec chaque membre et chaque tendon de son corps et chaque membre et chaque tendon de son âme.

Je ne dis pas que je ne vais pas aider, à D.ieu ne plaise. Je vais aider autant que j’en serai capable. Mais, puisque « tout est entre les mains du Ciel, à l’exception de la crainte du Ciel », par conséquent, sans le travail que vous faites vous-mêmes, en quoi serait-il utile que je publie des écrits, que je chante des mélodies ou que je dise avec vous « le’haïm » ?5

‘Habad aujourd’hui

Tout comme l’approche ‘Habad a prouvé sa force dans le shtetl traditionnel, face au cynisme de la Russie révolutionnaire et sous la persécution religieuse du régime bolchevique, elle a aussi démontré sa viabilité dans le monde moderne, laïque, mobile et interconnecté. Ses aspects superficiels se sont adaptés à chaque période, mais son moteur est resté le même : ‘Habad est une approche qui a foi en l’étincelle présente sans aucun doute en chacun de nous, et nous permet de trouver cette étincelle et d’en attiser la flamme. Ce n’est pas à travers la coercition, la culpabilisation ou des harangues moralisatrices, ni par des promesses d’illumination immédiate que ‘Habad touche le juif, mais en aidant chacun à suivre sa propre voie.

« Chaque Juif a une mitsva pour laquelle il ou elle a une affinité, affirmait le Rabbi. Ne vous disputez pas avec un Juif. Il n’est pas nécessaire de le convaincre de quoi que ce soit. Il suffit de trouver cette mitsva et d’aider le Juif à la faire. »

Et ensuite, comme la Michna le promet, « une mitsva entraine une autre mitsva ».

La même idée fut exprimée dans les mots que le Rabbi adressa à un autre rabbin qui se plaignait de l’obstination de la communauté juive américaine. Le Rabbi insista sur le fait qu’ils étaient néanmoins de bons Juifs. « Vous ne pouvez certes rien leur faire pratiquer, lui dit le Rabbi. Mais vous pouvez tout leur enseigner. »

« Vous ne pouvez rien leur faire pratiquer, mais vous pouvez tout leur enseigner. »Tout comme l’approche est restée essentiellement la même, de même, l’objectif n’a pas changé : susciter cette lumière essentielle de l’âme juive et de notre sainte Torah, lui permettre de jaillir du cœur de chacun d’entre nous avec une telle intensité que le reste du monde, lui aussi, sera touché par cette lumière, jusqu’à ce que le monde entier soit rempli de sa splendeur.

À la fin de l’article sur la ‘Hassidout, j’ai décrit la rencontre du Baal Chem Tov avec le Machia’h qui lui dit qu’il viendra « lorsque tes sources se répandront à l’extérieur ».

Tout comme Rabbi Chnéour Zalman s’en tint à l’interprétation simple de « un tsadik vit par sa foi », de même le Rabbi, le chef de ‘Habad de notre génération, s’en tint à l’interprétation simple des paroles du Baal Chem Tov, expliquant : « Ce n’est pas l’eau des sources qui doit se répandre à l’extérieur, ce sont les sources elles-mêmes. Chacun d’entre nous, quel que soit le degré “d’extériorité” que nous nous attribuons, doit devenir l’une de ces fontaines d’eaux vives du Baal Chem Tov. »

 

 ——————–
NOTES
1. Voilà d’ailleurs une bonne occasion de dissiper un malentendu : « Chabad » ne se prononce pas « Shabad », mais « ’Habad ». Le « Ch » étant une convention américaine équivalente du « ’H » en français pour désigner le son guttural de la lettre hébraïque « ’het » (proche du jota espagnol).
2. nEïn Yaakov, Berakhot 63a.
3. Voir Talmud, Erouvine 53b.
4. Roman Foxbrunner, Ḥabad: the Hasidism of R. Shneur Zalman of Lyady (Tuscaloosa: University of Alabama Press, 1992), p. 202.
5. nSi’ha du 11 Chevat 5711, publiée dans Torat Mena’hem 5711, vol. 2, pp. 212–213.
La nourriture des hommes : Un Juif mange avec ruse

La nourriture des hommes : Un Juif mange avec ruse

 

Le pain et la Parole de D.ieu

Le verset (Devarim 8, 3) : “ Car ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme, mais de la Parole de D.ieu ” doit être interprété de la manière suivante. Un homme ne tire pas sa vitalité des ingrédients matériels composant les aliments dont il se nourrit, “ seulement du pain ”. Il vit, en réalité, par la parcelle divine, la “ Parole de D.ieu ” qui se trouve en ces aliments. Celle-ci se confond à sa chair et à son sang, alors que tout le reste devient des déchets, refoulés à l’extérieur par l’organisme.
(Likouteï Si’hot, tome 19, page 295)

Message de l’âme

Lorsque tu as faim ou soif, sache qu’un message adressé à ton corps est ainsi émis par ton âme, désirant intégrer la vitalité divine qui se trouve dans cet aliment ou dans cette boisson afin de pouvoir mener à bien la mission qui lui a été assignée par la divine Providence, ici-bas.
(Kéter Chem Tov, page 25)

Finalité de la nourriture

Un homme ne mange pas pour ce qu’il tire de l’aliment, car il a, en réalité, un niveau plus haut que celui de cet aliment. En réalité, Il consomme l’aliment dans son intérêt, afin de lui apporter l’élévation. Pour autant, il peut en être ainsi uniquement dans la mesure où cet homme est bien animé d’une telle motivation. A l’opposé, si son seul but est la recherche de son propre plaisir, il provoque irrémédiablement la chute de cet aliment.
(Likouteï Si’hot, tome 2, page 455)

Ruse

Un Juif mange avec ruse. En observant l’homme rusé, on peut penser qu’il pactise avec son ennemi, alors qu’en réalité, il agit à l’encontre de sa volonté. Il semble s’investir dans le monde matériel, manger et boire, alors qu’en fait, sa seule motivation est le Nom de D.ieu. Il ne fait, en l’occurrence, que porter les “ vêtements d’Essav ”. Car, il est animé d’un désir profond, celui de restituer au domaine de la sainteté les parcelles divines se trouvant dans ces aliments.
(Likouteï Si’hot, tome 3, page 796)

Végétal

Commentant le verset : “ Car, l’homme est tel l’arbre du champ ”, le Sifri dit : “ Cela nous enseigne qu’un homme reçoit la vitalité uniquement de l’arbre ”. Certes, il consomme également de la viande, mais seul le pain le rassasie. De fait, D.ieu façonna son corps en sorte que sa vitalité provienne essentiellement des végétaux, précisément parce que ceux-ci poussent et grandissent sans cesse. Et, celui qui grandit le plus, qui devient le plus haut est l’arbre.
(Likouteï Si’hot, tome 4, page 1114)

Goût et odeur

Un aliment se caractérise, en outre, par son odeur et, de fait, le sens olfactif surpasse le fait de manger. C’est pour cette raison qu’un aliment est consommé par la bouche, le portique révélant la dimension superficielle de l’intellect. A l’opposé, on sent par le nez, portique révélant sa dimension profonde.
(Likouteï Si’hot, tome 5, page 402)

Faim et soif

L’homme qui mange du pain parce qu’il a faim, qui boit de l’eau parce qu’il a soif, ne recherche pas la compréhension intellectuelle de la manière dont le pain assouvit la faim et l’eau, la soif. Or, il doit en être de même, dans le domaine spirituel. L’âme a faim et soif du pain et de l’eau que sont la Torah et des Mitsvot, mais seule importe l’action concrète, qui est nécessairement la première étape. On ne peut en aucune façon attendre d’avoir compris pour agir.
(Likouteï Si’hot, tome 11, page 294)

Partie intégrante de la chair

Les aliments se confondent à la chair et au sang. C’est la raison pour laquelle l’homme acquiert le caractère de ce qu’il mange. De ce fait, il est permis de consommer la viande d’un animal cacher, mais non son sang. Car, la digestion modifie la nature de la viande, avant de l’intégrer à la chair, ce qui écarte le risque, alors que le sang, qui est liquide, en deviendrait partie intégrante sans être modifié. Ceux qui consomment abondamment du sang acquièrent ainsi pleinement les caractères de leur âme animale.
(Likouteï Si’hot, tome 14, page 51)

Le rôle de la femme

Pour apporter l’élévation à la matière, il est nécessaire de posséder une soumission profonde. Or, une femme possède cette qualité d’une manière naturelle, alors que “ l’homme est, par nature, conquérant ”. C’est précisément pour cela qu’il revient généralement à la femme de préparer les aliments que tous consomment par la suite.
(Likouteï Si’hot, tome 20, page 224)

Le repas du Machia’h

Toute action doit être pénétrée de la conscience de la délivrance et du Machia’h. Ceci s’applique également à ce que l’on mange et à ce que l’on boit. En effet, on doit attendre avec impatience le festin au cours duquel on servira le Léviathan, le grand Buffle et le vin vieux. Bien plus, même à l’issue d’un copieux repas, on aura encore faim de ce festin et l’on affirmera donc à D.ieu que l’on se trouve dans l’impossibilité d’accomplir pleinement les termes du verset : “ Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras l’Eternel ”, tant que le Saint béni soit-Il n’aura pas dressé la table du monde futur.
(Discours du Rabbi, Chabbat Parchat Vayéra 5752-1991)

Le monde d’après – Quel sera le monde après la venue de Machia’h?

Le monde d’après – Quel sera le monde après la venue de Machia’h?

 

Par Menahem Brod / fr.chabad.org

 

Qu’est-ce qui changera ?

Que se passera-t-il lors de l’ère messianique ? De quoi sera faite notre vie ? Autant de questions qui surgissent lorsque l’on pense que Machia’h arrive incessamment. Il est question d’une transformation radicale du monde et de son fonctionnement, et il est bien naturel que cela suscite de l’intérêt, voire de l’inquiétude.

 

La situation actuelle du monde, avec ses bons côtés et ses travers, nous est au moins, elle, connue. Nous nous y sommes habitués, nous avons appris à l’affronter et, dans une certaine mesure, à vivre avec. La venue de Machia’h inaugurera un monde nouveau, une réalité qui nous est inconnue, dont nous ne savons pas quels seront les tenants et aboutissants. Pour certains, c’est une perspective qui peut être intimidante.

 

Tout ira bien

Il est donc nécessaire de rappeler en premier lieu que Machia’h n’amènera que du bien, de la joie et du bonheur à chacun d’entre nous. Les transformations qui auront lieu seront toutes pour le bien de l’humanité. Celui qui est malheureux aujourd’hui, sera heureux, et celui qui est déjà heureux le sera encore plus. La Délivrance messianique amènera la plénitude aussi bien à la collectivité qu’au particulier, et cette plénitude sera source de bien, de joie et de bonheur.

 

L’ère messianique, dans sa plus simple définition, est l’état idéal du monde : un monde droit, un monde fonctionnel, un monde dans lequel règnent le bien et la vérité. Non pas comme le monde d’aujourd’hui dans lequel la vérité est occultée, où le mal triomphe trop souvent du bien et dans lequel les relations entre les choses sont faussées. Notre monde n’est pas un monde normal, et pourtant il véhicule une impression que les choses ont toujours été ainsi et qu’elles le seront toujours, car il ne saurait en être autrement.1Cependant, il est certain que tout peut changer : dès l’instant où la vérité divine se révélera dans le monde, celui-ci se transformera immédiatement pour redevenir droit.

 

On peut comparer la situation actuelle à celle de gens vivant dans un monde obscur et ténébreux. Pendant des années, ils ont développé toutes sortes de comportements qui leur permettent d’évoluer dans l’obscurité : des cannes d’aveugles, des cordes-guides, des signes tactiles, etc. Ces gens ne peuvent pas s’imaginer un instant pouvoir vivre sans tous ces dispositifs qui leur permettent de marcher, de reconnaître les personnes et les lieux, etc. Mais la vérité est que dès qu’une fenêtre sera pratiquée pour laisser entrer la lumière, ils se déferont immédiatement de tous ces systèmes, car ils comprendront qu’ils ne sont plus d’aucune utilité. Ils se demanderont même comment ils ont pu ainsi vivre dans le noir une vie tellement limitée et faussée.

 

Il en est de même pour nous : dès que la Délivrance surviendra et que la gloire de D.ieu se révélera dans le monde, tous les doutes et toutes les difficultés qui alourdissent notre vie s’évanouiront. Il n’y aura plus de questions de foi, car « la gloire de D.ieu se révélera ».2 Il n’y aura plus aucune difficulté à étudier la Torah et à accomplir les mitsvot, car nous nous y sentirons poussés, tout autant que la faim nous pousse aujourd’hui à nous nourrir et la soif, à boire. Il n’y aura plus de guerre, de haines ou de jalousies, car chacun ressentira que l’autre est une partie de lui-même, et que nous formons tous ensemble une entité unifiée. Il ne sera plus nécessaire de combattre le mal, car il n’y aura plus de place pour le mal dans le monde, et le bien y régnera donc seul.

 

La Guéoula au sein de la Gola

Cette perspective de la « Guéoula », la Délivrance messianique, nous permet de comprendre les propos des Sages du Talmud, de Maïmonide et d’autres, selon lesquels, lors de l’ère messianique, « le monde suivra son cours ». Car, comme nous l’avons dit précédemment, la Délivrance ne vient pas bouleverser l’ordre du monde et ébranler ses fondements. C’est tout le contraire : la Délivrance vient introduire de l’ordre dans le monde existant, en remettant les choses à leur place légitime et naturelle et en dirigeant toutes les forces présentes dans le monde vers le bien et la sainteté. C’est pourquoi il est clair qu’elle se fera au sein même de la réalité actuelle.

 

Le Rabbi de Loubavitch a de nombreuses fois évoqué et souligné ce point, en particulier en réponse à ceux qui craignaient que la Délivrance vienne détruire tout ce qu’ils ont bâti pendant l’exil. Il n’y a aucune base à cette crainte. La Délivrance ne fera qu’introduire une perfection dans chaque chose. On peut voir à cela une allusion dans le mot hébraïque Guéoula – גאולה, « Délivrance », formé des lettres du mot Gola – גולה, « exil », auxquelles s’ajoute la lettre alef א. Ceci nous enseigne que la Délivrance se revêtira dans la réalité actuelle de l’exil, mais qu’elle y introduira le « alef », c’est-à-dire la révélation du Aloufo chel olam, du Maître du monde.3

 

Lorsque D.ieu se révélera dans le monde, l’exil lui-même se métamorphosera en Délivrance !

 

 

NOTES

1.

Il est utile de préciser que de nombreux travers de notre monde n’existaient pas lors de sa création, mais apparurent après le péché de l’Arbre de la Connaissance. Lors de l’ère messianique, le monde retrouvera son état originel, pour ensuite s’élever encore plus haut. Voir longuement Avodat Hakodech vol. 2, chap. 38.

2.

Isaïe 40,5.

3.

Discours du Chabbat A’harei-Kedochim

 

Comment le Rabbi a réagi lorsqu’un juif lui a dit: «Que le Rabbi puisse se rendre très bientôt en Israël»

Comment le Rabbi a réagi lorsqu’un juif lui a dit: «Que le Rabbi puisse se rendre très bientôt en Israël»

 

 

Par Dovid Zaklikowski 

 

On a souvent demandé au Rabbi pourquoi était-il resté à New York alors qu’il aurait pu s’établir en Israël. Pour beaucoup, il semblait étrange qu’il soir resté dans la diaspora, d’autant plus qu’il professait un tel amour pour la Terre sainte et ses habitants.

 

Un jour, un juif dit timidement au Rabbi: «Que Dieu fasse que le Rabbi se rende très prochainement en Terre d’Israël».

Le Rabbi a paru surpris. “Que je devrais voyager?”

L’homme sourit timidement et hocha la tête.

“Je vais demander à mon secrétariat si j’ai un billet d’avion prêt”, répondit le Rabbi avec un sourire.

Alors que l’homme était sur le point de partir, le Rabbi lui dit:

“Il n’est pas nécessaire que vous m’achetiez ce billet…”.

 

Quant à la question elle-même, pourquoi le Rabbi n’a-t-il pas vécu en Israël, le Rabbi a donné plusieurs réponses différentes.

Sa propre raison peut être déduite de la réponse que le Rabbi a donné de nombreuses fois à différents dirigeants communautaires aux Etats-Unis qui désiraient s’installer en Israel :

«Il y a beaucoup à faire pour le renforcement et la diffusion du judaïsme dans votre communauté. De plus, le besoin est très grand et, en même temps, la main-d’œuvre est très petite, car il y a peu de personnes actives dans ce domaine. Par conséquent, en tant que leader, vous devriez rester où vous êtes.”

 

Le Rabbi était profondément impliqué dans la vie en Israël. Il essayait de trouver des solutions à de nombreux problèmes complexes et il connaissait toutes les figures les plus influentes du pays. À plus d’une occasion, des ministres du gouvernement étaient étonné par la perspicacité profonde du Rabbi et sa connaissance de la sécurité et des questions diplomatiques, dont certaines étaient très secrètes.

 

 

 

 

Les hauts responsables militaires qui ont parlé avec le Rabbi ne pouvaient pas croire à quel point le Rabbi connaissait la topographie du pays dans les moindres détails, alors qu”il n’avait jamais visité les régions en question. Lors des réunions avec des maires locaux, le Rabbi a montré un niveau de connaissance surprenant des différents quartiers des villes d’Israël.

 

Le Rabbi a grandement encouragé l’Aliya en Israël. Il a soutenu la construction de colonies de peuplement et a ordonné à ses ‘hassidim d’y installer des industries, de stimuler le moral des gens et de faire tout ce qui était en leur pouvoir pour les rassurer au cours de leurs moments les plus difficiles.

 

 

 

 

En conséquence, beaucoup ont demandé pourquoi le Rabbi lui-même n’avait pas déménagé en Israël. Le Rabbi, cependant, ne donnait que de brèves réponses à cette question posée par des personnalités israéliennes.

 

Le Rabbi a une fois expliqué qu’il voyait le monde juif comme un navire qui coulait et Israël comme le canot de sauvetage. “Quand le navire coule, le capitaine doit d’abord mettre tous ses passagers sur l’embarcation de sauvetage. Alors seulement, il est autorisé à quitter le navire “.

 

Le Rabbi a parfois dit qu’il voyait sa propre arrivée en Israël comme l’achèvement de son travail pour sauver la nation juive de l’assimilation. Mais ce travail n’est pas encore terminée et ses Chlou’him se dévouent pour venir en aide aux juifs afin de préparer le monde à la venue imminente du Machia’h.

 

 

 

Le Rabbi : “Le Rambam écrit qu’Avraham portait également le nom de Eitan”

Le Rabbi : “Le Rambam écrit qu’Avraham portait également le nom de Eitan”

Le juif fort 2ème partie

23 Nissan 5751 – 7 Avril 1991

‎Posted by JEM Français on‎ שישי 20 אפריל 2018

La terre et l’eau : Une perspective ‘hassidique sur certaines lois alimentaires

La terre et l’eau : Une perspective ‘hassidique sur certaines lois alimentaires

Loubavitch.fr

 

La terre et l’eau : ces deux éléments, constituant essentiels de l’environnement humain, renvoient, dans l’enseignement de la Cabbale et de la ‘hassidout, au monde matériel pour le premier, à la spiritualité pour le second.

 

Car ce qui oppose la terre et l’eau illustre exemplairement la différence entre la matière et l’esprit. On observera notamment que deux corps solides, même mélangés, restent fondamentalement séparés. En fait, pour les unir au point d’aboutir à un objet nouveau, il faut introduire un élément liquide ou porter ces corps à un point de fusion (autrement dit les liquéfier).

 

De la même façon, le monde matériel apparaît se caractériser par la pluralité et la séparation quand la spiritualité se manifeste sur le mode de l’unité, dans une tension vers l’Unique. Là où l’être matériel est , par essence, égoïste, seulement attentif à son maintien où à son expansion, soucieux d’obtenir les consommations qui répondront à son inextinguible appétit, la vie spirituelle ne se conçoit authentiquement que sur un fond d’altruisme, de désintéressement.

 

Et comme l’eau, la spiritualité est un puissant facteur d’unification lorsqu’elle pénètre le monde matériel. Ainsi, une âme fait-elle d’un amoncellement de cellules un être doué de ce miracle : la vie ; l’idée relie de multiples faits disjoints en un tout cohérent ; l’amour se détourne, du moi instinctif, vers le ” nous ” partagé ; et celui qui se détache de l’exténuante poursuite des satisfactions matérielles pour se tourner vers le service de son Créateur, retrouve la voie d’une harmonie oubliée.

 

Le bétail, les oiseaux, les poissons.

 

Les lois de la cacherout ordonnées par la Torah (par le Lévitique 11 et le Deutéronome 14 et le Talmud, en particulier dans le traité ‘Houllin), décident des aliments autorisés à la consommation du juif et de ceux qui lui sont interdits.

 

Ces lois classent ainsi les animaux en trois catégories : le bétail, les oiseaux, les poissons . A chacun de ces groupes correspondent des lois particulières qui permettent de distinguer un animal à priori cachère de celui qui ne l’est pas.

 

Pour les animaux vivant sur le sol, deux critères cumulatifs doivent être appliqués : ils doivent être ruminants et avoir le sabot fendu . En pratique seuls dix espèces restent alors autorisées à la consommation .

 

S’agissant des oiseaux, le modèle de différenciation est inversé : vingt quatre espèces sont interdites, les autres restent permises.

 

Enfin les poissons consommables sont reconnus à deux signes : des écailles et des nageoires.

