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Portrait du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Itshak Schneerson, peint par le Rav Yaacov Abergel

Portrait du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Itshak Schneerson, peint par le Rav Yaacov Abergel

 

 

 

Rav Yaacov Abergel est né en France à Toulouse, la ville rose, de ‘Hananiah Abergel et de Esther Malka (née Berdah). Deuxième de trois enfants.

Jusqu’à l’adolescence il vit à la campagne à St Ferréol. Vers l’âge de 12 ans sa mère lui fait prendre des cours de violon qu’il va suivre pendant 2 ans mais il décide  d’arrêter la musique pour se consacrer au dessin et à la peinture. Son père qui est commerçant dans les meubles et les antiquités est un passionné d’Art l’encourage à développer son goût du dessin. A l’âge de 12 ans il lui offre un chevalet. Cette relation qui naît entre eux, celle d’un admirateur des peintres et d’un peintre en herbe avide de conseils et de connaissances, se poursuit toute leurs vies.

A l’âge de 14 ans à la suite du divorce de ses parents il part vivre avec sa mère et ses deux soeurs à Toulouse. Durant cette période il découvre la B.D à laquelle il ne cessera de se consacrer jusqu’à l’âge de 22 ans. Pendant les années à Toulouse il se cherche beaucoup, et en plus d’une passion pour la photo et le cinéma il commence à s’intéresser à la peinture. Après avoir commencé des études scientifiques il finit par obtenir un Bacchalauréat artistique qui le conduit à s’inscrire à l’école d’Architecture dans laquelle il étudiera 2 années. Avant de passer ses examens pour entrer en troisième année il décide d’abandonner pour aller étudier à l’école St Luc à Bruxelles, à l’école de B.D. Il y étudiera pendant 2 ans. Durant cette période il découvre l’Art contemporain et les Artistes contemporains et décide d’arrêter la B.D pour se consacrer, lui aussi , à l’Art contemporain.

Il part vivre en Italie, à Florence afin de s’inscrire dans une école de peinture. Lors de son inscription le directeur de l’école à la vue de son travail lui fit remarquer qu’il perdrait son temps à poursuivre des études et que le temps était venu de se lancer dans la vie. Il écoutera ses conseils et commencera un parcours solitaire. Après une année passée à Florence il quitte la “Dolce Vita” pour retourner à Toulouse où il passe le concours des Beaux Arts qu’il réussit, mais il ne restera que quelques mois aux Beaux-Art qu’il quittera finalement pour se consacrer seul à la peinture. Pendant son bref séjour aux Beaux-Art de Toulouse il fait la rencontre d’Annie Merle qui voit son travail et le choisit parmi les Artistes auxquels elle consacre un ouvrage qu’elle publiera intitulé: “les peintres de l’école toulousaine”.

Jusqu’à l’âge de 27 ans il ne cessera de travailler de peindre et de dessiner sans jamais parvenir à s’intégrer à un milieu artistique, que ce soit dans le monde des galeries ou que ce soit dans le milieu des peintres. Bien qu’il ne parvienne pas à exposer ses oeuvres il continue ses recherches. Il a 27 ans et décide de gagner réellement  sa vie. Ses parents, qui travaillent dans la vente des meubles, l’aident à devenir un vendeur. Il travaille d’abord dans le magasin de son père puis sa mère l’amène avec elle pour lui apprendre le métier. Après des débuts difficiles il acquiert de bonnes bases qui lui permettent de partir vivre et de travailler seul dans un magasin à Paris. Il y travaillera pendant 3 ans. Durant cette période il continue à dessiner, la plupart du temps sur les blocs que l’on utilise pour les ventes. Il peint quelques tableaux et fait de nombreux dessins des rues de Paris pendant ses jours de repos.

Sa soeur aînée qui à cette époque est devenue religieuse, lui envoie des livres ayant trait à la partie profonde de la Torah, au ‘Hassidisme ‘Habad et au Rabbi de Loubavitch.

Pendant les vacances il fait un voyage à Tahiti et à Bora Bora. Ce voyage sera déterminant dans sa vie car il va réveiller à nouveau son désir de peindre et de créer au point qu’à la suite de ce voyage il décide de démissionner de son travail de vendeur pour se consacrer à la peinture.  Il voyage ensuite à Montréal au Canada pour rendre visite à sa jeune soeur qui y vit depuis quelques temps. Il fait là-bas la rencontre de Haim Sherff. Ce peintre religieux Israélien qui vit à Montreal lui fait prendre conscience de l’importance d’être attaché à ses racines, et lui recommande de devenir plus religieux en étudiant la Torah. En effet, l’Art selon lui ne peut être dissocié de l’esprit divin exprimé dans la Torah.  Yaakov entend bien ces recommandations et commence parallèlement à son travail d’Artiste un parcours religieux sous l’influence du Maitre du ‘Hassidisme ‘Habad: le Rabbi de Loubavitch.

Ses nouvelles habitudes l’amènent naturellement à prier tous les matins à la Synagogue de la rue Pallaprat  où prie également le grand Rabbin Eliahou Haik, et le Chabbat à la Synagogue du Chalia’h du Rabbi à Toulouse: le Rav Yossef-Itz’hak Matusof qui fut le premier à lui faire découvrir le Rabbi et le monde hassidique. C’est pendant cette période qu’il découvre le livre du Tanya avec le Rav Gabriel Sebagh. Il étudie également la ‘Hassidout ‘Habad avec le Rav Israël Zerdoun.

Il retourne vivre à Toulouse. Sa mère rencontre Dany Simon qui est propriétaire d’une galerie d’Art et qui lui organise une première exposition qui rassemble des oeuvres inspirées par le monde religieux.

"Des couleurs dans les veines"

C’est à cette époque qu’il rencontrera Liba par l’intermédiaire de David et Edith Hagège, des amis de sa soeur aînée, et qu’il épousera le 22 juin 1997 à Lyon. Un an après son mariage le couple décide de rejoindre la soeur de Yaakov et son mari Samuel Marquès qui vivent depuis un an en Israël et s’installe à Jérusalem.

Il passe de moins en moins de temps à  peindre et à dessiner car il se consacre à l’étude de la Torah, d’abord à la Yéchiva du Rav ‘Haï Barkats puis et surtout au Kollel du Rav Shimon Elitouv sous la direction du Rav Avraham Kot. Il passe 4 ans au Kollel et obtient l’ordination rabbinique du Rav Itz’hak Yéhoudah Yérouslavski.  C’est pendant cette période qu’il fait la rencontre d’une personne déterminante dans sa vie, le Rav Ytz’hak-Tsvi Eizenbakh avec qui il étudiera de nombreuses années la ‘Hassidout et en particulier le livre du Tanya. Il assiste à de nombreux cours de ‘Hassidout parmi lesquels des cours dispensés par le Rav Aaron-Mordé’hi Zilberstraum, le Rav Chmouel Weinfeld, le Rav Chnéor-Zalman Gopin, le Rav Avraham-Baroukh Pevzner et le Rav Moché Weiner. Il s’attache surtout au Rav Yossef-Itz’hak Offen dont il suit les cours jusqu’à ce jour.

Son goût artistique l’amènera tout naturellement à étudier la Sofrouth à Bneï Brak chez le Rav Gerschtenkorn qui lui a été recommandé par le Rav Moché Landau. Il obtient la Smi’ha de Sofer du Rav Yérouslavski, ce qui lui permettra d’exercer  le métier de Sofer jusqu’à aujourd’hui en écrivant le Ktav de l’Admour Hazaken.

Par ailleurs il obtient également une Smi’ha de Cho’heth du Rav Shimon Elitouv mais mis à part les Kapparoth qu’il fait avec son ami du Kollel le Rav Yaakov Cho’hat il n’exercera pas cette profession.

En 2000, naissance de sa fille ‘Haya-Mouchka à Jérusalem le jour de Pourim Katan.

Il change de Kollel et commence à étudier la dayanouth au Kollel ‘Ariel’ avec le Rav Moché Pinder. Il se consacre de plus en plus à la peinture et peint de nombreux portraits des Maîtres de ‘Habad. Sa création se diversifie de plus en plus et il commence une série de marines sur des palettes de bois.

Parallèlement à ses études et à son travail artistique il consacre beaucoup de temps à la rédaction d’ouvrages basés sur l’enseignement des Maîtres de ‘Habad et du Rabbi, et en particulier sur l’essence de l’âme. Ce sujet ne le quittera plus. Il publie ainsi 3 livres.

En 2009, naissance de ses deux fils le jour de Lag Ba Omer.

Il poursuit la rédaction d’un roman commencé depuis quelques années qui réunit des souvenirs de voyage (en particulier le voyage à Bora-Bora) et de réflexions sur la Téchouva. Son ouvrage s’intitule “des couleurs dans les veines” et laisse transparaître sa passion pour l’Art.

Sa soeur lui organise une exposition de ses tableaux à Raanana dans la galerie “Merkaz Giron”. L’occasion lui est donnée de présenter en de grands tableaux un petit aperçu de l’ensemble de son oeuvre basé essentiellement sur le monde ‘hassidique.

Il fait alors la connaissance de Yaakov Benhaim et de Moché Krieger du magazine Météor LeMag qui consacreront à cette occasion une vidéo. Cette rencontre marque le début d’une collaboration dont naîtra la réalisation de vidéos de cours de Torah et de ‘Hassidout.

La diffusion des sources de la ‘Hassidout est au centre de ses préoccupations et tout en poursuivant ses études il dispense de nombreux cours autour de lui. Son activité artistique s’intensifie et un nombre incalculable de dessins s’ajoute à ses peintures.

Son ami Nissim Belma le met en contact avec son frère Elie avec qui il conçoit un site dont l’objectif est de faire connaître son travail artistique et de diffuser les Sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.

Depuis son exposition à Raanana, il prend l’habitude d’écrire des extraits des discours ‘hassidique du Rabbi de Loubavitch sur ses toiles. Mélangeant ainsi les mots avec les images, le peintre semble pouvoir enfin exprimer son amour pour la peinture et pour l’écriture qu’il unit sur ses toiles.

Vivre avec Machia’h : "Le Juste sur lequel repose le monde" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : "Le Juste sur lequel repose le monde" par Gérard Touaty

 

La question est fréquente dans la bouche du Juif de la rue : pourquoi les disciples du Rabbi de Loubavitch vénèrent-ils leur Maître d’une manière si excessive, donnant parfois à ce respect une dimension presque idolâtrique ? Vue de loin, la question paraît légitime, mais elle perd de sa consistance devant les textes de la Tradition juive.

On peut donner une réponse en deux temps. Tout d’abord, la vénération du Maître est une donnée essentielle du judaïsme parce que le Maître n’est pas seulement celui qui explique la loi mais c’est aussi celui qui, dans son comportement quotidien, l’incarne à la perfection. L’homme simple verra donc chez lui le modèle auquel ressembler pour s’attacher à D.ieu (1) et pour comprendre les voies du Créateur. «Qui est le visage de D.ieu?» demande le Zohar. «C’est Rabbi Chimone bar Yo’haï», répond-il (2). Affirmation péremptoire qui ne laisse aucune équivoque quant au rôle du Maître : donner aux hommes la possibilité de connaitre D.ieu.

Sanctifier le monde

Indépendamment de ce cadre traditionnel, le Rabbi de Loubavitch, ou plus exactement la fonction que D.ieu lui a confiée, s’inscrit dans une seconde dimension. Le Talmud (3) mentionne l’existence de nombreuses catégories de Tsaddikim (des Justes), chacune se différenciant de l’autre par sa capacité à voir le divin. Toutefois, poursuit le Talmud, à un autre endroit (4) « D.ieu vit que les Justes étaient peu nombreux et, de ce fait, les repartit comme sur une plantation, dans toutes les générations ». Et Rabbi ’Hiya fils de Abba de rajouter : « Même pour un seul Juste, le monde devrait être maintenu, comme il est dit « Le juste est le fondement du monde » (5).

C’est par ce Juste qu’à chaque génération, le monde est dirigé (6). Bien évidemment, comme nous le rapportons plus haut, il n’est pas le seul, mais la tâche qu’il assume dans le monde, est différente des autres Tsaddikim. Les Tsaddikim de chaque génération travaillent plus particulièrement dans le sens d’une amélioration personnelle de leur spiritualité alors que le Juste de la génération œuvre pour affiner le monde et le sanctifier. La qualité lui permettant d’assumer ce rôle, c’est sa totale soumission à D.ieu. Comme on le voit pour Moché rabbénou que la, Thora désigne par le terme de « serviteur de D.ieu ».

On peut dès lors, donner un élément de réponse à notre question initiale. Les disciples du Rabbi de Loubavitch n’aliènent pas leur personnalité ou leur liberté comme le feraient des hommes soumis à un pouvoir humain quelconque. Ils se soumettent à un Tsaddik qui ne possède aucune velléité de contrainte ou d’autorité puisque lui-même reste complètement soumis à la volonté de D.ieu

Acheminer la parole de D.ieu

Mais c’est dans sa qualité de jonction entre D.ieu et le peuple juif que le Juste, fondement du monde, trouve sa pleine expression spirituelle.

Un verset (7) nous dit que Moché, lors du don de la Thora, se trouvait entre D.ieu et les Enfants d’Israël. Cette position d’intermédiaire était nécessaire pour, d’une part, acheminer la parole de D.ieu vers les hommes mais aussi pour leur permettre de s’élever vers Lui. Or, cette fonction n’était possible que chez un homme ayant effacé de lui toute trace de conscience de soi et d’amour propre pouvant faire obstacle à la création du lien entre le divin et l’humain.

Rajoutons ce point : acheminer D.ieu dans le monde n’est pas une fonction strictement spirituelle. Elle touche aussi à l’aspect matériel de la relation avec D.ieu. Le Juste peut bénir les hommes matériellement parce qu’il est le véhicule par lequel D.ieu dispense la vie, véhicule sans lequel l’unité entre D.ieu et Son peuple serait impossible.

Durant les générations précédentes, ces fonctions n’étaient pas perceptibles par l’ensemble du peuple. Aujourd’hui, elles le sont, même chez le Juif le plus simple. Pour que chacun puisse se préparer à la délivrance messianique qui sera mise en œuvre par le Machia’h, le Juste sur lequel le monde repose.

 

Notes

  1. Cf. Dévarim, chap.10, verset 20, commenté par le Talmud au traité Pessa’him, p. 22b sur l’équivalence entre l’attachement à D.ieu et l’attachement aux Maîtres
  2. Zohar, seconde partie, p.38a
  3. Traité Soucca, p. 45b
  4. Traité Yoma, p. 38b
  5. Proverbes du roi Shlomo, chap. 10 verset 25
  6. Rachi dira plus simplement « Un chef par génération et pas deux », Dévarim, chap. 31 sur verset 7
  7. Dévarim, chap.5, verset 5
10 Chevat :  Hilloula de Rabbi Yossef Yits'hak Schneerson, le Rabbi précédent (1880-1950)

10 Chevat : Hilloula de Rabbi Yossef Yits'hak Schneerson, le Rabbi précédent (1880-1950)

Le 10 Chevat 5710 (1950) est le jour où le précédent et sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson de mémoire bénie, quitta ce monde.

 

C’est à cette même date, un an plus tard, que son gendre et cousin, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson de mémoire bénie lui succéda.

Prononçant alors son premier « Maamar », la dissertation mystique propre aux Rabbis de ‘Habad-Loubavitch, il reprit le thème du dernier Maamar de son beau-père, commentant le verset du Cantique des Cantiques « Bati légani a’hoti kala – Je suis venu dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée » qui évoque le retour de la Présence Divine dans ce monde lors de l’édification du tabernacle par Moïse.

Dans ce Maamar, le Rabbi annonça que notre génération aura la même tâche : rétablir la Présence Divine dans ce monde en transformant la folie du mauvais penchant en énergie du bien. De ce fait cette génération sera la dernière de l’exil et la première de la Rédemption messianique. Le Maamar se conclue par les mots « et nous auront le mérite de revoir le Rabbi, ici-bas dans un corps, et il nous délivrera. »

Même s'il ne succéda officiellement à son beau-père qu'un an après son décès, le Rabbi, dès le 10 Chevat 5710-1950,devint, pour tous les 'Hassidism, celui que l'on consultait pour poser une question ou solliciter une bénédiction
Le monde était alors si différent. Malgré les bouleversements de l'après-guerre, le temps paraissait plus lent. Les Juifs étaient enfermés dans leur indicible douleur, survivants, étrangers à la vie.

Les 'Hassidim regardaient cependant vers New-York. Là-bas était le plus ferme espoir, la permanence. Mais New York, en ce temps-là, était si loin, un mythe plus qu'une ville réelle pour les autres habitants de la vieille Europe.

le Rabbi, comme un miraculeux surgissement, comme un jaillissement prodigieux d'énergie, donne une autre dimension au temps. Tout va désormais plus vite. Tout est urgence.

D'abord sont renforcées les institutions laissées par le Rabbi précédent. Très vite, une nouvelle dimension apparaît. "Oufaratsta" ("et tu te répandras"): les mots de la promesse faite à Yaakov (Genèse 28. 14) guident l'action. L'enseignement de la 'Hassidout s'étend au plus loin de ses sources.

Et bientôt naissent les premiers "Beth 'Habad" qu'on trouvera, vingt ans plus tard, jusque dans les contrées les plus reculées. Puis viennent les différentes campagnes, celle des Téfilines, celle des bougies de Chabbat...

Agir, agir toujours, rendre les Juifs à eux-mêmes, changer quelque chose de ce monde. Le temps tout entier s'accélère. Alors l'horizon rétrécit, les distances se font plus courtes. Les immenses réseaux de communication de la nouvelle modernité, avions à réactions, téléphones automatiques, fax, satellites s'entrecroisent à New-York et là, 770 Eastem Parkway Brooklyn, trouvent leur sens véritable. C'est un peuple innombrable qui peut, à présent, voir le Rabbi, l'entendre, lui parler.

Celui qui a eu le privilège de se rendre la-bas, à Brooklyn, se souvient en son cœur. Lui revient alors l'image du Rabbi dirigeant un chant d'un puissant mouvement du bras. L'histoire alors semble toute entière en mouvement comme lorsque furent pressentis les grands effondrements de l'Est et la libération des Juifs de la nuit soviétique.

Le Rabbi nous a aussi enseigné le mouvement, et même la vitesse. Non pas celle, vaine, qui n'a de sens qu'elle-même et irréaliste le monde, mais la vitesse comme mise en actes, d'une pensée de l'urgence, celle de l'ultime libération. Cette ligne d'arrivée là, bien que proche, n'est pas encore atteinte: plus que jamais, le Rabbi nous demande aujourd'hui de courir à sa rencontre.

 

 

Rabbi Yossef Its'hak Schneersohn naquit le 12 Tamouz 5640 (1880). Lorsqu'il pleura de douleur, pendant sa circoncision, son grand-père, le Rabbi Maharach, lui dit: "Pourquoi pleures-tu? Tu seras un Rabbi et tu commenteras la 'Hassidout en des termes clairs!"

Le Rabbi Rayats accompagna son père à Yalta, où il passa quelques temps, en 5647 (1887). De retour à Loubavitch, il se consacra à l'étude, de 5648 à 5650 (1888 à 1890). Il accumula de très larges connaissances, s'attacha profondément à son père et conçut un immense respect pour ses maîtres. Dès lors, il prit l'habitude de noter tout ce qu'il voyait et entendait. C'est ainsi qu'il rédigea, tout au long de sa vie, un journal dont la valeur est inestimable. Faisant par ailleurs un travail d'historien, il réunit de précieuses informations sur la naissance et le développement du mouvement 'hassidique.

En Mena'hem Av 5751 (1891), alors qu'il était âgé de onze ans, il se porta courageusement au secours de Rabbi David le boucher de Loubavitch, qui était maltraité par l'unique policier de cette ville. Ceci lui valut sa première arrestation. Il passa quelques heures dans une cellule, empli de crainte, avant que son père ne parvienne à le faire libérer.

Sa Bar Mitsva, en 5753 (1893), fut célébrée avec un faste particulier et dura sept jours. De nombreux discours 'hassidiques furent récités à cette occasion.

Il s'engagea dans l'activité communautaire en 5655 (1895), en tant que secrétaire particulier de son père et décrivit lui-même cette période comme celle de "son éducation profonde". A ce titre, il voyagea très souvent à Pétersbourg, usant de son titre de "citoyen d'honneur", hérité du Tséma'h Tsédek. Il participa à la réunion de Rabbanim de Kovno en 5655 (1895) et à celle de Vilna en 5656 (1896), de Moscou et de 'Herkov. En 566l (1901), il effectua différents voyages, à Vilna, Brisk, Lodj et Kœnigsberg, pour préparer la création de l'usine de Doubrovna, désirée par son père. Il partit pour Pétersbourg, en 5662 (1902), pour régler des problèmes communautaires. En 5664 (1904), il organisa la collecte de fonds introduite par son père, pour financer l'envoi de Matsot aux soldats qui se battaient au front, en Extrême Orient, pendant la guerre opposant la Russie au Japon. En 5666 (1906), il se rendit en Allemagne et en Hollande, afin de persuader les banquiers d'user de leur influence pour faire cesser les pogroms. Il participa à la conférence de Vilna de 5668 (1908) et rencontra, en 5669 (1909), les responsables communautaires d'Allemagne. Il organisa la réunion des Rabbanim de Moscou, en 5677 (1917) et de Kharkov en 5678 (1918).

Entre 5662 et 5676 (1902 et 1916), il fut arrêté à quatre reprises, en différentes occasions, à cause de ses activités. En lyar 5662 (1902), il fut arrêté à Loubavitch, à la suite d'une dénonciation d'un directeur d'école, adepte de la Haskala. En r.imouz 5666 (1906), il fut arrêté, encore à Loubavitch, à cause < le manifestations juives contre la police. En Tévet 5670 (1910), il fut arrêté à Pétrograd, à la suite d'une dénonciation émanant d'un Juif. Enfin, en 5676 (1916), il fut arrêté à cause de son action pour faire réformer les Juifs servant dans l'armée russe. Aucun chef d'accusation ne pouvant être retenu contre lui, il fut à chaque fois libéré, après que l'ordre lui ait été donné de cesser toute activité subversive. Mais il poursuivait sa mission, avec une ardeur toujours renouvelée.

Il se fiança, à Balivka, en Tamouz 5656 (1896), avec la Rabbanit Ne'hama Dina, fille de Rabbi Avraham Schneersohn de Kichinov, petite fille de Rabbi Israël Noa'h, le Rabbi de Nyéghin et l'un des fils du Tséma'h Tsédek. La célébration de ses fiançailles dura sept jours. Puis, le mariage eut lieu le 13 Elloul 5657 (1897). C'est pendant l'un des repas de la semaine suivant cette cérémonie que le Rabbi Rachab, son père, fonda la Yechiva Tom'heï Temimim. En 5658 (1898), son père lui confia la direction de cette Yechiva. En 5681 (1921), il en créa une extension dans différentes villes de Russie, puis à Varsovie et dans plusieurs villes de Pologne et enfin à Boukhara, en 5687 (1927). C'est en 5680 (1920) qu'il prit la tête des 'Hassidim 'Habad, succédant à son père qui, dans son testament, lui laissa des instructions précises sur le comportement qu'il devait d'adopter. Dès 5681 (1921), il mit au point un plan de renforcement du Judaïsme dans toute la Russie, qui connaissait alors un profond changement, avec la naissance de l'ère bolchevique. Les Juifs furent bien évidemment les premières victimes et ceux qui souffrirent le plus. Le Rabbi Rayats, au péril de sa vie, perpétua le Judaïsme et donna à chaque communauté les moyens de continuer à fonctionner. Accusé de "contre-révolution", il était poursuivi, épié, menacé. Par la suite, il établit à Varsovie le centre à partir duquel il put étendre son action sur toute la Russie.