 

Les conditions d’abattage des animaux sont, elles-aussi, rigoureusement prévues par la Torah. La moindre aspérité qui affecterait le tranchant de la lame, la plus petite déviation dans le geste du cho’het, l’abatteur rituel, rendent l’animal impropre à la consommation.

 

Ces règles, cependant, différent suivant la catégorie concernée. Elles sont extrêmement contraignantes pour le bétail :la lame du cho’het doit trancher sur la majorité de leur étendue deux points vitaux, la trachée et le gosier. Pour les oiseaux, il suffit de l’un de ces deux organes. Les poissons sont simplement pêchés.

 

Le Talmud justifie ces différences en en appelant à l’origine première des animaux. De ceux qui vivent au sol, la Genèse dit qu’ils ont été crées à partir de la terre . Les poissons l’ont été à partir de l’eau. Quant aux oiseaux, la Genèse indiquant les deux origines, le Talmud en conclut qu’ils sont issus d’un mélange de terre et d’eau.

 

On voit certes apparaître là un rapport : lorsque l’élément de terre est exclusif, la règle d’abattage est très contraignante, quand l’élément d’eau est seul impliqué, cette règle est inexistante. Et, les deux éléments se trouvant conjoints, une règle s’impose mais à un niveau moins rigoureux.

 

Reste à élucider le sens de ce rapport. Pour y parvenir, il faut tenter d’établir un lien, entre les catégorisations qui ont été posées et l’âme humaine. Nos Sages ont enseigné, faisant écho à l’adage du Roi Salomon, que l’homme est un univers en miniature. Les trois catégories dans lesquelles à été, ici, réparti le règne animal, doivent donc trouver une correspondance dans le microcosme humain : en lui, les lois de la cacherout doivent aussi trouver application, permettant de déterminer ce qui, dans sa psyché, est acceptable ou non et, pour ce qui est acceptable, sous quelles conditions la ” consommation ” peut-en être autorisée.

 

Les trois âmes

 

Dans les premiers chapitres du Tanya, Rabbi Shnéour Zalman de Liady établit l’existence de deux âmes distinctes : l’âme animale (néfech habahamit) et l’âme divine (néfech ha Elokit).

 

L’âme animale est l’essence de l’homme engagé dans sa vie mondaine. Son seul horizon est celui d’une satisfaction égoïste des désirs inspirés par la matérialité du monde.

 

A l’opposé, l’âme divine tend vers l’union avec celui en dehors de Qui il n’est rien, D.ieu . Si pareille aspiration était satisfaite, elle cesserait d’exister comme entité distincte et pourtant, c’est bien dans cette aspiration qu’est son essence.

 

La ‘hassidout évoque encore une troisième âme, moins enfermée dans sa subjectivité égoïste que l’âme animale mais qui, cependant, n’a pas l’élévation de l’âme divine. C’est l’âme intellectuelle (néfech hasi’hlit). L’intellect humain est comme l’apogée du moi naturel, capable d’une pensée objective et même autocritique. On ne veut pas dire ici qu’il serait libre des pesanteurs de l’ego : il n’est pas désintéressé. Mais au moins possède-t-il la capacité d’envisager des vérités transcendantes et, par là, de prendre ses distances d’avec le moi.

 

Ainsi est-il un pont entre les deux premières âmes ; c’est par lui que peut s’exercer l’influence de l’âme divine sur l’âme animale : lorsqu’est reconnue la vérité divine et perçue le but d’une vie ici-bas, cette compréhension même produit un raffinement de l’être auparavant égoïste.

 

En contrepoint de ces trois âmes, on aura déjà aperçu sans peine les images des trois catégories animales évoquées. Car tels sont le ruminant, l’oiseau et le poisson en l’homme : l’âme animale est grosse des plaisirs de cette terre dont le ruminant est formé et dont il ne peut se détacher.

 

A l’opposé, brille l’âme divine en laquelle se retrouvent les vertus de l’eau. Et qui, comme le poisson, ne peut vivre hors de son élément, ne peut concevoir une existence séparée de sa source.

 

Il y a encore, l’oiseau, être de terre et d’eau, capable de s’élever vers les hauteurs du ciel et qui pourtant, entre ses envols, redescend vers le monde du ruminant.

 

On a vu le niveau, plus ou moins grand d’exigence des règles qui s’imposent pour l’abattage d’un animal.

 

La che’hita, l’acte du cho’het, prive l’animal de sa vie, toute entière force de désir avide de nourritures matérielles pour l’élever vers un règne supérieur. Non que le monde matériel doive être, comme tel, rejeté mais parce qu’il doit être utilisé en vue de l’accomplissement du projet divin.

 

Aussi chacun doit-il encore, après que les aspects non cachers de sa vie ont été écartés, faire subir à ce qui subsiste une ” ché’hita “, en extirper la puissante appétence pour les choses du monde, pour tout ce qui, encore et encore, s’offre au moi égoïste, satisfait d’être ces consommations et ces appétits.

 

La ” che’hita exigeante ” sera appliquée à l’âme animale qui ne connaît que la matérialité de la terre.

 

L’âme intellectuelle, composé de terre et d’eau n’impose qu’une ” che’hita ” plus légère : dans l’intellect, par lequel peut s’exercer la méditation sur le Divin, des traits positifs existent.

 

Et, bien sûr, l’âme divine n’en requiert aucune : pure de toute forme d’égoïsme elle est, telle quand elle-même l’apogée de tout homme.

 

B. Ziegelman

La prière de la Amidah en phonétique

La prière de la Amidah en phonétique

Prière (Téfila) de Chemoné Esré (AMIDA)  pour les jours de la semaine :

On fait trois pas en arrière puis en avant et on dit: 

Ado-naï sefatay tifta’h oufi yagid tehilatékha:

Baroukh Ata Ado-naï, Elo-hènou ve-Elo-hèi avoténou Elo-hèi Avraham Elo-hèi Its’hak ve Elo-hèi Yaacov, haè-l hagadol hagibor vehanora, El elyone, gomèl ‘hassadim tovim, koné hakol, vezokhèr ‘hasdé avote, oumévi goèl livné venéhèm lemaan chemo beahava,
(Entre Roch Hachanah et Kippour on rajoute: “zokhrènou le’haïm, Melekh ‘hafets ba’haïm, vekhotevenou bessefer he’haïm, lemaanekha Elo-him haïm”.)
Mélèkh ozèr oumochia oumagèn, Baroukh Ata Ado-naï, magèn Avraham

Ata gibor leolam Ado-naï, me’hayé métim Ata, rav lehochia,
(en été) Morid Hatal,
(en hiver) Machiv haroua’h oumorid haguéchèm,
Mekhalkèl ‘haim be’héssèd me’hayé métim bera’hamim rabim, somèkh noflim, verofé ‘holim, oumatir assourim, oumekayèm émounato lichéné afar, mi khamokha baal gevourote, oumi domé lakh, Mélèkh mémite oume’hayé oumatsmia’h yechoua,
(Entre Roch Hachanah et Kippour on rajoute: “mi khamokha Av hara’haman, zokher yetsourav le’haïm bera’hamim)
venéémane Ata leha’hayote métim, Baroukh Ata Ado-naï, me’hayé hamétim.

Ata kadoch vechimekha kadoch oukedochim bekhol yom yehaleloukha séla, Baroukh Ata Ado-naï, (Entre Roch Hachanah et Kippour: “haMelekh hakadoch”) haEl Hakadoch.

Ata ‘honèn leadam daate oumelamèd léénoch bina ‘honénou mé-itekha ‘hokhma bina vadaat,
Baroukh Ata Ado-naï, ‘honèn hadaate.

Hachivénou avinou letoratékha vekarevénou malkénou laavodatékha, veha’hazirénou bitechouva cheléma lefanékha, Baroukh Ata Ado-naï, harotsé bitechouva.


Sela’h lanou avinou ki ‘hatanou, me’hol lanou malkénou ki fachanou, ki El tov ve-sala’h Ata, Baroukh Ata Ado-naï, ‘hanoun hamarbé lisloa’h.


Reé na beonyénou, veriva rivénou, ougealénou mehéra lemaan chemékha, ki El goèl ‘hazak Ata, Baroukh Ata Ado-naï, goèl Israël.

Refaénou Ado-naï venérafé, hochiénou venivachéa ki tehilaténou Ata, veaalé aroukha ourefoua cheléma lekhol makoténou, ki El Mélèkh néémane vera’hamane Ata, Baroukh Ata Ado-naï, rofé ‘holéi amo Israël.

Barèkh alénou Ado-naï Elo-hénou ète hachana hazote veète kol miné tevouata letova, 

(en été) vetèn berakha
(en hiver) vetèn tal oumatar 

al pené haadama vessabéénou mitouvekha, ouvarèkh chenaténou kachanim hatovote livrakha, ki El tov oumétive Ata oumevarèkh hachanim, Baroukh Ata Ado-naï, mevarèkh hachanim.

Teka bechofar gadol le’hérouténou vessa nèsse lekabèts galouyoténou vekabetsénou ya’had méarba kanefote haarèts leartsénou, Baroukh Ata Ado-naï, mekabèts nid’hé amo Israël.

Hachiva chofeténou kevarichona, veyoatsénou kevate’hila, vehassèr miménou yagone vaana’ha, oumelokh alénou Ata Ado-naï levadekha bera’hamim betsédek ouvemichpate, Baroukh Ata Ado-naï, (Entre Roch Hachanah et Kippour: “haMelekh hamichpat”) Mélèkh ohèv Tsedaka oumichpat.

Velamalchinim al tehi Tikvah, vekhol haminim vekhol hazédim keréga yovédou, vekhol oyvé amekha mehéra yikarétou, oumalkhoute haricha mehéra teakère, outechabère, outemagère, vetakhnia, bimhéra beyaménou, Baroukh Ata Ado-naï, chovèr oyvim oumakhnia zédim.

Al hatsadikim veal ha’hassidim veal ziknéi amekha bèit Israël, veal pelétate bèit sofréhème, veal guéré hatsédek, vealénou, yéémou na ra’hamékha, Ado-naï Elo-hènou, vetène sakhar tov lekhol habot’him bechimkha béémète, vessim ‘hèlkénou imahèm, ouleolam lo névoch, ki bekha bata’hnou, Baroukh Ata Ado-naï, michan oumivta’h latsadikim.

Velirouchalaim irekha bera’hamim tachouv, vetichkone betokha, kaachèr dibarta, vekhissé David avdékha mehéra betokha takhine, ouvné otah bekarov beyaménou binyane olam,
Baroukh Ata Ado-naï, boné yerouchalaim.

Ete tséma’h David avdékha mehéra tatsmia’h, vekarno taroum bichouatékha ki lichouatekha kivinou kol hayom, Baroukh Ata Ado-naï, matsmia’h kérèn yechoua.

Chema kolénou Ado-naï Elo-hénou, av hara’hamane, ra’hèm alénou, vekabèl bera’hamim ouveratsone ète tefilaténou, ki El choméa tefilote veta’hanounim Ata, oumilefanékha malkénou rékam al techivénou, ki Ata choméa tefilate kol pé, (A Min’ha des jours de jeune, on rajoute “anènou …“)
Baroukh Ata Ado-naï, choméa tefila.

Retsé Ado-naï Elo-hènou beamekha Israël velitefilatam chéé, vehachèv haavoda lidvir bétékha, ve-iché Israël outefilatam beahava tekabèl beratsone, outehi leratson tamid avodate Israël amékha, 

(Les jours de Roch ‘Hodech et demi fêtes, on intercale 
Elo-hènou ve-Elo-hèi avoténou, yaalé ve-yavo veyagia, veyeraé veyeratsé veyichama, veyipaked veyizakher zikhronénou oufikdonénou, vezikhron avoténou, vezikhron machia’h ben David avdekha, vezikhron Yérouchalaïm ir kodchekha, vezikhron kol amekha Beith Israël lefanekha, lifletah, letovah, le’hen oule’hessed oulera’hamim, oule’haïm tovim oulechalom
A Roch ‘Hodech: beyom Roch ha’Hodech hazé,
A Pessa’h: beyom ‘hag hamatsot hazé,
A Souccot: beyom ‘hag hassouccot haze,
zakhrénou Ado-naï Elo’hènou bo letovah, oufokdénou vo livrakha, vehochiènou vo le’haïm tovim, oubidvar yéchoua vera’hamim, ‘hous ve’hanènou, vera’hem aleinou vehochiènou, ki eleikha eineinou, ki El Melekh ‘hanoun vera’houm Ata
)


veté’hézéna éinéinou bechouvekha letsione bera’hamim, Baroukh Ata Ado-naï, hama’hazir chekhinato letsione.

Modim ana’hnou lakh, chaata hou Ado-naï Elo-hènou vé-Elo-hei avoténou leolam vaèd, tsour ‘hayénou, magèn ychénou Ata hou, ledor vador nodé lekha ounessapère tehilatekha, al ‘hayénou hamessourim beyadekha, veal nichmoténou hapekoudote lakh, veal nissékha chébekhol yom imanou, veal nifleotékha chébekhol ète, érèv vavokère vetsahoraim, hatov, ki lo khalou ra’hamékha, hamera’hèm, ki lo tamou ‘hassadékha, ki méolam kivinou lakh, 


(Les jours de ‘Hannoucah et Pourim on rajoute: “al hanissim …”)

veal koulam ytbarèkh veyitromam veyitnassé chimkha malkénou tamid leolam vaèd, 

(Entre Roch Hachanah et Kippour on rajoute: oukhtov le’haïm tovim kol benei beritekha)

vekhol ha’haim yodoukha séla, vyihalelou chimkha hagadol leolam ki tov, haEl yechouaténou véézraténou séla, haEl hatov, Baroukh Ata Ado-naï, hatov chimkha oulkha nahé lehodote.

Sim chalom, tova ouvrakha, ‘haim ‘hèn va’héssèd vera’hamim, alénou veal kol Israël amékha, barekhénou avinou koulanou keé’had beor panékha, ki beor panékha natata lanou Ado-naï Elo-hènou torate ‘haim veahavate ‘héssèd, outsdaka ouvrakha vera’hamim ve’haim vechalom, vetov beéinéikha levarèkh ète amekha Israël bekhol ète ouvekhol chaa bichlomékha,
(entre Roch Hachanah et Kippour on rajoute “Ouvesefer ‘haïm, berakha vechalom, oufarnassa tova, yechouah vene’hama, ougezerot tovot, nizakher venikatev lefanekha, ana’hnou vekhol amekha beith Israël, le’haïm tovim oulechalom“)
Baroukh Ata Ado-naï, hamevarèkh ète amo Israël bachalom.

Yhyou leratson imrei fi ve-hegion libi lefanekha Ado-naï tsouri ve-goali.

Elo’haï, netsor lechoni mera, ou ssefataï midaber mirmah, velimekallelaï nafchi tidom, ve-nafchi kaafar tihyéh, peta’h libi betoratekha, ou vemitsvotekha tirdof nafchi, vekhol ha’hochevim alaï raah meherah hafer atstam ve-kalkel ma’hchevotam. Yhiou kemots lifneï roua’h, oumalakh Ado-naï do’hé,. Lemaan ye’haletsoun yedidekha, hochia yeminekha vaaneni. Asséh lemaan chemekha, Asséh lemaan yeminekha, Asséh lemaan toratekha, Asséh lemaan kedouchatekha.
Yhyou leratson imrei fi ve-hegion libi lefanekha Ado-naï tsouri ve-goali.

On fait trois pas en arrière et on dit: 

Osséh (entre Roch Hachanah et Kippour “hachalom”) chalom bimeromav hou yaasséh chalom aleinou, veal kol Israël, ve-imerou amen.
Yehi ratson milefanekha, Ado-naï Elo’hènou ve-Elo-hei avotènou, che-yibané beth hamikdach bimehera be-yamènou, veten ‘helkènou betoratèkha.

puis on fait trois pas en avant.

FIN

Source : milah.fr / Dr et Mohel Aharon Altabé

Echange émouvant entre une veuve d’un combattant de Tsahal et le Rabbi

Echange émouvant entre une veuve d’un combattant de Tsahal et le Rabbi

 

Traduction Hassidout.org

 

Une femme, dont le mari a été tué lors de la guerre de Kippour en octobre 1973, a écrit au Rabbi une lettre au sujet de ses enfants qui réclamaient leur père. Elle reçu une réponse manuscrite du Rabbi, pleine d’amour.

 

Voici les termes de sa lettre :

Hachem se tenait aux côtés de notre nation pendant cette période difficile de la guerre et quelques-uns ont réussi à résister à la multitude. Mais chaque victoire exige des sacrifices et, en effet, il n’y a pas de plus grand sacrifice que celui de la vie. Depuis que je suis seule avec mes enfants, la tâche de les éduquer et de les élever est difficile pour moi dans un monde vaste et quelque peu cruel. Comment expliquer à mes enfants que la mort de leur père est aussi la volonté de D.ieu?
Mon jeune garçon me demande : Maman, lorsque Machia’h viendra tous les morts revivront et papa aussi reviendra. Pourquoi Machia’h ne vient-il pas maintenant?
Ma fille quant à elle, me demande à son tour : Où mon papa se trouve-t-il?

 

 

Le Rabbi a écrit sa réponse à la main sur la lettre originale :

Pour les questions des enfants que vous mentionnez, il faut expliquer (c’est la vérité), qu’il existe des âmes pures que D.ieu Tout-Puissant veut qu’elles soient dans le ciel, après avoir terminé leur mission sur terre et protéger les enfants d’Israël qui vivent sur la terre d’Israël. Et, dans le ciel, elles préconisent pour le bien de tous leurs proches et surtout pour leurs enfants, et elles demandent à D.ieu que les enfants réussissent dans leur apprentissage et leur comportement, etc. Et quand les enfants se comportent ainsi, c’est un plaisir pour la Néchama qui est bel et bien vivante, etc.

2 Iyar 1968 – 2018 : 50 ans du Beth Loubavitch

2 Iyar 1968 – 2018 : 50 ans du Beth Loubavitch

 

Traduit par Elisabeth Benhamou / hassidout.org

 

Rav Chmouel Azimov et son épouse Bassie, Chlou’him à Paris depuis 1968,  ont initié l’incroyable “révolution juive” en France, ont rapproché des dizaines de milliers de juifs de leurs racines juives et ont créé plus de 70 institutions communautaires.

 

Né en Russie en 1945, le Rav Chmouel Azimov avait à peine 3 ans lorsque sa famille est arrivée à Paris, fuyant le communisme. Pour la plupart des hassidim Habad qui fuyaient le communisme, la France était un lieu de transit, pour aller soit en Terre Sainte, soit aux Etats-Unis. Le Rav Haim Hillel Zyslin-Azimov, son épouse Reisha et leurs enfants furent parmi les rares familles qui s’installèrent en France. En 1948, il n’y avait plus beaucoup de juifs à Paris. La plupart étaient des survivants de la Shoah éloignés de la religion, et la capitale était quasiment dépourvue de toute vie juive.

 

Le Rav Chmouel Azimov a commencé comme enseignant dans un des Talmud Torah sous la direction de son père qui faisait du porte à porte pour recruter des élèves. Le Rav Haim Hillel Azimov fonda plus de 20 Talmud Torah à Paris et dans ses environs.

 

Lorsqu’il fut en âge d’entrer à la Yéchiva, il rejoignit la Yéchiva Tomhei Tmimim Loubavitch de Brunoy fondée en 1947 par Rabbi Yossef Itshak Schneersohn, le sixième Rabbi de Loubavitch.

 

En 1963, agé de 17 ans, le Rav Chmouel Azimov fit son premier voyage transatlantique à bord d’un vol en provenance de Londres avec deux autres élèves de la Yéchiva de Brunoy pour rencontrer le Rabbi, Rabbi Menahem Mendel Schneersohn, le septième Rabbi de Loubavitch. Au retour de cette première visite chez le Rabbi, ils reçurent tous les trois des instructions pour commencer des activités à Paris, tout en poursuivant leurs études à la Yéchiva de Brunoy. Il y avait de nombreux jeunes juifs issus des pays d’Afrique du Nord et des enfants de survivants de la Shoah qui étaient assimilés. Ils ont commencé à étudier avec un certain nombre d’entre-eux, à leur enseigner la Torah, et dont quelques-uns les ont rejoints à la Yéchiva de Brunoy.

 

En 1967, après son mariage à New York avec Bassie Shemtov, la plus jeune fille de fameux hassid Rav Bentsion Shemtov, de mémoire bénie, le couple est envoyé par le Rabbi à Paris en tant que Chlou’him.

 


Arrivé le mardi 30 avril 1968, 2 Iyar 5728, jour anniversaire du Rabbi Maharach, troisième Rabbi de Loubavitch, et veille de la fameuse révolte étudiante de Mai 1968, 
le jeunes couple a initié une transformation radicale du judaisme en France. Ils ont toujours agi sous la direction du Rabbi: le Rav Chmouel Azimov et sa femme devaient enseigner autant que possible. Le Rabbi demanda au Rav Azimov de consacrer la moitié de son temps à l’enseignement.

 


En 1972, le Rav Azimov ouvre le premier Beth Loubavitch au 8 rue Lamartine, dans le 9ème arrondissement de Paris. Au fil des ans, des centres Loubavitch ouvrent dans tous les arrondissements de Paris et en banlieue. 
La France accueille l’une des plus grandes communautés juive de diaspora, et la vie juive à Paris, où habitent environ 350 000 juifs est en plein essor. Avec plus de 40 centres Loubavitch  une école qui accueille 2000 élèves et quelques 180 Chlouhim, le Rav Azimov et son épouse ont construit les bases solides d’une communauté juive florissante.