Suite à une dénonciation de la "Yevsektsya", la section juive du parti communiste, il fut contraint par la police secrète, la "Tchéka", de quitter Rostov. Il s'installa alors à Pétersbourg. C'est de là qu'il poursuivit son activité de renforcement de la Torah et des Mitsvot. Il s'assura de la présence, dans chaque endroit, de Rabbanim, de 'Hadarim, de Cho'hatim et de professeurs. Il nomma un comité spécial pour le travail manuel, afin de permettre aux Juifs qui l'avaient adopté de respecter le Chabbat. La lutte qu'il mena contre le régime fut particulièrement âpre. Les victimes, parmi ses 'Hassidim, se comptèrent par milliers. Dès qu'ils étaient arrêtés, d'autres les remplaçaient et assumaient leurs fonctions. Tous tiraient leur force du Maître, le Rabbi de Loubavitch. En Tamouz 5680 (1920), il fut lui-même emprisonné, suite à la dénonciation du chef de la Yevsektsya de Rostov sur le Don. Il fut immédiatement relâché.

En 5684 (1924), il commença à s'occuper de la communauté des 'Hassidim se trouvant à l'époque en Amérique. Ceux-ci étaient de plus en plus nombreux et il décida de les structurer. Il créa à cet effet Agoudat 'Habad, l'association des 'Hassidim 'Habad aux Etats Unis d'Amérique et au Canada.

En 5687 (1927), la Yevsektsya désira organiser une réunion des responsables communautaires afin de contrôler les activités des Juifs. Le Rabbi Rayats, craignant que certains ne puissent résister aux pressions, parvint à la faire annuler. C'est alors que la section juive du parti communiste qui, jusqu'alors avait évité de s'en prendre directement au Rabbi, dont la notoriété était très grande, décida de le faire emprisonner. Le 15 Sivan 5687 (1927), le Rabbi fut arrêté, pour la septième fois de sa vie, accusé de propager le Judaïsme et enfermé dans la prison de Chpolerno, à Leningrad. Pendant son incarcération, il fit preuve d'un immense courage et défendit fièrement l'idéal de la Torah, face à ses bourreaux. Dans un premier temps, il fut condamné à mort. Mais les interventions internationales se succédèrent pour obtenir sa libération. Face aux pressions, sa peine fut commuée d'abord en dix ans de déportation sur l'île de Solobki, puis en trois ans d'exil à Kastroma. Le 4 Tamouz, après avoir pu rencontrer sa famille pendant six heures, il partit effectivement pour Kastroma, mais, le 12 Tamouz, il fut informé de sa libération. Le lendemain, 13 Tamouz, il fut effectivement libéré mais contraint de s'installer à Mala'hovka, près de Moscou. Dès l'année suivante, les 12 et 13 Tamouz furent célébrés avec faste, par tous les 'Hassidim et amis du Rabbi Rayats, qui vivaient tous comme la leur propre cette fête de la libération. Le Ta'hanoun n'est pas récité pendant ces deux jours.

Des démarches furent faites, après sa libération, pour que le Rabbi Rayats soit autorisé à quitter la Russie et, le lendemain de Soukkot 5688 (1827), il partit définitivement de ce pays. Il s'installa à Riga, en Lithuanie, état alors indépendant. Là, il fonda une Yechiva.

En 5688 et 5689 (1928 et 1929), il parvient à envoyer des Matsot en Russie pour la fête de Pessa'h. En 5689 et 5690 (1929 et 1930), il visita la Terre Sainte, puis les Etats Unis. La nouvelle de sa venue provoqua la joie des Juifs d'Erets Israël, qui connaissaient son combat en Russie Soviétique et commencèrent immédiatement les préparatifs pour l'accueillir. Il quitta Riga le 22 Tamouz et, le lendemain, rencontra le Rabbi Chlita et la Rabbanit 'Haya Mouchka, qui habitaient alors à Berlin. Il parvint, en bateau, à Alexandrie, le 29 Tamouz. Là, il prit le train pour Lod, où il arriva le 2 Mena'hem Av. Il visita Yerouchalaïm et le Kotel Hamaaravi, Tsfat, Tibériade, Miron et la grotte de Rabbi Chimeon Ben Yo'haï, 'Hevron et la Yechiva Torat Emet, Tel Aviv, Peta'h Tikva et Bné Brak. Puis, le 16 Mena'hem Av, il reprit le train pour Alexandrie et un bateau le conduisit jusqu'aux Etats Unis, où il resta jusqu'en Tamouz 5690 (1930). Il visita de nombreuses villes, en particulier New York, Boston et Chicago. En 5694 (1934), il visita Glouboka, dans la région de Vilna, à la demande des 'Hassidim qui y habitaient.

En 5694 (1934), le Rabbi s'installa à Varsovie. Aussitôt, il créa des extensions de la Yechiva dans de nombreuses villes de Pologne et fonda Igoud Hatemimim, l'association des élèves de la Yechiva. En 5695 (1935), il commença à publier le périodique "Hatamim", destiné à servir de bulletin de liaison entre les 'Hassidim en général et les élèves de la Yechiva en particulier. En 5696 (1936), il transféra la Yechiva et son domicile de Varsovie à Otvotsk. En 5699 (1939), il créa Agoudat 'Habad, l'union internationale des 'Hassidim 'Habad, afin de structurer le mouvement Loubavitch.

Il se trouvait à Varsovie lorsque la guerre éclata. C'est là qu'il en vécut les premiers moments, puis, le 9 Adar Chéni 5700 (1940), il parvint à New York et s'installa à Brooklyn. Il passa la fête de Pessa'h à Lakewood, dans le New Jersey. C'est à New York qu'il installa la Yechiva Tom'heï Temimim centrale. Dans un premier temps, il se consacra au salut de ses 'Hassidim restés en Europe. Puis, il renforça le Judaïsme américain et lutta contre le dicton, populaire dans ce pays, selon lequel "en Amérique, c'est différent".

En 5701 (1941), il créa le périodique "Hakrya Vehakedoucha", afin de disposer encore une fois d'un organe officiel. Il organisa son action par la création de Ma'hané Israël, une association dont les membres s'engagent à renforcer la Torah et les Mitsvot par leur propre exemple et par la bonne influence qu'ils exercent sur les autres. En 5702 (1942), il fonda une extension de la Yechiva à Montréal, au Canada, à Newark, à Worcester et à Pittsburgh. Il visita Chicago du 7 au 14 Chevat. Il créa le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, afin de posséder un réseau d'institutions éducatives et la société d'éditions Loubavitch Kehot. En 5703 (1943), il créa la bibliothèque Loubavitch "Otsar Ha'hassidim" et, en 5704 (1944), l'association Ni'hoa'h, qui collecte et diffuse les mélodies 'Habad. Puis, il créa le journal "Kovets Loubavitch" et l'association "Bikour 'Holim", pour rendre visite aux malades.

Le Rabbi Rayats affirma maintes fois la proximité de la venue du Machia'h. Il demanda même, le 23 Tichri 5702 (1941), que soit écrit un Sefer Torah pour aller à la rencontre du Machia'h. Celui-ci fut effectivement écrit à partir du 2 lyar de la même année, mais il fut achevé par le Rabbi Chlita, le 10 Tichri 5730 (1970), à l'occasion de la vingtième Hilloula du Rabbi Rayats. Il fonda en 5705 (1945), le comité d'aide aux réfugiés, destiné à secourir les survivants de la guerre, qui a son siège à Paris. Aux Etats-Unis, il créa l'organisation Chaloh, qui donne accès à l'instruction religieuse aux élèves des écoles publiques. Il fixa un programme d'amélioration de la situation morale des fermiers juifs et de ceux qui habitent, en Amérique, dans les implantations rurales.

En 5708 (1948), il fonda Kfar Safaria 'Habad, près de Tel Aviv, en Terre Sainte, pour les réfugiés de Russie. Puis, en 5709 (1949), il constitua une commission éducative prenant en charge les enfants des immigrants, en Erets Israël. Cette commission exerçait en particulier son activité dans les camps de transit.

En 5710 (1950), quelques semaines avant son décès, il jeta les fondations d'un programme d'éducation des enfants et de renforcement du Judaïsme dans les pays d'Afrique du Nord. Ainsi, furent créés une école de formation des maîtres, une Yechiva élémentaire, une Yechiva supérieure, un Talmud Torah pour les petits garçons et un autre pour les petites filles. Toutes ces institutions portent le nom générique "tentes de Yossef Its'hak-Loubavitch".

Le Rabbi Rayats quitta ce monde le Chabbat Bo, 10 Chevat 5710 (1950), à huit heures sept du matin, à la suite d'une forte crise cardiaque et d'une courte agonie. Il est enterré à New York.

Le Rabbi Rayats eut trois filles. La Rabbanit 'Hanna fut l'épouse de Rabbi Chmaryahou Gour Ary. La Rabbanit 'Haya Mouchka fut l'épouse du Rabbi Chlita, successeur du Rabbi Rayats. La Rabbanit Cheïna fut l'épouse de Rabbi Mena'hem Mendel Horenstein et tous deux furent assassinés par les nazis, puisse D.ieu venger leur sang.

Un petit ‘hidouch sur la Paracha de Bo par le Rav Yaakov Abergel

Un petit ‘hidouch sur la Paracha de Bo par le Rav Yaakov Abergel

 

 

(pour la réussite de Iouri Kats dans tous les sujets, spirituels, et matériels)

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha ‘Bo’, le Rabbi explique que L’Eternel ordonne à Moché de venir avec Lui dans la Maison de Pharaon. En effet, il n’est pas écrit ‘Va chez Pharaon!’, mais il est écrit ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon!’.

Moché craignait de se rendre seul dans la Maison de celui que l’on appelle ‘le grand serpent’, c’est pour cela qu’Hachem lui dit ‘Viens chez Pharaon!’, car en recevant cet ordre divin Moché reçut également de L’Eternel la force de l’accomplir.

Certes, la Maison de Pharaon telle qu’elle est dans ce monde est un symbole d’impureté, mais le Rabbi nous enseigne que dans les mondes supérieurs, du côté de la Sainteté, la maison de Pharaon est le signe du plus haut dévoilement divin.

Parmi les références que le Rabbi nous donne dans le ‘Dvar Mal’hout’, il y a celle du ‘Torat ‘Haim’ dans laquelle l’Admour Haemtsaeï explique que dans les temps messianiques ‘l’intérieur (les niveaux des lumières les plus profondes) tel qu’il est vraiment se révèlera à l’extérieur (le réceptacle), de manière à ce que le Kéli (le réceptacle qui reçoit la lumière) ne la dissimule plus du tout, comme l’âme d’un homme (l’intérieur)  éclaire son visage (l’extérieur)….’.

L’exemple que donne l’Admour Haemtsaeï, d’un homme qui apprend une excellente nouvelle et dont la joie illumine son visage, vient pour expliquer que dans les temps messianiques la joie et le plaisir de L’Eternel illumineront Sa Face.

La Face de L’Eternel représente la Volonté la plus profonde et la plus intérieure de L’Eternel, Son plaisir qui est à l’origine de Son désir de Se dévoiler dans ce monde.  C’est là le point le plus essentiel  de cet enseignement de l’Admour Haemtsaeï. Dans les temps messianiques le plaisir divin, lequel représente une lumière supérieure et illimitée, se dévoilera dans ce monde. De même que les sentiments les plus profonds de l’homme peuvent se lire sur son visage, la joie la plus profonde de L’Eternel se lira sur ‘Son visage’, ce qui signifie que rien ne constituera plus un obstacle à la révélation du plaisir de D.ieu. Sa joie percera tous les voiles, et se lira sur ce même ‘Visage’ qui la dissimulait auparavant, ainsi qu’il est dit: ‘l’intérieur (le plaisir divin) tel qu’il est vraiment se révèlera àl’extérieur, de manière à ce que le Kéli (le receptacle qui reçoit la lumière) ne la dissimule plus du tout.

Le Rabbi dans le ‘Dvar Mal’hout’ nous enseigne que la Maison de Pharaon représente le dévoilement illimité de L’Essence divine. Aussi, le fait que L’Eternel amena Moché dans la Maison de Pharaon, signifie qu’Il lui donna la force de devenir un réceptacle pour un tel dévoilement. C’est pourquoi le Rabbi explique qu’aller chez Pharaon constitue en réalité une partie de la sortie d’Egypte, car la Maison de Pharaon représente le dévoilement de l’Essence divine, l’union entre le Divin illimité et les limites de ce monde, comme le fut le don de la Torah qui succède à la sortie d’Egypte.

D’après la demande du Rabbi selon laquelle chaque Juif se doit d’écrire ses propres ‘hidouchim, il est possible de dire que ces enseignements de l’Admour Haemtsaeï et du Rabbi sur notre Paracha ont un rapport avec le verset de la Torah dans lequel il est dit:

‘Et les enfants d’Israël voyaient le visage de Moché, que la peau du visage de Moché rayonnait’ (Ki-Tissa, 34, 35).

Peut-être y-a-t-il dans ce verset une allusion à la venue du Machia’h ! Dans le livre du Tanya, L’Admour Hazaken rapporte l’enseignement du Zohar selon lequel le corps de l’autre côté de la Sainteté est appelé ‘la peau de serpent’. Ce qui n’est pas sans évoquer ‘le grand serpent’, Pharaon.

Par ailleurs, la chose est connue que le ‘serpent’, ‘na’hach’ en hébreu à la même valeur numérique que ‘Machia’h’: 358. Ainsi, du côté de la Sainteté, lorsque l’Essence divine se révèlera dans le corps de l’homme (et dans le corps de ce monde matériel) alors ‘la peau de serpent’ atteindra le niveau au sujet duquel il est dit: ‘la peau du visage de Moché rayonnait.’

Rachi décrit la lumière qui émane du visage de Moché comme des ‘rayons de splendeur’, ‘Karné-Hod’. Peut-être y-a-t-il ici aussi un lien avec le nom de la maison d’éditions (de livres saints) que fonda le Rabbi Rayats: ‘Karné-Hod-Torah’ ! De fait, la lumière qui émane du visage de Moché est aussi celle qui émane de la Torah, tout comme la lumière qui émane du visage du Machia’h est aussi celle qui émane de l’Essence de la Torah, car l’Essence divine, l’Essence de l’âme Juive, et l’Essence de la Torah, ne font qu’Un.

4 Chevat : Hilloula de Rabbi Israel Abehassera - "Baba Salé et le Rabbi de Loubavitch"

4 Chevat : Hilloula de Rabbi Israel Abehassera - "Baba Salé et le Rabbi de Loubavitch"

Le 4 Chevat 5744, Rabbi Israel Abehassera, familièrement appelé Baba Salé s’éteignit en Israel, à Nétivot.

Né en 5650 (1889), le jour de Roch-Hachana, dans le Tafilalet (Sud marocain), d’une lignée prestigieuse remontant à Rabbi Yaacov Abouhassira זצ"ל, cet homme exceptionnel vivait, depuis sa tendre enfance, détaché des choses de ce monde. Etudiant tout autant le « Niglé » (Talmud et décisionnaires) que la Kabbalah, chaque jour pendant 18 heures, il acquiert très vite une envergure inimaginable dans la connaissance de la Torah.

Devenu orphelin très tôt, il va occuper à un âge précoce le poste de Roch-Yéchivah pour toute la région du Tafilalet. En 5681 (1921 - il est alors âgé de 31 ans) il fait un séjour d’un an en Terre Sainte, où il étudie avec les sages de Jérusalem dans la Yéchivah « Porat-Yossef ». Il fait l’émerveillement de tous par son érudition et son humilité vraie. De retour au Maroc, il se voit confier la responsabilité d’un grand nombre de communautés. Il fait ensuite, à partir de 5711 (1951), plusieurs séjours en Eretz-Israël et en France, entrecoupés de retour au Maroc, puis il décide en 5724 (1964) de s’établir définitivement sur la Terre Sainte. Il s’installe à Yavneh, et à Achlékon, et en 5730 (1970), il fixe son lieu de résidence à Nétivoth, dans le Néguev, d’où il quittera ce monde le 4 Chevat 5744 (1984).

Sa foi en la venue imminente du Machia’h, et son impatience à l’attendre, étaient célèbres. A tous ceux qui assiégeaient sa demeure pour recevoir ses bénédictions, il communiquait cette foi et cette flamme.

Ce que le monde connaît moins est son lien particulier avec l’enseignement du Baal Chem Tov et de ses saints disciples, particulièrement avec l’« Admour Hazaken », auteur du Tanya et fondateur de ‘Habad. 

Au cours de ses fréquents séjours en France (entre 5714 et 5724) il préférait se réfugier au calme, derrière les murs de la Yéchivah «Tom’hei Tmimim Loubavitch» de Brunoy, où il pouvait se consacrer, particulièrement pendant les mois d’Elloul et de Tichri, à l’étude de la Torah et au service de la Téfilah. L’un de ses ouvrages de prédilection était le «Likoutei-Torah» du Baal-Hatanya.

Le Rav Yehochoua Hadad שליט"א de Milan, se souvient qu’il eut le privilège, en Elloul 5716, d’avoir été choisi pour être le « ‘Havrouta » (le compagnon d’études) du « Baba Salé », à l’étude du « Likoutei Torah ». Il raconte que, devant les stupéfiantes révélations de cet ouvrage, le Tsadik éclatait parfois d’un rire joyeux, dénotant une délectation profonde, incompréhensible pour un être ordinaire, et qu’il s’écriait : « Zalman ! Où as-tu pris cela ? »

Le Rav Ma’khlouf Aminadav Krispin שליט"א, marié à la petite-fille du Tsadik, raconte que celui-ci, habitant alors Yavneh, mit à la porte de sa maison un Rav important qui dirigeait un « Collel » dans la même ville, parce que ce dernier avait fait une remarque désobligeante à l’égard du Baal Chem Tov. Il était alors entré dans une grande colère, lui lançant : « Qui êtes-vous pour entrer dans un tel sujet et arbitrer entre des Grands ? Je sais, moi, qui est le Baal-Chem-Tov. Maintenant, sortez d’ici, je ne veux plus vous voir à côté de moi ! ». Puis il avait appelé le Rav Krispin, initiateur de la visite, l’avait sermonné pour avoir introduit dans sa demeure un homme qui parlait contre le Baal Chem Tov, et avait ajouté : « Tu vas voir, si ce Collel reste à Yavneh, je ne suis plus Baba Salé ». Bien entendu, le Tsadik ne parla à personne de cet incident, mais le lendemain, le maire de Yavneh convoqua le Roch-Collel et l’informa que le Ministère de l’Intérieur avait coupé les subventions aux étudiants de son Collel. Ce même jour, le Collel cessa toute activité, comme l’avait prédit le Tsadik.

La relation avec le Rabbi

Les liens du « Baba Salé » avec le Rabbi étaient extraordinaires. Dans une lettre (reproduite dans « Igueroth-Kodech », lettre 1370 du 26 Teveth 5712 ( 1 - 2)), le Rabbi le complimente et le bénit pour sa décision de monter en Terre Sainte, dictée par la Providence Divine et destinée à fortifier l’esprit de nos frères, les influençant à renforcer la Torah et les Mitsvot, particulièrement à veiller à ce que leurs enfants ne tombent pas dans les pièges de l’éducation relâchée, mais à ce qu’ils reçoivent, sans exception, celle de la Torah et des Mitsvot, de la crainte de D-ieu et de la Tradition des saints ancêtres...

Dans une autre lettre ( 1 - 2 - 3 - 4), le Rabbi l’encourage, à cause de la situation spirituelle médiocre en Eretz-Israël, à ne pas rechercher la retraite au calme que Baba Salé envisageait, ni même à quitter la Terre Sainte pour trouver refuge aux Etats-Unis, mais, « ayant le mérite, de par le Ciel, d’être un dirigeant du peuple d’Israël, auquel des milliers d’hommes obéissent, parce que vous possédez des forces puissantes, il est donc souhaitable que vous demeuriez à proximité des lieux où habitent nos frères séfaradim (Chlita) assoiffés de la Torah de D-ieu... Je vous conseille donc de rester en Eretz-Israël. »

Cette lettre l’encourageant à fixer sa résidence en Eretz-Israël, faisait suite à plusieurs autres missives où le Rabbi l’exhortait à monter en Terre Sainte. Particulièrement après que le « Baba Salé » ait consulté l’avis du Rabbi sur le fait qu’il voulait se retirer au calme pour s’y consacrer à l’étude de la Torah et au Service divin, envisageant même de se fixer aux Etats-Unis.

Le Rav Bentsion Grossman שליט"א rapporte ce qu’il entendit des proches du Tsadik : « le fait que Baba Salé ait voulu habiter aux Etats-Unis en 5712 (1952) est assez surprenant, car ce pays ne regorgeait pas d’institutions « orthodoxes » à cette époque, et encore moins de communautés séfarades organisées, aussi qu’y recherchait-il ? ».

Les mêmes personnes répondent, pour l’avoir entendu Baba Salé, qu’il voulait rejoindre le Rabbi, pour œuvrer avec lui dans l’instauration de la Guéoula, et c’est à cet effet qu’il demandait son avis. Le Rabbi lui répondit, en une missive pleine de références kabbalistiques, qu’il lui conseillait de se fixer en Eretz-Israël... afin d’employer les trésors d’aptitudes que lui avaient légués ses saints ancêtres, et de livrer combat au mauvais penchant et aux forces du mal, en tête des troupes qui obéissent à sa volonté, pour diffuser le Divin tout autour d’eux ».

Dans la lettre 2083 (du 13 Nissan 5713) le Rabbi se réjouit de ce que Baba Salé ait bien accueilli sa précédente missive où il lui conseillait « d’employer ses forces au service du public et de ne pas choisir l’isolement ».

C’est à partir de cette époque que Rabbi Israël soutint toutes les initiatives et campagnes du Rabbi. Lorsqu’il revint au Maroc, en 5714, et qu’il vit tout ce qu’avaient réalisé les émissaires du Rabbi dans toutes les villes et régions du pays, il remercia le Rabbi par lettre d’une manière particulièrement chaleureuse. De retour en Terre Sainte en 5724, il continua à soutenir le Rabbi et ses émissaires, manifesta publiquement sa coopération à la « campagne des Téfilines » lancée par le Rabbi, en s’associant à la lettre collective de soutien, que contresignèrent tant d’autres autorités, comme Rabbi Ezra Attia זצ"ל et Rabbi Rafaël-Barou’kh Toledano זצ"ל.

Il soutint également de manière publique la campagne pour l’allumage des bougies de Chabbath par les fillettes.