 

Avec sa vision profondément hassidique et l’intérêt qu’il portait à chacun, “Moulè” (diminutif de Chmouel) et Bassie ont investi tous les aspects de la vie communautaire juive, travaillant sans relâche, en coopération avec toutes les organisations communautaires de la ville et les autorités municipales.

 

Les 180 Chlouhim qui dirigent les centres habad de Paris aujourd’hui, sont des élèves de Rav Azimov et de son épouse. Ceci reflète le fonctionnement de cette famille hors du commun et laisse apparaître une relation maître/élève exemplaire.

 

Le Rabbi suivait de près l’évolution de la vie juive à Paris, où lui et son épouse avaient vécu pendant environ 7 ans (à partir de 1935). «Nous avons semé, à vous de récolter!»,  lui a dit un jour la Rebbetzin Haya Mouchka, en faisant allusion à cette période de leur vie à Paris,

 

Mme Bassie Azimov a quitté ce monde le 17 Hechvan 5772 – 14 novembre 2011. Le Rav Chmouel Azimov a quitté ce monde le 12 Hechvan 5775 – 5 novembre 2014. 

 

 

 

 

Les coutumes de la circoncision “Brith Mila”

Les coutumes de la circoncision “Brith Mila”

 

A. La nuit de veille
On a coutume(1) de veiller auprès de l’enfant, pendant toute la nuit qui précède sa circoncision. On consacre cette nuit à l’étude de la Torah et celle-ci est appelée “ nuit de veille”, en yiddish Wa’h Na’ht(2).

B. La fixation d’une date ultérieure, même au bénéfice du doute 

Le Tséma’h Tsédek, dont le mérite nous protégera, enseigne(3) que, si l’on peut craindre d’une quelconque façon(4), que l’enfant ne soit pas suffisamment fort, il est nécessaire, d’après la Torah, de reporter la circoncision, jusqu’à ce qu’il puisse la supporter. Il n’y a pas lieu d’adopter une attitude moins rigoriste, en la matière.

 

Selon une autre décision hala’hique du Tséma’h Tsédek(5), il convient également, lorsque la peau de l’enfant est anormalement rouge, de fixer la circoncision au septième jour après sa guérison.
De même, le Rabbi précisa à son secrétaire, le Rav ‘Haïm Yehouda Krinski que l’on doit attendre, pour circoncire un enfant atteint de jaunisse, que se soient écoulés sept jours pleins après sa guérison.

Le Rabbi précisa, à ce propos : “ Il est possible de retarder(6) une circoncision. En revanche, on ne peut pas faire revivre une âme juive”. (Lire la suite)

C. Les accompagnateurs
Conformément à la coutume juive(7), une femme enceinte ne peut pas figurer parmi les accompagnateurs d’une circoncision(8).
D. Un Mohel expérimenté
On a pu observer(9), chez le Tséma’h Tsédek, le comportement suivant. Dans un endroit où il y avait deux Mohels, le premier étant un homme ordinaire, mais habile(10), le second étant plus âgé, possédant de plus profondes connaissances, mais moins adroit, il opta pour le premier et précisa que le critère à retenir, en la matière, est bien celui de l’acte concret.
E. Un Sandak pour deux frères
Selon une coutume juive(11), citée par le Ramah(12), on ne demande pas à un même homme d’être le Sandak, celui qui tient l’enfant pendant la circoncision, pour deux frères(13).
En revanche, ce principe ne s’applique pas au Rav de la communauté(14) qui peut être Sandak(15) pour plus d’un enfant ayant les mêmes parents.
Je n’ai pas observé, parmi les ‘Hassidim, qu’un père soit lui-même le Sandak pour deux de ses fils(15*)
F. Le Talith du Sandak
Une fois(16), le Rabbi Rayats se rendit à une circoncision de laquelle il devait être le Sandak. Il demanda alors qu’on lui apporte son propre Talith et il le mit, sans réciter la bénédiction, alors que plusieurs heures s’étaient déjà écoulées depuis la fin de la prière(17). Le Rabbi en fit de même(18).
Le Rabbi(19), quand il était le Sandak, gardait son chapeau et il portait le Talith sur les épaules(20).
G. Deux chaises pour une circoncision, l’une pour le prophète Elie et l’autre pour le Sandak 
Doit-on(21) disposer deux chaises différentes, lors d’une circoncision(22) ?
Je n’ai pas reçu d’enseignement clair sur ce qu’est notre coutume, en la matière, mais il me semble, et j’en suis même pratiquement certain(23), qu’à la circoncision à laquelle j’ai assisté, à Varsovie et dont mon beau-père, le Rabbi, était le Sandak, il n’y avait qu’une seule chaise.
H. La circoncision avec un clapet
S’agissant(24) de la circoncision des enfants juifs avec l’instrument qui est appelé “clapet”(25), il y a en cela, tout d’abord, une profanation de la sainteté de la Mitsva, laquelle doit être accomplie, de ses propres mains, par un Juif respectueux des Mitsvot. En outre, on inflige ainsi une douleur et une souffrance à l’enfant.
Il est donc interdit de procéder de la sorte, non seulement au cours du Chabbat, puisque l’on transgresse ainsi la sainteté de ce jour et que l’on se rend passible, de ce fait, de lapidation, mais aussi pendant la semaine.
Il est clair qu’une circoncision conforme à la Hala’ha, c’est-à-dire effectuée sans clapet, est une pratique favorable pour avoir une longue vie. Celle qui vient d’être décrite va à l’encontre de cela, ce qu’à D.ieu ne plaise.
I. Le retournement de la membrane muqueuse
On doit faire en sorte(26), dans toute la mesure du possible, que le retournement de la membrane muqueuse(27) soit effectué en une opération séparée(28), mais non en même temps que l’on coupe la peau.

J. La succion buccale

La succion(29) doit nécessairement être buccale(30) et aucun risque de maladie n’en découle, ce qu’à D.ieu ne plaise. Le bon sens permet de l’établir puisque cette pratique est en usage depuis des millénaires, sans que rien de mal n’en ait jamais découlé, ce qu’à D.ieu ne plaise.

 

Et, il appartient à celui qui désire modifier cette manière de procéder d’apporter la preuve qu’il est utile de le faire. Mais, l’on ne confiera pas la circoncision à quelqu’un qui souhaite pratiquer de cette façon et celui qui respecte la Mitsva n’en concevra rien de mal.

K. La succion à travers une seringue

S’il y a nécessité absolue(31) de le faire, par exemple si la circoncision est refusée dans tout autre cas, on pourra effectuer la succion à travers une seringue en verre(32).
Certains placent de la ouate dans cette seringue et aspirent à travers elle. Cette ouate a un rôle stérilisateur et elle retient le passage des bactéries. Plus précisément, je veux dire qu’on place dans la seringue une quantité de ouate, ne faisant pas obstacle à la succion, mais permettant, néanmoins, au souffle de celui qui l’effectue de la traverser. De même, le sang qui aura été aspiré traversera cette ouate stérilisée.

 

L. La circoncision sous anesthésie

Vous faites allusion(33) à la circoncision d’un garçon qui est déjà Bar Mitsva(34). On envisage, pour la pratiquer, de se servir d’un liquide qui provoquera une anesthésie générale.

Il est toutefois possible de pratiquer une injection à proximité de l’endroit de l’intervention, généralement dans la moelle épinière, ce qui supprime la sensation de la douleur pendant un certain temps, sans endormir. L’homme est alors maître de tous ses sens, ce qui veut dire qu’il est pleinement astreint à la pratique des Mitsvot. La différence entre les deux situations est bien évidente(35).
M. La fixation d’une circoncision après la prière de Min’ha, afin de réunir une large foule
On vous a demandé(36) s’il y a lieu de supprimer l’usage qui consiste à retarder l’heure à laquelle une circoncision est pratiquée afin que celle-ci puisse se dérouler en présence d’une foule nombreuse.
Il est bon(37) qu’une circoncision soit joyeuse et, de fait, différents textes en définissent la joie.
Et, ceci repousse même la nécessité de l’empressement, qui conduit à mettre en pratique une Mitsva au plus vite. Ainsi, lorsque le jeûne de Tichea Be Av est repoussé du Chabbat au dimanche, la circoncision pratiquée en ce jour est fixée après la prière de Min’ha, ce qui permet d’interrompre le jeûne(38).
La pratique apporte la preuve que la joie dépend du nombre(39) des participants. Parfois, l’absence de certains peut même être cause de tristesse.
En outre, un autre élément intervient également, en la matière : la circoncision est l’occasion d’une réunion de ‘Hassidim. A n’en pas douter, on parle alors de Torah, de Mitsvot, de ‘Hassidout.
Or, au final, “l’Eternel notre D.ieu nous a ordonné d’accomplir tous ces Préceptes afin de Le craindre”.
N. La circoncision retardée
Y a-t-il(40) des jours particuliers pour fixer une circoncision retardée ? Je n’ai pas reçu d’instruction, à ce sujet. Toutefois, différents textes permettent d’établir qu’il n’y en a pas(41).
Et, il n’y a pas lieu d’en retarder la date, si l’on n’a pas une bonne raison de le faire.
O. La circoncision conjointe de deux frères 
Faut-il(42) retarder la circoncision de jumeaux jusqu’à ce qu’elle puisse être pratiquée conjointement pour l’un et pour l’autre ? Je ne comprends pas pour quelle raison il faudrait le faire.
On circoncira donc le premier lorsqu’il sera fort et en bonne santé, puis le second lorsqu’il le sera également, même si les deux circoncisions ne sont pas conjointes.
P. La procédure de la circoncision 
Quand on fait venir(43) l’enfant à la synagogue, tous disent Barou’h Ha Ba, “Qu’il soit le bienvenu(44). Heureux celui que Tu as choisi…(45). Et, D.ieu s’adressa… Pin’has, fils d’Eléazar… Mon alliance de paix(46)”.
Quand on dépose l’enfant sur la chaise du prophète Elie, le Mohel dit : “Voici la chaise(47) d’Elyahou…”.
Le Mohel dit la bénédiction : “Béni sois-Tu…. Qui nous as ordonné la circoncision”.
Le père de l’enfant dit, entre la circoncision et le retournement de la membrane muqueuse(48), la bénédiction : “Béni sois-Tu… Qui nous as ordonné de l’inscrire dans l’alliance de notre père Avraham”(49).
Les présents répondent : “Tout comme il a conclu l’alliance, il sera également introduit à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions”(50).
Lorsque le prépuce a été coupé de la manière qui convient, on se dépêchera d’effectuer également le retournement de la membrane muqueuse et la succion. Puis, on prend un verre de vin et l’on récite la bénédiction Boré Peri Ha Gafen, “Béni… Qui crées le fruit de la vigne”(51).
Dans la bénédiction : “Béni… Qui as sanctifié celui qui était aimé depuis la conception”(52), on dit, dans la suite de son texte, Tsiva Lehatsil, “Il a ordonné de sauver”(53).
On dit ensuite : “Notre D.ieu…, préserve cet enfant… et que son nom soit appelé en Israël…”(54).
On fait boire à un enfant le verre de la bénédiction ou bien celui qui l’a dite le boit lui-même.
Après la circoncision, le Mohel et le père de l’enfant disent ensemble la prière suivante : “Maître du monde…(55), que Celui qui a béni…. Promet, en son mérite, de la Tsédaka pour rendre visite aux malades”.

Q. La bénédiction de Chéhé’héyanou

Selon notre coutume(56), on ne dit pas la bénédiction de Chéhé’héyanou, “Béni sois… Qui nous as fait vivre….”, à l’occasion d’une circoncision(57).

 

R. La circoncision d’un converti dont le père est juif Si un Juif a une relation avec une non juive, qu’ils ont un fils et que le père désire le faire circoncire, on pourra lui faire une circoncision de converti, à la demande de son père(58), uniquement si cette démarche reçoit l’accord de sa mère(59).
Mais, à mon humble avis, une telle conversion doit être faite sous l’autorité d’un tribunal rabbinique(60).

 

S. L’anesthésie pour la circoncision d’un converti
La circoncision d’un converti(61) n’est pas une Mitsva, mais uniquement une préparation à la conversion(62). De ce fait, il est permis de l’anesthésier(63), selon tous les avis(64).
T. La bénédiction pour la circoncision des convertis 
Quand on circoncit(65) un converti, on dit, dans le texte(66) de la première bénédiction : “Béni sois… Qui nous as ordonné de circoncire les convertis”(67).
U. La récitation d’un discours ‘hassidique
Pendant le repas de la circoncision, la coutume des ‘Hassidim veut que le père de l’enfant récite un discours ‘hassidique, en relation avec l’événement.
V. Le paiement d’une avance sur les frais de scolarité 
Mon beau-père(68), le Rabbi, dont le mérite nous protégera, alors qu’il assistait à une circoncision, donna, au début du repas, un certain montant pour la Yechiva.
Il précisa : “Ceci est une avance pour les frais de scolarité de cet enfant, quand il grandira”(69).
W. Le Ha Ra’haman lors d’une circoncision
On a coutume(70), à la fin de la bénédiction concluant le repas, de dire la prière Ha Ra’haman de la circoncision(71), qui est imprimée dans le Siddour. On dit ensuite : “Lui Qui est miséricordieux, qu’Il nous accorde le mérite de prendre part à la période du Machia’h”.
X. Circoncision à Yom Kippour
Si une circoncision est effectuée, à Yom Kippour, dans un endroit autre que la synagogue, on la fixera après la lecture de la Torah. En pareil cas, les Sifreï Torah sont rentrés dans l’arche sainte avant que les présents quittent la synagogue, parce qu’il en résultera une trop longue pause avant la prière de Min’ha(72).
Pour la même raison, lorsque tous regagnent la synagogue et que l’on doit dire le Kaddish précédant Moussaf, il est préférable de lire, tout d’abord, un Psaume, avant de réciter ce Kaddish(73).

Notes

(1) Les “nuits de veille”, dans la famille du Rabbi, sont décrites, en particulier, dans le Séfer Ha Si’hot 5703, à la page 155 et dans le ‘Hano’h Le Naar, à la page 6, qui emploie l’expression : “nuit de protection”. On consultera le discours ‘hassidique intitulé : “Heureux celui que Tu as choisi”, prononcé, dans son bureau, par le Rabbi lors de la “nuit de veille”, pour la circoncision du petit-fils du Rav Ephraïm Eliézer Ha Cohen Yalles, dans la nuit du vendredi de la Parchat ‘Hayé Sarah 5716 (1955), qui est imprimé dans le Kountrass 18 Nissan 5751 (1991), figurant dans le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 5, à la page 233.

(2) Voir les décisions hala’hiques du Chneï Lou’hot Ha Berit, lois de la circoncision, au chapitre 11, le Darkeï ‘Haïm Ve Chalom, au paragraphe 918, qui dit : “On a coutume d’organiser un repas pendant la nuit qui est appelée Wa’h Na’ht.
L’origine de cette pratique se trouve dans les règles de la circoncision établies par Rav Yaakov le Mohel, l’un des premiers à mentionner une référence à ce propos, celle du Midrash Tan’houma, à la Parchat Tazrya, qui dit : “Et, le huitième jour, il circoncira la chair de son prépuce : Observe à quel point les Juifs chérissent les Mitsvot.
De ce fait, le Saint béni soit-Il dit : Je rajouterai Moi-même une cause de joie, ainsi qu’il est dit : ‘Ceux qui placent leur humilité en D.ieu ajouteront à leur joie et ceux qui sont pauvres parmi les hommes se réjouiront de ce qui est saint pour Israël’.
De ce fait, celui qui circoncit son fils organise une célébration joyeuse, un festin avec du vin et des mets agréables, pendant la nuit qui précède le huitième jour”. Le texte apporte ensuite des précisions, à ce sujet, mais il conclut en rappelant que : “ce qui est accessoire ne doit pas devenir essentiel. En effet, le repas grand et principal est celui du jour.
Pendant la nuit du Wa’h Na’ht, il est, en revanche, essentiel d’étudier à proximité de l’enfant”. Le Likouteï Maharya’h, tome 3, à la page 122b, écrit : “La coutume veut que l’on reste éveillé et que l’on garde l’enfant, durant la nuit qui précède la circoncision. C’est ce que l’on appelle le Wa’h Na’ht”.
On consultera aussi le Séfer Beth Lé’hem Yehouda, au paragraphe 5. Le Siddour Yaabets dit que : “en Erets Israël, on veille pendant toutes les nuits qui précèdent une circoncision. Pour notre part, nous le faisons uniquement à la veille de celle-ci”. Le Maté Menaché énonce la raison de cette veille.
En effet, le Satan s’apprête à nuire à l’enfant, dans le but de le priver de la Mitsva de la circoncision. Et, l’on peut trouver une allusion à cela dans le verset : “Et, toi, tu garderas mon alliance”, indiquant qu’une “garde” est nécessaire lorsque cette “alliance” est contractée. La même raison s’applique, semble-t-il, à l’usage voulant que des hommes se réunissent pour lire le Chema Israël, pendant la nuit. En effet, cette prière protège de tout ce qui peut nuire, comme on le sait. On peut également expliquer cette lecture du Chema Israël par le verset : “Ils ont la grandeur de D.ieu dans leur gorge et une lame à double tranchant, dans leur main”.
Or, on sait que le couteau de circoncision est une lame à double tranchant. En effet, le Dére’h Pekoudé’ha précise qu’il doit en être ainsi, selon la coutume juive et il cite, à ce propos, le verset : “une lame à double tranchant dans leur main”, précisant qu’une explication, à ce propos, est donnée par la Kabbala.
Or, “la grandeur de D.ieu” est bien exprimée par le Chema Israël, comme le soulignent nos Sages dans le premier chapitre du traité Bera’hot. Aussi, avant de se servir de la lame à double tranchant pour la circoncision, est-il nécessaire de lire le Chema Israël. En outre, il est clair que cette lecture doit avoir lieu pendant la nuit, comme nos Sages le déduisent de ce qui précède ce même verset : “Ils se réjouiront sur leur couche”.
On consultera également le Zohar, à la Parchat Le’h Le’ha, qui dit : “Celui qui faisait circoncire son fils, réunit, la nuit précédente, tous ses amis. Ils étudièrent la Torah pendant toute la nuit et aucun d’eux ne dormit”. L’Encyclopédie talmudique, tome 4, à l’article “circoncision”, cite, comme référence de cette pratique, le début du Migdal Oz, du Yaabets, lequel se base sur le Zohar, Parchat Béréchit, à la page 93b. On consultera également le Siddour du Yaabets, au début des lois de la circoncision, qui précise ce qui doit être étudié pendant cette nuit. On verra également la longue explication du Otsar Ha Berit, au chapitre 3, à partir du paragraphe 7.

(3) Lettres du Rabbi Rayats, tome 9, à la page 90. Lettres du Rabbi, tome 7, à la page 143, où il est précisé : “Comme on le sait, le Rambam, à la fin du chapitre 3 de ses lois de la circoncision, selon l’interprétation qui en est donnée par le Tsafnat Paanéa’h, considère qu’une circoncision retardée a valeur rétroactive”.

(4) Sifteï Cohen, Yoré Déa, chapitre 262, au paragraphe 3. Voir le Arou’h Ha Choul’han, chapitre 262, au paragraphe 10, citant le Nimoukeï Yossef, au chapitre Hé Arel, le Gaon de Vilna et le Itour, qui affirme que, si l’enfant souffre de la moindre affection, on ne pratiquera pas la circoncision tant que celui-ci n’est pas guéri. On verra aussi le Séfer Koret Berit, sur ce chapitre 262, seconde partie, au paragraphe 5.

(5) Pisskeï Dinim Tséma’h Tsédek, Yoré Déa, au chapitre 263.

(6) Voir le Rambam, lois de la circoncision, chapitre 1, au paragraphe 18.

(7) Likouteï Si’hot, tome 22, à la page 56.

(8) Voir la note 11 du premier chapitre du présent recueil : “Le comportement pendant la période de la gestation”.

(9) Lettres du Rabbi, tome 7, à la page 232. Causerie du 7 Adar Richon 5711 (1951), lors d’une circoncision, dans laquelle est mentionné le récit suivant : “Lors de la circoncision d’un petit-fils du Tséma’h Tsédek et de son vivant, deux Mohels étaient présents, l’un qui était un homme jeune et simple, mais habile, l’autre plus âgé et plus versé dans la connaissance profonde, mais moins adroit.
On demanda au Tséma’h Tsédek lequel il convenait de choisir et il désigna alors le plus jeune, car seul importe ici l’acte concret.”

(10) Voir le Ikreï Dinim sur Yoré Déa, chapitre 28, au paragraphe 10, au nom du Chneï Lou’hot Ha Berit selon lequel il faut choisir le Mohel le plus méritant. Voir aussi, en particulier, les Minhagueï Maharil, lois de la circoncision, au chapitre 5, le Otsar Ha Berit, chapitre 3, paragraphe 6.

(11) Likouteï Si’hot, tome 20, à la page 247.

(12) Ramah, Yoré Déa, chapitre 265, au paragraphe 11. Le Ramah en précise également la raison.
En effet, la circoncision est comparée au sacrifice des encens, à propos duquel il est dit, dans le traité Yoma 26a et dans le Rambam, lois des sacrifices perpétuels et supplémentaires, chapitre 4, au paragraphe 7 : “Il n’est jamais arrivé qu’un homme l’offre deux fois”. Voir également les lettres du Rabbi, tome 12, à la page 434.

(13) Voir le Séfer Itvaadouyot 5745 (1985), tome 3, à la page 1958, qui dit : “Un Sandak est considéré comme s’il offrait lui-même le sacrifice des encens. Une telle pratique est favorable pour avoir de longs jours et de bonnes années, surtout pour ceux qui attachent beaucoup de prix à cette Mitsva d’être Sandak”. Ainsi, non seulement le sacrifice des encens fait disparaître tous les éléments négatifs, supprime l’épidémie, mais, en outre, il permet d’avoir une longue vie. Du reste, le Rabbi souhaite toujours la richesse à un Sandak. On verra également les Pisskeï Ha Chneï Lou’hot Ha Berit sur les lois de la circoncision.