Lorsqu’on vint lui raconter qu’un Rav connu s’opposait à cette mesure, il répondit à ses informateurs d’un air étonné : « Comment comparer une mouche aux ailes coupées à l’aigle planant dans les cieux ? »

Il lutta de toutes ses forces contre le décret inique de « Mihou Yehoudi », l’amendement à la Loi du retour qui reconnaît comme juive toute personne qui s’est convertie sans mentionner la nécessité d’une conversion conforme à la Hala’kha, la loi pratique du Judaïsme. Cet amendement est malheureusement toujours en vigueur du fait des pressions exercées par les réformés américains sur les gouvernements successifs d’Israël, avec chantage aux aides du Congrès américain à la clé. Il envoya lettres et télégrammes à tous ceux qui luttaient pour l’abrogation de cette loi, exprimant son espoir qu’en fin de compte, c’est la Hala’kha qui serait seule reconnue en la matière.

Tout lui revient

Rapportées par son gendre, le Rav Yachar Edrehi שליט"א, plusieurs anecdotes montrent, s’il en était besoin, l’admiration inconditionnelle du Tsadik envers le Rabbi.

Pendant le deuil qu’il observait après le départ de son fils le Tsadik Rabbi Méir זצ"ל, il reçut une lettre de consolation du Rabbi. Lorsqu’on lui communiqua la lettre, il se mit debout, et s’écria, le visage baigné de larmes : « Qui suis-je et que suis-je, pour que le Rabbi de Loubavitch pense à moi et m’envoie une lettre de condoléances ? »

Une autre fois, un Rav qui lui rendait visite, le questionna sur le fait que les ‘hassidim disaient que le Rabbi est le roi Machia’h. Le « Baba-Salé » lui répondit avec un sourire et une expression d’admiration : « Echtahil Kolchi ! » (en arabe : « Tout lui revient, il mérite tout »).

Le Rav Yossef Deutch זצ"ל ; Roch-Yéchivah à Yérouchalaïm racontait volontiers : « Un jour où je participais à un repas chez le Tsadik, j’eus l’occasion de répéter des paroles de Torah prononcées par le Rabbi. Lorsqu’il m’entendit citer le nom du Rabbi, il leva la main et dit : « Vé-Lo Yikhath ‘Amim ». Ces mots sont extraits du verset 10 (chapitre 49) de Beréchith, faisant référence au roi Machia’h : « .... A lui les nations obéiront ».

 

 

Vivre avec Machia’h :  "Le premier modèle" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : "Le premier modèle" par Gérard Touaty

 

Se fondant sur diverses sources, nos Maîtres expliquent que la délivrance messianique est calquée sur celle qui se produisit en Egypte, il y a plus de 3300 ans. C’est ce que nous tenterons de comprendre aujourd’hui.

La parachath Bo nous décrit la sortie d’Egypte mais surtout les évènements et l’état d’esprit des Enfants d’Israël avant cette liberté. Nous retiendrons trois points qui nous paraissent intéressants pour l’idée commune qui les rapproche : l’absence totale d’un cheminement logique. Il y a tout d’abord la neuvième plaie, celle de l’obscurité.

Pour cette plaie, il se produisit un fait assez déroutant. Malgré l’épaisseur, presque palpable de l’obscurité, une lumière accompagnait les Enfants d’Israël partout où ils se déplaçaient. Le second point concerne le peuple égyptien et son attitude envers Moché et son peuple. Un verset nous rapporte un fait paradoxal : « D.ieu donna la faveur du peuple (hébreu) aux yeux des Egyptiens. Moché aussi était très grand en terre d’Egypte, aux yeux des serviteurs de Pharaon et aux yeux du peuple égyptien ».

Comment, s’interrogent les commentateurs, les Egyptiens ont-ils pu porter un regard bienveillant sur un peuple et un homme qui étaient la cause de leur malheur ? Enfin, dernier point et non des moindres : sans aucune crainte, chaque famille prit un agneau, qui était l’idole de l’Egypte avec ostensiblement, l’intention de le sacrifier !

Dépasser sa nature

L’Egypte dont il est question ici, peut être comprise sur un registre personnel. Quand les Maîtres de la tradition juive évoquent l’Egypte sur un mode spirituel, ils sous entendent l’esclavage mental et moral qui éloigne l’homme de D.ieu. En d’autres termes, dès qu’un homme est pris dans les filets de ses passions (physiques, matérielles ou même intellectuelles), il devient esclave d’un Pharaon qui chaque jour l’enfonce un peu plus dans les profondeurs du Mal.

Comment peut-il s’en extraire ? En dépassant sa nature humaine qui par essence est limitée, en cherchant à atteindre une liberté qui confine à l’Infini. C’est ce que sous entend le Talmud quand il enseigne « qu’un prisonnier ne se libère jamais seul » : un homme prisonnier de ses mauvais penchants a besoin d’une dimension extérieure à lui, une aide qui dépasse sa condition humaine ! C’est ce qui se passa en Egypte : les Enfants d’Israël ne quittèrent l’Egypte que grâce à la Emouna, la foi, un sentiment au sein duquel la raison n’avait aucune place.

C’est aussi dans cet esprit que la délivrance messianique se produira. Lorsqu’un Juif pratique le judaïsme sur un mode tranquille et bien ordonné, rien de grand ne peut sortir de là. Pour provoquer la sortie d’Egypte finale de notre histoire, D.ieu attend de chacun d’entre nous un dépassement de nos limites, le même qui fut à l’origine de la première sortie d’Egypte. Or quand on relit notre histoire, on ne peut être qu’ébloui par la force du peuple juif aujourd’hui. Il est certain que le dépassement dont nous parlons a déjà été atteint. Voilà un peuple qui malgré les souffrances, l’exil, la pauvreté et la persécution, cherche un peu plus chaque jour à retrouver ses racines.

Malgré l’obscurité

De nos jours, ce dépassement de soi (la foi) provoque un changement dans le monde, à l’instar de celui qui se produisit en Egypte. Il y a de la lumière au sein de l’obscurité : malgré la désaffection du monde pour la spiritualité, le peuple juif revient à ses racines. Bien plus, l’attitude des nations se fait plus bienveillante à l’égard des Juifs, comme ce ne fut jamais le cas durant 2000 ans d’exil. Pouvons nous trouver des indices plus clairs de l’imminence de la venue du Machia’h ?

Le Rav Yehouda Krinsky, secrétaire du Rabbi : "Faire en sorte qu'aucun Juif ne soit laissé pour compte"

Le Rav Yehouda Krinsky, secrétaire du Rabbi : "Faire en sorte qu'aucun Juif ne soit laissé pour compte"

Haim Yehouda Krinsky est né le 3 décembre 1933 à Boston, Massachusetts. Il a occupé divers postes au sein du personnel administratif du mouvement Loubavitch depuis 1954 et a exercé les fonctions de secrétaire personnel aux côtés du rabbin Yehouda Leib Groner et du Rav Binyamin Klein.  Aujourd'hui, le Rav Krinsky fait partie des personnalités les plus influentes du mouvement Loubavitch.

 

Le Talmud nous rappelle que ce n’est pas par coïncidence, mais par intention divine que le peuple juif a été dispersé aussi largement. La Kabbale explique que cette large diaspora nous permet de libérer et d'élever les étincelles de sainteté dissimulées aux quatre coins du monde. Les enseignements de la race sont élaborés: le peuple juif peut libérer ces étincelles en observant des Mitsvot et en étudiant la Torah partout - des îles Canaries aux oblasts sibériens.

Mais beaucoup de Juifs n’ont pas bénéficié d’une éducation juive et n’ont pas non plus de modèle de comportement juif. Comment peuvent- ils aider à transformer le monde en un lieu de sainteté?

Pour le Rabbi de Loubavitch, la réponse était évidente: nous les trouvons, nous les embrassons et nous leur donnons accès à leur droit de naissance. C'est donc devenu le principe directeur de son travail: ne laissez aucun Juif derrière.

Vers cette vision, le Rabbi a envoyé ses émissaires ouvrir des Beth Habad à travers le monde. Aujourd'hui, il existe des centres Habad dans plus de cent pays à travers le monde. Chaque grande ville en a un. Et même les plus petites villes sont maintenant desservies par leurs propres rabbins.

Mais qu'en est-il des très petites communautés juives? Celles dont vous n'avez probablement jamais entendu parler? Qu'en est-il de celles qui sont difficiles à trouver sur une carte, celles où il n'y a qu'une poignée de Juifs? Est-ce que nous les servons aussi?

Dans l'esprit du véritable amour ou Ahavat Yisrael, le Rabbi a demandé à ses Chlou'him d'aller partout où ils étaient nécessaires, même dans les coins les plus sombres du monde. C'est ainsi que ses Chlou'him ont franchi une nouvelle étape, dépassant les centres d'activité juifs populaires. Maintenant, ils sortent de la grille et cherchent des Juifs. Littéralement.

 

Le travail est laborieux et exigeant. L'investissement n'a aucun sens économique ou pragmatique. Mais le Rabbi a mesuré sa valeur selon une norme différente. Il a appelé ça le travail de Dieu. Dans sa prescience, le Rabbi a compris qu'atteindre un seul Juif solitaire pouvait avoir de lourdes conséquences, non seulement pour cet individu et sa famille, mais pour tout le peuple juif. Il a dit que chaque Chalia'h qui s'investit dans cette sainte entreprise s'associe à Dieu lui-même pour réaliser son plan divin.

Les Chlou'him Habad financent généralement ce travail en collectant des fonds au sein des communautés qu’ils desservent. La pratique favorise des partenariats dynamiques entre les résidents locaux et les Chlou'him qui travaillent ensemble pour construire des communautés dynamiques. Mais lorsque trois cents Juifs sont dispersés sur un vaste territoire, comme dans certains endroits, ils ne disposent généralement pas des ressources pour construire l'infrastructure nécessaire à une communauté juive. Ils ont besoin d'un soutien financier important et sont soutenus par le siège du Mouvement Loubavitch.

En 1984, le Rabbi a ouvert le Fonds de développement Machne pour l’Israël (MIDF), donnant à d’autres la possibilité d’aider à la construction de Beth Habad à travers le monde. Plus récemment, le MIDF a lancé «The Frontier Fund», un fonds destiné exclusivement aux communautés où les ressources locales ne peuvent pas assurer la présence de Habad. Et les résultats ont été extraordinaires. Grâce à l’assistance supplémentaire du Fonds, une cinquantaine de nouveaux centres Habad au service des petites communautés sont maintenant florissants.   

L'idée que nous puissions éclairer les coins les plus sombres de la face de cette Terre, est vraiment divine.Cela peut sembler une tâche impossible, mais ce n’est pas le cas. Avec la participation d'un plus grand nombre de partenaires qui souhaitent partager ce privilège, nous pouvons aider les Chlou'him à faire ce que le Rabbi s'est proposé de faire et à faire en sorte qu'aucun Juif ne soit laissé pour compte.

Le lien insolite et spécial entre Amos Oz et un émissaire Loubavitch d'Ukraine

Le lien insolite et spécial entre Amos Oz et un émissaire Loubavitch d'Ukraine

Il était principalement un écrivain respecté, un intellectuel de renommée mondiale, mais l’autre aspect de sa personnalité, en tant que symbole de l’Israël laïc, éloignait un large public, en particulier religieux, qui avait du mal à s’identifier à son image et à se connecter à ses œuvres.

 

Amos Oz (hébreu : עמוס עוז), nom de plume d'Amos Klausner, né à Jérusalem le 4 mai 1939 et mort le 28 décembre 2018 à Tel Aviv, est un poète, romancier et essayiste israélien. Il est professeur de littérature à l'université Ben Gourion de Beer-Sheva. Amos Oz est le cofondateur du mouvement La Paix maintenant et un fervent partisan de la solution d'un double État au conflit israélo-palestinien.

Une relation spéciale développée au fil des ans entre Amos Oz et l’émissaire Habad d’une ville d’Ukraine a été révélée après la mort de l'écrivain, une profonde amitié qui a conduit le défunt à découvrir et approfondir une sensibilité au judaïsme et un lien avec la tradition.

Tout a commencé avec la décision de la municipalité de Rovno en 2014 de commémorer la maison de la famille Musman, où Fania, la mère d'Amos Oz, a grandi. La maison, que l’écrivain décrit dans «Une histoire d'amour et de ténèbres», est devenue une destination touristique pour de nombreux Israéliens, et les autorités locales ont voulu installer une plaque commémorative à l'extérieur. Elles ont demandé au rabbin Shneor Zalman Schneerson, rabbin de la ville et émissaire de Habad à Rovno, de contacter le fils vivant en Israël pour lui demander de participer au libellé de la légende.

"Amos a suivi le processus de commémoration, et sa fille Fania a assisté à la cérémonie, qui était magnifique et très impressionnante", raconte le rabbin Schneerson. "Amos Oz était très ému et m'a demandé de venir lui rendre visite lorsque je me rendrais en Israël. Cela a été le début d’une relation amicale entre nos deux familles, qui a duré jusqu’à aujourd’hui. Depuis, nous nous sommes parlé chaque semaine et nous avons beaucoup correspondu. "

"Un Juif très chaleureux"

Lors de leur première rencontre, Oz s’est intéressé au nom de Schneerson. Il lui a demandé s'il était en famille avec celle qui fut son institutrice, la poétesse Zelda. La réponse fut positive. "Chaque fois que nous nous sommes rendus en Israël, il nous a invités, mentionnant qu'une bouteille de whisky était déjà sur la table et nous attendait."

Le Rav et la fille d'Amos Oz

Le Rav et la fille d'Amos Oz

 

"C'était un Juif très chaleureux, un homme avec une grande âme, se souvient Schneerson. Même si nos points de vue sur de nombreuses questions étaient opposés, dés notre première rencontre, le courant est passé. Il a écouté, raconté et bien sûr exposé ses opinions, mais il était bien plus conciliant que querelleur. Il souffrait beaucoup de l'ignorance de la jeune génération et ne cachait pas sa frustration devant son absence de valeurs. "

L'émissaire de Habad à Rovno décrit Amos Oz comme un "homme sociable" et déclare: "Tout ce que vous avez lu dans" Une histoire d'amour et de ténèbres" sur cette culture de rencontres entre amis juifs et arabes à la maison existait vraiment. Il avait beaucoup d'amis".

Un des événements qui a particulièrement touché le rabbin Shneor fut son quarantième anniversaire, lorsque sa femme a voulu le surprendre et a invité Amos Oz à lui écrire une bénédiction. "Amos était désolé de ne pas avoir eu le temps d’enregistrer un message vidéo, mais il a envoyé une lettre très émouvante et inhabituelle, et il est clair qu'il était très ému", dit-il.

Amos Oz était lié à D.ieu à sa manière

Amos Oz s’est également confié à son jeune ami sur des questions religieuses: "Nous avons commencé à parler de foi, il était assez intelligent pour comprendre qu'il pouvait se définir en tant que croyant et il m'a donc parlé de lui-même", raconte le rabbin Shneor, "il ne respectait pas tous les commandements mais était lié à D.ieu à sa manière – ce qui ne contredit pas la foi. " Un jour, Amos a demandé à Shneor de réciter la prière du Kaddish à la mémoire des fils et filles de la famille de sa mère, Musman, qui ont été assassinés à Rovno, au cours de l'Holocauste, comme la plupart des habitants de la ville.

"Quand il a découvert qu’il était malade, il l'a partagé avec nous et je peux vous dire que pendant toute la période où il s’est battu contre la mort, nous avons été témoin de sa grande foi. Amos était croyant.  Je lui ai dit qu'il était né le 15 du mois de Iyar, tout comme mon épouse et l'un de mes enfants. À cette date, la Manne, le pain spécial que les enfants d’Israël mangèrent dans le désert après l’exode d’Égypte, a cessé de tomber du ciel,. Dès lors, ils durent avoir la foi que le Saint Béni soit-Il, leur fournirait une nourriture naturelle pendant leur voyage vers la Terre d’Israël.

Le rabbin Shneor Zalman Schneerson souhaitait terminer par l’éloge funèbre suivant: "Amos Yakar, Amos Ben Yehuda Aryeh de mémoire bénie, de là où vous résidez aujourd’hui, soyez un bon défenseur pour votre femme, Nili qui vous a accompagné avec beaucoup d’amour, pour vos filles Fania et Galia, votre fils Daniel et vos petits-enfants que vous avez tant aimés. Soyez également un bon défenseur pour la communauté juive de Rovno, dont la préservation était si importante pour vous et dont vous avez suivi le développement de près".

alliancefr.com, source Ynet

Un petit ‘hidouch sur la Paracha Vaéra par le Rav Yaakov Abergel

Un petit ‘hidouch sur la Paracha Vaéra par le Rav Yaakov Abergel

 

Au début de la Paracha ‘Vaéra’ L’Eternel déclare à Moché (Vaéra, 6, 2-3): ‘Je suis L’Eternel. Je suis apparu à Avraham à Itz’hak et à Yaakov comme ‘D.ieu Tout Puissant’ mais sous Mon Nom ‘L’Eternel’ (‘Havayeh’) Je ne me suis pas fait connaître à eux’.

Le Rabbi, dans le ‘Dvar Mal’hout’, explique le sens profond de ce verset, et des deux Noms divins qu’il contient.

Le premier Nom ‘Kèl Chadaï’ (que l’on traduit ici par ‘D.ieu Tout Puissant’) qui fût dévoilé aux Patriarches, correspond au dévoilement de la lumière divine, telle que celle-ci s’inscrit dans les limites de ce monde matériel.

Le Nom ‘Havayéh’, qui fut révélé à Moché et aux enfants d’Israël, correspond à la lumière divine qui est bien au-delà des limites de l’enchaînement des mondes.

Concrètement, le Rabbi nous donne ici à comprendre que ces deux Noms, ces deux dévoilements divins, sont liés l’un avec l’autre. Avraham, accomplit le premier le Commandement de la circoncision, lequel représente l’action de révéler l’Essence divine dans le corps. Lorsqu’il se circoncit, Avraham révéla l’Essence de l’âme Juive qui est enracinée dans l’Essence divine, et dont découlent la force de la Emounah et la capacité de faire don de sa propre vie, quand il s’agit de sanctifier le Nom divin.

Cependant, Avraham ne révéla L’Essence divine que dans les limites de son propre corps, et non pas à l’extérieur, c’est à dire dans le monde lui-même. Il fallut attendre Moché et le don de la Torah pour que L’Essence divine se dévoile aussi à l’extérieur. En devoilant Son Nom ‘Havayéh’, L’Eternel donna la possibilité aux enfants d’Israël de sanctifier la matière de ce monde en accomplissant Ses Commandements.

Le Nom ‘Havayeh’ représente donc la force de révéler l’Essence divine de manière profonde. Par le don de la Torah (et du Nom ‘Havayeh’) chaque Juif acquiert la capacité de ‘faire descendre’ l’Essence divine dans les forces de son âme, dans ses pensées ses paroles et ses actes.

La ‘Hassidout donne souvent l’exemple de l’huile pour décrire cette qualité de dévoiler les niveaux les plus élevés (l’Essence divine) dans les endroits les plus inférieurs, car l’huile s’infiltre dans les matières les plus dures et les plus résistantes.

On peut ici illustrer notre propos en citant la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘les paroles dites avec douceur pénètrent dans le coeur et y font leur effet’.

En effet, le Nom ‘Havayéh’ représente cette force qui fait pénétrer nos paroles dans le coeur de l’autre. C’est ce Nom qui donne la force à la Parole divine de pénétrer à l’intérieur de toutes les forces de notre âme et d’y ‘faire son effet’. La Parole divine concquiert alors non seulement notre être tout entier, mais aussi tout le monde extérieur. Par la force de ce Nom, chaque Juif peut enfin faire de ce monde limité une demeure pour l’Essence divine.

Cependant, le Rabbi souligne ici que cet ‘effet’ n’atteindra sa perfection que dans les temps messianiques, car ce n’est qu’à ce moment que les fruits, ‘l’effet’, des graines de toutes les Mitsvoth accomplies durant l’exil apparaîtront devant nos yeux, et deviendront perceptibles à nos sens.

Conformément à la demande du Rabbi selon laquelle chaque Juif se doit d’écrire ses propres ‘hidouchim, l’occasion nous est donnée ici d’approfondir ce qu’il vient d’être dit à partir de l’un des versets de notre Paracha.

Il est écrit (Vaéra,7, 10): ‘Aaron jeta son baton devant Pharaon et ses serviteurs, il devint un serpent’.

Le nom ‘serpent’ se dit en hébreu ‘na’hach’, et les Sages nous enseignent que‘na’hach’ a la même valeur numérique que ‘Machia’h’358. Ainsi, il est possible d’expliquer l’image du ‘bâton qui devint un serpent’ de la manière suivante:

Pour certains, la venue du Machia’h demeure extérieure à leur propre vie. C’est à dire qu’elle n’est aucunement ressentie comme une chose qui est sur le point de se réaliser. De ce fait, tout les sujets qui concernent le Machia’h demeurent inertes dans leurs esprits, à l’image d’un ‘bâton’ totalement dépourvu de vitalité.

A l’opposé, ‘le bâton qui devint un serpent’ représente les sujets du Machia’h tels que ceux-ci sont vécus par ceux qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour provoquer sa venue.

Le ‘bâton qui devint un serpent’ nous apprend que chaque Juif, par la force de l’Essence divine révélée dans son âme et dans la Torah, détient la capacité de donner une vraie vie à ce monde.

Avant le don de la Torah le monde était encore inerte, à l’image d’un baton ‘mort’ car dépourvu de toute vie, puis, avec le don de la Torah ‘le baton devint un serpent’, c’est à dire que ce monde encore inerte eût la possibilité de s’élever au niveau du‘Machia’h’, qui comme il vient d’être expliqué a la même valeur numérique que‘serpent’. En d’autres termes le peuple Juif reçut pour mission de donner une vitaliténouvelle à ce monde, en faisant de lui une demeure pour l’Essence de D.ieu.

Aussi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le verset ‘Je suis apparu à Avraham à Itz’hak et à Yaakov comme ‘D.ieu Tout Puissant’ mais sous Mon Nom ‘L’Eternel’ Je ne me suis pas fait connaître à eux’ peut être expliqué par l’image du ‘bâton qui devint un serpent’.

Le Nom de ‘Kel Chadai’ (‘D.ieu Tout Puissant’), que L’Eternel dévoila aux Patriarches évoque ce ‘bâton’ encore inerte, à l’image d’un monde qui ne pouvait pas encore devenir une demeure pour D.ieu.

Le Nom ‘Havayéh’ (‘L’Eternel’) évoque le ‘serpent’‘na’hach’Machia’h, et la possibilité qui nous est donnée de faire de ce monde une demeure pour L’Essence divine.

Plus encore, Pharaon qui est appelé ‘le Grand serpent’ n’est pas non plus sans évoquer le Grand dévoilement des temps messianiques, lorsque l’Essence divine se dévoilera à nos yeux de chair, par la force du Grand Nom d’Havayeh, lors de la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

"Pninim Mitorat Levi Itshak", enseignements de Rabbi Lévi Itshak Schneerson, père du Rabbi de Loubavitch

"Pninim Mitorat Levi Itshak", enseignements de Rabbi Lévi Itshak Schneerson, père du Rabbi de Loubavitch

pninim-mitorat-levi-itshak-en-francais

Extraits des ouvrages de

 

Veille du 28 tevet 5779

Paris – France

,ה"ב

PRÉFACE

En l'honneur du 28 Tevet: "jour lumineux" anniversaire de la Rabbanit 'Hanna (née en 5640/1880) l'épouse de Rabbi Levi Ytshak Schneerson, voici quelques extraits de l' œuvre de Rabbi Levi Ytshak.