(14) Responsa ‘Hatam Sofer, Ora’h ‘Haïm, aux chapitres 158 et 159. Le Rav Moché Morosov rapporte, à ce sujet, le récit suivant. Le Sandak de son second frère fut le Rabbi Rachab et celui de son troisième frère, le Rabbi Rayats. A cette occasion, le Rabbi Rachab demanda à leur père, le Rav El’hanan Morosov, qui était aussi son secrétaire personnel, pourquoi il ne l’avait pas désigné, cette fois également, comme Sandak. Le Rav Morosov lui répondit : “N’est-il pas dit qu’un même homme ne peut pas être le Sandak de deux frères ?”. Le Rabbi Rachab précisa : “C’est le cas uniquement pour celui que l’on honore en lui proposant d’être Sandak. A l’opposé, si c’est un honneur pour l’enfant, il est clair que deux frères peuvent avoir le même Sandak.” C’est sur la base de cette réponse que le Rabbi Rayats fut aussi le Sandak de son plus jeune frère et qu’il le fut ainsi pour deux frères.

(15) Le Likouteï Si’hot, tome 20, à la page 247, cite une question posée par le Hagahot Yad Chaoul  sur le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, au chapitre 265. En effet, il est dit que “les fils de Ma’hir”, au pluriel, “furent circoncis par Yossef”, ce qui veut dire qu’il fut leur Sandak. Et la réponse donnée dans cet ouvrage est basée sur la première édition du Noda Bihouda, Yoré Déa, à la fin du chapitre 6, d’après le Targoum Yonathan. Le Rabbi, à cette référence, ajoute le point suivant : “On peut penser que les responsa ‘Hatam Sofer, Ora’h ‘Haïm, aux chapitres 158 et 159, se basent sur ce texte pour affirmer que le Rav de la communauté peut être le Sandak pour deux frères. Ainsi, il est dit, à propos du sacrifice des encens, dans la Michna du traité Yoma, citée par le Ramah que ‘de nouvelles personnes l’offrent’. Or, il en est ainsi uniquement pour les simples Cohanim, mais non pour le grand
Prêtre, lequel conserve la possibilité d’offrir ce sacrifice des encens quand il le souhaite, selon le traité Yoma 14a et le Rambam, lois des instruments du Temple, chapitre 5, au paragraphe 12. Il en est de même pour Yossef qui ‘dirigeait le pays’, selon l’expression employée par le verset Béréchit 42, 6. Il pouvait donc être comparé au Rav de la communauté”.

(15*) Lettres du Rabbi, tome 12, à la page 434.

(16) Causerie pendant un repas de circoncision, le 7 Adar Richon 5711 (1951). Voir, à ce propos, le récit du Darkeï ‘Haïm Ve Chalom, du Rabbi de Munkatch, à la Mitsva du Tsitsit, au chapitre 41. Le Séfer Otsar Ha ‘Haïm dit, au chapitre 91, à propos de Rabbi ‘Haïm de Tsanz : “Lorsque notre maître avait l’occasion de prendre part à une circoncision, il ne repliait pas son Talith, après la prière, bien qu’il l’ôtait. Il le repliait uniquement après l’avoir ôté pour la seconde fois, c’est-à-dire après cette circoncision”. Il précise aussi que, dans le Choul’han Arou’h, chapitre 8, au paragraphe 14, le Beth Yossef tranche que celui qui ôte son Talith, même s’il a l’intention de le porter de nouveau immédiatement, doit redire la bénédiction en le faisant. Puis, il ajoute, dans une note : “Selon certains, on ne dit pas cette bénédiction, si l’on a eu l’intention de le remettre”. Le Levouch est du même avis que le Beth Yossef, lequel tire une preuve du traité Soukka 47, rapportant que Rava, quand il ôtait ses Tefillin pour se rendre dans un lieu d’aisance, répétait ensuite la bénédiction. Il en est donc de même pour le Talith. Toutefois, les derniers Décisionnaires ne sont pas du même avis et ils n’admettent pas cette similitude entre le Talith et les Tefillin. En effet, ceux-ci ne peuvent pas être portés dans un lieu d’aisance et il y a donc bien là une interruption. Il n’en est pas de même pour le Talith. Ces derniers Décisionnaires disent aussi que celui qui ôte son Talith avec l’intention de le remettre par la suite ne devra pas refaire la bénédiction, y compris quand il ne porte pas de Talith Katan. Le Michna Beroura précise, dans le Biyour Hala’ha, que celui qui se rend à une circoncision et ôte son Talith après la prière avec l’intention de le remettre peu après ne doit pas redire cette bénédiction, même s’il s’est déplacé entre temps, par exemple parce que la circoncision est pratiquée à la maison. Si on l’ôte sans intention particulière, tout dépend selon que l’on porte un Talith Katan ou non. Si c’est le cas, on ne devra pas redire la bénédiction. On consultera donc ce texte et l’on verra également les responsa Zé’her Yehossef, au chapitre 4, qui font une longue analyse sur le laps
de temps devant s’écouler pour qu’il y ait interruption, concernant cette bénédiction. On consultera ce texte.

(17) Voir, à ce propos, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 8, au paragraphe 23, de même que son Siddour. Voir aussi le Likouteï Si’hot, tome 4, aux pages 1363 et 1364.

(18) Au cours de cette même circoncision, le 7 Adar Richon 5711, comme le précise cette causerie.

(19) Yemeï Méle’h, tome 2, à la page 633. Ceci est rapporté par plusieurs personnes ayant assisté à cette circoncision, en présence du Rabbi.

(20) Peut-être la raison en est-elle qu’il n’avait pas dit de bénédiction sur ce Talith, comme l’indiquait le paragraphe précédent.

(21) Lettres du Rabbi, tome 4, à la page 129.

(22) Il est dit, à cette même référence, dans les lettres du Rabbi : “Dans le Séfer Ha Minhaguim Kéter Chem Tov, à la page 574, au paragraphe 31 : ‘La coutume, en Erets Israël, à Amsterdam et dans toutes les villes de l’Occident, est de préparer deux chaises, l’une pour le prophète Elie, l’autre pour le Sandak. On les place l’une à côté de l’autre. A Londres, en revanche, on ne dispose qu’une seule chaise pour les deux’. Le Darkeï ‘Haïm Ve Chalom, recueil des coutumes de Munkatch, écrit, au chapitre 919 : ‘Le Dére’h Pekoude’ha, à la Mitsva de la circoncision, au paragraphe 13, explique que la chaise doit être divisée afin de donner l’impression qu’il y en a deux, l’une pour le prophète Elie, l’autre pour le Sandak. (et, l’on consultera aussi, à ce propos, le Rokéa’h, au chapitre 113), mais notre maître (le Rabbi de Munkatch) ne faisait pas attention à cela. Il prenait uniquement une chaise large’. De fait, le Zohar, tome 1, à la page 93a, indique, d’une certaine façon, qu’une seconde chaise est nécessaire, puisqu’il parle d’une ‘autre chaise’”.

(23) Ainsi, le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 1, page 44, dit, à la note 11 : “On connaît également le récit suivant. Dans l’un des discours ‘hassidiques prononcés, en privé, par le Rabbi Rachab, devant mon beau-père, le Rabbi, une explication était illustrée à partir de la force de représentation que l’on possède en son âme. Mais, le Rabbi Rachab précisa que cette explication n’était pas certaine. Par la suite, mon beau-père, le Rabbi, se rendit chez son beau-père, le ‘Hassid, Rav Avraham, à Kichinev et celui-ci lui demanda de lui réciter ce discours, en précisant : ‘Pratique une petite entaille et tout va s’écouler’. Le Rabbi répéta ce discours, avec l’illustration qu’il comportait. Ensuite, il rentra à Loubavitch et raconta à son père ce qui s’était passé. Le Rabbi Rachab lui demanda : ‘Pourquoi lui as-tu répété cette illustration ? N’avais-je pas dit qu’elle n’était pas certaine ?’. Il lui répondit : ‘Ce qui, chez toi, n’est pas certain, est, pour moi, pratiquement certain’.”

(24) Lettres du Rabbi Rayats, tome 7, à la page 391.

(25) A cette référence, il est indiqué, dans les notes : “Il s’agit d’un instrument, qui a la forme d’un clapet en caoutchouc. On le pose sur la peau du prépuce avant de la couper. De la sorte, cette peau est serrée et, quand on la coupe, il n’y a pas d’effusion de sang. On trouvera une présentation plus précise de cette pratique, des difficultés et des doutes qu’elle suscite dans le Séfer Pir’heï Aharon, à la page 186, dans le Séfer Ha Berit, chapitre 264, au paragraphe 75 et dans le Pardès de Nissan 5715 (1955), dans lequel on consultera, en particulier, l’interdiction de cette pratique qui a été prononcée par l’Union rabbinique des Etats-Unis et du Canada.

(26) Lettres du Rabbi, tome 15, à la page 92.

(27) Rambam, lois de la circoncision, chapitre 2, au paragraphe 2. Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 264, au paragraphe 3.

(28) Voir le Séfer Berit Avot, à la page 81, le Séfer Zo’her Ha Berit, chapitre 11, au paragraphe 16.
Voir aussi la longue explication du Séfer Ha Berit, dans le Likouteï Hala’hot, aux chapitres 88 à 90.
Voir le Mekor Biyour Hala’ha, à la même référence, au paragraphe 6 et aux pages 206 à 213, envisageant également la circoncision et le retournement de la membrane qui sont pratiqués d’une manière séparée ou bien conjointement. On consultera ce texte.

(29) Lettres du Rabbi Rachab, tome 1, à la page 387. Lettres du Rabbi, tome 3, à la page 176, qui cite le Sdeï ‘Hémed, “circoncision et succion”, au chapitre 12, selon lequel deux Rabbanim, parmi lesquels il y avait également des médecins, ont lancé un appel, soulignant la nécessité de cette succion. On consultera ce texte. On verra aussi les lettres du Rabbi, tome 15, à la page 92.

(30) Dans les lettres du Rabbi Rachab, à la référence précédemment citée, il est dit : “Plusieurs des grands maîtres de la génération qui nous a précédés ont adopté cette position et le Sdeï ‘Hémed, dans son ‘traité sur la succion’, compile les avis de nombreux Grands de notre époque.
L’an dernier, un médecin ayant la crainte de D.ieu, le docteur Sergeï de Riga a publié un livre, intitulé ‘le calme de l’esprit’, dans lequel il montre, avec des preuves probantes, que la succion est un des aspects fondamentaux de la Mitsva et qu’elle doit  écessairement être buccale.
(Sur la page de garde de ce livre, paru à Vilna en 5666 (1906), il est dit : ‘de Mena’hem Mendel Yehouda Leïb, qui appelé le docteur en médecine Sherhya, de Riga’). Il dit que : ‘Le bon sens permet de l’établir’ et, de fait, il le permet effectivement puisque cette pratique est en usage depuis des millénaires, sans que rien de mal n’en découle, ce qu’à D.ieu ne plaise. C’est ce que dit le Maharam Shik, dans l’une de ses responsa, à propos de la succion : ‘Je suis Mohel depuis quarante cinq ans et je pratique la succion avec la bouche et rien de fâcheux ne m’est arrivé, ce qu’à D.ieu ne plaise’. Il développe ensuite une longue explication pour montrer que cette succion ne peut qu’être buccale. Et, il appartient à celui qui désire modifier cette manière de procéder d’apporter la preuve qu’il est utile de le faire. Mais, l’on ne confiera pas la circoncision à quelqu’un qui souhaite une telle modification et celui qui respecte la Mitsva n’en concevra rien de mal”. On verra aussi le Séfer Berit Avot, au chapitre 11, paragraphe 13, le Séfer Zo’her Ha Berit, au chapitre 11, paragraphe 19, de même que la longue explication sur les différents avis qui est donnée dans ce livre. On consultera le Likouteï Hala’hot, sur le chapitre 264, à partir du paragraphe 90 et le Mekor Biyour Hala’hot, à la même référence, à partir de la page 213.

(31) Lettres du Rabbi, tome 15, aux pages 92 et 341.

(32) Les lettres du Rabbi, à cette même référence, citent le ‘traité sur la succion’ du Sdeï ‘Hémed.
On verra aussi le Séfer Berit Avot, chapitre 11, à la page 98, le Séfer Zo’her Ha Berit, chapitre 12, au paragraphe 32, qui cite pour preuve le ‘Hatam Sofer selon lequel on ne se sert d’une seringue en verre que dans la mesure où il y a nécessité absolue de le faire. On verra aussi la longue explication du Séfer Ha Berit, à la page 224, qui répertorie les différentes conceptions, dans ce domaine. On consultera ce texte.

(33) Lettres du Rabbi, tome 15, aux pages 343 et 344. Likouteï Si’hot, tome 10, à la page 48.

(34) Séfer Ha Berit dans le Likouteï Hala’hot, chapitre 201, au paragraphe 20, précisant qu’il en est ainsi uniquement à partir de l’âge de treize ans, car c’est alors que l’on est astreint à la pratique des Mitsvot. On consultera ce texte.

(35) Pour compléter l’exposé, on présentera ici ce que dit le Likouteï Si’hot précédemment cité : “Selon certains des derniers Sages, la Mitsva de la circoncision implique nécessairement la douleur.
C’est pour cela que l’on ne pratique pas d’anesthésie, générale ou partielle. Si on le faisait, l’enfant ne ressentirait pas la douleur. Il faut en conclure que cette douleur a un rôle essentiel dans la Mitsva de la circoncision”. A la note 36, relative à l’anesthésie générale, le Rabbi écrit : “On verra le Séfer Koret Berit, le Na’hal Berit, au chapitre 261, paragraphe 4. En effet, ceci soulève une autre question, car il faut avoir l’intention de mettre en pratique la Mitsva et le faire en conscience. Néanmoins, s’agissant d’un converti, les responsa Dvar Avraham, tome 2, au chapitre 25, précisent que sa circoncision n’est pas une Mitsva, mais uniquement une préparation. Les responsa Lev Aryé, du Rav A. L. Grusens, publiées à Londres en 5718 (1958), en déduisent que, selon l’unanimité des avis, il est permis d’anesthésier un converti. A la note 37, le Rabbi dit : “A propos d’Avraham, on consultera le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 47, au paragraphe 9, selon lequel : ‘il ressentit la circoncision et il en souffrit afin que le Saint béni soit-Il lui double sa récompense”. D’après ce qui est dit ici, on peut comprendre pourquoi le Midrash s’interroge avec tant de fougue sur l’avis qui considère qu’il ne souffrit pas. En effet, la douleur est bien un aspect essentiel de la Mitsva de la circoncision. Or, notre père Avraham fut ‘la tête des circoncis’ et cette partie fondamentale de la Mitsva ne pouvait donc pas lui manquer. On verra aussi le Likouteï Si’hot, tome 5, à partir de la page 80 et à la note 40.”
On consultera également le Séfer Ha Berit, le Likouteï Hala’hot, au chapitre 261, paragraphe 21, de même que la longue explication du Mekor Biyour Hala’ha, pages 35 à 38, qui se demande, d’après l’ensemble des avis, si un adulte doit se circoncire en état d’éveil et avec l’intention d’accomplir la Mitsva.

(36) Lettres du Rabbi, tome 4, à la page 154.

(37) Dans ses lettres, à cette référence, le Rabbi écrit : “Ceux qui possèdent l’empressement mettent en pratique les Mitsvot au plus vite et ce principe en repousse un autre, selon lequel : ‘l’honneur du Roi se trouve parmi une foule nombreuse’, comme l’établit le traité Roch Hachana 32b. Pour autant, la circoncision présente une particularité, dans ce domaine. En effet, il est bon qu’elle soit joyeuse, car c’est de cette manière que les Juifs se sont engagés à la mettre en pratique, selon le traité Chabbat 130a.

(38) Dans la suite de la lettre précédemment citée, il est dit : “Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, fin du chapitre 559. Si c’est le jour même de Tichea Be Av, il n’en est pas ainsi, car la différence entre la joie du matin et celle de l’après-midi n’est pas très importante. Elle l’est, en revanche, quand Tichea Be Av est repoussé du Chabbat au dimanche, puisqu’il est alors possible, dans l’après-midi, d’interrompre son jeune”.
(39) Dans cette même lettre, le Rabbi poursuit : “Le Sdeï ‘Hémed, principes, article Zaïn, principe n°3, cite le Birkeï Yossef, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 1, le ‘Hayé Adam, au chapitre 8, le Reéh ‘Haïm, à la Parchat Le’h Le’ha, le Lev ‘Haïm, tome 2, au chapitre 127. Selon ces textes, il n’y a pas lieu de retarder un rachat du premier-né pour la même raison. Et, il est dit, comme une évidence, que ceci s’applique, de la même façon, à une circoncision. Mais, à mon humble avis, une différence existe entre les deux cas, comme je le soulignais. Il n’y a pas lieu de penser que la circoncision doit avoir lieu le plus tôt possible, afin d’éviter chaque instant de plus pendant lequel l’enfant conserve encore le prépuce, qui inspire le dégoût, ce qui conduirait également à s’interroger sur l’heure à laquelle cette circoncision est fixée, quand le jeûne de Tichea Be Av est retardé. En fait, cette question ne se pose pas, car la Torah dit clairement : ‘le huitième jour’ sans introduire la moindre restriction à l’intérieur de ce jour. Toutefois, il en résulte que, si la circoncision est retardée, elle doit être fixée au plus vite et l’empressement doit être encore plus grand que pour les autres Mitsvot, comme le dit le Sdeï ‘Hémed, à la référence précédemment citée. Le principe énoncé au préalable pour la circoncision pratiquée pendant le jour de Tichea Be Av s’appliquerait donc seulement quand celle-ci est en son temps. Ce n’est pourtant pas ce qui est dit ici. Il faut donc comprendre tout cela, mais ce point ne sera pas traité ici”. On verra aussi le Séfer Otsar Ha Berit, chapitre 3, aux paragraphes 4 et 5 et dans les notes qui renvoient aux responsa Cheïlat Yechouroun, Yoré Déa, au chapitre 26 et à d’autres ouvrages des derniers Sages.

(40) Selon les lettres du Rabbi, tome 7, à la page 143.

(41) Le Séfer Koret Berit, commentant le Na’hal Ha Berit, sur le chapitre 266, au paragraphe 40, se demande si une circoncision retardée peut avoir lieu un jeudi ou un vendredi. Il cite, à ce propos, le Yad Chaoul, au chapitre 262, qui s’interroge sur l’avis des autorités qui interdisent une telle pratique en se basant sur le traité Yebamot 71b. Ce texte cite, à ce sujet, le verset (Yochoua 4) : “le peuple monta du Jourdain, au dixième jour du premier mois”, à propos duquel il est dit : ‘le 10, ils n’étaient pas encore circoncis, du fait de la faiblesse inhérente au voyage”. Il en résulte que leur circoncision fut réalisée le 11 Nissan qui, d’après les calculs, était alors un jeudi. On consultera, dans ce texte, la longue analyse qui est faite des différents avis.
(42) Dans la lettre précédemment citée, le Rabbi écrit : “Il n’y a pas lieu de retarder une circoncision si l’on n’a pas une bonne raison de le faire”.

(43) L’ensemble du paragraphe “P. L’ordre de la circoncision” est repris du Siddour de l’Admour Hazaken.

(44) Le Chaar Ha Collel, ordre de la circoncision, explique : “Le chiffre huit évoque l’enfant circoncis à huit jours, selon le Maté Menaché, le Siddour du Ari Zal, le Tanya Rabati et le
Abudarham. Le Siddour du Ari Zal et Rabbi Yaakov Kopel en donnent l’explication d’après la Kabbala”.

(45) Le Chaar Ha Collel, à la même référence, cite le Zohar, à la Parchat Le’h Le’ha, page 94b et les Pisskeï Chneï Lou’hot Ha Berit sur les lois de la circoncision, disent à ce propos, au chapitre 14 : “Sache qu’il y a des émissaires responsables du sang de l’alliance, qui le prennent et le déposent dans un sanctuaire disposé à cet effet. Quand D.ieu s’emporte, Il observe ce sang et s’emplit de miséricorde”.

(46) Le Séfer Edout Le Israël cite le Siddour du Yaabets, en plus de celui de l’Admour Hazaken, qui explique : “Il en est de même dans tous les Siddourim séfarades”. Il précise, à ce propos : “Le lien de tout cela ici peut être déduit du Yalkout Chimeoni sur la Parchat Pin’has, au paragraphe 771, qui dit : ‘Pin’has, c’est Elie’”. Les Sages de la Kabbala ne les ont pas suivis, de même que les Siddourim ashkénazes. De même, le Juste, grand érudit et Décisionnaire bien connu, le Darkeï Techouva, rejette leurs propos, parce qu’ils n’émanent pas des écrits du Ari Zal. La vengeance de Pin’has n’a donc pas sa place ici. Il s’agit, en fait, d’une révélation du plus haut bienfait, pendant la circoncision, selon le Darkeï ‘Haïm Ve Chalom, d’après le Séfer Dvar Torah, tome 6, au paragraphe 66, de son fils, le Juste, Rabbi de Munkatch.

(47) Le Chaar Ha Collel, précédemment cité, écrit au paragraphe 3 : “Le Tour, Yoré Déa, au chapitre 265, cite, à ce propos, le Midrash. Et, le Séfer Tolaat Yaakov mentionne le Midrash de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, qui est le Zohar, à la Parchat Le’h Le’ha, page 93 et les Pirkeï de Rabbi Eléazar, au chapitre 29”.