La Rabbanit s’est dévouée corps et âme, et ce au péril de sa vie, afin que ces textes précieux écrits en exil voient le jour.

Ces enseignements sont extraits des ouvrages : Likoutei Levi Ytshak, Torat Levi Ytshak, Yalkout Levi Ytshak Al HaTorah, Péninei Levi Ytshak; des éditions Kehot en hébreu.

Ils ont été diffusé régulièrement en lien avec la Sidra de la semaine ou en fonction des événements du calendrier hébraïque et hassidique.

Certaines références telles que les versets de la Torah, le Talmud et le Midrach ont été rapportés, d'autres non.

Une recherche à la source permettra de découvrir plus amplement le sujet.

La traduction et l'adaptation des textes est totalement libre et sous notre entière responsabilité.

N°1

Nos sages nous enseignent:

  • Yaakov notre père n'est pas mort ; de même que sa descendance est en vie, lui aussi est en vie, Ba'Haim . »

Yaakov Ba'Haim Jacob est vivant!?

En effet, la valeur numérique de:

Yaakov 182 + 'Haim 68 = 250.

On retrouve le même résultat en allusion dans un verset ou la Torah résume la vie de Jacob:

« Vayé'hi Yaakov , et Jacob Vécut ... Chné 'Hayav, les années de sa vie. »

Vayé'hi 34 + Yaakov 182 + 'Hayav 34

  • 250.

(D'après Yalkout Levi Ytshak Tome 3 p. 373)

N°2

La valeur numérique du mot hébreu, Tsadik (le Juste) est: 204, la même que celle de Rèd; racine du mot Véyèrd ; qui signifie Gouverner.

(D'après Yalkout Levi Ytshak Tome 3 p. 14)

N°3

Tamé (impur) à une valeur numérique de 50, telle la lettre 'נ (Noune) ; faisant ainsi allusion au mot Néfila qui commence lui aussi par un 'נ, et qui signifie Chute ou descente.

(D'après Yalkout Levi Ytshak tome 3 p. 110)

N°4

Les Tossafistes nous enseignent:

« 'Hannokh: est (l'ange) Matat'rone, Ministre du Monde ».

Il convient de qualifier Matate; Apotroufous (tuteur) du monde .

Or en divisant Apot - Roufous on obtient: Eptà, chiffre Sept (en Grec).

et Rufus: (un fonctionnaire Romain à l'époque d'Adrien) Chef d'armée.

Le titre d'Apotroufous s'attribue également à Moché car il était la Septième (Eptà) génération à compter de Avraham, ( Ytshak, Yaakov, Lévy, Kéhat, Amram, Moché.)

et comme l'abréviation de son nom (ה"שמ) l'indique: מ - Matate, ש - Sar, ה - Hapennim; Ministre de l'intérieur, qui est (comme Matate aussi Rufus) ministre du monde (la demeure de D.ieu).

(D'après Yalkout Levi Ytshak tome 1 p. 121)

N°5

Le Talmud: "La plupart des enfants ressemblent aux frères de leur mère".

Ainsi Miryam fille de Yo'hévèd se distingue par l'étymologie de son prénom:

Mérirout - Amertume qui lui vient de Mérari frère de Yo'héved.

Miryam possède la même racine que : Harama - Élévation .

De plus:

Yo'hévèd, de valeur numérique: 42,

donna naissance à trois enfants; (Moché, Aharon, et Miryam ).

Or 42 ÷ 3 = 14,

qui équivaut à la valeur de Yad - la Main .

Yo'hévèd alloua donc à chacun de ses enfants une des trois qualités attribuées à la Main de D.ieu, que possédaient aussi ses trois frères : (Guèrshon, Kéhat, et Mérari)

Guédola - Grande, 'Hazaka - Forte,

et Rama - Haute.

(D'après Yalkout Levi Ytshak Tome 4 p. 156)

N°6

Tandis que 'Og déclare la guerre au peuple juif, D.ieu Dit à Moché: « Al Tira Oto - ne le craint pas ('Og), car Je l'ai livré dans tes mains Oto (lui). »

Il s'avère que 'Og avait été circoncis par Avraham comme il est dis: « Et le rescapé ('Og) arriva Vayaguèd - il raconta à Avram...»; Vayaguèd au sens de Incision (du Prépuce).

'Og détenait ainsi le Ot HaBerit - signe de l'alliance, un mérite qui pouvait jouer en sa faveur; ce que Moché redoutait.

(Lui même en avait subi les conséquences, ayant retardé la circoncision de son fils.)

En outre la Mila symbolise le Yésod - fondement. Or « Le Tsadik - juste, est le Yésod - fondement, du monde. »

C'est alors que D.ieu Apaise Moché en lui disant: « Ne le craint pas Oto - lui, mettant ainsi en allusion que 'Og s'était défait du Ot - ce signe d'alliance.

Effectivement 'Og est de valeur numérique: 79, une unité de moins que la valeur

de Yésod - circoncision: 80.

(D'après Yalkout Levi Ytshak tome 1 p. 223)

N°7

Bil'am fils de Bé'or symbolise le personnage de Béla' fils de Bé'or de la ville de Dinehava

(1. Tous deux ont le même père.

  1. Les trois premières lettres de Bil'am, sont Béla' - עלב).

Béla' était le premier des sept rois de Édom;

dont l'origine est le monde spirituel Tohou ( qui est la source d'un monde matériel dépravé), à l'inverse du monde Tikoun - réparation, que D.ieu créa afin de s'y installer.

Par ailleurs Yom Tsom Kippour est de valeur numérique: 498, tel que Béla' Bèn

Bé'or Dinehava: 498,

Insinuant ainsi que Kippour est un remède à Bil'am.

En effet, c'est le jour de "Kipour" qu'étaient organisées des Chidoukhim - rencontres entre jeunes gens et jeunes filles grâce auxquelles des enfants allaient voir le jour, pour un monde rétabli Tikoun.

Il se trouve en effet que le grand prêtre en service au temple le jour de kippour se devait d'être marié.

(D'après Yalkout Levi Ytshak tome 2 p. 283)

N°8

Lorsque Ya'akov bénit Yossèf il dit:

  • M-icham R-o'é É-vèn I-sraël berger et fondateur du peuple d'Israël »; dont l'acronyme est: Méir - Qui illumine .

Le mot Évèn est aussi mentionné à propos de Moché, car ils sont tous les deux (Yossef et Moché), au même niveau.

C'est la raison pour laquelle, c'est Moché qui récupéra les ossements de Yossef lors de la sortie d'Égypte.

(D'après les écrits de Rabbi Levi Ytshak Schneerson)

N°9

Bil'am est de valeur numérique: 142, en lettres hébraïques: ב-מ-ק, (Anagramme de Kama - premier, Métsi'a- milieu, Batra- dernier).

C'est par ses mêmes lettres que se terminent les noms des trois patriarches: Avraham - מ, Ytshak - ק, Ya'akov - ב ; d'où Bil'am puise sa subsistance, et devient ainsi leur opposé dans le mal.

C'est pourquoi il frappe son ânesse à trois reprises avec son "bâton" — "Ba' - Ma - Kè L", (Comme les trois traités du Talmud:

Kama, Métsi'a, et Batra, qui contiennent 30, "ל" chapitres. )

Il tente encore de maudir le peuple juif à trois endroits spécifiques.

(D'après les écrits de Rabbi Levi Ytshak Schneerson)

N° 10

D.ieu Est Surnommé Israël, le nom du peuple juif qui est composé du :

Cohen - la Bonté, Levy - la Rigueur, Israël - l'Harmonie.

Trois dimensions émotionnelles qui habitent le Coeur.

En réalité le peuple d'Israël est le Coeur du monde, et la survie des nations.

(D'après les écrits de Rabbi Levi Ytshak Schneerson)

N° 11

"Voici un peuple qui se dresse tel un Felin et s'élève comme un Lion".

Chaque juif est doté d'une force particulière (celle du Lion) qui lui permet de résister à tous ceux qui l'incitent à renoncer aux lois de la Torah.

Il se montre d'autant plus puissant comme un Félin en situation de détresse, et garde sans condition, les coutumes juives.

Le mot "Israël" - "לארשי", contient les lettres: "Ari" - "ירא" de "Arié" "הירא" (Lion), et "Lai" - "יאל" de "Lavie" - "איבל" (Félin).

(D'après les écrits de Rabbi Levi Ytshak Schneerson)

N° 12

Le Talmud raconte que deux personnes se querrellaient chaque veille de Chabbat au Crépuscule (le Satan ayant semé la discorde entre eux).

Rabbi Meir réussit à les empêcher de se chamailler trois veilles de Chabbat durant, ainsi il parvint à les réconcilier totalement.

En réalité il s'agissait ici de la veille des trois Chabbat se situant entre le 17

Tamouz et le 9 Av, trois semaines qui portent leur lot de disputes. (En effet, le

Temple fut détruit à cette époque en raison des dissensions).

C'est justement durant cette période qu'il fallut maintenir la bonne entente entre eux jusqu'à, les réconcilier définitivement.

[- 'Deux personnes', en araméen se dit: 'Beï Treï' - 'ירת יב', qui vient du mot 'Vatar'

  • 'רתב' - 'séparation et dissolution'.
  • 'Beï Treï' - 'ירת יב', est aussi l'anagramme et l'opposé de 'Bériti' - 'יתירב' Chalom
  • 'mon alliance de paix' ( mentionnée à propos de Pin'has).
  • C'est au crépuscule du sixième jour de la création du monde que furent créés les ravageurs. C'est pourquoi le Satan profitait de cet instant pour semer la discorde, et ce, au moment même de l'allumage des bougies de Chabbat, symbole de paix dans le foyer.]

(D'après Torat Levi Ytshak 'hidouchim oubiourim lechass pages 80/81)

N° 13

L'acte héroïque de Pin'has est mis en allusion dans son nom de la manière suivante :

Pin - 'Has ~ סח - ניפ

  • Pin est l'acronyme de: 'Pourkana' - 'libération', 'Yéchoua' - 'sauvetage', 'Nékama' - 'vengeance'.
  • 'Has' - 'protège' .

Pin'has pressenti le danger qui menaçait le peuple juif.

Et, endossant le rôle de défenseur, il vengea l'honneur de D.ieu en tuant Zimri et Kozbi. Il fut ainsi porteur de délivrance pour son peuple en l'affranchissant de la sentence Divine, la peine de mort.

(D'après Torat Levi Ytshak héarot LaZohar page 429)

N° 14

L'attitude Zélée de Pin'has est en réalité tempérée. De fait, Pin'has est comparé à Yits'hak de par son état de Guévourot - rigueurs.

Tous deux possèdent d'ailleurs la même valeur numérique: 208.

Néanmoins Yits'hak lors de la 'Akéda - l'holocauste est adoucie par la bonté que détient Avraham,

Dès lors, il devient à juste titre, fils, non seulement de Sarah mais aussi de Avraham symbole de 'Hessèd - bonté tel Aharon.

Ainsi Pin'has entre dans l'alliance de la Kéhouna - prêtrise sous l'égide du 'Hessèd.

Il parvient même à réparer les âmes de Nadav et Avihou (les deux fils de Aharon morts lors de l'inauguration du Tabernacle.) lesquels sont issues des Guévourot - rigueurs.

C'est pourquoi la Torah l'affilie à son grand-père:

«Pin'has... fils de Aharon».

(D'après LiKoutei Levi Ytshak Héarot LaZohar, Chémot Dévarim, pages 269/429)

N° 15

Yéhochoua' et Ra'hav comptent parmi leurs descendants huit prophètes dont 'Houlda la prophétesse;

Et ce par le mérite de Ra'hav qui a caché les espions envoyés par Yéochoua' avant la conquête d'Israël.

D'où vient 'Houlda (en français, une Taupe), au sens: enfouie.

(D'après Torat Levi Yts'hak 'Hidouchim OuBiourim LeChasse, pages 13/22)

N° 16

Dans la cour du Tabernacle, le 'Mizbéa'h' - l'autel' (sur lequel un feu brûlait continuellement), était situé en première position.

Ensuite se trouvait le 'Kyor'- 'la cuve en cuivre' (contenant de l'eau pour les ablutions des prêtres avant le service).

Le Mizbéa'h qui évoque le feu, signifie le 'Ratso' - 'l'aspiration à s'élever vers D.ieu'.

A l'inverse le Kyor qui comporte de l'eau, symbolise le 'Chouv' - 'le retour à l'action dans ce monde matériel'.

D'abord Ratso - monter, puis Chouv - redescendre.

C'est pourquoi le Mizbéa'h était positionné avant le Kyor.

Cependant il est impératif de passer par le Chouv afin d'éveiller en soi le Ratso. De même qu'il fallait se sanctifier par l'eau du Kyor avant d'entreprendre le service du Mizbéa'h.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodèch, page 393)

N° 17

  • Venge les enfants d'Israël ».

C'est ainsi que D.ieu demande à Moché de guerroyer contre Midyan.

En transmettant ce message au peuple, Moché l'aborde différemment: «La vengeance de D.ieu contre Midyan » .

A l'époque ou les juifs vivaient dans le désert, D.ieu s'adressait à Moché dans la tente du Tabernacle. Sa voix passait à travers les chérubins qui ornaient le couvercle de l'arche sainte.

L'arche sainte représente D.ieu,

les chérubins désignent ses enfants, le peuple juif.

Ainsi lorsque D.ieu s'adressait à Moché le verset mentionne en premier lieu les chérubins ensuite l'arche, car D.ieu tient plus à l'honneur de ses enfants qu'au sien.

Moché en revanche, se montre très regardant à l'égard de l'honneur de D.ieu.

C'est pourquoi l'arche est d'abord citée quand Moché se dirigeait vers D.ieu.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Héarot LeSefer HaZohar Chémot Dévarim, pages 375/377)

N° 18

Moché interrogea D.ieu à propos de Rabbi Akiva :

  • Étant donné que tu disposes d'un 'tel homme' - 'Adam Kazé',_ pourquoi donc transmettre la Torah par moi? »

D.ieu lui repondit: « Silence! 'Kakh' - 'ainsi' il m'est venu à l'esprit ». «Peux tu me montrer sa récompense? » demanda Moché.

Il vit alors, Rabbi Akiva torturé à mort!

  • Telle est la récompense pour cette Torah?» Moché "s'insurgea" à nouveau.
  • Silence! 'Kakh' - 'ainsi' il m'est venu à l'esprit » retorqua D.ieu.

Ces précisions au sujet de Rabbi Akiva ont en réalité une signification particulière. Par ailleurs il est mentionné que « Le coeur des premiers sages et notamment celui de Rabbi Akiva, est large comme l'ouverture du 'Oulam' - 'hall' situé dans l'enceinte du temple »

Or Oulam, a la même valeur numérique que 'Adam Kazé' - 'un tel homme', (Rabbi Akiva) : 77.

Aussi la hauteur du Oulam était de 40 coudées, soit la valeur numérique de 'Ka'kh' - 'ךכ' - 'ainsi'.

C'est pourquoi il se nomme Akiva au sens de : 'Ékèv' - 'talon', faisant référence au verset « 'Véikvotékha' - 'et tes traces' ne sont pas connues »

En effet la Torah et la disparition de Rabbi Akiva, restent insaisissables!

(D'après Torat Levi Ytshak page, 316)

N° 19

Le défi que D.ieu propose à l'homme consiste à révéler les étincelles perdues qui proviennent du monde spirituel nommé Tohou.

La Torah écrite en langue sacrée est l'essence même de la sainteté. Elle représente le monde du Tikoun - Réparation, la perfection absolue.

Sa traduction en Araméen, lui apporte une supériorité; celle de parfaire le monde de Tohou duquel émerge la langue Araméène.

C'est pourquoi l'oeuvre du Targoum - Traduction de la Torah est attribuée à Onkéloss converti lui même au Judaïsme, qui puise ses origines des éclats de Tohou, et ravive leurs flammes par la Torah.

D'ailleurs l'Araméen se dit en hébreu Arami au sens de Romémout - Élévation.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Béréchit, page 250)

N° 20

Le jour de son arrestation, (29 Mars 1939) par les agents de la NKVD, Rabbi Levi Ytshak Schneerson s'adressa aux personnes venues le saluer avant son départ:

  • « Ils vont bientôt m'emmener, et nos sages nous enseignent de ne pas se séparer de son prochain sans

échanger une 'Halakha' ». Il tint alors ces propos:

La Torah commence par la lettre 'Beth' - 'ב' et finit par la lettre 'Lamèd' - 'ל' ce qui nous donne une combinaison de deux mots: 'Lèv' - 'בל' - 'le coeur', et 'Bal' - 'לב' - 'ne pas'.

Ces deux mots font allusion aux obligations qui nous incombent.

En effet nous devons accomplir la Torah de tout notre coeur,

mais pour y parvenir il nous faut respecter la consigne de 'Bal' - 'לב' - 'ne pas'.

Voyons plus loin ce que ceci vient nous enseigner:

La lettre précédent le ב est א, la lettre précèdent le ל est ך, nous obtenons donc le mot 'ךא' - 'Akh' qui signifie "seulement".

Par ailleurs la lettre qui suit le ב est le ג, et celle qui suit le ל est le מ, ce qui nous donne le mot 'םג' - 'Gam' qui signifie "aussi".

Le mot 'Akh' représente une restriction; à l'opposé le mot 'Gam' représente une adjonction.

Quel est donc l'enseignement qui en découle?

La Torah vient nous avertir de ne dévier ni à droite ni à gauche.

Ne pas prendre en considération le 'Akh' - 'ךא' et se permettre de restreindre les commandements. Et par ailleurs ne pas considérer le 'Gam' - 'aussi' en ajoutant de nouvelles Mitsvot.

Nous devons donc simplement accomplir la Torah avec une foi pure et un coeur sincère.

(D'après Yalkout Levi Ytshak Al HaTorah, Tome 1, page 3)

N° 21

'Mézouza' - 'הזוזמ', et 'Adney' - 'י-נדא' un des noms de D.ieu ont la même valeur numérique : 65.

'Adney' étant l'acronyme de 'Dina' - 'אניד' qui signifie "Jugement", a pour vocation de repousser les forces destructrices.

Il est écrit dans le livre de Job, 22, 25:

  • Véhaya 'י-ד-ש' Bétsareikha » littéralement : « Et Le tout puissant sera pour toi source de fortune..»

Il convient d'expliquer ainsi ce verset : « Et le tout puissant 'י-ד-ש' anéantira tes détracteurs »

De fait le nom de D.ieu

'Chine-Dalèt-Youd' - *'י-ד-ש'* apposé au dos de la Mezouza a la même fonction que 'Adney'.

(Dans le verset ci-dessus on retrouve également une allusion directe à la Mézouza, car il y est écrit : 'Véhaya' - 'היהו', qui introduit l'un des paragraphes écrit sur le parchemin de la Mézouza. Il mentionne aussi le mot 'י-ד-ש', comme nous l'avons vu précédemment).

(D'après Likoutei Levi Ytshak Héarot LaZohar Béréchit, page 240)

N° 22

'Cachèr' - 'רשכ' sont les initiales de : « Kémotsé (כ), Chalal (ש), Rav (ר) » « A l'instar de celui qui trouve un grand butin ».

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodèch page, 198)

N° 23

Celui qui donne le dixième de ses gains à la Tsédaka 'le Maasèr' est semblable à un homme qui sème une graine et récolte des céréales gorgées de graines, il s'enrichira.

Donner le 'Homèch': 'le cinquième',

a pour conséquence de récolter des courges; d'une petite graine semée.

Ce résultat est sans aucune commune mesure avec l'investissement de départ.

Par contre celui qui donne la Tsédaka sans compter, plante une graine qui va faire pousser un arbre fruitier, qui subsistera à jamais.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Héarot LaTanya, pages 40, 41)

N° 24

'Elloul' - 'לולא' sont les initiales de: « Ani Lédodi Védodi Li » « Je suis à mon bien aimé et mon bien aimé est à moi ».

Le roi Salomon dans son oeuvre célèbre: « Le Cantique des Cantiques » illustre l'amour qui unit le peuple juif et D-ieu.

Durant le mois de Elloul la miséricorde Divine est à son apogée.

En Elloul commence la reconstruction de la dimension de 'Malkhout' - 'תוכלמ' 'la royauté Divine' (une dimension spirituelle du monde de 'Atsilout'.) suite à sa destruction durant les mois de Tamouz et Av.

Un verset décrit particulièrement cette période néfaste : « La couronne qui orne notre tête est tombée » faisant référence à la "couronne de la royauté".

Le mois de Elloul révèle l'union entre: 'Ani Lédodi' - 'l'assemblée d'Israel', représentée par l'attribut de 'Malkhout'; et 'Védodi li' l'attribut appelé 'Ze'eir Annpine' - 'petit visage', qui évoque la structure formée par l'ensemble des attributs du monde spirituel de 'Atsilout' - 'תוליצא' - "le monde de l'Émanation, de l'unicité parfaite et absolue de D-ieu".

La restauration de la Royauté 'Malkhout' sera possible grâce à l'étude de la Torah orale, la 'Guemara' - 'ארמג'.

Cette étude fera intervenir l'attribut désigné: "Mère", nommé 'Bina' - 'הניב' - 'la compréhension', qui permettra de développer la 'Halakha' - 'הכלה' la loi juive dans tous ses détails.

  • Depuis la destruction du temple, D.ieu n'a d'autre résidence dans ce monde que les quatre coudées de la Halakha »

en hébreu: « הכלה לש תומא 'ד »

Essayons de comprendre cette expression. Une coudé : 'Amah' - 'המא',

4 'Amah' a pour valeur numérique 184. 'Halakha' - 'הכלה', représentant numériquement : 60. nous obtenons 244, la valeur numérique du mot 'Guémara' - 'ארמג' - le Talmud.

La suite du verset Ani Lédodi Védodi Li, est: « Haro'é BaChochanim », « (D-ieu) qui fait paitre son troupeau (Israël) au milieu des roses ».

'Chochanim' - 'םינשוש' est l'acronyme de: 'Chéchonim' - 'םינושש', terme signifiant, "Ceux qui étudient la Torah".

L'étude de la Torah orale est basée sur 13 principes d'herméneutique (d'interprétation) [en rapport avec les "13 attributs de miséricorde Divine"], qui sont mis en allusion par le mot 'Chochanim': "des roses aux 13 pétales".

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodech, pages 406/412)

N° 25

La vision des prophètes se révélait par l'expression 'Coh' - 'הכ': "ainsi", (en effet

ils transmettaient leurs prophéties par: "ainsi D.ieu a dit".) 'Coh' représente l'attribut de 'Malkhout' appelé: "une vitre qui ne laisse pas passer toute la lumière". L'attribut de 'Malkhout' étant le dernier des dix attributs, la vision des prophètes était donc imparfaite.

(Moché Rabeinou quand à lui, prophétisait par l'expression 'Zéh' - 'הז': "ceci" une vision parfaite.)