(48) Beth Yossef, Yoré Déa, début du chapitre 265. Voir les différentes conceptions, à ce sujet, dans le Arou’h Ha Choul’han, chapitre 265, aux paragraphes 11 et 12. On verra le Séfer Ha Berit dans le Likouteï Hala’hot, au chapitre 265, paragraphe 3 et le Mekor Biyour Hala’hot, qui analyse longuement les différentes conceptions, dans les pages 260 à 268.

(49) Le Chaar Ha Collel, au paragraphe 4, dit : “La bénédiction sur la circoncision est : “de l’inscrire… au nom de… Qui as sanctifié…”, selon le traité Chabbat 137b, le Yerouchalmi, traité Bera’hot, chapitre 9, au paragraphe 2, le Zohar, Parchat Le’h Le’ha, à la page 94b et les Tossafot, au traité Mena’hot 53b. Voir le Likouteï Si’hot, tome 10, à partir de la page 44, qui explique la raison profonde pour laquelle nous disons précisément : “de l’inscrire dans l’alliance de notre père Avraham”.

(50) Hayom Yom, à la date du 28 Adar Chéni. Le Séfer Edout Le Israël explique : “C’est la formule que l’on trouve dans la Guemara, au traité Chabbat 137b, avec une légère modification, Ken au lieu de Ka’h, qui n’en modifie pas le sens”. C’est la version du Tachbets Katan, au chapitre 396. C’est aussi celle du Roch, du Manhig et du Abudarham. La Tossefta du traité Bera’hot, au chapitre 6, dit : ‘Tout comme tu lui as fait conclure…, tu l’introduiras…’. C’est la version du Yerouchalmi, au traité Bera’hot, chapitre 9, au paragraphe 3, du Midrash Rabba sur Kohélet, au paragraphe 3, à propos du verset : ‘le temps d’enfanter’, de la Pessikta Zoutrata sur la Parchat Le’h Le’ha, du Zohar, Parchat Le’h Le’ha, à la page 94b, des Hala’ha Guedolot, du Séder de Rabbi Saadya Gaon, de Rabbi Amram Gaon, du Rif, du Rambam, du Séfer Ha Itour, du Séfer Ha Eshkol, du Ma’ho, des responsa du Rachba, au chapitre 328, du Tour, du Colbo et du Tanya, au chapitre 94. C’est pour cette raison qu’il est adopté par le Levouch, au chapitre 1. D’après tous ces avis, on s’adresse au père de l’enfant à la deuxième personne. Le Rokéa’h, au chapitre 108, combine les deux formulations et affirme : ‘Les présents disent : Tout comme il a conclu… tu l’introduiras…’. Le Tanya, au chapitre 96, cite deux fois cette formule et ajoute, à sa conclusion, des mots à la troisième personne, comme nous le faisons nous-mêmes. La formule que nous employons est retenue, dans la Hala’ha, par le Sifteï Cohen sur le Yoré Déa, au chapitre 265, paragraphe 3, qui écrit : “Il semble que cette formulation soit préférable. En effet, il peut arriver que le père ne soit pas présent ou bien que l’enfant n’ait pas de père. Il est donc préférable de ne pas se servir de la seconde personne et de dire une phrase qui s’applique dans tous les cas, à la troisième personne”.

(51) Yoré Déa, chapitre 265, au paragraphe 1. Arou’h Ha Choul’han, chapitre 265, au paragraphe 16, qui donne la raison de cette bénédiction. Il faut, en effet, en réciter une autre : “Béni… Qui as sanctifié celui qui était aimé depuis la conception”, laquelle est une louange du Saint béni soit-Il. Or, on ne prononce une louange qu’avec un verre de vin, qui doit être une coupe joyeuse, selon le Toureï Zahav, au paragraphe 4, qui cite le Beth Yossef, au nom du Morde’haï. On verra le Otsar Ha Berit, chapitre 3, aux paragraphes 15 et 23, de même qu’à la note 79.

(52) A propos de cette bénédiction, on verra, en particulier, le Chaar Ha Collel, dans même chapitre, au paragraphe 5 et l’Encyclopédie talmudique, tome 4, à l’article “circoncision”.
(53) Le Chaar Ha Collel écrit, au paragraphe 5 : “Le Rabbi dit Tsiva, Il a ordonné”. Il cite ensuite l’explication que donne le Abudarham de cette bénédiction, puis il poursuit : “Le Abudarham cite également une version qu’il a trouvée dans la réponse d’une question posée au Rambam : ‘Il a ordonné comme Tu l’as ordonné à ceux qui sont saints’. Le Rambam en déduit que : ‘Il a ordonné’ signifie ici : ‘Il a demandé’, comme il le précise, puis il pose une question sur cette formulation.
Mais, en tout état de cause, celle qui est retenue par le Rambam dans la version que nous possédons de son Yad Ha ‘Hazaka est conforme à ce qui est dit dans la Guemara et dans le Yerouchalmi. C’est aussi celle du Siddour. Et, l’on ne peut pas y interpréter le verbe ‘ordonner’ au sens de ‘demander’ et dire Tsavé au lieu de Tsiva. Il y a donc uniquement là une bénédiction d’action de grâce, parce que D.ieu nous a accordé cette Mitsva, par la récompense de laquelle on est protégé de l’enfer. De même, on peut déduire du commentaire du Maharcha, au traité Chabbat 137b, qu’il faut effectivement dire ici Tsiva. Le Pit’heï Techouva sur Yoré Déa, chapitre 265, au paragraphe 4, écrit aussi, au nom du Cheïlat Yaabets, que l’on doit dire Tsiva. Tel n’est pas l’avis du Sifteï Cohen, de même que celui du nouveau Guilayon Ha Chass de Vilna. En outre, le Baal Ha Itour, porte de la circoncision, quatrième partie, écrit : ‘Nous avons entendu que la question suivante a été posée à Rav Haï Gaon : faut-il dire Tsavé ou Tsiva ? Il a répondu Tsiva et non Tsavé’. On verra aussi, dans le Séfer Ha Berit, Likouteï Hala’hot, au chapitre 265, la longue explication du paragraphe 43.
(54) Voir le Arou’h Ha Choul’han, même chapitre, au paragraphe 18 qui dit que, pour une stricte application de la Hala’ha, il aurait fallu boire le verre tout de suite après la bénédiction et, seulement après cela, dire : “Notre D.ieu… préserve cet enfant…”, la première bénédiction ayant été achevée.
Pour autant, telle n’est pas notre coutume et le verre est bu après la conclusion de cette prière et l’attribution d’un nom. En effet, le fait d’invoquer la miséricorde divine pour l’enfant n’est pas considéré comme une interruption et l’ensemble de ces prières forme un tout. On verra, à ce sujet, le Séfer Ha Berit, Likouteï Hala’hot, chapitre 265, au paragraphe 51.

(55) Le Chaar Ha Collel écrit, au paragraphe 9 : “Le Mohel et le père de l’enfant diront cette prière, c’est-à-dire uniquement celle qui commence par ‘Maître du monde’. A l’opposé, la suite, ‘que Celui Qui a béni…’ sera dite uniquement par le Mohel, mais non par le père de l’enfant”. On consultera ce texte.

(56) Voir le Likouteï Si’hot, tome 7, à la page 306, qui, faisant référence à cette bénédiction de Chéhé’héyanou, explique : “Il est permis de la dire, mais il n’est pas obligatoire de le faire. On consultera les Pisskeï Dinim du Tséma’h Tsédek, dans le recueil qui se trouve à la fin du volume.
S’agissant de la bénédiction de Chéhé’héyanou qui est récitée lors de la lecture de la Meguila du matin de Pourim, on trouve une discussion entre le Beth Yossef et le Ramah. Or, pour ce qui est de la récitation de cette bénédiction à l’occasion d’une circoncision, chacun adopte la position inverse à celle qu’il défend pour Pourim, comme le montre le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 692 et Yoré Déa, chapitre 265, au paragraphe 7. Il en résulte que leur discussion ne s’explique pas par une particularité de cette bénédiction de Chéhé’héyanou. A Londres et Amsterdam, les Sefardim disent la bénédiction de Chéhé’héyanou, lors d’une circoncision, ce qui veut bien dire que la différence de coutume n’est pas entre Erets Israël et le reste du monde, mais bien entre les Sefardim et les Achkenazim. Et, peut-être le fait que le Talmud ne mentionne, à aucun moment, cette bénédiction à propos de la circoncision permet-il d’accréditer la coutume des Achkenazim. On consultera le Séfer Kéter Chem Tov, Taameï Minhaguim, du Rav Gaguin, tome 1,  la page 563 qui, en plus du fait que cette bénédiction n’est pas dite à cause de la souffrance de l’enfant et par crainte qu’il ne soit pas viable mentionne, en outre, deux autres raisons, celle du Chiboleï Ha Leket selon laquelle la responsabilité en incombe au tribunal et celle du Rabbi de Roughin selon laquelle il eut été préférable que l’enfant n’ait pas de prépuce. On consultera également la Mitsva de la circoncision dans le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek”.

(57) Lettres du Rabbi, tome 3, à la page 275.

(58) Dans cette lettre, le Rabbi écrit : “Il n’est pas moins qu’un enfant non juif que l’on peut circoncire sur l’avis de son père non juif, comme le précise le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 268, au paragraphe 7. Toutefois, cette comparaison me paraît impropre. En effet, un non juif et son fils ont une relation qui les lie. Le second est bien la descendance du premier, selon le traité Yebamot 62a et les Décisionnaires. Il n’en est pas de même pour un Juif qui a eu une relation avec une femme non juive. Et, plusieurs autorités se sont étonnées de l’avis cité par le Ramah, dans le Choul’han Arou’h, Even Ha Ezer, chapitre 15, au paragraphe 10, bien que celui-ci fasse référence uniquement à une disposition des Sages et seulement dans le cadre d’un comportement plus rigoriste”.

(59) Voir le Séfer Ha Berit, chapitre 261, au paragraphe 16.

(60) Voir le Séfer Koret Ha Berit, dans le commentaire Ot Ha Berit, chapitre 266, au paragraphe 38.

(61) Likouteï Si’hot, tome 10, page 48, à la note 36.

(62) Le Likouteï Si’hot, à cette référence, cite les responsa Dvar Avraham, tome 2, au chapitre 25.

(63) C’est ce qu’indique le Likouteï Si’hot, à cette référence.

(64) Le Likouteï Si’hot, à cette référence, cite les responsa Lev Aryé, au chapitre 11, du Rav A. L. Grusens, paru à Londres en 5718 (1958). Il n’en est pas de même pour un Juif, comme on l’a vu au paragraphe : “L. La circoncision sous anesthésie” et dans les notes.

(65) Lettres du Rabbi, tome 3, aux pages 275 et 276.

(66) Selon le Beth Yossef, Yoré Déa, chapitre 268, au paragraphe 5 et chapitre 267, au paragraphe 2. La référence sur laquelle s’appuie le Beth Yossef pourra être trouvée dans le Baït ‘Hadach, au chapitre 267, affirmant que ceci est une version ancienne du Alfassi. Mais, le Beth Yossef en a sûrement trouvé l’équivalent par ailleurs. Il faut consulter le Dikdoukeï Sofrim sur le traité Chabbat, mais je ne dispose pas de cet ouvrage. (Il semble, néanmoins, qu’il ne traite pas de cette question).

(67) Quelqu’un demanda au Rabbi ce qu’il y avait lieu de faire, car il avait dit, dans cette bénédiction, “la circoncision” au lieu de “de circoncire les convertis”. Dans sa réponse, le Rabbi écrit : “Vous me précisez que vous avez demandé au Mohel de dire ‘la circoncision’, ce qui va l’encontre de la décision du Beth Yossef. En effet, vous vous interrogez sur cette décision et vous indiquez que le Ramah, au chapitre 265, paragraphe 2, ne fait pas de différence entre la bénédiction prononcée par un Mohel et celle du père qui effectue lui-même la circoncision. Il doit donc en être de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Et, le Ramah ne le précise pas au chapitre 268, parce qu’il s’en remet au fait qu’il l’a déjà indiqué dans le chapitre 265. De même, vous vous interrogez, également de façon immédiate, sur le Maguen Ha Elef relatif au chapitre 273, tome 2, à la page 404.
Vous m’excuserez de vous dire que cette démarche me paraît mauvaise. En effet, vous allez à l’encontre du Beth Yossef uniquement parce que, pour l’heure, vous n’avez pas trouvé de réponse à la question que vous vous posez. Que D.ieu nous garde d’emprunter une telle voie qui est susceptible de remettre en cause tous les fondements ! Vous faites une comparaison avec ce qui est dit au chapitre 268. Or, le Guilayon Maharcha a, d’ores et déjà, clairement expliqué, dans ce chapitre 268, la différence qu’il convient de faire, en la matière. C’est pour cette même raison que le Korban Netanel, à la fin du chapitre 19 du traité Chabbat, s’interroge sur les lois des serviteurs, mais non sur celles des convertis. Il précise, à cette occasion, que, par rapport à un serviteur, chacun est considéré comme le père de l’enfant. Les responsa du Ramah précisent également que celui-ci avait connaissance de la décision hala’hique du Beth Yossef, sur la possibilité de dire la bénédiction en présence d’excréments. Et, le Ramah fait une longue analyse pour contredire son avis. Mais, dans la même réponse, il demande également de s’en tenir, pour l’action concrète, à cet avis du Beth Yossef.
Il n’attendit pas que ces questions parviennent au Beth Yossef et qu’il puisse voir les réponses que celui-ci y apporterait. Or, si les Sages des premières générations agirent ainsi, combien plus devonsnous en faire de même… Dans le Ot Chalom, au chapitre 266, paragraphe 11, une objection est soulevée d’après le Peri Megadim, en constatant que le Ramah ne disait rien, à ce sujet, au chapitre 265. Selon lui, il faut dire, dans cette bénédiction, ‘la circoncision’, mais il semble qu’il n’ait pas vu le Guilayon Maharcha, puisqu’il ne le cite pas”.

(68) Lettres du Rabbi, tome 10, à la page 339. Hayom Yom, à la date du 28 Adar Chéni. Causerie du Rabbi, lors d’une circoncision, le 7 Adar Chéni 5711 (1951). A l’occasion d’une autre circoncision, qui eut lieu le 1er Kislev 5712 (1951), le Rabbi, lui aussi, en fit de même.

(69) Le Hayom Yom, précédemment cité, indique que telle est notre coutume. Dans ses lettres, le Rabbi ajoute : “Un homme a l’obligation de s’exprimer dans les termes de son maître. En l’occurrence, j’étais moi-même présent, c’était à Varsovie et le Rabbi donna vingt Zlotys d’or en disant : ‘Ceci est pour la Yechiva Tom’heï Temimim. C’est une avance sur les frais de scolarité”.

(70) Hayom Yom, à la date du 28 Adar Chéni.

(71) Darkeï ‘Haïm Ve Chalom, du Rabbi de Munkatch, lois de la circoncision, au paragraphe 933. Séfer Ha Berit, chapitre 265, paragraphe 192. Séfer Edout Le Israël, à la page 114. Otsar Ha Berit, chapitre 6, paragraphes 16 et 17, de même que dans les références. On verra aussi le Chaar Ha Collel, dans la procédure de la circoncision.

(72) Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 621, au paragraphe 3.

(73) Lettres du Rabbi, tome 20, à la page 283.

Ombres de la guerre: tendre la main pour aider 1916-1921

Ombres de la guerre: tendre la main pour aider 1916-1921

La synagogue de Yekatrinoslav où Rabbi Levi Its’hak, le père du Rabbi, officiait comme rabbin. Crédit photo: JEM.

 

fr.chabad.org / par Eli Rubin

Le Rabbi atteignit sa maturité au milieu de la Première Guerre mondiale, qui éclata moins d’un an avant la célébration de sa Bar Mitsva. Les Juifs proches du front furent contraints par décret gouvernemental de fuir vers l’est, et la ville natale du Rabbi, Yekaterinoslav (aujourd’hui Dniepropetrovsk) dans l’est de l’Ukraine, reçut un grand afflux de réfugiés. Le Rabbi évoqua un jour comment sa mère, la Rabbanit ‘Hanna, était en première ligne de l’effort communautaire pour fournir aide et secours à ces malheureux, dont beaucoup étaient arrivés en ville sans aucun moyen de subsistance :

« De manière générale, j’étais occupé avec mes études, et je n’étais pas tellement impliqué dans les affaires de la maison. Je ne demandais pas ce qui se passait, etc. Mais il y avait des circonstances extraordinaires qu’on ne pouvait s’empêcher de remarquer… C’était une chose merveilleuse, je n’ai jamais vu une telle implication et un activisme aussi vigoureux, de jour comme de nuit… Le travail de ma mère fut si exceptionnel qu’il est gravé dans mon esprit pour le reste de ma vie. »1

Ce que le Rabbi n’évoqua pas, c’est la compassion qu’il manifesta lui-même à un jeune réfugié dont les parents étaient morts de faim. N’ayant nulle part où aller, Yona Kesse – qui deviendra plus tard membre de la Knesset israélienne et secrétaire du parti Mapaï – commença à fréquenter la synagogue où Mena’hem Mendel Schneerson, son aîné d’à peine quelques années, étudiait habituellement. Au bout de quelques jours, le garçon plus âgé interrompit ses études pour aborder Yona et s’enquérir de sa situation. Entendant son malheureux récit et son désir d’émigrer en Terre Sainte, Mena’hem Mendel emmena Yona chez lui et expliqua la situation à sa mère.2La femme de Yona Kesse, Carmella, décrivit la Rabbanit ‘Hanna comme « une femme excellente, débordante de chaleur et de générosité » qui accueillit son mari, le baigna, le nourrit et l’habilla, et décréta que Yona resterait chez elle jusqu’à ce qu’il trouve un moyen de voyager en Terre Sainte. Selon Carmella, Yona Kesse demeura chez la famille Schneerson pendant cinq ou six ans, et parlait souvent de son expérience. L’amitié que lui témoignait la famille Schneerson « lui restitua sa foi dans l’humanité » et, tout au long de sa vie, il resta en contact avec le Rabbi et lui rendait visite chaque fois qu’il venait à New York.3 Ses souvenirs de son séjour dans la maison du Rabbi, rappelant l’atmosphère des années d’après-guerre, furent diffusés à la télévision israélienne en 19734 :

« La maison était une authentique maison ‘hassidique, son père était un grand savant de la Torah, le rabbin de la ville, et exerçait une grande influence sur de très nombreux Juifs. N’oubliez pas que c’était déjà l’époque bolchevique, avec le début des persécutions contre la religion, etc., et il assumait ses responsabilités rabbiniques avec force et fierté.

« Je fus témoin de la grande diligence du Rabbi dans l’étude de la Torah. Chaque fois que je le voyais, il n’étudiait jamais assis, seulement debout. Je me souviens aussi qu’il était déjà versé dans les domaines de la physique et des mathématiques. Je me souviens également que, même s’il était autodidacte, des étudiants et même des professeurs lui rendaient visite pour discuter de questions de physique et de mathématiques. Apparemment, déjà, il avait accumulé un vaste réservoir de connaissances, bien sûr dans le Talmud, les codes halakhiques et le ‘hassidisme, mais aussi dans le domaine des sciences profanes. Je me souviens de lui comme d’un homme très modeste, très réticent. Je me souviens que tout son être était la Torah. »5Carmella Kesse souligna que son mari était impressionné non seulement par l’érudition juvénile de R. Mena’hem Mendel, mais aussi par « la sensibilité et l’attention qu’il manifesta en l’invitant chez lui et en lui tendant la main en ces temps difficiles ». Le Rabbi ne fut jamais homme à sacrifier le bien-être matériel d’un autre être humain pour son propre avancement spirituel. Il eut la sensibilité morale de remarquer un jeune garçon dans le besoin, et la détermination morale d’interrompre ses études et de tendre une main charitable.

« S’agissant de soi-même, enseignait le Rabbi, il faut faire la plus grande distinction possible entre les affaires spirituelles et matérielles. Mais s’agissant d’autrui, il faut considérer les besoins matériels de l’autre comme égaux aux besoins spirituels. Tout comme il ne fait aucun doute que vous devez rechercher le bien-être spirituel d’un autre, vous devez également rechercher son bien-être matériel. »6 « Si vous avez l’amour de D.ieu, mais pas l’amour de la Torah ou l’amour de votre prochain, cela montre que vous manquez aussi d’amour pour D.ieu. Mais si vous avez l’amour de votre prochain, vous arriverez finalement à l’amour de la Torah et à l’amour de D.ieu. »7

NOTES

1.

Discours public du Rabbi à l’occasion de l’anniversaire du décès de sa mère, en octobre 1985. Un enregistrement vidéo du discours en yiddish sous-titré en anglais est visible ici.

2.

Voir le témoignage de Carmella Kesse, visible ici.

3.

Ibid.

4.

Un enregistrement vidéo de l’interview en hébreu avec sous-titres anglais est visible ici.

5.

Pour un autre témoignage de l’érudition du Rabbi pendant ces années, voir ici.

6.

Si’hot Kodech 5779 vol. 1, page 307.

7.

Discours public du Rabbi le 10 Chevat 1951, premier anniversaire du décès de son beau-père, qualifié par le Rabbi de “déclaration de mission”, dont un enregistrement est disponible ici.
Le commandement de craindre D.ieu : Avec l’amour, vous fixez vos objectifs. Avec la crainte, vous fixez vos limites

Le commandement de craindre D.ieu : Avec l’amour, vous fixez vos objectifs. Avec la crainte, vous fixez vos limites

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La crainte de D.ieu est une mitsva très libératrice.

 

On peut représenter les choses commeça : il y a deux forces qui dressent le décor de votre rôle sur cette terre, l’amour et la crainte. Les plus petites choses dans la vie sont celles que vous aimez et craignez le moins. Les plus grandes, sont celles que vous aimez et craignez le plus.

 

Avec l’amour, vous fixez vos objectifs. Avec la crainte, vous fixez vos limites. Quelqu’un qui craint l’échec est destiné à ne pas prendre de risques. Quelqu’un qui a peur des autres est étranger à lui-même. Quelqu’un qui a peur de la vie n’a pas d’espace pour respirer.

 

La Torah nous libère en déclarant qu’il n’y a qu’une seule chose digne d’être crainte et ce n’est pas l’échec, pas les autres, pas même la mort. La seule chose à craindre est Celui qui est au-delà de toute chose et à l’intérieur de toute chose, Celui que nous appelons D.ieu.

 

Quelle est cette crainte ? Cela peut-être la simple peur que « Si je fais telle chose qu’Il n’aime pas, les conséquences ne seront pas bonnes. » Ou bien, pour celui qui ressent l’amour de D.ieu inné de son âme, c’est la peur de la séparation de cet amour et de cette unité, comme un enfant qui craint d’être séparé de ses parents. Pour ceux qui contemplent la grandeur infinie de D.ieu et les merveilles de Sa création, la crainte est un sentiment de révérence et de saisissement, affectant spontanément tous les sens, élevant la vie tout entière à un plus haut niveau.

 

Parfois le mot « révérence » convient mieux. Parfois c’est « émerveillement ». Mais dans toutes ces formes de crainte, il y a un point commun : la conscience d’une réalité au-delà de la vôtre qui définit et détermine tout ce que vous faites. Dès lors, chaque forme de véritable crainte de D.ieu est un affranchissement des limites de votre ego pour être absorbé dans un ensemble plus vaste. Un affranchissement que l’amour le plus puissant ne peut pas procurer. Car l’amour est avant tout une expression de la nature de celui qui aime, alors que la crainte, la révérence et l’émerveillement sont exclusivement tournés vers Celui qui est craint.

 

Et si vous ne ressentez pas cet émerveillement, ou pas même de révérence, voire pas même de crainte ? Dans ce cas, vous pouvez consacrer un moment chaque jour à méditer sur votre relation avec D.ieu, à devenir intensément conscient de Son immense et aimante présence. Lorsque cette conscience aura trouvé une place fixe dans votre cœur, tout ce que vous faites trouvera sa juste place, avec joie et plaisir. Vous serez libre.

Paracha Chemini ‘La force de la matière’ par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Chemini ‘La force de la matière’ par le Rav Yaakov Abergel

 

Il est un mouvement de l’âme du bas vers le haut, ‘Ratso‘, qui est un désir de l’âme de s’unir à D.ieu, au point même de quitter le corps. Il est un mouvement de l’âme du haut vers le bas, ‘Chov‘, de descendre, et de demeurer dans le corps afin d’y accomplir sa mission.

 

Le Rabbi enseigne que l’étude de la Torah permet d’accorder les deux mouvements de l’âme, son désir de s’unir à la lumière infinie de D.ieu, avec la Volonté de D.ieu de résider dans ce monde, qui implique que l’âme demeure et reste dans le corps.

 

Le Rabbi nous enseigne que c’est l’étude de la Torah qui possède la force d’unir les deux mouvements de l’âme. C’est pour cela qu’il est dit que le don de la Torah correspond à l’attribut de Tifereth.

 

L’attribut de Tifereth reçoit de la Sefira de Keter un reflet de la lumière infinie de D.ieu, qui lui donne la force d’unir deux contraires, l’eau et le feu, l’attribut de ‘Hessed et celui de Gvurah, le désir de l’âme de se fondre en D.ieu avec celui de se confronter à la matière physique de ce monde.

 

De fait, le service divin ne consiste pas seulement à ce que l’âme s’élève dans les mondes supérieurs afin d’y recevoir de très hautes lumières. En fait, la descente de l’âme dans un corps matériel a pour finalité une élévation considérable. C’est la raison pour laquelle dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemini le Rabbi met l’accent sur le fait que c’est en travaillant dans les limites de ce monde que l’on peut accéder ensuite au dévoilement du divin qui brise toutes les limites.

 

A l’époque du Temple l’âme Juive était le réceptacle de très hauts dévoilements divins. Cependant, à cette époque, les Juifs n’atteignirent pas le dévoilement de l’essence de l’âme. C’est quand, bien plus tard, les enfants d’Israël furent menacés par le décret d’Aman, qu’ils furent capables de faire don de leurs propres vies. A l’époque de Pourim les Juifs révélèrent la force de l’essence de l’âme, la soumission la plus totale vis-à-vis de l’Eternel.

 

Nous devons comprendre que c’est précisément l’exil qui fut à l’origine de ce dévoilement supérieur (par les limites on parvient à l’illimité).

 

La raison donnée par le Rabbi est que l’origine de l’obscurité est extrêmement élevée, elle n’est autre que l’essence divine.

 

Bien que la matière soit liée à l’obscurité de ce monde, du fait quelle cache la Parole divine qui crée le monde à chaque instant, il n’en demeure pas moins que son origine est l’essence divine.

 

Aussi, le dévoilement de l’essence divine dépend de notre service divin au moyen des Commandements divins (accomplis pour la plupart au moyen de ‘la poussière de la terre’, Rachi). L’importance du corps apparaît ici à l’évidence. De même que la matière cache la Parole divine, le corps cache l’âme, et son origine est encore plus élevée que celle de l’âme. C’est à ce sujet qu’il est dit ‘De ma chair (a partir des limites ) je verrais D.ieu (j’atteindrais l’illimité).

 

C’est par notre attachement au Rabbi, par son enseignement, que l’on parvient à unir le divin illimité, l’essence divine, à notre corps et aux forces limitées de notre âme.

 

Le Rabbi dévoile l’essence de notre âme, et dans ce cas notre amour pour D.ieu pour Israël et pour la Torah perd ses mesures et ses limites. C’est par les limites que l’on atteint l’illimité. C’est en agissant, l’âme dans le corps, dans ce monde inférieur, que l’on peut dévoiler le véritable niveau de l’obscurité du ‘corps’ de ce monde et du corps de l’homme.

 

C’est à ce sujet qu’il est dit que dans les temps messianiques ‘l’âme sera nourrie par le corps.

 

Très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu, il apparaîtra à nos yeux ‘la lumière qu’aucun œil n’a vue’, la Parole divine qui se cache dans le corps de chaque chose.

 

Peut-être que la beauté d’un paysage trahit un tant soi peu la présence de cette Parole qui se cache dans la nature, et nous donne un avant goût de la beauté infinie que l’Eternel délivrera lors de la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu

Rav Yaakov Abergel

Les peintures du Rav Yaacov Abergel

Les peintures du Rav Yaacov Abergel

Nous vous présentons quelques tableaux du Rav Yaacov Abergel.

Son travail d’artiste est imprégné de son attachement au Rabbi de Loubavitch qui, un jour, expliqua la qualité d’un peintre:

“Vous savez sans doute que la qualité d’un peintre consiste à occulter l’aspect extérieur d’un objet, à oublier son contours, pour le pénétrer, en saisir l’aspect profond et l’essence, afin de l’exprimer par sa toile. Ainsi, celui qui la contemplera percevra ce qu’il n’avait auparavant pas remarqué, lorsque la partie intérieure était cachée par des éléments accessoires.”

Cliquez-ici pour lire la biographie du Rav Abergel 

 

 

Lettres du Rabbi : “Le délai entre la décision et le mariage”

Lettres du Rabbi : “Le délai entre la décision et le mariage”

Pour différentes raisons, y compris par crainte de D.ieu, il n’y a pas lieu, de nos jours, de se lier soi-même et, a fortiori, de lier une autre personne, lorsque l’on prévoit de célébrer le mariage beaucoup plus tard. Bien au contraire, plus le délai entre la décision de se marier et la célébration de ce mariage est court, mieux c’est.
(Likouteï Si’hot, tome 14, page 34)

Vous faites allusion à vos fiançailles. Or, y a-t-il une raison, justifiée d’après le Choul’han Arou’h, pour qu’un tel laps de temps s’écoule entre celles-ci et le mariage ? Ou bien s’agit-il d’une pratiques sans fondement ? Si c’est effectivement le cas, il serait bon de la supprimer, d’une manière agréable et diplomatique.
En effet, qui, en notre génération, peut accepter délibérément d’être soumis à l’épreuve ? En tout état de cause, ce délai doit être réduit pour tous les mariages des ‘Hassidim et de ceux qui leur sont liés.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 11, page 169)

Vous me dites que la date du mariage n’a pas encore été fixée. Sans doute ne la retarderez-vous pas. Avec l’effort qui convient, vous supprimerez sûrement tous les obstacles, en la matière.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 7, page 400)

Vous m’écrivez que le mariage sera vraisemblablement fixé dans un an, soit à l’issue de votre service militaire et des études que mène votre fiancée, au Beth Yaakov. Ce retard ne me convient pas.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 5, page 283)

Vous me dites que le mariage de votre sœur a été fixé en Mena’hem Av. Vous comprendrez que je sois surpris par un délai aussi long, d’autant que les fiancés se trouvent dans la même ville.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 16, page 202)

Vous m’écrivez que le mariage a été fixé en Adar 5716. Je suis étonné que tant de temps s’écoule jusqu’à ce qu’il soit célébré. Sans doute, les deux familles accepteront-elles de l’avancer, en un  moment bon et fructueux.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 11, page 148)

Le Rabbi : “Dire que D.ieu n’a pas créé de la vie ailleurs revient à mettre des limites à D.ieu, et ça, personne ne peut le faire”

Le Rabbi : “Dire que D.ieu n’a pas créé de la vie ailleurs revient à mettre des limites à D.ieu, et ça, personne ne peut le faire”

 
 
 

 

 

Avant de naître, un bébé vit entouré d’eau dans le ventre de sa mère. Il ne respire pas, ses poumons sont repliés sur eux-mêmes entre les deux cavités supérieures du cœur. Celui-ci est percé d’un orifice pour que le sang puisse circuler et un tube relie l’aorte à l’artère pulmonaire.

 

Au cours des dix minutes qui suivent sa naissance, ses poumons doivent se déployer, l’orifice dans son cœur doit se refermer et le tube doit se boucher.

 

Ce sont en tout 67 étapes qui doivent se succéder pour que, de l’état de créature immergée, le bébé devienne un être humain qui respire de l’oxygène. Miraculeusement, ce phénomène est tout à fait ordinaire et se produit à chaque minute.

 

C’est cela, la science : lorsque l’on comprend ce qui se passe. Et nous savons qu’il n’existe aucun être humain, aucun scientifique, qui aurait pu concevoir et mettre en œuvre pareille séquence. Si un laboratoire essayait de la reproduire, cela ne marcherait jamais.

 

En fait, si nous étions vraiment conscients de ce qui arrive dans notre propre existence, si nous savions tout ce qui se passe à la naissance d’un bébé, nous tomberions à genoux et remercierions D.ieu éternellement. Toutes les études scientifiques des cent dernières années n’ont eu de cesse de montrer comment les phénomènes naturels reflètent les notions d’ordre et de séquence, et donc, d’après moi, la réalité d’un Créateur.

 

Un professeur de mathématiques m’a rendu visite à mon labo un jour. Un véritable athée. Et pourtant, il m’a dit ce jour-là : « Je viens de calculer qu’il est impossible que l’œil humain évolue pendant les 5 milliards d’années dont on nous parle. » Il ajouta : « Ce sont ceux qui croient en l’évolution qui font vraiment un acte de foi. »

 

La science ne contredit pas la Torah. Elle nous enseigne, au contraire, que lorsque que D.ieu a dit « J’ai créé le monde », « Je pourvoirais », « Je vous guérirais », Il disait vrai ! En 1998, il a été rapporté, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’il avait été produit suffisamment de nourriture pour nourrir toute la planète. En théorie, donc, personne sur Terre ne devrait être affamé. Ainsi quand un célèbre verset des Psaumes affirme « Tu ouvres Tes mains et Tu procures à tout être vivant sa subsistance », il dit vrai ! Lorsqu’un médecin guérit un patient, c’est ce que démontre la science : D.ieu disait vrai, Il a pourvu.

 

 

« Vous devez rechercher la vie sur Mars. Et si vous ne la trouvez pas là-bas, vous devrez chercher ailleurs. Et si vous ne la trouvez pas là-bas non plus, alors vous devrez chercher encore ailleurs. Parce que rester là et dire que D.ieu n’a pas créé de la vie ailleurs revient à mettre des limites à D.ieu, et ça, personne ne peut le faire. »

 

Aucun rabbin n’a jamais dit à un scientifique : « Arrête de chercher. » Aucun rabbin n’a jamais dit : « Cesse d’explorer. » Parce que celui qui croit en la vérité – et la Torah est toute vérité – croit aussi que toute chose vraie que l’on découvrira dans la nature sera un reflet et une expression de la gloire de D.ieu.

 

Lorsque j’étais plus jeune, j’ai travaillé pour la NASA. Et j’ai recherché la présence de vie sur Mars. Nous avons dépensé des centaines de millions de dollars en cherchant de la vie sur Mars. À cette époque j’ai demandé au Rabbi de Loubavitch : « Est-ce correct ? Puis-je vraiment me livrer à ces recherches ? D’autres religions disent qu’il ne faut pas. Et la Torah ne dit pas qu’il y a de la vie sur Mars. »

 

Le Rabbi répondit en yiddish : « Professeur Greene, vous devez rechercher la vie sur Mars. Et si vous ne la trouvez pas là-bas, vous devrez chercher ailleurs. Et si vous ne la trouvez pas là-bas non plus, alors vous devrez chercher encore ailleurs. Parce que rester là et dire que D.ieu n’a pas créé de la vie ailleurs revient à mettre des limites à D.ieu, et ça, personne ne peut le faire. »

Terre, eau, soleil et air, l’éducation d’un enfant est similaire à la culture d’un arbre

Terre, eau, soleil et air, l’éducation d’un enfant est similaire à la culture d’un arbre

Rav Eliezer Shemtov / fr.chabad.org

 

Beaucoup a été écrit sur la meilleure façon d’éduquer un enfant.

 

Quelle meilleure source pour chercher des conseils dans ce domaine que la Torah, dont la définition même et le but sont « enseigner » ?

 

Or la Torah compare l’homme à « un arbre dans le champ » (Deutéronome 20,19). Plusieurs raisons sont données à cette comparaison.

 

Explorons cette connexion comme un paradigme de l’éducation.

 

L’éducation d’un enfant est similaire à la culture d’un arbre. Dans les deux cas, l’objectif est de leur prodiguer ce dont ils ont besoin de sorte à faire émerger leur potentiel.

 

Quand vous y pensez, un enfant a besoin des mêmes choses que l’arbre pour grandir.

 

Terre. Eau. Soleil. Air.

 

Chacun de ces quatre éléments représente une composante de base nécessaire pour fournir à un enfant ce dont il a besoin pour grandir et se développer correctement.

 

Terre :

 

La terre fournit à l’arbre des nutriments. Appliquée à l’éducation d’un enfant, elle représente à la fois les valeurs que nous souhaitons qu’il absorbe ainsi que les connexions que nous voulons qu’il ressente. Un enfant n’est pas un champignon ; il a des racines profondes qui le relient à une riche source de nourriture. Plus son lien avec cette source est fort, plus il deviendra fort.

 

La Terre représente aussi la stabilité, l’immobilité. Un enfant doit se sentir en sécurité en sachant qu’il y a des valeurs et des règles qui sont inviolables. On ne lui donne pas des valeurs à la mode et politiquement correctes, mais « jetables » et aussi éphémères que l’air du temps.

 

Dans l’un de ses très instructifs et très édifiants articles sur le thème de l’éducation, Rav Yaakov Lieder cite un fermier qui décrivait le comportement de son bétail chaque fois qu’il les amenait dans de nouveaux pâturages. D’abord, les animaux vérifiaient la clôture pour s’assurer qu’elle ne comportait aucune brèche. C’est seulement ensuite qu’ils allaient paître. Il expliqua ainsi ce phénomène : dès lors qu’ils constataient que les limites qui les entouraient étaient inviolables, ils pouvaient se mettre à pâturer tranquillement, sans être distraits par la perspective d’une évasion.

 

L’application de ce concept à l’éducation est très puissante. Pour que nos enfants soient heureux et réussissent, ils doivent se sentiren sécurité et faire confiance aux règles et aux limites établies par leurs parents. Il y a beaucoup de décisions concernant le bien-être et l’avenir d’un enfant dont il ne devrait pas avoir à s’inquiéter, certainement pas à ce stade de sa vie.

 

Eau 

 

L’eau est essentielle pour la croissance d’une plante. Entre autres choses, elle aide à dissoudre les nutriments afin qu’ils deviennent absorbables par la plante. L’eau assure également que les racines ne sèchent pas afin qu’elles puissent continuer à fonctionner de manière optimale. Le sol le plus riche en nutriments est inutile si la plante n’a pas la capacité de les absorber.

 

Dans les écrits du ‘Hassidisme, l’eau représente l’humilité. L’humilité est une qualité indispensable quand il s’agit d’être ouvert à l’absorption de nouvelles informations.

 

Nos enfants doivent avoir de l’humilité pour apprendre ; s’ils pensent tout savoir, ils n’apprendront pas.

 

De même, en tant qu’enseignants et parents, nous devons avoir de l’humilité pour enseigner. Lorsque nous enseignons à nos enfants, nous devons humblement accepter de nous « abaisser » à leur niveau. Nous devons traduire ce que nous voulons dire dans un langage qu’ils peuvent facilement comprendre et assimiler. C’est l’une des raisons pour lesquelles la sagesse est comparée à l’eau. L’eau, comme la sagesse, se trouve le plus à l’aise chez le plus bas (c’est-à-dire le plus humble) receveur.

 

Il est raconté qu’un ‘hassid vint une fois consulter Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi sur des interrogations qu’il avait concernant l’éducation de ses enfants.

 

En s’approchant de la porte de Rabbi Chnéour Zalman, il remarqua par la fenêtre que son Rabbi jouait avec son petit-fils. Rabbi Chnéour Zalman rampait au sol avec son petit-fils sur le dos comme si celui-ci chevauchait un poney.

 

Le ‘hassid s’éloigna et revint un peu plus tard pour parler à Rabbi Chnéour Zalman.

 

Après que le ‘hassid ait décrit son problème, Rabbi Chnéour Zalman lui dit : « C’est dommage que tu n’étais pas là tout à l’heure quand je jouais avec mon petit-fils, tu aurais vu comment il est nécessaire de s’abaisser au niveau de l’autre personne afin de pouvoir mieux communiquer… »

 

L’eau représente également la transparence et la pureté. Lorsque vous voulez produire des pommes, par exemple, vous devez irriguer une graine de pomme avec de l’eau ; vous ne pouvez pas produire de pommes en abreuvant des graines d’orange avec du jus de pomme. L’eau pure fait ressortir le potentiel particulier de chaque graine. Afin de faire ressortir le potentiel particulier de chaque enfant, il faut lui fournir de l’eau pure, les vérités pures et non adultérées de la Torah. Il grandira et se développera à sa manière propre et particulière et apportera sa contribution unique au peuple juif.

 

Soleil

 

Un arbre a besoin à la fois de la lumière et de la chaleur irradiées par le soleil.

 

Lumière : Nous ne devons pas simplement dire à nos enfants quoi faire ; nous devons leur montrer la beauté et la richesse de ce qui est juste. Nos Sages emploient l’expression (Talmud, Yevamot 114a, cité dans Rachi sur Lévitique 21,1) lehazhir guedolim al haketanim, qui signifie que la Torah avertit les adultes qu’ils sont responsables du comportement de leurs enfants. Le Rabbi fait remarquer que l’expression lehazhir – signifiant littéralement « avertir » ou « instruire » – peut aussi se traduire par « faire briller ». Les parents ne doivent pas seulement apprendre à leurs enfants quoi faire ; ils doivent éclairer le monde de leurs enfants. Ils doivent transmettre un judaïsme lumineux. Dans les mots du Livre des Proverbes, Torah or, « La Torah est lumière ». L’enseignement de la Torah éclaire, montre ce qui est juste et ce qui est faux, plutôt que de simplement l’imposer.

 

Chaleur : Nous devons offrir à nos enfants un amour inconditionnel. Notre amour pour eux doit être aussi prévisible que le lever du soleil. Ils ne doivent jamais sentir que notre amour pour eux est conditionnel. Ils doivent savoir que même quand nous nous mettons en colère, nous les aimons toujours. Cet amour inconditionnel leur inculque une estime de soi et une sécurité qui leur permet de faire face aux défis de la vie en toute confiance.

 

Air

 

L’« Air » implique deux choses : l’espace et l’atmosphère.

 

Espace : Tout comme un arbre a besoin d’espace pour grandir, un enfant a aussi besoin de sa propre identité et de « l’espace » dans lequel la développer. Il a besoin de ses propres moments privilégiés avec ses parents. Il a peut-être des talents ou des hobbies qui lui sont propres qui doivent être développés. D’autre part, la vie privée de l’enfant doit être respectée et protégée. Cela comprend le fait de ne rien divulguer de ce qu’il vous confie. Le Rabbi ouvrait personnellement chaque lettre qu’il recevait (!) afin de protéger la vie privée de l’expéditeur. Le Rabbi n’autorisait personne à entrer dans « l’espace » de cette personne sans permission.