Dans le livre du prophète Chmouel (Chmouel 1, 25, 6) le roi David s'adressant à ses messagers leur transmit les paroles suivantes: «Vaamartèm Coh Lé'hay» « Et vous direz, ainsi au vivant (D.ieu)»

Comment interpréter ces propos?

Il s'agit de relier le niveau de 'Coh' : 'la Royauté' au niveau de 'Hay' - 'יח': le fondement, 'Yéssod' - 'דוסי', celui-ci précédant 'Malkhout' lui est juxtaposé. Ces deux attributs doivent donc rester étroitement liés. (Comme il est dit dans Michlei 27, 10 : « Un voisin proche est préférable à un frère éloigné »)

Afin d'illustrer ce lien essayons d'expliquer ce que symbolisent: "Coh" et "Hay".

La valeur numérique de 'Coh' - 'הכ' étant 25, en soustrayant la valeur numérique de 'Hay' - 'יח' qui est 18, nous obtenons 7, qui représente les 7 prophétesses qui ont servi le peuple juif.

Les 7 prophétesses s'expriment par l'attribut féminin de 'Malkhout' qui correspond à 'Coh'.

La valeur numérique de 'Lé'hay' - 'יחל' étant 48, ceci fait référence aux 48 prophètes principaux du peuple juif. Leur prophétie provenait également du niveau de 'Malkhout', toutefois ils se réfèraient à 'Yéssod' appelé aussi 'Le'hay' - 'Vivant'.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Héarot LaZohar tome 2 page 53)

N° 26

Dans l'une des bénédictions récitées lors de la célébration du mariage, se trouve mentionner l'expression : 'Binyane 'Adei 'Ad' - 'דע ידע ןינב' qui signifie "Un édifice éternel".

Ceci fait référence aux "Couronnes" reçues par le peuple juif au moment du don de la Torah, appelées 'Èdyam' - 'םיידע'.

Ainsi, nous enseignent nos sages: «Le jour du don de la Torah n'était autre que le Mariage entre Israël et D-ieu ».

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodech page 200)

N°27

Voici le décret de Rabba:

Chaque juif a l'obligation de sonner du Choffar, cependant il est défendu de le faire le Chabbat, de peur que les non initiés se rendent chez un spécialiste afin que celui-ci les initie, ils en viendront à enfreindre l'interdiction de transporter un objet dans le domaine public 4 coudées.

Cette interdiction s'applique aussi pour la Mitsva du Loulav et la lecture de la Meguila pendant Chabbat. (traité Roch Hachana 29, b)

Un verset illustre cet enseignement:

  • Vayavo Yaakov Chalèm Ir Chekhèm» (Vaychla'h 33, 18) "Et Yaacov arriva à Chekhèm 'entier' "

'Chalèm' - 'םלש' représente les initiales des 3 objets consacrés à une Mitsvah:

'Choffar' - 'רפוש', 'Loulav' - 'בלול' , et 'Meguila' - 'הליגמ'.

'Chekhèm' signifiant 'épaule' représente la facette inférieure et symbolise l'oubli. En effet on risque d'oublier cette injonction nous interdisant de porter ces 3 objets le Chabbat.

L'auteur de ce décret est 'Rabba' - 'הבר', dont le nom représente la dernière lettre des 3 objets cités plus haut: Le 'Chofar' - 'רפוש', le 'Loulav' - 'בלול', et la 'Meguila'

  • 'הליגמ'.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodech page 262)

N° 28

"A Roch Hachana ont été exaucé: Sarah, Ra'hel et 'Hanna." (traité Roch Hachana 10, b)

L'arche de Noé est particulièrement lié à Roch Hachana, Il est d'ailleurs mentionné dans les prières de Roch Hachana en souvenir des bienfaits réalisés par D.ieu à Noa'h.

En voici un signe:

Dans chacun des 3 prénoms précédemment cités, figure une lettre qui n'apparaît pas dans les autres prénoms.

Dans le prénom 'Sarah' - 'הרש', nous retrouvons le 'Chine' - ש dont la valeur numérique est 300 comme la longueur de l'arche qui était de 300 coudées.

Dans le prénom 'Ra'hel' - 'לחר' nous retrouvons le 'Lamèd' - ל, dont la valeur numérique est 30 comme les 30 coudées de la hauteur de l'arche.

Dans le prénom 'Hanna' - 'הנח' nous retrouvons le 'Noune' - נ dont la Valeur numérique est 50 qui correspond aux 50 coudées de la largeur de l'arche.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodech pages 382. Torat Levi Ytshak page 413)

N° 29

  • Tikou Ba'hodèch Choffar... Ki 'Hok LéIsrael Hou » (Tehilim 81, 4, 5) se traduit littéralement: "Sonnez du Choffar à la nouvelle lune... car il est une loi pour Israël".

Le mot 'Hok - 'קוח' qui signifie: "loi", a également pour sens: "Ration" et "Nourriture" comme nous l'indique l'expression: "Hatrifeini Lé'hèm 'Houki" (Michlei 30, 8) "Nourris moi de ma ration de pain".

Nos sages nous enseignent: "Le gagne pain de l'homme est fixé le jour de Roch Hachana, pour toute l'année". (traité Beitsa page 16 a)

Par conséquent lorsque nous sonnons du Choffar à Roch Hachana, D.ieu assure notre subsistance.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodech pages 281, 286)

N° 30

'Hanna a la même signification que 'Hanina: " gracier ", et 'Hinam: "gratuit".

C'est à dire donner de manière inconditionnelle.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Likoutim page 120)

N° 31

"Au moment du don de la Torah sur le mont Sinaï, Israël a ôté l'impureté transmise

  • 'Hava par le serpent" (traité Chabbat 146 a).

L'expression "Sinaï Èts Haim" qui représente la Torah ("arbre de vie"), donnée à Sinaï, a une valeur numérique identique à celle du mot Na'hach, 358 qui signifie serpent.

Ainsi le don de la Torah a retiré la souillure provoquée par le serpent.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Héarot LaZohar Berechit page 28)

N° 32

Avraham notre père représente la bonté symbolisée par la rosée: "Tal" Ytshak

représente la rigueur symbolisée par la pluie: "Matar" Yaakov représente la

miséricorde symbolisée par le vent: "Roua'h".

La valeur numérique de: Tal, Matar, Roua'h, est de 502.

Avraham vécu 175 ans, Ytshak 180 ans, et Yaakov 147 ans.

En additionnant leurs années de vies nous obtenons 502.

Les lettres finales de: Matar - רטמ, Roua'h - חור, et Tal - לט, forment le nom de notre matriarche Ra'hel - לחר.

Ra'hel est considérée comme étant une femme parfaite, elle est appelée "Hayafa Banachim" "la plus belle parmi les femmes".

La valeur numérique de cette expression est de 502.

Ra'hel est aussi qualifiée de: "Yéfat Toar Viyéfat Maré" "de bel aspect et belle apparence".

Il en resulte que Ra'hel possède donc bien les trois qualités attribuées à Avraham Ytshak et Yaakov, la bonté, la rigueur et la miséricorde.

(D'après Torat Levi Ytshak pages 217, 218)

N° 33

Mordé'haï et Esther ont des similitudes avec Avraham et Sarah.

"Mordé'haï dans sa génération équivaut à Avraham dans sa génération" (Midrach Rabba Meguilat Esther Paracha 6, 2)

Esther a régné sur 127 provinces, un nombre qui correspond aux années de vie de Sarah 127 ans. (Béréchit Rabba Noa'h 3)

Haman en étant le rival de Mordé'haï devient également celui de Avraham.

Tous deux avaient une mère portant le même nom, Amtelaï. (traité Baba Batra 91 a)

Mordé'haï - יכדרמ à pour valeur numérique 274, Avraham - םהרבא à pour valeur

numérique 248 ;

274 - 248 = 26, soit 1 foi la valeur du nom de D.ieu, "Havayé".

Esther = 661, Sarah = 505 ; 661 - 505 = 156 soit 6 x 26.

En additionnant 26 de Mordé'haï et 156 de Esther on obtient 182, soit 7 x 26 qui est aussi la valeur numérique du nom de Yaakov - בקעי.

Afin de parvenir à vaincre Hamanne qui était descendant de Éssav, petit fils de Avraham et Sarah; la force de Yaakov était nécessaire.

C'est donc Mordé'haï et Esther, descendants de Avraham et Sarah par Yaakov (et qui représentent 182 soit 7 fois 26 la valeur du nom de D.ieu), qui réussirent à vaincre Hamanne.

Yaakov lui même a pris le dessus sur Éssav en se prosternant 7 fois devant D.ieu. (Zohar Parachat Vaychla'h page 171 b)

En outre, Sarah était supérieur à Avraham par sa prophétie elle était aussi la source de sa vitalité.

De même Mordé'haï mettait en appliquation les ordres d'Esther.

C'est en particulier grâce à Esther que l'histoire de Pourim s'est constituée.

(D'après Torat Levi Ytshak 'Hidouchim Oubiourim BAchas page 97)

N° 34

A propos du mariage entre Ytshak et Rivkah la Torah mentionne à plusieurs reprises l'expression "Hatsla'ha" qui signifie "réussite".

La valeur numérique du mot "Tsla'h" (racine de Hatsla'ha) est de : 128, soit 2 x 64, valeur du mot "Dine" - "jugement".

Tsla'h en araméen, signifie aussi "fendre", "diviser" une action qui provient des rigueurs.

Il en découle que Hatsla'ha la réussite, fait allusion aux rigueurs.

Ytshak incarnait lui même les Guévourot "rigueurs".

C'est ainsi que son union avec Rivkah a été couronné de Hatsla'ha - réussite.

(D'après Likoutei Levi Ytshak 'Hidouchim OuBiourim BaChas page 336)

N° 35

1ère partie

En l'honneur du 14 Kislev 5779 qui marquera les 90 ans de mariage du Rabbi avec la Rebetzen,

voici quelques "perles" des propos écrit par le Rabbi Levi Ytshak:

  • Le Chabbat précédent le mariage était lue la Parachat Vayétsé dans laquelle est relaté le Mariage de Yaakov "l'élu des patriarches".
  • Le mariage eu lieu un Mardi, 3ème jour de la semaine.

Yaakov était le 3ème patriarche.

  • Le mariage fut célèbré le 14 du mois de Kislev. Yaakov travailla 14 ans (Vayétsé 31, 41), pour se marier avec Ra'hel et Léah.

  • Ytshak et Rivkah les parents de Yaakov n'étaient pas présent au mariage de leur fils et malgré cela il connu un grand succès, comme le verset (Vayétsé 30, 43) dit "et l'homme devint extrêmement prospère ".

Les parents du Rabbi non plus, n'ont pas participé au mariage, cependant Rabbi Levi Ytshak écrivit en bénissant les futurs mariés: "Je suis avec toi, par mon cœur et mon âme[...]. Vous serez le diadème du peuple juif, sa grâce et sa gloire[...]. Ton père et ta mère aussi, avec vous se réjouiront ici, lors de cette grande fête et cette grande joie[...].

Ton père, dont l'âme est attaché à ton âme."

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodech à partir de page 203 Adaptation, Rav David Doubov. Traduction libre)

N° 36

14 Kislev

2ème partie

  • Le mariage eut lieu le 14ème jour du mois, le chiffre 14 fait allusion au monde de la réparation, à l'image de ce qui suit:

D.ieu pensa créer le monde avec l'attribut de justice. Concrètement Il fit précéder l'attribut de miséricorde, tout en lui associant l'attribut de la justice. (Rachi Béréchit 1, 1)

Il est écrit: "le jour où Hachèm Élokim créa la terre et les cieux". (Béréchit 2, 4)

"Élokim" (même valeur numérique que le mot Hatéva' qui signifie la nature) désigne La Divinité telle qu'elle est voilée et cachée ("Élokim" a créé les cieux et la terre) , il représente donc la justice.

"Hachèm" correspond à la miséricorde.

Ces deux aspects de La Divinité engendrent un monde matériel dans lequel prennent place 2 domaines opposés :

  1. Élokim, le domaine public, qui évoque l'éloignement face au divin (Tanya Chapitre 34).
  1. Hachèm, le domaine privé qui s'apparente à D.ieu.

L'objectif est de faire de ce monde tout entier un domaine privé où La Divinité se révèle et où règne pleinement l'Unicité de D-ieu, donc au final un monde réparé.

La mesure définie pour qualifier un domaine de "domaine privé" est de 4 coudés de large et 10 empans de haut, ce qui donne un total de 14.

Le nom de Dieu "Havayé"- ה-ו-ה-י, contient 4 lettres. Ils s'écrit aussi en 10 lettres:

Youd - דוי, Héy - יה, Vav - ויו, Héy - יה,

Soit un total de 14 lettres.

Ainsi le chiffre 14 fait référence à un monde réparé et unifié , le domaine privé.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodech à partir de page 203 -Adaptation, Rav David Doubov. Traduction libre)

N° 37

14 Kislev

3ème partie

- Il existe 2 manières de former un couple:

La Kala rejoint son future époux (telle Rivkah etc..).

Le Marié rejoint sa future femme.

Yaakov lui, s'est rendu auprès de sa future épouse.

Le Rabbi voyagea pour rejoindre sa Kala La Rebetzen.

- " Qui trouve une femme, a trouvé le bien" (Michlé 18, 22).

Le mot Matsa"- "אצמ" qui signifie "trouver" fait allusion au lien qui unit les époux par le mariage:

La lettre Mèm - מ a pour valeur numérique, 40, faisant référence à l'expression de nos sages: "40 jours avant la formation du fœtus il est proclamé (dans le ciel), fille de telle pour un tel". (Traité Sota, 2 b)

Les lettres Tsadik, Alèf - אצ (du mot Matsa), ont pour valeur numérique, 91, soit : 26 valeur du nom de D-ieu Havayé + 65, Valeur du nom de D-ieu Adnéy.

Cette équation indique l'union de la Divinité - Havayé, avec le monde matériel - Adnéy. Également l'union de Zoune (il s'agit ici d'unification spirituelle au sein des Séfirot. Le segment des six Séfirot émotionnelles désignées collectivement comme Za est appelé l'élément masculin [donneur], et Noukva l'élément féminin [receveur]). Le monde du Tikoun- la répartition.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Iguerot Kodech à partir de p. 202. Adaptation, Rav David Doubov. Traduction libre)

N° 38

Lorsqu'une lumière exceptionnelle de la Torah se révèle, elle surgit de l'obscurité.

Plus le dévoilement est intense, plus le voile qui le précède est épais.

C'est ainsi que le don de la Torah qui révéla la partie dévoilée (le Niglé), eut lieu de suite après l'exil du peuple juif en Égypte. Les Égyptiens sont les descendants de 'Ham fils de Noa'h, non affilié à nos patriarches.

La venue de Machiah apportera avec elle la lumière des secrets de la Torah. Ce dévoilement fera suite à un exil particulièrement éprouvant pour notre peuple, l'exile d'Edom, un peuple descendant de Chèm appartenant quand à lui à la famille d'Avraham ( par l'intermédiaire d'Essav).

Le 19 Kislev a fait briller le luminaire de la Hassidout, une lumière que le monde n'avait jamais connu, et qui reunit à la fois la partie révélée et la partie profonde de la Torah.

Ce dévoilement extraordinaire se révéla après de profonds ténèbres qui puisèrent à ce moment là leurs forces au sein du peuple juif lui même (les opposants)!

-Lors de la sortie d'Égypte, la mer des Joncs s'ouvrit en 12 passages .

Au temps de Machiah le fleuve Perath se divisera en 7 cours d'eau.

Le 19 Kislev crée donc un lien qui relie ces deux événements majeurs, en effet 12+7=19.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Likoutim Véiguerot, p. 224)

N° 39

Les grecs étudiaient trois sciences:

-Les sciences naturelles

-L'astronomie

-La philosophie

Les trois lettres du nom "Yavanne" - "ןוי'' la Grèce, correspondent aux trois sciences:

Le Youd - י qui n'est qu'un petit point, fait référence aux sciences de la vie et de la terre.

Le Vav - ו dont la forme est plus allongée, fait référence à l'astronomie.

Le Noune - ן plus allongé encore fait allusion à la philosophie.

Yavanne a également pour valeur numérique 66, soit trois fois les 22 lettres du Alèf Beth nécessaires à l'étude de ces sciences.

(d'après Torat Levi Ytshak p. 211)

N° 40

Les bougies de Hannoucah évoquent le miracle qui a sauvé notre peuple du complot fomenté par les grecs désirant nous assimiler et nous faire "oublier Ta Torah".

Toute personne allumant les bougies de Hannoucah méritera des enfants érudits en Torah.

(D'après Likoutei Levi Ytshak Likoutim Véiguerot p. 418)

N° 41

Yossef est étroitement lié à la sortie d'Égypte du peuple juif.

En effet avant que Yaakov ne descende en Égypte, Yossef lui fera parvenir du "vin vieux" (traité Méguila 16b).

Cette descente de Yaakov introduira les 210 années d'exil de notre peuple.

Ce vin est à l'origine des quatre coupes de vin que nous buvons pour commémorer les quatre

expressions de délivrance relatives à notre libération.

La valeur numérique du nom de "Yossef" : 156 équivaut à celle de l'expression

"Koss Yayine" : "verre de vin".

(D’après Yalkout Levi Ytshak Tome 3. p. 323)

N° 42

Yossef vécu au côté de son père jusqu'à l'âge de 17 ans puis les 17 dernières années de vie de Yaacov en Égypte ce qui fait 34 ans.

Ceci correspond aux 34 années où Yaacov ne connu le sommeil.

14 ans de Yechiva puis 20 ans de travail chez Lavan.

(D'après Yalkout Levi Ytshak Tome 3 p.396)

N° 43

Moche est appelé: "Ich Mitsri" - "homme Égyptien".

Les deux premières lettres de "Mitsri" צמ, ont pour valeur numérique 130.

Moché naquît après 130 années de présence du peuple juif en Égypte.

Les deux dernières lettres de Mitsri יר, ont pour valeur numérique 210. Moché delivrera les juifs d'Égypte au bout de 210 ans.

(D’après Yalkout Levi Ytshak tome 4 p. 80)

28 Tevet : Anniversaire de la Rabbanit Hanna, mère du Rabbi de Loubavitch

28 Tevet : Anniversaire de la Rabbanit Hanna, mère du Rabbi de Loubavitch

 

fr.chabad.org

 

La Rabbanit ‘Hanna Schneerson est née le 28 Tevet 5640 (1880) à Nikolayev en Ukraine. Elle est la fille du Rav Meïr Chlomoh Yanovsky, qui était le rabbin de Nikolayev, et de la Rabbanit Ra’hel. Le 13 Nissan 5660 (1900), elle épousa Rabbi Lévi Its’hak Schneerson et le 11 Nissan 5662 (1902) naquit leur fils aîné, le futur Rabbi de Loubavitch.
Ceux qui eurent le privilège de la connaître savaient à quel point sa personnalité était noble. Elle connut de longues années de souffrances, aussi bien lors de l’emprisonnement et de l’exil de son mari, qu’après le décès de ce dernier, lorsqu’elle se retrouva seule et sans ressources dans l’environnement hostile de l’Union Soviétique des années 40, dont les autorités avaient déclaré la guerre à tout ce qui touchait de près ou de loin à la famille Schneerson. Cependant, même en ces temps difficiles elle ne se plaignait pas, son visage n’était pas empreint de tristesse et on ne lisait aucune amertume dans son regard. Elle gardait sa souffrance à l’intérieur et se gardait d’en parler à quiconque.

L’épouse d’un homme illustre, Rabbi Lévi Its'hak Schneerson

En 1909, Rabbi Lévi Its’hak devint le rabbin de la ville de Yekatrinoslav. Tout au long des trente années qu’il occupa cette fonction, son épouse la Rabbanit fut ezer kenegdo, « une aide à ses côtés » dans sa tâche sacrée. Mis à part sa grande érudition en Torah, la Rabbanit maitrisait parfaitement la langue du pays (ce qui n’était pas toujours le cas parmi les Juifs, qui parlaient entre eux le yiddish) et elle brillait par son intelligence et par sa personnalité avenante. C’est ainsi qu’elle joua un rôle important dans le succès de son mari auprès de la communauté et des autorités.

En 1939, Rabbi Lévi Its’hak fut arrêté par les autorités communistes soviétiques pour son travail en faveur du maintien du Judaïsme. Il fut condamné à trois ans d’exil à Tchiali, une petite ville reculée du Kazakhstan. Dès que la Rabbanit fut informée du lieu de relégation de son mari, elle entreprit de le rejoindre, malgré les difficultés et les dangers que cela représentait. Une fois sur place, elle se dévoua à alléger les souffrances de son mari dans ce lieu de perdition, où ils vivaient dans le dénuement le plus total dans une habitation qui n’assurait qu’une maigre protection contre la rigueur du climat. Par ailleurs, c’est à elle que le peuple juif tout entier doit de pouvoir étudier les profonds commentaires de son mari.

Une page des notes de Rabbi Lévi Its'hak écrites en marge d'un exemplaire du Zohar, avec l'encre confectionnée par la Rabbanit 'Hanna. Ces manuscrits furent plus tard publiés par son fils, le Rabbi de Loubavitch
Elle déploya en effet des efforts incommensurables pour procurer à Rabbi Lévi Its’hak du papier ainsi que de l’encre qu’elle prépara elle-même à partir de plantes. Rabbi Lévi Its’hak put mettre par écrit, quoique de manière extrêmement concise, de très profonds commentaires ‘hassidiques et kabbalistiques que, des années plus tard, son illustre fils développera en public chaque Chabbat des années durant.

Le 20 Av 5704 (1944), peu après avoir purgé l’intégralité de sa peine et s’être établi dans la ville d’Alma-Ata, Rabbi Lévi Its’hak quitta ce monde. La Rabbanit ‘Hanna se retrouva alors seule. Un ami réussit la prouesse de lui obtenir un billet de train pour Moscou où elle se cacha des autorités pendant plusieurs mois. A l’été 1946, elle réussit à franchir la frontière russo-polonaise et à parvenir à Cracovie. De là, elle rejoignit le « camp pour personnes déplacées » administré par les Américains de Pokking en Allemagne. Elle put ensuite quitter ce camp puis, via Munich et Francfort, arriva à Paris au printemps 1947.

De Paris aux États-Unis

C’est là qu’elle retrouva son fils aîné, qu’elle n’avait plus vu depuis vingt ans, qui était venu à sa rencontre depuis New York où il se trouvait avec son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, aux côtés de son beau-père, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson, le Rabbi précédent.

Après quelques mois de présence à Paris en compagnie de son fils, elle s’en fut vivre à ses côtés à New York où s’ouvrit pour elle une période heureuse, en particulier lorsque celui-ci succéda à son beau-père et devint le septième Rabbi de Loubavitch, le 10 Chevat 5711 (1951).

Le Rabbi lui témoignait un honneur hors du commun. Il lui rendait visite chaque jour, aussi bien la semaine que le Chabbat.