 

Atmosphère : Il est très important d’être conscient de l’environnement qui entoure votre enfant et de la « qualité de l’air » qu’il respire, à la maison comme à l’extérieur. Que voit votre enfant à la maison ? Voit-il du respect mutuel et de l’amour entre ses parents ? Les voit-il heureux et en sécurité de qui ils sont et de ce qu’ils font ? Que voit-il ses parents faire ? Que les entend-il dire (qu’il n’est soi-disant pas censé pouvoir entendre) ? Qui sont ses amis ? De quoi parlent-ils chez eux ? De quoi parlent-ils pendant la récréation ? Quelles sont leurs attitudes ?

 

L’atmosphère est déterminée non pas tant par ce qui est dit que par ce qui est fait.

 

Je me souviens d’avoir déjà parlé à un couple qui m’expliquait qu’ils ne pouvaient pas venir à la synagogue le vendredi soir parce que « nous avons une partie de bridge hebdomadaire avec des amis ». Un peu plus tard, ils se sont plaints auprès de moi du fait que leur fils faisait quelque chose qu’ils lui avaient appris à ne pas faire. « Nous lui avons dit à maintes reprises qu’un tel comportement serait inacceptable pour nous, comment peut-il tourner le dos à l’éducation que nous lui avons donnée ? », se demandaient-ils.

 

« Il ne vous ignore pas du tout, répondis-je. Vous avez eu beaucoup de succès dans votre éducation : vous lui avez appris que l’on fait ce que l’on veut et pas forcément ce que l’on devrait… Le fait que ce qu’il veut diffère de ce que vous voulez n’est qu’un détail. Il a parfaitement appris la leçon principale. »

 

Ce que votre enfant « aspire » de l’atmosphère dans laquelle il grandit est plus déterminant que ce qu’il entend.

 


 

Le plus important est de se souvenir qu’être un parent/jardinier est un travail à temps plein. Nous devons être constants et persévérants dans l’entretien de nos jardins et constamment à l’affût des problèmes qui pourraient survenir et les cueillir à l’état de bourgeon avant qu’ils ne deviennent incontrôlables.

 

Rappelez-vous : les arbres ne se plaignent jamais. De même, les enfants n’expriment souvent pas adéquatement ce dont ils ont besoin quand ils en ont besoin. Ils souffrent souvent en silence. C’est notre travail de soigner les précieuses pousses qui nous ont été confiées.

 

Rav Adin Even Israël (Steinzaltz) : L’étude du Rambam, toute la Torah pour tout le peuple

Rav Adin Even Israël (Steinzaltz) : L’étude du Rambam, toute la Torah pour tout le peuple

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Sur l’étude quotidienne du Rambam instaurée par le Rabbi de Loubavitch

“Comme les jours de l’arbre sont les jours de mon peuple” – l’histoire du peuple juif, dans son ensemble, est comparable à un grand arbre dont les racines seraient les Patriarches et qui se développerait jusqu’à la fin des temps.

L’analogie utilisée par le prophète peut être interprétée de manières diverses. D’une part, elle exprime le fait que l’histoire de notre peuple constitue une continuité unique dont tous les éléments, du passé le plus reculé à l’avenir le plus lointain, sont liés les uns aux autres.

D’autre part, de même que l’arbre est composé de différentes parties, à telle enseigne que d’une seule branche montent des feuilles qui s’orientent dans des directions variées, de même au sein du peuple juif existent des différences essentielles selon les périodes de son histoire, chacune d’entre elles ayant eu un sens particulier. Néanmoins, ces évolutions ne sont pas une succession de contradictions. Au contraire, elles apportent chacune leur contribution à un processus plus global.

A propos de la chaîne de la tradition, il nous est enseigné que la Torah donnée au mont Sinaï fut transmise successivement par Moïse à Josué, par Josué aux Anciens, par les Anciens aux Prophètes, par ceux-ci aux hommes de la Grande Assemblée puis aux Sages de l’époque talmudique et, ainsi de suite, jusqu’aux dernières générations. Cette transmission, bien que son contenu ait été unique, s’est accompagnée de modalités différentes au cours de temps.

Que celles-ci aient été dues aux caractéristiques de la période considérée ou aux qualités diverses des hommes de l’époque, des aspects nouveaux de la Torah sont ainsi progressivement apparus.

Lorsque le Rabbi lança la campagne pour l’étude de Maïmonide (appelé aussi par l’acrostiche “Rambam”, pour Rabbi Moché Ben Maïmon), il pouvait sembler qu’il ne s’agissait là que d’un point certes nouveau mais de détail, d’un moyen supplémentaire d’encourager l’étude régulière de la Torah. Des initiatives de ce type avaient d’ailleurs déjà été prises pour d’autres textes par des Maîtres contemporains.

Pourtant, une telle analyse reste très superficielle tant ces deux cas sont dissemblables. En effet, dans l’étude de Maïmonide demandée par le Rabbi, il y a bien plus. Ce n’est pas qu’un ajout mais bien le début d’une approche et d’une époque nouvelles pour l’étude du Michné Torah. Car si cette œuvre de Maïmonide est étudiée dans toutes les communautés juives depuis près de 900 ans, ce n’est qu’en notre temps qu’on commence à la voir de manière différente.

Cette vision nouvelle était, en fait, présente dès l’origine, elle correspond à l’intention de Maïmonide lui-même, qui ne put se concrétiser pendant toutes ces générations. Mais, comme l’enseignent les Sages dans le Talmud de Jérusalem (Traité Péah 1, 1) “Tout ce dans quoi les premiers Sages se sont totalement investis, bien que cela s’oublie et disparaisse parfois, finit par être redécouvert par les Sages postérieurs, comme il est dit: “à Moïse du Sinaï ”.

L’époque a été celle de ces “Sages postérieurs”; elle s’est différenciée par de nombreux points dont l’un des plus importants a été le développement et l’approfondissement de l’étude de la Torah dans ses détails. En effet, de manière générale, les maîtres des dernières générations n’ont pas développé de domaine radicalement nouveau. Ils ont plutôt approfondi les enseignements du Talmud et des premiers Sages, y découvrant de nouvelles idées.

La moindre pousse plantée par les premiers Sages a ainsi été abondamment développée jusqu’à produire feuilles et fruits. Les pierres précieuses cachées jusqu’ici parmi les trésors d’Israël ont été redécouvertes et taillées, faisant briller de nouvelles facettes.

C’est également ainsi que les œuvres de Maïmonide ont été traitées. Les Sages les ont étudiées, en ont recherché les sources et y ont trouvé de nombreuses lois et des réflexions nouvelles. Toutes ces démarches ont présenté un point commun, caractéristique des Maîtres des dernières générations: la volonté d’élargissement et d’approfondissement des détails.

En revanche, le Rabbi a ouvert une période nouvelle qui caractérise la volonté de Maïmonide lui-même telle qu’il l’exprime dans l’introduction à son livre: la voie de “l’étude de toute la Torah”.

Il convient ici de souligner une idée importante. Parmi les livres relatifs à la Torah Orale, aussi bien la Michna que le Talmud, le Midrach que les œuvres des commentateurs talmudiques, il n’en existe aucun qui traite de la Torah dans son ensemble. Malgré l’importance tant qualitative que quantitative de ces ouvrages, tous ont choisi de limiter leur champ de réflexion. Certes, il y eut pour cela des raisons parfaitement légitimes en chaque génération.

Force est cependant d’observer que même la Michna, dont les six traités recouvrent pourtant l’ensemble de la vie, depuis les lois relatives à la terre d’Israël jusqu’à celles qui traitent de pureté rituelle, ne contient pas toute la Torah. Même si tout y figure en allusion, comme, par exemple, l’ordonnancement de la prière ou le détail des lois relatives aux commandements des Tsitsit ou des Téfilines, cependant de tels domaines n’y sont pas explicités.

Seul Maïmonide inclut dans son Michné Torah, la Torah tout entière, depuis les fondements de la foi juive jusqu’aux lois concernant le Machia’h. Cette démarche ne correspond pas simplement à la réalisation d’un ouvrage quantitativement important, apte à collecter tous les détails contenus dans la Torah. Il s’agit d’une autre manière de voir, d’une vision de la Torah comme un ensemble unique et complet.

En effet, même à supposer que l’on étudie de nombreux ouvrages qui se complètent l’un l’autre de telle manière qu’au bout de cette étude on ait abordé l’ensemble des sujets traités par la Torah, il n’en reste pas moins qu’il se sera agi de livres séparés dont chacun aura pris pour thème un domaine plus ou moins restreint.

En tout état de cause, aucun n’aura vu la Torah comme un ensemble unique. En d’autres termes, les ouvrages en question sont comparables à des éléments parcellaires, même lorsqu’ils s’attachent à un champ relativement important, tandis que l’œuvre de Maïmonide constitue une globalité dans sa conception même. Ce fait entraîne une différence non seulement en ce qui concerne l’œuvre globale, mais également les parties dont elle est constituée. En effet, celui qui possède un élément partiel, même dans sa totalité, ne détient pas plus que l’élément en question. En revanche, celui qui possède une partie d’une œuvre globale détient, au moins implicitement, toute cette globalité.

L’étude du Michné Torah de Maïmonide menée avec la vision claire qu’il s’agit d’une œuvre globale constitue le moyen de percevoir la Torah non comme une collection de détails mais en tant que globalité parfaite. Ainsi, elle n’est pas que le recueil de parties éparses mais un tout dont les éléments correspondent, se complètent et se nourrissent d’un bout à l’autre du texte, tel “l’arbre de Vie” dont les branches et les feuilles s’unissent en une seule essence.

La nouvelle période ainsi ouverte rompt avec les précédentes consacrées aux détails; elle envisage ces derniers inclus dans la globalité. Toutefois, celle-ci ne les nie pas dans la mesure où le Michné Torah les contient tous. Ils sont à présent compris sans perdre l’ensemble de vue. Il n’est pas anodin que la plupart des commentaires de Maïmonide aient désigné leurs lois en utilisant le mot “roi”. Ils ont vu, dans le Michné Torah, la “royauté” de la Torah, l’ensemble unique qui inclut avec grandeur tous les éléments parcellaires.

L’étude du Michné Torah de Maïmonide exprime à la fois la manière d’étudier la Torah de notre époque et le contenu essentiel de la période. Le temps qui passe nous rapproche de la venue de Machia’h, qui dépend du fait que le peuple juif accepte la Torah dans sa totalité.

En d’autres termes, l’acceptation de toute la Torah par tout le peuple constitue le moyen de faire venir la Délivrance.

De la même manière que les Juifs acceptèrent la Torah au mont Sinaï, par les Dix Commandements qui portent enracinés toutes ses lois et ses enseignements, ainsi convient-il d’agir aujourd’hui: que chacun accepte l’ensemble de la Torah dans tous ses détails, le peuple tout entier, les petits et les grands, hommes, femmes et enfants. Bien entendu, chacun ne comprend qu’en fonction de ses capacités et des connaissances.

Cependant, accepter la Torah c’est l’accepter tout entière, non comme une collection d’éléments parcellaires mais comme un tout. Ce n’est pas en vain que le peuple juif a donné pour titre à l’œuvre de Maïmonide le nom de “Yad Ha’hazaka – la main forte”. Il a entendu faire ainsi référence au verset: “et pour toute la main forte que fit Moïse aux yeux de tout Israël”.

Comment la “sainte folie” peut nous aider à contrer les effets de notre comportement négatif.

Comment la “sainte folie” peut nous aider à contrer les effets de notre comportement négatif.

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Quand nous étions enfants, on nous a peut-être dit : « Arrête de faire l’idiot ! » Personne n’a jamais dit : « Commence à faire l’idiot ! »

De sorte qu’en tant qu’adultes, agir de manière folle peut sembler anormal. Mais parfois, la folie est le meilleur moyen de se connecter à D.ieu – une sainte folie. Tel est l’objet d’un discours que le sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, se préparait à distribuer à ses adeptes en l’honneur du yahrtseit (anniversaire du décès) de sa grand-mère le 10 Chevat. Le Rabbi quitta ce monde ce même jour, le 10 Chevat, avant qu’il ne puisse présenter le discours, mais ses nombreux chapitres furent développés par son successeur, Rabbi Mena’hem Mendel Schneersohn, et continuent d’être étudiés chaque année à cette époque à sa mémoire.

 

Agir de manière folle peut sembler anormal

Il peut nous sembler difficile, à nous qui avons mis tant d’efforts pour réprimer (la plupart (!) de) notre comportement puéril, de concevoir la folie comme quelque chose de désirable et, oui, de véritablement saint. Mais considérez seulement le calibre des personnes qui furent accusées d’agir avec folie. Aussi vénérables qu’elles fussent, il fallut dans chaque cas à leurs contemporains une validation divine de leur comportement indécent.

  • Rav Chmouel bar Its’hak dansait intensément lors des mariages, son corps, ses mains et ses pieds volant dans toutes les directions. Son manque d’inhibition perturbait ses collègues. C’est certes une mitsva de réjouir les jeunes mariés, mais ils estimaient qu’une certaine tenue devait être conservée. Ils le réprimandèrent : « Tu es une source d’embarras pour les érudits de la Torah ! » Mais D.ieu approuva ses facéties décomplexées. Lors de son enterrement, une colonne de feu en forme de branche de myrte séparait son cercueil des gens qui l’escortaient. C’était une justification claire de son comportement « fou ».
  • Le roi David fournit un autre modèle de joie désinhibée. Des pas mesurés et des danses majestueuses ne pouvaient contenir son extase devant l’Arche qui était amenée à Jérusalem. Il volait, tournoyait et bondissait, le faisant ressembler à un « stupide fou », selon les mots de sa femme. Mais D.ieu était content de sa sainte folie.
  • Lorsqu’un prophète recevait la prophétie, il était appelé « fou » parce qu’il était dans un état modifié de conscience, un état dépouillé de son ego, afin que la lumière de D.ieu puisse briller en lui. (Plus prosaïquement, cela ressemble un peu à la façon dont les bouffons étaient considérés comme des fous, et étaient donc capables de dire la vérité sans censure aux dirigeants et aux dictateurs les plus puissants.)

La sainte folie peut nous aider à contrer les effets de notre comportement négatif.

Nos Sages nous disent qu’une personne pèche seulement parce qu’un « esprit de folie » (roua’h shtout) est entré en elle. En d’autres termes, quand une personne pèche, c’est un acte de pure folie. Quelle personne sensée voudrait creuser un fossé entre elle et son Créateur ?

Quand nous péchons, c’est en raison d’une perte de maîtrise de soi. L’impulsivité a gagné. Et, comme le dit Maïmonide, quand nous voulons surmonter une faiblesse, nous allons à l’extrême opposé. Ainsi nous contrecarrons le roua’h shtout par le shtout dikedousha, une « sainte folie » : nous nous abandonnons à la joie. Nous avons subi une défaillance parce que nous n’avons pas pris le temps de réfléchir. Alors maintenant, nous passons de la sous-utilisation de notre cerveau à un état supra-rationnel de sainte folie. Nous servons D.ieu avec abandon, avec une joie effrénée, avec une sainte démence.

Le pouvoir du Messirat Nefesh (le sacrifice de soi) est une autre expression de la folie. Rationnellement, il n’est pas logique qu’une personne soit prête à abandonner sa vie, mais c’est pourtant ce que font les Juifs. Au cours des siècles, d’innombrables Juifs ont sacrifié leur vie plutôt que leur religion, à l’époque de l’Inquisition, des Cosaques, sous l’oppression du régime soviétique…

Comment avons-nous le Messirat Nefesh aujourd’hui, dans notre société libre et démocratique ? En étant disposé à renoncer à un certain confort pour le service de D.ieu, même si cela signifie sacrifier une partie de nos moyens de subsistance pour observer le Chabbat ou renoncer à nos aliments préférés pour manger casher.

De même, lorsque nous faisons un « acte de foi » – en faisant taire l’esprit et en nous soumettant aux pouvoirs infinis de D.ieu – nous pratiquons la sainte folie. Nous pourrions penser : « Comment puis-je faire cela ? Quelle personne saine d’esprit s’attendrait au salut d’une source qu’elle ne peut pas voir ? » Le cœur se contracte d’effroi. Mais nous transcendons notre propre logique et nos propres états d’âme et plaçons notre confiance en D.ieu. C’est dans cet esprit que nous avons suivi Moïse dans le désert, et c’est ainsi que nous vivons chaque jour : avec foi et confiance.

Richard Morris, un comédien professionnel qui était l’un des auteurs originaux pour David Letterman, a décrit à quel point ce fut difficile pour lui quand il a commencé à observer le Chabbat. Ses performances les plus importantes – et les mieux payées – étaient les week-ends. « Comment vais-je survivre ? », s’inquiétait-il. Mais il fit le grand saut, et les bonnes nouvelles sont qu’il réussit pleinement, financièrement, professionnellement et spirituellement.

Nous pouvons rester bloqués dans nos capacités limitées, ou avoir foi en Ses capacités illimitées. Il peut sembler fou d’avoir la foi, surtout aujourd’hui. Mais la folie est aussi la seule façon de nous connecter à D.ieu – car aucun d’entre nous ne peut Le comprendre. La Divinité Infinie est hors de portée de notre intellect, au-delà de notre imagination, totalement incompréhensible.

 

Supprimez votre « moi » de l’équation

Si nous sommes tous des fous devant D.ieu, comment pouvons-nous savoir quel est le bon chemin ? D.ieu a placé parmi nous Ses agents, les justes de chaque génération qui nous guident. Ils peuvent nous dire de faire quelque chose qui va à l’encontre de toute logique, mais quand nous faisons un acte de foi, nous avons la bénédiction du succès.

Alors, allez-y, soyez fou. Puisez-en la force dans les comportements idiots et désinhibés qui furent rejetés pendant votre enfance. N’ayez pas peur de manifester votre joie. Réjouissez-vous avec les autres lors de leurs célébrations. Réjouissez-vous avec la Torah à Sim’hat Torah. Réjouissez-vous avec D.ieu chaque fois que vous faites une mitsva.

Si vous avez de la difficulté à sortir de votre boîte, supprimez votre « moi » de l’équation. Rappelez-vous : nous pouvons servir notre petitesse égocentrique, ou nous pouvons nous attacher à Sa grandeur infinie.

NOTES

1 . Talmud, Ketoubot 17a.     2. Talmud, Sotah 3a          3. Tanya, ch. 24.

Les cinq surprenants conseils du Rabbi de Loubavitch

Les cinq surprenants conseils du Rabbi de Loubavitch

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“My Story”, un recueil d’histoires personnelles sur le Rabbi, a récemment été publiée par JEM (Jewish Educational Media). Ce livre est un voyage fascinant dans les multiples facettes des activités et de l’influence du Rabbi. Nous avons rassemblé ici 5 conseils qui pourraient vous surprendre, ou mieux encore, vous inspirer.
1 – Le Rabbi à la jeune femme : “Quelle est la bonne Mitsva ?”

Sur quelle mitsva devrions-nous choisir de travailler ? Celle qui semble la plus naturelle, ou celles qui nous obligent à travailler plus sur nous-mêmes ?

Yehudis Fishman présenta cette question au Rabbi, s’attendant à entendre parler de la valeur du travail sur soi, ou peut-être l’actualisation du potentiel. La réponse du Rabbi fut très différente.

Yehudis Fishman reçoit un dollar du Rabbi des décennies après la réunion évoquée dans le livre.

Le Rabbi a cité la phrase talmudique : ‘hatof vee’hol, traduite par : « Attrapez et mangez ! »

« Nous approchons de l’ère messianique, dit le Rabbi. Nous devons simplement saisir toute opportunité de faire une mitsva, que celle-ci soit facile ou difficile. »

Qu’une mitsva vous semble trop difficile ou trop facile, cela n’a pas d’importance. Si une occasion se présente, saisissez-la !

2 – Le Rabbi à l’étudiant de Yéchiva : “Imitez les hippies”

Dans les années 60, Yossef Krupnik était un jeune élève de yéchiva qui voulait commencer à se laisser pousser la barbe selon la coutume juive établie, mais était hésitant du fait que cela n’était pas accepté dans sa communauté non-‘hassidique.

Le Rabbi lui dit de considérer un public inattendu : les hippies. Il fit remarquer qu’ils avaient beaucoup en commun avec nos ancêtres…

« Les esclaves juifs en Égypte étaient tombés au quarante-neuvième niveau d’impureté, mais du fait qu’ils avaient conservé leur langue, leurs noms hébraïques et leur mode distinctif d’habillement, ils ne descendirent pas jusqu’au cinquantième niveau », dit le Rabbi en citant le Midrash et la Kabbalah.

Il dit alors à Krupnik : « Qu’en est-il des dirigeants des hippies – ne sont-ils pas tous juifs ? N’ont-ils pas tous des noms juifs ? Abbie Hoffman et Allen Ginsberg et Mark Rudd Rudnitsky ? Et ne portent-ils pas des habits distinctifs ? Lorsque vous voyez un hippie dans la rue, vous savez qui il est à sa façon de s’habiller, ce qui est exactement la manière dont les Égyptiens identifiaient les Juifs à l’époque. Et les hippies n’ont-ils pas leur propre jargon ? Donc, s’ils ne changent pas leur langue ou leur habillement ou leurs noms, qui peut dire qu’ils sont moins méritants d’être délivrés que les Juifs d’Égypte ? »

(« Tout au long de ce soliloque, se rappelle Krupnik, le Rabbi avait un grand sourire sur le visage, et il riait par instants. Il s’amusait, mais je comprenais son message. »)

Le Rabbi continua : « Si vous interrogiez les gens dans les années 1930 au sujet d’un socialiste, ils disaient à coup sûr : “Ce doit être un Juif.” Ou si vous parliez d’un communiste dans les années 1940, ils disaient : “Ce doit être un Juif.” Donc, aujourd’hui, en dehors de New York, si vous interrogez les gens à propos des hippies, ils diront : “C’est encore une de ces maladies que les Juifs nous ont apportées.” Donc, qui dit que les hippies ne sont pas dignes d’être imités dans cette seule chose : leurs barbes ? »

Inutile de dire que Krupnik a une barbe depuis lors.

3 – Le Rabbi au Général : “Voilà comment être un bon Juif”

Yossi Ben Hanan était un général dans l’armée israélienne quand il décida de passer à autre chose. Il envisageait de quitter l’armée et de chercher une carrière dans le secteur privé. Le chef d’état-major, cependant, voulait qu’il reste et devienne le commandant du corps blindé.

Aussi, lorsqu’il rencontra le Rabbi, il décida de lui demander si le moment était venu pour lui de quitter l’armée.

Yossi Ben Hanan reçoit un dollar du Rabbi.

Yossi raconte : « Je me souviens de sa réponse jusqu’à aujourd’hui. Voilà, en résumé, ce qu’il m’a dit :

“Vous devez remplir votre obligation de défendre la Terre – en protégeant l’intégrité de la Terre d’Israël, l’intégrité de la Nation d’Israël et l’intégrité de la Torah.”

J’étais assez choqué – il semblait que le Rabbi me disait que je pouvais remplir mon obligation de Juif en défendant Israël ! En d’autres termes, je devrais rester dans Tsahal.

J’ai dit : “Rabbi, j’espère que D.ieu me donnera la force de défendre les trois.”

Il a répondu : “La force, vous l’avez déjà. Mais lorsque la force est enfermée dans une boîte, c’est l’opposé de la force. Je n’ai certainement pas besoin d’expliquer cela à un général.”

Yossi est retourné servir dans Tsahal, accomplissant son obligation avec beaucoup de dévouement et de compétence.

4 – Le Rabbi à l’artiste : “Ce qu’est véritablement l’art »

C’est une question de perspective. Mel Alexenberg, un artiste de renommée mondiale, a rencontré le Rabbi qui a changé sa façon de considérer l’art.

“En hébreu, les mots “matière” et “esprit” sont interchangeables ; c’est-à-dire que les lettres du mot ‘homer, signifiant “matière”, font aussi roua’h, qui signifie “esprit” – tout ce que vous devez faire est de supprimer la lettre mem. Quelle est la différence entre le monde spirituel et le monde matériel ? C’est une question de perspective. Si vous regardez le monde d’une certaine façon, vous voyez un monde matériel. Mais si vous opérez un changement dans votre tête, si vous changez la qualité de votre perception et vous regardez les choses d’une manière nouvelle et rafraîchie, alors le même monde devient spirituel. Le monde spirituel et le monde matériel ne sont pas deux mondes. La qualité de votre relation au monde matériel le rend spirituel. »

Cette réunion eut des implications très réelles pour Mel.

Du fait de cet enseignement, beaucoup de mes œuvres d’art – de fait la plupart d’entre elles – commencent par des mots hébraïques et des concepts de la Torah. Elles peuvent finir en choses high-tech, mais c’est leur point de départ.

4 – Le Rabbi au rabbin : Chaque Juif est ‘le vôtre’

Le rabbin Na’hman Bernhard fut invité par le Rabbi à quitter le confort de la communauté juive américaine et à émigrer en Afrique du Sud. L’idée n’était pas attrayante pour le lui parce qu’il s’inquiétait de l’éducation juive que ses enfants recevraient là-bas. Ia partagé les souvenirs de cette réunion qui lui a enseigné ce que le mot « mien » signifie vraiment.

“[Après que le Rabbi ait insisté pour que j’aille en Afrique du Sud], j’ai protesté : “J’ai quitté Wichita, une ville et une communauté charmantes, pour venir à New York pour l’éducation juive de mes enfants. Comment puis-je aller en Afrique du Sud où il n’y a rien pour eux ? Je sais que le grand ‘Hatam Sofer était également très préoccupé par l’éducation de ses nombreux enfants : il craignait qu’il ne puisse pas leur enseigner correctement, étant tellement occupé par les affaires communautaires. Les dirigeants juifs de son temps lui dirent qu’en mérite de son travail communautaire, ses enfants grandiraient bien. Et en effet, il produisit une dynastie d’érudits de la Torah. Je sais que cette histoire est souvent citée aux rabbins de communautés. Mais je ne suis pas le ‘Hatam Sofer !

“Non, tout Juif a le même mérite”, répliqua le Rabbi. “Ce qu’un Juif fait pour sa communauté reviendra vers lui dans l’amélioration de ses enfants.”

Je n’étais pas prêt à concéder, alors j’ai cité le verset du Cantique des Cantiques : “Tu me fais gardien des vignobles, mais je n’ai pas pris soin de mon propre vignoble !”

Le Rabbi répondit : “Mais c’est votre vignoble, La communauté est votre propre vignoble. !” Le Rabbi l’a répété deux fois. “La communauté est votre propre vignoble.” »

Images et textes originaux (en anglais) extraits du nouveau livre de JEM « My Story ».

PEINTURE : Haim Leib Zernitsky; lorsque l’art et le judaïsme se rencontrent

PEINTURE : Haim Leib Zernitsky; lorsque l’art et le judaïsme se rencontrent

L’histoire de l’artiste canadien Haim Leib Zernitsky commence dans les maisons en bois délabrées de Homel, une ville de Biélorussie post-Seconde Guerre mondiale, avec une importante population juive.

“J’ai vécu dans les derniers vestiges du Shtetel européen”, se souvient Haim Leib Zernitsky”, né en 1949. “C’était une vie très pauvre. Il n’y avait pas assez de nourriture, et beaucoup de gens n’avaient pas d’endroit où dormir. Même après la guerre, il y avait beaucoup de Juifs et j’entendais souvent les gens parler le Yiddish. Ils étaient cordonniers, conducteurs de chariots, tailleurs, simples travailleurs.

Même trois décennies de répression communiste n’ont pas empêché ces simples juifs d’observer le judaïsme comme ils le faisaient depuis des générations. “Ma grand-mère, Hende Friede Sirotin, était analphabète. Peut-être connaissait-elle quelques paragraphes clés du Siddour (livre de prières), mais pas plus”, dit Haim Leib,  “Pourtant, elle a su garder un foyer Casher et respecter le Chabbat, comme sa mère l’avait fait avant elle.

Quand ils ont fui les Nazis qui avançaient, ils ont passé ces années de guerre à Tachkent, en Ouzbékistan, laissant tout derrière eux. “Quand ils revinrent, tous leurs biens avaient disparu à l’exception de la machine à coudre Singer que ma grand-père avait cachée dans une fosse dans la cour. Puisque ma mère n’avait plus ses chandeliers, elle a placé les bougies du Chabbat dans une boîte remplie de sable, les a allumées et a récité les bénédictions comme auparavant”.

Les grands-parents de Haim Leib élevaient des chèvres qui leur fournissaient une source régulière de produits laitiers frais et des poulets. De temps en temps, ils emmenaient un poulet au Cho’het (un abatteur rituel) – un vieil homme avec une barbe – et savouraient ainsi de la viande Cacher. Comme il n’y avait pas de vin Cacher disponible, Yossef, le grand-père de Haim Leib, pressait des raisins pour fabriquer son propre vin de Kiddoush.

De même, cachés dans le sous-sol avec de lourds volets les protégeant des regards indiscrets, les Juifs du quartier se rassemblaient chaque année, avant la fête de Pessa’h, dans l’une des maisons, pour fabriquer des Matsot.

Le père de Haim Leib,  Aisik, était un ancien combattant blessé. Pendant la fête de Pessa’h, toute la famille se rassemblait secrètement. «Ma mère était occupée à apporter la nourriture du grand poêle à bois, et c’est mon grand-père lisait le texte de la Haggadah sur son Siddour que j’ai toujours.

Yossef, le grand-père, s’assurait d’emmener son petit-fils à la synagogue et de lui enseigner des histoires juives, principalement tirées du livre de la Genèse et du Midrash. Ces histoires ont laissé une forte impression sur le petit Haim Leib. Plein de souvenirs et d’expériences, Haim Leib ne renouera avec son éducation juive que des décennies plus tard. En attendant, il s’est concentré sur ce qui allait devenir le sens de sa vie: l’art.

«Quand je suis allé à l’école, poursuit Haim Leib, il y avait un professeur qui enseignait l’art. Plus tard, j’ai découvert qu’il était juif. Il m’invitait souvent avec mon ami pour des leçons privées. J’aimais peindre et je voulais être un artiste. Il y avait aussi un autre étudiant qui vit maintenant en Israël.

“Après avoir terminé mes études, j’ai été enrôlé dans l’armée soviétique. Là, je réalisais de grandes affiches représentant des messages de propagande communistes. ”  En 1975, Haim Leib a été accepté à l’Université d’Arts graphiques de Moscou avec 30 étudiants. Il a ensuite illustré des livres pour enfants, une occupation qu’il décrit comme «peu douloureuse», puisque les communistes ne se mêlaient pas du contenu des livres, qui présentaient généralement des contes de fées ou de la poésie classique.

Après un mariage, la naissance d’une fille, un divorce, puis un remariage et la naissance d’une autre fille, Haim Leib et sa femme Lena décident d’immigrer au Canada en 1989. Comme beaucoup d’autres Juifs soviétiques à cette époque, le chemin de la liberté de la famille Zernitsky passait par Ladispoli, en Italie. Là, il a fait la rencontre du Rav Hirsh Rabiski, un rabbin Loubavitch parlant le russe qui s’occupait des besoins spirituels et physiques de milliers de Juifs enfin libres d’explorer leur patrimoine pour la première fois.

Pendant les huit mois où la famille Zernitsky était restée en Italie, les deux hommes ont étudié la Torah et la Hassidout régulièrement et ont développé des liens étroits. C’était une amitié qui allait continuer à se développer plus tard, lorsque le Rav Rabiski et Zernitsky se sont installés à Toronto, au Canada.

«Au Canada, j’étais préoccupé par la nécessité de joindre les deux bouts, en travaillant comme gardien de sécurité, en vendant des fleurs pour nourrir ma famille. Ma femme a insisté pour que notre fille, Ilana, aille dans une école juive. Bien sûr, nous ne pouvions pas l’inscrire dans une école juive et ne pas respecter le judaïsme à la maison. Lentement, nous avons commencé à opérer des changements dans la pratique du Judaïsme et du Hassidisme.

Au fil des années, Haim Leib a repris le style de vie juif de ses grands-parents et a même achevé l’étude de l’ensemble du Talmud. Il donne un cours hebdomadaire de Talmud à 25 Juifs russophones d’Allemagne via Skype. “J’ai particulièrement aimé la Haggadah de Pessa’h, les récits rabbiniques et les homélies dans le Talmud et la Hassidout”, a-t-il dit. “Les histoires sont la poésie du judaïsme, belles et chaleureuses.”

Après s’être imposé en tant qu’artiste et illustrateur, travaillant pour des entreprises comme Sony, McDonalds ou l’université d’Oxford – Haim Leib sentit qu’il était temps de commencer à peindre des thèmes juifs et hassidiques, partageant ses propres souvenirs d’enfance et ses expériences ultérieures. Il décrit ses oeuvres comme des «paraboles juives sous une forme visuelle».

LETTRE DU RABBI: L’attention particulière du Rabbi pour un prisonnier

LETTRE DU RABBI: L’attention particulière du Rabbi pour un prisonnier

La lettre suivante du Rabbi a été écrite à un prisonnier juif et inclut des mots d’encouragement afin qu’il vive une vie de Torah et de Mitsvot même derrière les barreaux.

Il est intéressant de noter comment le Rabbi avait écrit בבית et l’a ensuite barré. Il semble que le Rabbi ait commencé à écrire les mots בבית האסורים (en prison) et ait décidé de ne pas le faire. C’est révélateur de la façon habituelle du Rabbi dans ses lettres personnelles de révéler le moins possible une référence aux questions délicates.

Alors que dans la note que le Rabbi écrit à son secrétaire, le Dr Nissan Mindel, en haut de la lettre, il mentionne explicitement les mot בבית האסורים “dans la prison”, car il était nécessaire que le secrétaire connaisse la situation. “Il est en prison et donc cela doit être en anglais”, écrit le Rabbi.

Mais dans la lettre même, aucune référence n’est faite à la prison. Même à la fin de la lettre, le Rabbi fait référence a l’administration de l’institution (מוסד) – un terme neutre. La seule raison pour laquelle nous savons que cette lettre s’adresse à un prisonnier, c’est la note du Rabbi pour son secrétaire.

La lettre elle-même est rédigée comme suit:

B’H 15 Tammuz, 5747

Brooklyn, N.Y.

Salutation et Bénédiction:

J’ai bien reçu votre lettre du 22 juillet et votre demande de bénédiction et celle qui l’a précédée.

Et dans un moment propice je lirai vos lettres sur le lieu de repos de mon beau-père כ”ק אדמו”ר זצוקללה”ה נבג”מ זי”ע.

Et il est certainement superflu de souligner la conduite dans la vie quotidienne [le Rabbi barré le mot “que ce sera” et ajouté à la place “cependant, il est possible de faire beaucoup plus dans l’endroit où vous vous trouvez”] qui soit en conformité avec le enseignements de notre Torah, Torat Haim, une Torah de Vie, et l’accomplissement des Mitsvot à propos desquelles il est dit “Et tu vivras avec elles”, cela en plus de l’essentiel que nous accomplissons les Mitsvot parce qu’elles sont des commandements de D.ieu, הקב”ה, elle sont également des canaux à travers desquels une personne reçoit les bénédictions pour tous ses besoins.

[Le Rabbi a ajouté: “De plus, lorsque l’administration de l’institution verra son bon comportement et sa crainte du Ciel, elle se comportera avec lui avec plus de respect etc.”]

Avec ma bénédiction,

[Le Rebbi note en bas: “pour le Rav Nissan Mindel” et “urgent”]

17 Hechvan : Yortsaït de Mme Bassie ע”ה Azimov

17 Hechvan : Yortsaït de Mme Bassie ע”ה Azimov

Madame Bassie a”h Azimov était issue d’une famille juive russe distinguée. Ses parents s’étaient mariés en Sibérie : en effet, peu après ses fiançailles, Rav Bentsion Chemtov avait été arrêté puis envoyé en exil en Sibérie. Pourquoi ? Il avait été pris en flagrant délit d’activités contre révolutionnaires, c’est-à-dire que, sous l’impulsion de Rabbi Yossef Yits’hak Schneersohn, le précédent Rabbi de Loubavitch, il avait organisé des écoles juives clandestines et encourageait les Juifs à rester fidèles à la Torah et à pratiquer les Mitsvot, quel que soit le danger.

Par la suite, il remarqua non sans humour : «Le froid était si intense en Sibérie que même le bacille de la tuberculose n’y résistait pas!»

Sa fiancée l’avait alors rejoint malgré le froid et les dangers inhérents à cette démarche et ils s’étaient mariés dans la plus grande simplicité. Bassie était la dernière de leurs six enfants. (Ses frères et sœur, neveux et nièces sont tous largement impliqués dans le Mouvement Loubavitch, émissaires du Rabbi, que ce soit en Angleterre, aux États-Unis et, de fait, dans le monde entier). (Lire la suite)

Après la guerre, ses parents réussirent à quitter le «paradis soviétique» avec de nombreux autres ‘Hassidim qui avaient profité de certains allègements, lors d’un long voyage – et diverses étapes – en train qui dura plus d’un an, à travers l’Europe à peine libérée et en pleine reconstruction pour finalement s’installer à Londres où ils reprirent leurs activités de propagation du judaïsme.

Mme Chemtov entreprit même de rédiger des livres pour enfants en anglais, langue qu’elle maîtrisa bien vite. Très tôt, leurs enfants les secondèrent et Bassie passait ses Chabbat après midi, non pas à sortir avec ses amies mais à s’occuper de Messibot Chabbat pour les petites filles de son quartier qui ne fréquentaient pas l’école juive.

Inscrite au Séminaire de Jeunes Filles de Gateshead, fidèle à elle-même, elle continua d’enseigner tout en étudiant ; elle influença durablement ses camarades de classe qui sont depuis devenues elles-mêmes des responsables dans différentes communautés juives du monde entier et qui se souviennent avec émotion de la passion avec laquelle elle diffusait les messages du Rabbi.

Ce fut pendant ses études au séminaire que Bassie apprit le décès de sa mère : elle avait alors 17 ans et son chagrin fut immense. Cela contribua à la rapprocher de son père qui la présenta à la Rabbanit ‘Hanna Schneersohn, la mère du Rabbi, qui s’occupa d’elle avec affection. Elle fut aussi présentée à l’épouse du Rabbi, la regrettée Rabbanit ‘Haya Mouchka.

Elle s’installa alors aux États-Unis pour enseigner dans une école juive de Philadelphie. On peut dire que, depuis, elle n’a jamais abandonné le domaine de l’éducation, aussi bien pour les enfants que pour les adultes à qui elle savait transmettre ses exigences de perfection dans tout ce qui touche à la pratique de la Torah et l’attachement au Rabbi de Loubavitch et ses enseignements qui étaient sa raison de vivre. Lire la suite

Dès son mariage avec le Rav Chmouël a”h Azimov en 1968, elle s’installa à Paris à l’initiative du Rabbi. Avant de partir, elle fut reçue par la Rabbanit ‘Haya Mouchka – de mémoire bénie – qui lui annonça prophétiquement : «Nous avons labouré et semé (dans les années 30, le Rabbi et son épouse avaient habité à Paris), vous allez récolter!». 

Et il est vrai que la récolte dépassa toutes les espérances ! Il suffit pour cela de consulter les chiffres du Beth Loubavitch (plus de 120 émissaires répartis dans toute la région parisienne, des écoles qui frisent l’excellence académique, des synagogues, des Mikvés, des publications, des allumages publics de ‘Hanoucca, des distributions de matériel religieux avant les fêtes, des grands rassemblements …) pour constater que les résultats ont été prodigieux. Il est absolument certain que cette réussite du Rav Azimov doit énormément à l’encouragement et l’initiative de son épouse qui sut exiger le meilleur : non pas matériellement pour elle-même mais spirituellement pour tous.

Cependant, les débuts ne furent pas faciles. Bassie évoquait avec humour son arrivée dans cet étrange pays à la veille d’une révolution lors de la fameuse révolte estudiantine de mai 68 : les magasins fermés, les parisiens constituant des provisions de sucre et de farine comme pour tenir un siège, les grèves et les manifestations…Quant à la vie juive, elle était plus que difficile au point qu’elle remarqua un jour : «Quel avantage ! Ici, tout est à construire! Et nous construirons à priori selon les meilleurs critères de cacherout et d’éducation!»

Elle n’admettait aucun compromis dès lors qu’il s’agissait de la pratique des Mitsvot. C’est elle qui fixa les règles qui président encore aujourd’hui aux destinées des écoles  avec un programme conforme aux meilleures écoles Loubavitch de par le monde… Le cours qu’elle animait le  mardi soir était devenu une institution. Elle enseignait aussi à l’école ‘Haya Mouchka où elle suivait les progrès de chaque élève et où elle encourageait chaque professeur. Elle avait d’ailleurs surveillé attentivement l’élaboration des plans  puis des travaux de cet énorme complexe qui demeure la plus grande école juive d’Europe. Ses élèves étaient devenues comme ses filles, et elle savait comment obtenir le meilleur d’elles.

Malgré sa santé précaire, elle faisait preuve d’un courage exemplaire et restait focalisée vers un seul but : ramener tous les Juifs de France à une vie de Torah : alors que nombreux étaient ceux qui avaient décrété qu’il était impossible de rester un bon Juif à Paris, la ville des lumières, la ville du mauvais penchant, elle lutta de toutes ses forces et parvint à prouver que «Paris n’est pas différent», qu’on peut vivre une vie de Torah même dans la capitale du pays de la révolution française si mal vue dans le passé.

Madame Bassie Azimov nous a quitté le lundi 17 ‘Hechvane 5772 (14 novembre 2011), à l’âge de 65 ans.

«De même que sa descendance est en vie, elle aussi est en vie !», une vie entièrement tendue vers la perfection, vers un attachement inconditionnel au Rabbi et à ses enseignements.

Feiga Lubecki

Récit : La repentance du Tsadik

Récit : La repentance du Tsadik

Il y a plus de 1000 ans, vivait un grand et saint maître du nom de Rav Saadia Gaon (882-942). Le Gaon (comme les sages juifs de Babylone l’avaient nommé à l’époque) avait plusieurs centaines d’élèves, tous animés d’une grande soif d’apprendre. Le moindre mouvement ou la moindre parole de leur maître vénéré constituait pour eux une leçon de vie.

Un matin d’hiver, il arriva que deux de ses élèves se promenant dans les montagnes, entendirent un bruit étrange de l’autre côté d’une colline. À l’approche du sommet ils virent, à leur grande surprise, leur maître assis sur le sol couvert de neige, pleurant, priant et se mortifiant. De quoi un tsadik (une personne parfaitement vertueuse) tel que leur maître pouvait-il avoir besoin de se repentir ? Se pouvait-il qu’il ait commis le moindre péché, à D.ieu ne plaise ? Ils quittèrent précipitamment l’endroit, mais, plus tard ce jour-là, ils ne purent plus se contenir et ils demandèrent à leur maître le sens de la scène dont ils avaient été témoins.

– Je fais cela tous les jours, leur dit-il. Chaque jour, je me repens et implore D.ieu de pardonner mes fautes et mes manquements dans Son service.

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