Lors du Farbrenguen du 6 Tichri 5746 (1986), jour anniversaire de son décès, le Rabbi dit à son sujet :
« Malgré toutes les difficultés et les préoccupations d’un quotidien incertain, elle prit sur elle une préoccupation supplémentaire : celle de rendre possible la publication des enseignements de mon père, de sorte que le plus grand nombre de Juifs possible puisse s’adonner à l’étude de ses éclaircissements de profonds sujets mystiques à la lumière de la ‘Hassidout ‘Habad, et cela dans le souci de rapprocher la délivrance et la venue du Machia’h, qui dépend de la diffusion des sources de la ‘Hassidout ! »
La Rabbanit ‘Hanna vécut les dix-sept dernières années de sa vie à proximité du 770 Eastern Parkway, le quartier général du mouvement Loubavitch, jusqu’à son départ de ce monde le Chabbat 6 Tichri – Chabbat Techouva – 5725 (1965). Elle avait 85 ans.

Un fait étrange se produisit ce Chabbat-là : le siège que la Rabbanit ‘Hanna occupait habituellement dans la section des femmes du 770 prit feu de manière inexpliquée.
Ses funérailles eurent lieu le lendemain. Elle fut accompagnée à sa dernière demeure par une foule de 5000 personnes, à la tête desquelles se tenait son fils, le Rabbi. Elle a été enterrée au cimetière ‘Habad à Queens, près du Ohel.

À partir de cette date, le Rabbi commença à expliquer chaque Chabbat, en son honneur, un des commentaires de Rachi sur la paracha de la semaine. Il introduisit une approche nouvelle de l’étude de Rachi qui révolutionna l’étude de la Torah.

De très nombreuses institutions éducatives furent fondées à sa mémoire dans le monde, sous le nom de Beth ‘Hanna.

 

 

 

Un petit ‘Hidouch sur la Paracha Chemot  par le Rav Yaakov Abergel

Un petit ‘Hidouch sur la Paracha Chemot par le Rav Yaakov Abergel

Dans le ‘Dvar Mal’hout’ sur la Paracha Chemot le Rabbi rapporte l’histoire de Rabbi Eléazar Ben Azaria, qui lorsqu’il fut nommé chef du Sanhédrin à la place de Raban Gamliel déclara:

‘Me voici comme agé de 70 ans et pourtant je n’ai pas réussi à convaincre mes collègues de l’obligation de faire mention la nuit également de la sortie d’Egypte, jusqu’à ce que Ben Zoma l’ai déduit de ce verset: ‘Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Egypte tous les jours de ta vie, ‘Tous les jours de ta vie’ vient inclure les nuits…’.

La première chose que fit Rabbi Eléazar Ben Azaria en tant que chef du Sanhédrin fut d’ouvrir l'accès à la Yéchiva à tous ceux qui le désiraient. Jusqu’alors la Yéchiva n’était réservé qu’aux élèves ‘dont le dedans est pareil à son dehors’, c’est à dire à ceux qui étaient parvenus à une parfaite dévotion, à ceux qui étaient parvenus à transformer en bien leur mal intérieur. C’est pourquoi le Rabbi compare la Yéchiva de Raban Gamliel au monde tel qu’il sera dans les temps messianiques, un monde dépourvu de mal puisque ‘le mal sera aboli de la terre’.

A l’opposé, la Yéchiva de Rabbi Eléazar Ben Azaria est semblable au monde tel qu’il est aujourd’hui. Le mal est présent en exil, et notre mission est de nous attacher à le transformer. Aussi Rabbi Eléazar Ben Azaria n’excluait personne de sa Yéchiva, même celui qui n’était pas parvenu à se débarasser totalement du mal, même celui qui ‘n’était pas au dedans comme au dehors’ avait sa place dans sa Yéchiva. Bien au contraire, sa présence à la Yéchiva se justifiait par le fait qu’elle serait pour cet home imparfait une aide, afin d’accomplir sa mission de faire de l’exil une demeure pour l’Essence divine.

L’attitude de Rabbi Eléazar Ben Azaria s’oppose donc totalement à celle de Raban Gamliel, et d’une certaine manière cette attitude n’est pas sans évoquer celle des premiers ‘Hassidim. Le Baal Chem Tov, le Maguid et l’Admour Hazaken furent aussi les premiers à permettre l’accés, à tous ceux qui le désiraient, à l’étude de la partie profonde de la Torah. Il n’était plus question que cette étude soit réservée à une élite.

Aussi, on peut trouver que le contenu profond de la déclaration que fit Rabbi Eléazar Ben Azaria, lorsqu’il fut nommé à la tête du San’hédrin, s’accorde parfaitement à l’enseignement du  livre du Tanya.

En effet, Rabbi Eléazar Ben Azaria declare: ‘Me voici comme un homme agé de 70 ans’, alors qu’il n’était en réalité agé que de 18 ans. L’Eternel fit un miracle, et pendant la nuit, 18 rangées de poils blanc apparurent sur la barbe de Rabbi Eléazar Ben Azaria. Or, ce n’était pas seulement son apparence physique qui changea. Le Rabbi explique qu’il faut 70 ans de la vie d’un homme pour parvenir à transformer l’âme animale en une âme de sainteté. Lorsqu’il y parvient, un Juif accède alors à la ‘vision du divin’. La force de l’âme animale, une fois purifiée, s’unit à la force de l’âme divine, et ne constitue donc plus un écran qui nous empêche de voir le Divin qui se cache dans ce monde matériel. Or, c’est en une seule nuit que Rabbi Eléazar Ben Azaria, par ce miracle divin, parvint à cette vision.

Plus encore, Rabbi Eléazar Ben Azaria, contrairement à son prédécesseur, s’attachait à ‘mentionner la sortie d’Egypte pendant la nuit’. Cela signifie qu’il désirait transformer ‘la nuit’, qui représente l’exil, en lumière. C’est précisément la mission de chaque Juif telle que celle-ci est décrite dans le livre du Tanya.

L’Admour Hazaken y explique longuement que le mal  est parfois très enfoui dans le monde et en nous-mêmes. Aussi il commence son ouvrage en disant que ‘même si tout le monde te dit que tu es un Tsaddik, tu sera à tes propres yeux comme un racha’.

‘Comme un racha’ désigne le Bénoni. Un Juif ne doit pas être ‘racha’ à ses yeux mais ‘comme’ un racha.

De fait, le Bénoni est comme le Tsaddik, car comme lui il ne commet jamais la moindre faute, mais il est aussi comme le racha, car comme lui il n’est pas encore parvenu à se débarrasser totalement du mal qui est en lui.

De la même façon Rabbi Eléazar Ben Azaria ne dit pas qu’il est agé de 70 ans, mais il déclare qu’il est ‘comme’ un homme agé de 70 ans, c’est à dire que bien que l’Eternel lui ait permis d’accéder à la vision du divin en une seule nuit, Rabbi Eléazar Ben Azaria considére qu’il est ‘comme un Tsaddik’, c’est à dire un Bénoni, qui  n’est pas encore parvenu à faire disparaître totalement le mal de la partie gauche de son coeur.

D’autre part, selon le principe que ‘Moché c’est Israël et Israël c’est Moché’(Rachi, ‘Houkat, 21, 21), tant que les enfants d’Israël ne sont pas tousparvenus à transformer le mal en bien, alors cela signifie que Rabbi Eléazar Ben Azaria non plus n’y est pas parvenu! C’est pour celà qu’il se considérait lui-même comme étant un Bénoni!  Tant que le monde n’était par parvenu à la Délivrance finale, Rabbi Eléazar Ben Azaria ne se considérait que ‘comme un Tsaddik’, et non pas ‘un Tsaddik’, et il se devait donc d’ouvrir l’accés de sa Yéchiva à tous ceux qui désiraient faire de ce monde une demeure pour l’Essence de D.ieu. 

Cette attitude de Rabbi Eléazar Ben Azaria exprime le fait qu’un Juif doit continuellement ‘aller de prodiges en prodiges’. Le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout que même le monde d’Atsilout, qui est pourtant le monde le plus élevé demeure limité car il n’est qu’un ‘monde’. La Délivrance finale représente l’abolition de toutes les limites, même celles du monde d’Atsilout. C’est en ce sens que le Rabbi nous enseigne l’importance de ‘sortir de l’Egypte de la Sainteté’.

Les sages qui s’opposaient à l’avis de Ben Zoma, auquel se rangent Rabbi Eléazar Ben Azaria et le Rambam, estimaient que l’homme en était incapable. Cependant Rabbi Eléazar Ben Azaria maintenait le contraire. Son histoire est donc mentionnée par le Rabbi dans le ‘Dvar Mal’hout’, car le Rabbi lui-même nous enseigne à sortir de l’Egypte de la Sainteté,  de ‘convaincre nos collègues’ d’en faire autant, afin de transformer l’obscurité la plus profonde en lumière, et plus encore que celà, afin de comprendre et de ressentir véritablement que la nuit fait partie de la lumière, que l’origine de l’obscurité est plus élevée que celle de la lumière, et que notre mission est de le dévoiler. Afin de provoquer la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.

Vivre avec Machia’h : "Une nouvelle vie pour la délivrance" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : "Une nouvelle vie pour la délivrance" par Gérard Touaty

 

 

Parmi les règles d’interprétation du texte biblique, nous trouvons le principe directeur selon lequel le nom d’une paracha est lié avec tous les sujets qu’elle contient. Notre étude portera aujourd’hui sur ce lien et plus particulièrement sur le rapport existant entre Vayé’hi (il vécut), le nom de la paracha, et la venue du Machia’h (le Messie) un personnage qui n’est abordé que très allusivement…dans cette paracha.

Mais avant de comprendre ce lien, il nous faut revenir sur une question très simple : une partie de la paracha est consacrée aux bénédictions que le patriarche Yaakov accorda à chacun de ses enfants. A propos de Yéhouda, il affirme, entre autres, que la royauté sera issue de sa tribu jusqu’à la venue de Chilo. Qui est Chilo ? Rachi précise dans son commentaire qu’il s’agit du Machia’h. Or, pourquoi le texte ne dit-il pas explicitement « …jusqu’à la venue du Machia’h » au lieu du mot énigmatique de Chilo ? Mais il y a plus. La référence à Machia’h (Chilo) est rapportée ici, accessoirement. Ce n’est qu’une indication et non un sujet de réflexion à part entière. Comment dès lors comprendre cette place très secondaire attribuée au libérateur quand on sait, par ailleurs, que le Rambam (Maimonide) en fait l’un de ses treize articles de foi ! ?

Du Maharal de Prague au Admour Hazakène

Un premier élément de réponse se trouve dans le Talmud (1) qui déclare que le Machia’h est une des trois choses qui surviennent quand on ne s’y attend pas. Mais une approche plus précise du texte nous apportera un éclairage plus significatif. L’expression « quand on ne s’y attend pas » est la traduction des mots « issa’h hadaath » qui signifient plus précisément « quand on éloigne la connaissance logique ». A partir de là, il nous est possible de répondre à notre question initiale : le concept et le personnage de Machia’h sont abordés allusivement parce qu’ils sont éloignés de la connaissance (humaine) logique. Ils ne peuvent être appréhendés avec les normes traditionnelles de l’esprit. Le Maharal de Prague (2) dira que « la personnalité du Machia’h n’a rien à voir avec les critères du monde naturel ». Lorsque l’on demanda au Admour Hazakène (3), le premier Rabbi de Loubavitch, comment peut-on être surpris par la venue du Machia’h si nous avons l’obligation de l’attendre chaque jour, il répondit qu’il n’y avait pas de contradiction entre les deux textes, parce que le Machia’h qui viendra n’est pas celui que l’on attend ! Autrement dit, nous attendons un libérateur avec des normes humaines de perception alors qu’il sera un homme qui dépassera les normes humaines, tant il sera spirituellement très élevé.

Une rupture

On peut comprendre à présent le rapport entre le concept de vie (Vayé’hi- Il vécut) et le Machia’h. La vie dont il est question ici est une vie nouvelle accordée au Machia’h, une vie à comprendre dans le sens de niveau de spiritualité. A propos, en effet, d’un verset des Psaumes (4) qui proclame « …c’est Moi aujourd’hui qui t’ai enfanté », le Midrash explique que lorsque viendra le temps de la délivrance, D.ieu fera naître une créature nouvelle qui sera le Machia’h, une créature qui ne sera pas dans la continuité de ce monde mais qui sera radicalement nouvelle. Bien évidemment, le Machia’h ne sera pas une créature céleste issue d’une autre galaxie. Comme l’explique Rabbi ’Haïm Vital, le disciple du Ari zal (5) « …le roi Machia’h sera un Tsaddik né d’un homme et d’une femme… » qui est issu de ce monde mais la nouvelle vie dont il sera gratifié le placera très haut. En tenant compte de cette donnée, il nous sera possible de comprendre pourquoi, avant la délivrance, le monde connaîtra une dégradation morale, politique et spirituelle telle que le Talmud le rapporte (6). Il faut qu’il y ait une rupture, une coupure avec le monde précédent pour nous signifier que le monde de la délivrance sera un monde nouveau : celui d’un dévoilement de la Présence divine comme le monde ne l’a jamais connu.

 

Notes

  1. Traité Sanhédrine, p. 97a
  2. L’un des plus grands Maîtres de la tradition juive (1525-1609)
  3. 1745-1813)
  4. Chap. 2, v. 7
  5. (1534-1572). Il fut l’initiateur de la tradition ésotérique moderne
  6. Notamment à la fin du traité Sota et dans le onzième chap. du traité Sanhédrine

 

Un petit ‘Hidouch sur la Paracha Vaye’hi par le Rav Yaakov Abergel

Un petit ‘Hidouch sur la Paracha Vaye’hi par le Rav Yaakov Abergel

 

Le Rabbi mentionne souvent dans le ‘Dvar Mal’hout’ l’importance pour chaque Juif  d’écrire ses propres ‘hidouchim sur la Torah. Ainsi, l’occasion nous est donnée ici de le faire, à propos de la Bénédiction que notre père Yaakov adressa à son fils Acher:

‘D’Acher, son pain sera gras et il donnera des mets de roi’.

Le ‘pain’ dans la partie profonde de la Torah désigne la Torah elle-même. La raison en est simple car de même que le corps a besoin de de nourriture, de ‘pain’, pour vivre, l’âme a besoin de ‘pain spirituel’ pour exister, lequel n’est autre que la Torah.

Aussi, à la lumière de cette définition des Sages nous pouvons expliquer le sens les mots ‘pain gras’ extraits de la Bénédiction de Yaakov.

En effet, la Torah possède deux aspects. Le premier correspond au ‘pain’, car il nourrit l’homme de la partie révélée de la Torah (la ‘Guémara’, le ‘Choulhan Aroukh’) sans lui dévoiler son aspect profond: ‘l’huile de la Torah’ (la ‘Hassidout’). Ainsi, le ‘pain gras’ designe le pain que l’on a trempé dans l’huile, c’est à dire l’Essence de la Torah, la profondeur de la Torah, et la suite de la Bénédiction de Yaakov: ‘et il donnera des mets de roi’ exprime le fait que la ‘Hassidout, ‘l’Essence de la Torah’, ne fait qu’Un avec le Roi des roi, le Saint béni soit.

Or, cette idée est également exprimée dans la Bénédiction que Moché adressa à Acher (fin du livre de Dévarim, dernier livre de la Torah):

‘Et d’Acher il dit: Béni parmi les fils est Acher, qu’il soit agrée par ses frères et il trempera dans l’huile son pied’.

Au sujet de ce verset Rachi écrit qu’Acher était aimé de ses frères grâce à l’huile appelée ‘huile d’Anpikinoun’ qu’il leur fournissait.

Or, la valeur numérique du nom ‘Anpikinoun’אנפיקינון  est égale à: 1(Aleph)+50 (Noun)+80(Pe)+10(Youd)+100(Kouf)+10(Youd)+50(Noun)+6(Vav)+50(Noun)= 357.

Les lettres du mot ‘Anpikinoun’ additionnées font donc un total de 357, et si le mot ‘Anpikinoun’ en entier est compté pour 1 de plus, cela fait 358. ‘Nous comptons en plus le mot en tant qu’ensemble, car dans certains concepts le tout est plus grand que la somme de ses parties. Se concentrer sur tous les détails ne permettraient pas de le saisir. Dans un tel cas le calcul réclame qu’on compte aussi le mot comme un tout pour montrer qu’il y a un but plus haut qui donne du sens à tous les détails (Paroles du Chomer Emounim rapportées par le Rabbi dans sa Si’ha intitulée: ‘Larmes’ du 20 Mena’hem Av 5742 (9 Août 1982)   

Ainsi, les lettres du mot ‘Anpikinoun’ additionnées font un total de 357, et le mot ‘Anpikinoun’ en entier est compté pour 1 de plus, ce qui fait 358 qui est la valeur numérique de Machia’h.

De fait, l’huile n’a pas de vrai but par elle-même et on doit regarder le but plus large auquel elle sert. Quel est le but plus large de l’huile? Le but de l’huile est d’éclairer.

Or, il s’agit d’une lumière exceptionnelle. ‘Anpikinoun’ a la même valeur numérique que ‘Machia’h’, et il apparaît à l’évidence que la Bénédiction que notre père Yaakov adressa à Acher, son pain sera gras et il donnera des mets de roi’ est une allusion à la venue de notre Roi Machia’h, et au dévoilement de l’Essence de la Torah, ‘l’huile de la Torah’, qui jaillira sur la terre, à l’image de la terre d’Acher dont il est dit ‘qu’elle attirait de l’huile comme une source’(Rachi sur le verset ‘Et il trempera dans l’huile son pied’, Bérakha, 33, 25), très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Rav Yaakov Abergel  

Le jeûne du 10 Tévet 

Le jeûne du 10 Tévet 

Mardi 18 décembre 2018 : Le jeûne commence à l’aube, mardi 18 décembre 2018 (6h55 heure de Paris) et se termine à la tombée de la nuit (17h40 heure de Paris).

En ce jour funeste commença le siège de la ville sainte de Jérusalem par l’armée babylonienne, sous les ordres du cruel Nabuchodonosor en 3336 (425 ans avant le début de l’ère commune).

A cause de sa gravité – puisqu’il marque le début de la destruction et de l’exil – il ne peut être repoussé à une date ultérieure (comme les jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av) ou avancé à une date précédente (comme le jeûne d’Esther). C’est le seul jeûne qui peut tomber un vendredi - donc veille de Chabbat. Du fait de sa gravité, il aura d’ailleurs une place de choix quand les jours de jeûne seront transformés en jours de joie (avec la venue de Machia’h).

Le but du jeûne est que même le corps physique ressente « la diminution de la graisse et du sang ». On ne mange pas et on ne boit pas. On ne se rince pas la bouche. Mais on peut se laver sans restriction.

Les enfants qui n’ont pas encore atteint l’âge de la Bar ou Bat Mitsva (les filles dès 12 ans et les garçons dès 13 ans) ne jeûnent pas. Les personnes fragiles, les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher ou qui allaitent ne jeûnent pas. Même ceux qui ont la permission de manger s’abstiendront de manger des friandises.

Le jeûne commence à l’aube, mardi 18 décembre 2018 (6h55 heure de Paris) et se termine à la tombée de la nuit (17h40 heure de Paris).

Dans la prière du matin, on récite les Seli’hot spéciales de ce jour après le Ta’hanoun ainsi que « le grand Avinou Malkénou ». Puis on lit dans la Torah le passage Vayi’hal (Chemot - Exode 32 : 11 jusqu’à 34 : 1). Seul celui qui a jeûné peut être appelé à la Torah.

Durant la prière de Min’ha (l’après-midi), on lit dans le rouleau de la Torah le chapitre Vayi’hal. Dans la Amida, on ajoute le passage Anénou (« Réponds-nous, Éternel au jour de notre jeûne car nous sommes dans une grande peine… »).

On récite le Ta’hanoun et « le grand Avinou Malkénou ».

Comme tous les jours de jeûne, on procédera à un examen de conscience approfondi et on évitera de se mettre en colère. On augmentera les dons à la Tsedaka (charité). Rabbi Chnéour Zalman explique qu’un jour de jeûne est aussi un jour de bienveillance divine. Comme ce jeûne du 10 Tévet est particulièrement important, on comprend que la Techouva (retour à D.ieu) procurée par ce jeûne est aussi d’un niveau plus élevé.

Dans de nombreuses communautés, ce jeûne est associé au souvenir des martyrs de la Shoah.

‘Un petit ‘hidouch sur la Chabbat ‘Vayigach’  par le Rav Yaakov Abergel

‘Un petit ‘hidouch sur la Chabbat ‘Vayigach’ par le Rav Yaakov Abergel

 

 

Tous les matins pendant la prière de Cha’harith, juste avant de commencer à dire les versets de Louanges (‘Pessouké dé zimrah’) il est dès-lors interdit de prononcer la moindre parole, en-dehors de la prière, et ce jusqu’à la fin de la ‘Amidah’.

Aussi, juste avant de dire la prière de ‘Baroukh Ché amar’‘Béni soit celui dont la parole a fait exister le monde’, nous prenons dans notre mains deux desTsitsit de notre Talith, et les unissons ensemble avant de faire la déclaration suivante: ‘Au nom de l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Ché’hinah, pour unifier le Nom de Youd-Ké avec Vav-Ké en une union parfaite, au nom de tout Israël’.

A la demande du Rabbi, qui répète très souvent dans ses enseignements l’importance pour chaque Juif de faire des ‘Hidouchim, peut-être nous est-il permis de faire le ‘Hidouch suivant:

Ces deux Tsitsit que nous unisons avant de les enrouler dans notre main pour symboliser ‘L’union du Saint beni soit-Il et de Sa Ché’hinah‘ ne sont pas sans nous rappeller ‘les deux bouts de bois’ que ‘L’Eternel ordonna à Yé’hèzkel d’unir ensemble.

En effet, dans le ‘Dvar Mal’hout’ sur la Paracha ‘Vayigach’, le Rabbi rapporte que dans la Haftarah que nous lirons, avec l’aide de D.ieu, ce Chabbat, il est raconté de quelle manière L’Eternel fit voir au prophète Yé’hèzkel, que lors de la Délivrance finale la Royauté de Yéhoudah s’unira à celle de Yossef, en une seule Royauté: la Royauté de David (qui est lui-même de la tribu de Yéhoudah). Ainsi, conformément à cette vision de la Guéoulah, L’Eternel ordonna  à Ye’hèzkel de se munir de deux bouts de bois, et d’écrire sur l’un des deux ‘Yéhoudah’, et sur l’autre ‘Yossef’, puis de les unir ensemble pour montrer ce qu’il se produira pendant la Délivrance finale.

L’image de ces deux bouts de bois unis l’un avec l’autre s’accorde donc à celle des deux Tsitsit que nous unissons chaque matin avant la prière de ‘Baroukh Ché amar’.

L’union entre la Royauté de Yéhoudah et la Royauté de Yossef s’accorde également à l‘union entre ‘le Nom de Youd-Ké avec Vav-Ké’, entre les mondes supérieurs et ce monde inférieur.

De fait, ces deux images évoquent toutes les deux la révélation de l’Essence divine en ce monde lors de la venue de notre Juste Machia’h. Aussi, le fait qu’il nous est interdit de prononcer la moindre parole (en-dehors de la prière, et ce jusqu’à la fin de la ‘Amidah’), dès que nous unissons les deux Tsitsit n’est pas sans évoquer la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel.

La ‘Hassidout explique en effet que le Silence de ‘la terre que l’on piétine et qui ne se plaint jamais’ représente les traits les plus caractéristiques des grands d’Israël, la soumission et l’humilité. A l’évidence c’est ce ‘Silence’, l’expression de notre soumission la plus totale aux enseignements du Rabbi, qui sera à l’origine de la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt de de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Vivre avec Machia’h : "Quand règne la famine" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : "Quand règne la famine" par Gérard Touaty

Durant la famine qui frappa l’Egypte, Yossef nourrit son père, ses frères, et la maison de son père, de pain selon le besoin de chacun. Cette évidence, rapportée par un verset (1) de notre paracha, doit être comprise sur un registre profond pour se justifier. Au-delà d’une indication historique, le texte nous fournit une précieuse directive pour affronter ce dernier exil avant la délivrance messianique.

 

Un verset des Téhilim (les Psaumes) affirme que D.ieu conduit Yossef comme (un berger le ferait pour) son troupeau (2). S’agit-il vraiment du personnage de Yossef que le texte évoque ici ? C’est à cette question que Rachi répond dans son commentaire, pour expliquer que tout le peuple juif est appelé du nom de Yossef parce que Yossef assura la subsistance de sa famille durant la famine. Et l’on devine la question, posée d’ailleurs par la plupart de nos Maîtres : comment Yossef peut-il avoir le privilège d’être comparé à tout Israël simplement parce qu’il nourrit sa famille durant la famine ?

Un nourricier

Un premier élément de réponse se trouve dans la parachath Vayétsé nous rapportant la naissance de Yossef (3). Lorsqu’il naquit, Ra’hel, sa mère, lui donna ce nom parce qu’elle demanda alors que D.ieu lui ajoute un autre fils, le nom Yossef étant construit à partir de la même racine hébraïque que le verbe « ajouter » (léhossif). Toutefois, une lecture au second degré nous offre une autre perspective.

Ra’hel nous révèle ici, toute l’identité de son fils. En inversant les mots du verset, on découvre quel sera le but de Yossef sur terre : il sera celui qui va changer l’autre (celui qui est « autre » au judaïsme) pour en faire un « fils pour D.ieu ». En d’autres termes, durant la famine, il faut être un Yossef (symbole du peuple juif). De quelle famine parle t-on ? De celle qui affecte notre faim spirituelle. Quand, autour de nous, personne ne connaît D.ieu, il faut devenir un nourricier et apporter à chacun la connaissance du divin pour réduire le poids de la famine.

A ses frères

D’aucuns pourraient penser, qu’il vaut mieux, dans une telle situation, s’enfermer dans ses livres pour se renforcer afin d’affronter la famine et subsister. C’est pourquoi Rachi, conforté par le texte biblique, nous enseigne que le peuple juif est appelé Yossef précisément parce qu’il porta secours à ses frères. Mieux encore, comme nous le rappelle le verset notre paracha, il agit dans cette voie « selon le besoin de chacun ».

Il prit soin d’agir au cas par cas, à la fois dans la quantité et dans la qualité. Nous avons ici, la clé pour sortir du dernier exil dans lequel nous nous trouvons. On ne peut vivre tranquillement et ignorer tout aussi tranquillement celui qui est encore « autre » au judaïsme. Il faut s’activer de toutes nos forces pour assouvir la faim de D.ieu qui existe en lui. C’est ce qui déclenchera la délivrance, comme celle que Yossef offrit à son père et à ses frères.

Notes

  1. Chap. 47, verset 12
  2. Début du chap. 80
  3. Chap. 30, verset 24
Vivre avec Machia’h : "Les fruits de l’exil" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : "Les fruits de l’exil" par Gérard Touaty

 

C’est une question récurrente de tous les grands textes de la philosophie juive : quel est le sens de l’exil et de toutes les souffrances qu’il occasionne ? La réponse nous sera donnée dans notre paracha, avec l’exil que connut Yossef en Egypte. Elle nous permettra, dans le même temps de jeter un éclairage vivifiant sur l’exil dans lequel nous nous trouvons encore aujourd’hui, depuis près de 2000 ans.

Un début de réponse peut se lire dans un verset de notre paracha qui nous raconte brièvement la naissance du second fils de Yossef. Lorsqu’il naquit, Yossef le nomma Ephraïm, un prénom qu’il justifia par…une contradiction : « …parce que D.ieu m’a fait fructifier dans le pays de ma pauvreté », le mot Ephraïm ayant une étymologie commune avec « hifrani » (m’a fait fructifier). Comment peut-on associer pauvreté et fruits dans un seul prénom ? C’est précisément l’exil dans une terre de pauvreté qui permettra la production de fruits, répondent nos Maîtres ! Pour aller plus loin dans notre réponse, il faut prendre les notions de pauvreté et de fruits, au second degré. Bien évidemment, l’exil c’est, dans un premier temps, une rupture physique avec un territoire mais plus profondément, c’est une rupture avec D.ieu qui engendre alors, une pauvreté spirituelle. C’est ce qui se produisit avec Yossef. Confiné dans une Egypte dépravée, il dut déployer des forces intérieures considérables pour ne pas trébucher. Cet effort engendra des fruits et le hissa à un niveau que personne n’avait atteint avant lui.

Un sens profond

Ce niveau peut se lire en filigrane dans un verset qui décrit la scène emblématique de la rencontre de Yossef avec ses frères. Treize ans après l’avoir vendu, les frères de Yossef descendent en Egypte chercher du blé. L’homme chargé de vendre le blé égyptien n’est autre que Yossef, nommé au poste de vice roi par le Pharaon. Le texte nous rapporte que Yossef reconnut ses frères mais que eux ne le reconnurent pas. Quand, en effet, il fut vendu, il était jeune et n’avait pas de barbe. A présent, il en avait une et les années aidant, on peut comprendre qu’ils eurent du mal à voir un frère en la personne d’un si haut dignitaire. Mais pour comprendre la portée réelle de ce texte, il faut lui donner un sens plus profond. Les mots « Ils ne le reconnurent pas » signifient que les frères n’eurent pas de connaissance d’un tel niveau, tel qu’ils le virent chez Yossef. Eux étaient bergers parce que la quiétude d’une telle occupation créait une atmosphère propice à l’étude de la Thora. En d’autres termes, il était impossible, selon eux, de vivre dans le monde tout en restant attaché à D.ieu. Mais Yossef, lui, était parvenu à cumuler ces deux niveaux. C’est ce que les frères ne reconnurent pas.

Malgré la modernité

Cette double identité de Yossef qui le propulse à un niveau qui dépasse celui des trois patriarches, nous renvoie à un autre exil, le notre, celui qui prépare l’avènement messianique. On peut voir effectivement que cet exil présente les mêmes caractéristiques que l’exil de Yossef. Ce Juste vécut dans le monde et resta fidèle à D.ieu, malgré les turbulences de toutes sortes qu’il dut affronter. Bien plus, ces turbulences le hisseront à un degré spirituel exceptionnel. Il en est de même pour nous. Le Juif de la modernité n’est plus à l’intérieur du ghetto. Il est complètement immergé dans le monde et, malgré cette dangereuse immersion, manifeste chaque jour, un peu plus, un désir de retour au judaïsme très fort. Et comme Yossef qui s’éleva au dessus de l’exil pour en sortir grandi, le Juif d’aujourd’hui est celui qui provoquera la délivrance. Très prochainement.

À partir de Arvit de ce soir Mardi 4 décembre on récite "Veten Tal Oumatar Livera'ha" dans la Amida en dehors d'Israel

À partir de Arvit de ce soir Mardi 4 décembre on récite "Veten Tal Oumatar Livera'ha" dans la Amida en dehors d'Israel

 

Pendant la période hivernale, nous mentionnons la pluie par deux fois au cours de la ‘Amida. Dans un premier temps, nous mentionnons la pluie afin de louer Dieu, qui fait pleuvoir; dans un second temps, nous demandons à Dieu de nous bénir par la rosée et par la pluie.

 

Ainsi, dans la deuxième bénédiction de la ‘Amida, Mé’hayé hamétim(« qui ressuscites les morts »), nous disons la louange Machiv haroua’h oumorid haguéchem (« Tu fais souffler le vent et tomber la pluie »). Nos sages ont inséré la louange récitée pour la pluie au sein de la bénédiction « qui ressuscites les morts », car la pluie amène la vie au monde.

Puis dans la neuvième bénédiction, celle des années, Birkat hachanim, nous demandons la pluie. Selon l’usage séfarade, tout le texte de la bénédiction des années diffère selon que l’on est en hiver ou en été : en hiver, on commence par les mots Barekh ‘alénou (« Bénis, pour nous, cette année et toutes ses récoltes… »), tandis qu’en été, on commence par Barkhénou Ado-naï Elo-hénou (« Bénis-nous, Eternel, notre Dieu »). Selon l’usage ashkénaze, le texte de la bénédiction des années est semblable en été comme en hiver ; simplement, en hiver, on insère les mots Véten tal oumatar livrakha (« Envoie la rosée et la pluie pour la bénédiction »), tandis qu’en été on dit Véten berakha(« Envoie la bénédiction »). Les Yéménites ont un texte différent, mais le principe halakhique est le même.

Certes, la mention de la pluie et la demande de la pluie se font l’une et l’autre en hiver, mais il y a une différence entre elles : la mention de la pluie se dit durant toute la période où la pluie est susceptible de tomber, tandis que la demande de la pluie ne se dit qu’à partir du moment où nous souhaitons que la pluie commence à tomber.

La mention de la pluie commence à Chemini ‘atseret. Il est vrai qu’il y aurait eu lieu de mentionner la pluie dès le début de la fête de Soukot, car c’est dès ce moment que commence la saison des pluies. Mais puisque la pluie est considérée comme un signe de malédiction à Soukot – car lorsque la pluie tombe, on ne peut accomplir le commandement de résider dans la souka –, on ne mentionne pas la pluie durant la fête de Soukot. Nos maîtres ont décidé que l’on commencerait à mentionner la pluie lors de la ‘Amida de Moussaf de Chemini ‘Atseret car, à ce moment, toute la communauté se trouve à la synagogue, et l’on peut alors annoncer, en présence de tous les fidèles, que l’on commence à mentionner la pluie. En revanche, tout le monde ne se rend pas à l’office du soir (‘Arvit) ; quant à Cha’harit, on ne peut y faire une telle annonce, puisqu’il ne faut pas marquer d’interruption entre la bénédiction de la Délivrance (Emet véyatsiv… gaal Israël, qui suit la lecture du Chéma) et la ‘Amida (Beit Yossef et Choul’han ‘AroukhOra’h ‘Haïm 114, 1-2).

En revanche, s’agissant de la demande de la pluie, nos maîtres ont repoussé de quinze jours cette requête, au 7 du mois de ‘hechvan au soir. Cela, afin que le dernier des pèlerins, qui viendrait de la lointaine rive de l’Euphrate pour célébrer la fête de Soukot au Temple de Jérusalem, ait le temps, une fois la fête terminée, de rentrer chez lui sans être mouillé par la pluie en chemin (Choul’han ‘Aroukh 117, 1). Même après la destruction du Temple, la coutume n’a pas été suspendue, car toute coutume qui rappelle les jours glorieux où le Temple se dressait sur son enceinte est très chère à notre cœur, et nous ne voulons pas en suspendre l’application. Ce n’est que lorsque le Temple sera reconstruit, bientôt et de nos jours, que le Sanhédrin pourra décider s’il faut modifier le moment à partir duquel on prie pour la pluie, en considération des nouveaux moyens de transport.

On continue de mentionner la pluie jusqu’au premier jour de la fête de Pessa’h. À l’office de Cha’harit, on mentionne encore la pluie, et à Moussaf, on mentionne la rosée. En ce qui concerne la demande de la pluie, puisque celle-ci ne se dit que les jours ouvrables, la dernière fois où l’on prie pour la pluie est nécessairement à l’office de Min’ha de la veille de Pessa’h.

Paracha Vayéchev  ‘Le tour du monde en 53 jours’  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Vayéchev ‘Le tour du monde en 53 jours’ par le Rav Yaakov Abergel

 

La prière de la Amida que nous récitons trois fois par jour est un long moment de silence au milieu de notre prière dite à haute voix. Comment pourrait-il en être autrement? Nous est-il permis d’élever notre voix lorsque notre âme se tient debout face à D.ieu? Est-il possible de faire le moindre mouvement lorsque l’on se trouve face au Roi des rois? De fait, ce long silence qui est au coeur de notre prière exprime notre plus totale soumission vis à vis de L’Eternel.

D’une certaine manière il est possible d’établir un lien entre la prière de la Amida et le moment de la vie de l’Admour Hazaken pendant lequel il fut emprisonné. En effet, de même que la Amida est un long moment de silence au coeur de notre prière, les 53 jours durant lesquels l’Admour Hazaken fut emprisonné dans une prison du Tsar sont comme un long moment de silence au coeur de la vie du Rebbe.

Cependant, nous devons comprendre que le silence de la Amida tout comme le ‘Silence’ de l’emprisonnement de l’Admour Hazaken, ne sont pas contrairement aux apparences des moments dénués de vitalité. Bien au contraire ces ‘Silences’, sont l’expression d’un dévoilement encore plus élevé que le dévoilement de la lumière divine. Ces ‘Silences’ sont l’expression du dévoilement de  l’Essence divine Elle-même.

L’exemple de Moshé Rabbénou nous permet de comprendre cela. Le nom ‘Moshé’ est absent dans toute la Paracha ‘Tétsaveh’. Dans toute cette Paracha D.ieu s’adresse à Moshé en lui disant ‘Tu’ (‘Atah’). Le Rabbi explique que ‘Tu’ est plus élevé que‘Moshé’, car ‘Tu’ désigne l’Essence de Moshé (alors que le nom ‘Moshé’ ne représente qu’un reflet de l’Essence de Moshé). Dès-lors nous comprenons que le moment (le ‘Silence’) pendant lequel le nom de Moshé disparaît dans la Torah correspond en fait au dévoilement de son Essence (‘Tu’).

Encore une fois, l’occasion nous est donnée de comprendre que ce qui nous apparaît comme un manque de lumière cache en réalité le dévoilement de l’Essence divine.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons réaliser que le moment de l’emprisonnement de l’Admour Hazaken fut nécessaire pour que le monde puisse recevoir le dévoilement de l’Essence de la Torah. Ces 53 jours de prison sont comparables au moment où une graine se putréfie à l’intérieur de la terre avant de donner naissance à un végétal, une fleur ou une plante. De la même façon ce long ‘Silence’ que représente le séjour de l’Admour Hazaken en prison, nous l’avons comparé à la prière de la Amida. Ce ‘Silence’ a précédé l’éclosion du plus haut dévoilement qu’allait connaître le monde puisqu’il s’agit du dévoilement de la partie profonde de la Torah, la ‘Hassidout.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha ‘Vayéchev’ le Rabbi nous donne un très bel exemple pour expliquer que l’obscurité cache l’Essence divine.

L’homme ne ressent absolument pas la Parole de D.ieu qui le crée et le maintient en vie à chaque instant. Contrairement aux anges et aux mondes supérieurs qui ressentent continuellement le Souffle divin qui est à l’origine de leurs existences, l’homme ressent qu’il vit indépendamment de D.ieu. Il ressent qu’il ne doit sa vie qu’à lui-même et non pas à D.ieu.

Or, Seul l’Eternel ne doit Son existence qu’à Lui-même, car rien ne Le précède. Rien n’est la cause de Son Existence. D.ieu Lui-même est la raison de Sa propre existence. Aussi le sentiment que ressent l’homme qu’il ne doit son existence qu’à lui-même, vient du fait que l’Essence de D.ieu est en lui.

Le fait que rien ne précède l’Essence de D.ieu et le fait que l’Essence de D.ieu est en l’homme font que l’homme ressent qu’il ne doit sa vie qu’à lui-même.

Ainsi, le Rabbi conclut que le sentiment que nous ressentons de ne devoir notre existence qu’à nous-même, peut nous apparaître obscur au premier abord, mais en réalité il cache une très grande lumière. Ce sentiment constitue la preuve que l’Essence divine se cache à l’intérieur de nous-mêmes.

A l’évidence Hachem nous a donné les moyens de la dévoiler, et les jours de ‘Hannoucah qui approchent sont là pour en témoigner. Et, à l’évidence c’est par notre attachement au Rabbi et à ses enseignements que nous aurons tous le mérite de dévoiler l’Essence divine en nous-mêmes, et en ce monde, et provoquer ainsi la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Prière de demande de pluie – le 5 ou 6 décembre ?  par  Yosseph Roger Stioui

Prière de demande de pluie – le 5 ou 6 décembre ? par Yosseph Roger Stioui

Dans la neuvième bénédiction de la ‘Amida, nous demandons à D. de répandre sur la terre des pluies abondantes pendant l’hiver. En Erets-Israël, cette demande commence le 7 ‘Hechvan, soit 2 semaines après Chemini ’Atséret, permettant aux juifs de Babylone qui étaient montés à Jérusalem de regagner leur domicile.

 

En Diaspora où généralement l’eau ne manque pas (Rachi), les pluies sont demandées à partir du 60ème jour de la Tékoufa de Tichri (Ta’anit 10a), c’est-à-dire à partir du 5 ou du 6 décembre * (4 ou 5 décembre à ‘Arvit).
Pourquoi cette référence au calendrier civil ?

Très brièvement, les 4 Tékoufot sont des moments précis de l’année en rapport avec le cycle annuel du Soleil et représentant les équinoxes de printemps et d’automne ainsi que les solstices d’été et d’hiver. S’agissant de demande de pluie on se base sur la Tékoufa de Tichri, d’automne. Or nous utilisons communément le calendrier civil qui est exclusivement solaire. Il nous permet donc de situer aisément les Tékoufot.

Principe : Dans notre calendrier dit de Chmouel, l’année solaire compte 365j ¼, c’est-à-dire 52 semaines et 1 jour ¼. D’une année sur l’autre, une même Tékoufa tombe donc 1j et 6h plus tard. Nous savons par calcul (que nous ne développerons pas ici) que la Tékoufa de Tichri tombe toujours un 7 octobre. Par exemple le 7 octobre à 3h, puis l’année suivante 7 oct à 9h, puis 7 oct à 15h puis 7 oct à 21h puis de nouveau 3h, etc. Or, dans l’année où elle tombe à 21h, donc après 18h, c’est déjà le lendemain pour le calendrier juif, le 8 octobre.

C’est la raison pour laquelle le 60e jour de la Tékoufa de Tichri tombe en général le 5 décembre, et 1 fois tous les 4 ans, il tombe le 6 décembre. On retiendra comme moyen mnémotechnique, lorsque l’année civile à venir est bissextile, la Ch. Guéchamim sera le 6 décembre. En effet, le 29 février à venir va nous faire reculer les Tékoufot d’une journée et nous ramener la Ch. Guéchamim au 5 décembre.

Pour illustrer nos propos, voici deux calculs simples de Tékoufot.

Tékoufa de Nissan : Les luminaires ont été créés le 4e jour de la Création, donc un mercredi dès la 1ère heure (mardi 18h de la montre). On compte les Tékoufot à partir de Nissan de la Création (on suit ici l’avis de Rabbi Yéhochoua’). En Nissan 5779, il s’est écoulé 5778 années entières. On cumule les surplus aux semaines depuis la Création, 5778 x 1j 6h = 7222,5 jours. On ajoute 4 jours du premier mercredi = 7226,5 jours. Après élimination des semaines entières, il reste 2,5 jours. C’est-à-dire, lundi à 6h du matin. (La journée commence la veille à 18h).

Tékoufa de Tichri : (Calculée à partir de celle de Nissan ci-dessus.) Les 4 Tékoufot de l’année sont espacées de 365j ¼ / 4 = 91j 7,5h = 7,5h (sans les semaines). La Tékoufa de Tichri précède celle de Nissan de 2 Tékoufot, soit, 2 x 7,5h = 15h.

15h avant le lundi 6h de Nissan correspondent à dimanche 15h. La Ch. Guéchamim de 5779 est donc récitée à partir du 5 décembre (le 4 au soir). En 5780, la Tékoufa de Tichri sera un lundi 21h, donc la Ch. Guéchamim le 6 décembre.

* Selon les règles du calendrier grégorien, l’année 2100 ne sera pas bissextile. A partir de cette date, la Ch. Guéchamim se fera les 6 ou 7 décembre.

Vivre avec Machia’h :  "Une architecture parfaite" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : "Une architecture parfaite" par Gérard Touaty

 

A la lecture de la vie des Patriarches, on serait tenté de dire que leur histoire s’apparente à l’existence mouvementée des fondateurs d’une nation. Mais cette vision n’est qu’une illusion : derrière cette confusion se cache un ordre d’une profonde intelligence où chaque élément participe d’un ensemble divin.

Avraham, Its’hak et Yaakov vécurent il y a plus de 3600 ans. La tradition talmudique (1) rapporte que chacun des trois patriarches institua l’une des trois prières quotidiennes : Avraham fixa celle du matin (Cha’harith), Its’hak, celle de l’après midi (Min’ha) et Yaakov, celle du soir (Arvith).

Des siècles plus tard, le chiffre 3 se retrouve avec les deux Temples et le prochain qui sera édifié lors de la délivrance messianique.

Cette permanence du chiffre 3 n’est bien sûr, pas l’effet du hasard. Bien plus, nos Maîtres révèleront le lien profond qui reliera chacun des trois patriarches avec chacune des trois prières et chacun des trois Temples.

 

Une lumière exceptionnelle

Avraham est le seul patriarche qui connaîtra une existence sans obstacles et sans grandes difficultés. D.ieu lui promettra une « bonne vieillesse » au point même qu’Yshmaël, son fils rebelle, reprendra le droit chemin avant que le patriarche ne quitte le monde.

Cette clarté caractérise, Cha’harith, la prière du matin, qui est dite au lever du jour et l’on sait qu’après la nuit, la luminosité du nouveau jour possède une valeur bien plus grande que celle du jour, du fait qu’elle vient après l’obscurité de la nuit.

Il en fut de même pour le premier Temple qui bénéficia d’un éclat divin exceptionnel. La tradition rapporte qu’il fut construit par des hommes qualifiés de Tsaddikim (des Justes) sous l’impulsion de Shlomo, l’homme le plus sage de l’humanité. Pour Its’hak, le second patriarche, on change de registre. Sa vie ne sera plus aussi linéaire et rayonnante que celle de son père. Son fils ainé quittera le judaïsme et il sera très affecté par le conflit qui opposera ses deux fils.

Cette obscurité naissance rappelle la prière de Min’ha qu’il institua. Cette prière est dite quand la lumière du jour décline et laisse place, peu à peu, aux ombres de la nuit. Le second Temple qui lui correspond n’avait plus la sainteté du premier. Comme Min’ha, il était entre le jour et la nuit puisqu’il fut construit par des Juifs qui avaient quitté l’exil de Babylone et qui donc, revenaient vers D.ieu.

 

Un Temple intérieur

On retrouve chez Yaakov une similitude très forte entre sa vie et Arvith, la prière du soir. Rachi remarque que sa vie est marquée par de nombreuses souffrances : son conflit avec Essav, son frère, ses vingt ans passés chez Lavane, le rapt de sa fille Dina, la disparition de Yossef et d’autres encore.

Ces tourments obscurcissent sa vie à l’instar d’Arvith qui est dite dans la nuit. Jusque là, le rapport est évident mais comment lier cette obscurité avec la lumière qu’apportera le troisième Temple ?

La réponse met l’accent sur la continuité de l’histoire juive : obscurité et lumière ou exil et délivrance, ne sont pas des temps cloisonnés.

Bien au contraire. Ils sont profondément liés, au point de dépendre l’un de l’autre. Ce qui signifie, en peu de mots, que l’éclat de la lumière messianique dépend de l’effort de chaque Juif durant l’exil (l’obscurité) pour rester attaché au Créateur.

Yaakov est lié au troisième Temple parce que sa capacité à affronter l’adversité, sans jamais abdiquer ses convictions, provoque l’édification du troisième Temple.

On l’aura compris : Yaakov, au-delà du personnage historique, c’est le Juif de l’exil qui parviendra à se hisser au-delà des difficultés de l’existence juive pour édifier son Temple intérieur qui conduira à la construction du troisième Temple. Très prochainement.

 

Note

  1. Début du quatrième chapitre du traité Béra’hoth
Youd Teth Kislev, jour de la libération de Rabbi Schnéour Zalman de Liady, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad

Youd Teth Kislev, jour de la libération de Rabbi Schnéour Zalman de Liady, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad

Le 19 du mois de Kislev, le Youd Teth Kislev, est le jour anniversaire de la libération de Rabbi Schnéour Zalman de Liady, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, des prisons tsaristes. Cet évènement, pris dans sa linéarité, semble assez simple. Et pourtant, les ’hassidim lui accordent une signification de toute évidence très profonde.

 

Les faits : en 1798 Rabbi Schnéour Zalman est, à la suite du Baal Chem Tov et du Maguid de Mézeritch dont il a été le disciple, l’un des grands Maîtres du ‘hassidisme en plein essor. Il se heurte à l’opposition souvent farouche des tenants du judaïsme synagogal d’alors, inquiets de ce mouvement qui embrase les masses juives laissées jusque-là à l’écart. Calomnies et machinations (on osera, par exemple, dénoncer l’envoi de subsides aux ‘hassidim de Terre Sainte, laquelle est sous la domination de l’empire turc, le grand ennemi de la Russie) aboutiront à l’arrestation du Rabbi par la police tsariste. Crime de haute trahison : Rabbi Schnéour Zalman est conduit à Petersbourg dans le sinistre fourgon noir dont la seule vue inspire la terreur. Il est emprisonné dans la terrible forteresse bâtie sur une ile au milieu de la Neva.

A son procès, le Rabbi doit répondre à de nombreuses questions sur les pratiques et la foi juives. On fait traduire en russe le Tanya, l’immense livre sur lequel il a travaillé vingt ans, dont il a pesé chaque mot, chaque lettre, un ouvrage fondamental de la ‘Hassidout.

Le 19 Kislev enfin, cinquante-trois jours après son arrestation, on annonce à Rabbi Schnéour Zalman qu’il a été reconnu innocent des crimes dont on l’accusait. Il est libre. Depuis, le 19 Kislev est une grande fête ‘hassidique : on l’appelle le « Roch Hachana, le Nouvel an, de la ‘Hassidout ». C’est que, pour les ‘hassidim, ce moment dépasse infiniment sa ponctualité historique. Il marque un tournant capital de notre histoire spirituelle telle qu’elle s’inscrit dans ce monde.

Un tribunal, ici-bas, a en effet tranché. Mais quelle était la question vraiment posée ? Le tribunal d’en-bas, le tribunal russe, renvoie à celui d’En-Haut. Et la question réellement débattue, celle qui était posée En-Haut et à la résolution de laquelle était attachée la sentence des magistrats tsaristes était celle-ci : Rabbi Schnéour Zalman, le grand Maître qui avait porté à un tel degré d’achèvement la pensée ‘hassidique, pouvait-il propager son enseignement ?

Quelques siècles auparavant déjà, Rabbi Yts’hak Louria avait annoncé que, dans les dernières générations, il deviendrait nécessaire de dévoiler la sagesse de la Cabbale. La ’Hassidout la porte en elle. Et les ‘hassidim savent aussi que le Baal Chem Tov a interrogé, au cours d’une élévation que nous sommes impuissants à seulement imaginer, le Machia’h, le Messie lui-même :

« Maître, quand viendras-tu ?

- Lorsqu'au dehors seront répandues les sources de ton enseignement ».

 

Mais pourquoi, peut-on s’interroger, les dernières générations au mérite semble-t-il plus limité que les générations plus anciennes, doivent-elles recevoir pareille révélation ? Parce que, nous dit le Rabbi dans l’un de ses discours, « l’obscurité de l’exil se fait de plus en plus intense. Pour la vaincre, il faut donc avoir recours à une lumière de plus en plus forte. C’est pour cela qu’a été révélée l’âme de la Torah mettant en éveil et révélant les forces les plus profondes de l’âme juive ».

Bien sûr, la dissémination de ces « sources » avait déjà commencé. Les disciples du Baal Chem Tov d’abord, puis ceux du Maguid (qui a quitté ce monde le 19 Kislev de l’année 1772) en avaient reçu le premier surgissement. Il s’exprimait par des commentaires d’une grande concision. Rabbi Schnéour Zalman, cependant, avait voulu aller bien plus loin. Expliquant largement chaque concept, il entendait apporter la dimension la plus profonde de la Torah à la population la plus large, à ce petit peuple à la vie humble et difficile, ignoré des pesants docteurs de la Loi.

Certes, le Tanya peut être l’objet d’une étude méditative toute une vie durant sans même que soit dépassé un niveau encore assez superficiel de son sens. Mais l’important est d’entrer dans ce champ  de sens-là dont la plénitude apparaitra avec l’ultime libération, celle des temps messianiques. Or, chacun, dans le Tanya comme dans toute la ‘Hassidout héritée de Rabbi Schnéour Zalman, peut trouver une entrée à sa mesure. Chacun peut recevoir les vivifiantes sources.

Ainsi, la libération de Rabbi Schnéour Zalman par un tribunal terrestre ne peut que signifier l’acquiescement du Tribunal céleste. Oui, les temps annoncés peuvent maintenant s’accomplir, désormais les sources de la Hassidout peuvent être pleinement libérées, jaillir avec une force encore inconnue et, partout, se répandre.

Alors aussi, c’est l’horizon même du temps qui  apparait et  la fin de l’Histoire qui peut être aperçue. Comment les ‘hassidim pourront-ils jamais danser toute la grandeur, chanter toute la joie d’un tel moment ?

Barou’h Ziegelman

Paracha Vaïchla’h :  ‘L’Essence du mois de Kislev’  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Vaïchla’h : ‘L’Essence du mois de Kislev’ par le Rav Yaakov Abergel

 

Les Sages de la partie profonde de la Torah nous donnent souvent l’exemple du constructeur d’une maison qui regarde le plan que l’architecte a conçu avant de commencer à construire concrètement cette maison. De la même façon, il est dit que ‘D.ieu regarda dans la Torah et créa le monde’. Cela doit nous faire comprendre que l’image du monde telle qu’elle apparaît à nos yeux cache en réalité des enseignements très profonds. L’observation des phénomènes physiques nous permet de comprendre des concepts divins très élevés. Le monde résulte du regard d’Hachem, car D.ieu regarda dans la Torah avant de le créer. Ce regard constitue en fait Sa pensée profonde, qui est à l’origine de la Création.

Aussi, il est possible de dire que cette pensée profonde, ce regard que L‘Eternel porta dans la Torah avant de créer le monde, n’a pas disparu lorsque D.ieu le créa. Tout comme le plan d’une maison continue d’exister, et nous pouvons même dire qu’il ne commence à exister véritablement que lorsque la maison est construite, le regard que D.ieu porta dans la Torah avant de créer le monde continue d’exister dans le monde crée. Le regard divin qui a précédé la Création est imprimé dans la Création. Ce regard, il se cache par exemple derrière un phénomène physique, et le Rabbi, dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Vaychla’h, nous donne l’occasion de nous en rendre compte.

Durant la première partie du mois, c’est à dire du premier au 15, la lune s’éloigne progressivement du soleil. Le premier jour du mois (‘Roch ‘Hodèch: la ‘tête du mois’) elle est comme un point (comme une ‘tête’: ‘roch’) de lumière qui naît (naissance : nouveauté: ‘Hidouch: ‘Hodèch) dans le ciel, et ce point grandit peu à peu, jusqu’a ce que la lune soit pleine le 15 du mois qui est alors un jour de ‘pleine lune’.

Dans la seconde partie du mois, c’est à dire du 15 au 30, la lune se rapproche du soleil. Le jour du 15 (jour de ‘pleine lune’) la lumière du soleil se reflète sur toute la surface de la lune, puis du 15 jusqu’au 30 cette lumière va en diminuant progressivement, jusqu’à ce que le 30 elle ait complètement disparue.

D’après le principe selon lequel la lumière de la lune augmente lorsque la lune s’éloigne du soleil, et qu’elle diminue lorsqu’elle se rapproche du soleil, le Rabbi nous enseigne que la seconde partie du mois de Kislev (du 15 au 30) correspond à la révélation de l’Essence divine.

En effet, la date du 19 Kislev et celle de la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la seconde partie du mois de Kislev, c’est à dire pendant la période où la lune se rapproche du soleil, et que sa lumière diminue progressivement jusqu’à finir par disparaître dans le ciel à la fin du mois.

Le Rabbi pose alors la question suivante: comment se fait-il que le jour lumineux du 19 Kislev, date de la libération de prison de l’Admour Hazaken, et les jour de ‘Hannoucah, la ‘fête des lumières’, coïncide avec la période où la lumière de la lune diminue dans le ciel ? Nous aurions pu penser en effet que ces jours pleins d’une si grande lumière coïncident par exemple avec un jour où la lune, qui est comparée par les Sages à l’Assemblée d’Israël, est pleine.

Le jour de pleine lune symbolise en effet le fait qu’Israël (‘la lune’) reçoit une grande lumière d’Hachem (‘le soleil’). Or c’est le contraire qui se produit ici. Le 19 Kislev et ‘Hannoucah tombent précisément lorsque la lumière de la lune diminue dans le ciel.

La réponse à cette question peut être donnée à partir d’un enseignement du Rabbi Rachab. Le Rabbi Rachab explique dans son ouvrage intitulé ‘la Source’ (27, 1) que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. L’idée exprimée ici est que lorsqu’un Juif éveille la force de son intellect alors du même coup il n’agira pas au-delà de la raison. En d’autres termes quand un Juif  est prêt à donner sa vie pour D.ieu, il ne réfléchit pas. Quand un Juif met sa vie en danger pour sanctifier le Nom de D.ieu, il est évident qu’il n’agit plus sous l’emprise de son intellect, car il est alors animé par la force de l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.

Ainsi, ‘l’intellect affaiblit la volonté’ signifie ici que plus on révèle les forces de l’âme, comme l’intellect par exemple, plus on diminue la volonté qui est au-delà de l’intellect et de la raison, la force de l’Essence de l’âme. Et, plus on révèle la force de l’Essence de l’âme, plus on diminue la force de l’intellect.

Aussi, la lumière de la lune est comparable à l’intellect (et à toutes les forces de l’âme), car de même que la lumière de la lune est un reflet de la lumière du soleil, l’intellect n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme.

Dès-lors, le moment où la lumière de la lune diminue dans le ciel est comparable au moment où l’homme met son intellect de côté et révèle la force de l’Essence de son âme. Plus l’Essence se révèle, plus les forces de l’âme diminuent. Le contraire est aussi vrai, car plus l’homme agit avec son intellect (la lumière de la lune augmente dans le ciel), moins il révèle la force de l’Essence de son âme (la force d’agir au delà de la raison et de l’intellect).

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons comprendre à présent la raison pour laquelle le jour du 19 Kislev et la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la deuxième moitié du mois de Kislev, quand la lumière de la lune diminue dans le ciel, car comme nous l’avons expliqué au nom du Rabbi la diminution de la lumière correspond à la révélation de l’Essence. Ainsi, la période du 15 au 30 Kislev   est un moment de l’année pendant lequel l’Essence divine se révèle tout particulièrement.

Le monde qui nous entoure peut être regardé de différentes façons. Si l’on regarde le ciel et que l’on observe la lumière de la lune, on peut effectivement savoir quel jour est celui de Roch ‘Hodèch. Cependant, les éléments du ciel, comme la lune ou le soleil ne composent pas seulement les parties d’une grande horologe qui nous renseigne sur le temps. D.ieu nous fait voir également à travers eux des images qui constituent des enseignements précieux pour notre service divin.

Aussi, le Rabbi nous donne ici à réfléchir à la partie cachée de notre âme. Le Rabbi exprime le fait que le jour du 19 Kislev et les jours de ‘Hannoucah sont des jours pendant lesquels Hachem dévoile Son Essence.

A l’évidence nous devons agir à Son exemple, c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler l’Essence de notre âme, de nous-mêmes, de notre être tout entier.

Comme nous le savons, c’est uniquement par notre attachement au Rabbi et à ses enseignements que nous y parviendrons. Révéler le lien essentiel qui unit notre âme à D.ieu, dans nos pensées nos paroles et nos actes, et aider tous ceux qui nous entourent, tous nos proches, tous nos frères en Israël, tous les peuples du monde (en diffusant les 7 Lois Noa’hides), afin qu’ils parviennent aussi à agir en ce sens, à se lier au Rabbi, au Moshé de notre génération, pour enfin provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Vivre avec Machia’h :  "Pour changer le monde" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : "Pour changer le monde" par Gérard Touaty

Le point névralgique de la parachath Vaychla’h est la rencontre entre deux mondes radicalement opposés. Celui de Yaakov qui symbolise le peuple juif et celui de son frère Essav qui représente le monde des nations. Mais alors que l’on se serait attendu à avoir le nom d’une paracha rappelant cette rencontre, nous avons le nom de Vaychla’h qui signifie « Il envoya ». A quelle mission, la Thora fait-elle allusion avec ce titre ?

Si l’on se situe sur un plan strictement historique, la Thora nous décrit la rencontre de deux frères qui se retrouvent après plus de trente cinq ans d’absence. Yaakov se doute qu’il va revoir son frère dans des conditions menaçantes : Essav veut le tuer ! Et c’est en tenant compte de ces menaces que Yaakov se prépare à affronter ce danger. Mais les commentateurs du sens profond de la Thora envisagent une autre perspective. Pour la comprendre, il faut se rappeler que cette rencontre est précédée d’une mission. Avant qu’il ne retrouve son frère, Yaakov envoie des émissaires vers lui, pour préparer ces « retrouvailles ».

En deux temps

Nos Maîtres expliquent que nous sommes tous des émissaires de D.ieu, quand l’âme d’un Juif descend sur terre, revêtue d’un corps pour accomplir une sainte mission : celle d’éclairer le monde par la lumière de la Thora ou, en d’autres termes, affronter le monde de Essav, l’affaiblir pour, au final, l’imprégner de la lumière divine. Mais le texte de la paracha vient nous apporter une précision dans le déroulement de cette mission qui se produit en deux étapes. La première s’incarne dans la parachath de la semaine dernière qui porte le nom de Vayétsé (il sortit) alors que la seconde se retrouve dans notre paracha (Vaychla’h-Il envoya).

Une proximité nouvelle

Dans la parachath Vayétsé, c’est Its’hak qui envoie son fils Yaakov dans le monde de Lavane. Et effectivement, Yaakov sera l’émissaire de son père pour apporter de la lumière dans le monde idolâtre de Lavane. Là, Yaakov agit seul, délégué par son père. Mais Vaychla’h introduit une dimension radicalement nouvelle. Yaakov est toujours émissaire mais il va former d’autres émissaires. Il va certes affronter le monde obscur d’Essav mais au préalable, il envoie lui aussi d’autres émissaires. Nous avons là un enseignement extraordinaire qui dépasse l’instant de la paracha. La rencontre de Yaakov et Essav préfigure les temps messianiques qui verront une proximité nouvelle entre Juifs et non Juifs. Durant des siècles ce contact étroit entre eux fut difficile du fait du cloisonnement d’Israël dans le ghetto ou le mella’h. Mais à l’approche de la délivrance messianique (époque dans laquelle nous nous trouvons et dans laquelle les cloisons entre Juifs et non Juifs seront tombées) nous aurons comme tâche, entre autres, d’apporter de la lumière autour de nous, jusqu’au monde non Juif. Pour cela, le travail personnel sera insuffisant. Chacun, conscient de l’urgence du travail devra former d’autres Juifs pour qu’à leur tour, ils influencent leur environnement dans le droit chemin.

 

Lors d'un Farbrenguen, le Rabbi de Loubavitch demanda si le Rav Haim Mellul traduisait "ici ou en France?" - 12 Sivan 5740

Lors d'un Farbrenguen, le Rabbi de Loubavitch demanda si le Rav Haim Mellul traduisait "ici ou en France?" - 12 Sivan 5740

 

RECTIFICATION DE L'ARTICLE L'EXTRAIT AUDIO COMPLET

 

Le Rabbi demanda, en français, s’il y avait quelqu’un sur place qui traduisait. Un français, qui semble-t-il n’avait pas compris la question et pensait que le Rabbi demandait qui traduit en général,  répondit :

"Haim Mellul traduit".

Le Rabbi fait alors signe de ne pas comprendre..

Le français répondit à nouveau:

"Haim Mellul traduit".

Le Rabbi, qui savait que le Rav Haim Mellul n’était pas là, demanda:

"Il (Haim Mellul) traduit ici ou en France ?... en France?"

Le français répondit:

"Non, Ici..."

Et le Rabbi fit à nouveau un geste d'étonnement et entonnât le chant "Haaderet Vehaemounah" sur l'air de la Marseillaise.

Cette partie du Farbrenguen n’apparaît pas dans le compte rendu du Farbrenguen car les rédacteurs ne parlaient pas le français et ne connaissaient pas le Rav Haim Mellul.

 

 

 

 

Akadem et le 50e anniversaire du Beth Loubavitch : "Comment la France est devenue Loubavitch", avec Haim Nisenbaum

Akadem et le 50e anniversaire du Beth Loubavitch : "Comment la France est devenue Loubavitch", avec Haim Nisenbaum

Le mois juif de Kislev

Le mois juif de Kislev

fr.chabad.org

Kislev est le neuvième mois du calendrier juif, en comptant à partir de Nissan. Il est surtout connu pour la fête de ‘Hanouka qui commence le 25 Kislev. Le message de ‘Hanouka est le pouvoir éternel de la lumière sur les ténèbres, c’est-à-dire du bien sur le mal. En plus de commémorer la victoire miraculeuse de la petite armée juive sur le puissant empire syro-grec, ‘Hanouka célèbre le miracle de l’huile. Quand les Juifs voulurent allumer la ménorah du Temple après la guerre, ils ne trouvèrent qu’une petite fiole d’huile. Miraculeusement, l’huile qui était seulement suffisante pour un jour brûla huit jours, et les sages instituèrent les huit jours de la fête de ‘Hanouka, lors desquels nous allumons la ménorah tous les soirs.

En ce mois, nous célébrons également la libération de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, le fondateur du ‘hassidisme ‘Habad, qui avait été emprisonné sur de fausses accusations par le régime tsariste. Ces accusations reflétaient des accusations spirituelles portées contre lui dans le tribunal céleste pour avoir ouvertement enseigné les plus profonds enseignements de la Torah. Le 19 Kislev, il fut libéré, ce qui ouvrit la voie matériellement et spirituellement à la continuation de l’enseignement ‘hassidique. Ce jour est appelé le « Nouvel An du ‘Hassidisme ».

La survie du Rabbi à sa crise cardiaque en 1977 fut un “miracle médical”

La survie du Rabbi à sa crise cardiaque en 1977 fut un “miracle médical”

Par Dovid Zaklikowski / fr.chabad.org

En 1977, pendant cinq longues semaines, tous les membres du mouvement ‘Habad-Loubavitch, accompagnés de milliers de personnes dans le monde entier, ont prié anxieusement pour la guérison du Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, après que celui-ci fut victime d’une crise cardiaque soudaine, d’une ampleur telle que les médecins doutaient qu’il puisse y survivre.

Le Dr Ira Weiss, un cardiologue basé à Chicago, se rendit à New York peu après cet incident pour devenir l’un des principaux médecins de l’équipe médicale du Rabbi.

Il a souvent déclaré que le retour du Rabbi à la vie publique à peine 38 jours plus tard fut, pour le moins, quelque chose d’extraordinaire.

Plusieurs heures avant une crise cardiaque massive, le Rabbi s’est tenu debout pendant des heures à distribuer du gâteau au miel aux visiteurs et leur souhaitant une douce année (Photos: Levi Freidin/JEM)
Plusieurs heures avant une crise cardiaque massive, le Rabbi s’est tenu debout pendant des heures à distribuer du gâteau au miel aux visiteurs et leur souhaitant une douce année (Photos: Levi Freidin/JEM)

« Le Rabbi a eu une crise cardiaque causant des dommages si importants que n’importe quel médecin se serait inquiété de la possibilité de survie dans un cas pareil », a-t-il affirmé dans une interview donnée à Jewish Educational Media (JEM). « On exclurait presque catégoriquement toute possibilité de retour au fonctionnement qui était celui du Rabbi. » Il considère que le rétablissement relativement rapide du Rabbi ne fut rien de moins qu’un miracle.

Le Rabbi eut la crise cardiaque pendant la célébration de Chemini Atséret dans la synagogue Loubavitch centrale, au 770 Eastern Parkway, située dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn. La fête, marquée par des danses festives, a lieu à l’issue des sept jours de la fête de Soukkot et se poursuit avec Sim’hat Torah.

« Tout a commencé à 22h30, a rapporté le quotidien israélien Yediot Aharonot du 9 octobre 1977. Les célébrations ont été stoppées au milieu des danses, lorsque le Rabbi ressentit une vive douleur à la poitrine. »

La synagogue pleine à craquer se vida alors rapidement et certains fidèles brisèrent les fenêtres pour laisser entrer l’air frais.

« Quand la synagogue fut à moitié vide, le Rabbi demanda qu’on lui apporte une Torah, poursuit le récit du Yediot. À la stupéfaction de tous les présents, le Rabbi se mit à danser avec la Torah. »

Un tel comportement était en soi miraculeux, explique Weiss.

Tout au long de l’incident, et même après que le Rabbi soit allé se reposer dans son bureau, il refusa d’être emmené à l’hôpital.

S’exprimant en yiddish, le Rav Binyamine Klein, l’un des secrétaires du Rabbi, affirma que celui-ci tenait absolument à demeurer à Crown Heights.

« Le Rabbi déclara qu’il ne voulait pas aller à l’hôpital, a dit le Rav Klein. Nous ne savions pas grand-chose à ce moment-là, mais nous savions que la moitié du cœur du Rabbi ne fonctionnait pas. »

Une escorte de police

Au cours des premières heures, le Dr Weiss – qui avait été informé de l’infarctus du Rabbi par le Rav Yehouda Krinsky, un autre secrétaire du Rabbi – avait communiqué par téléphone avec l’équipe médicale du Rabbi à New York. Mais après avoir appris que le Rabbi refusait d’être transporté, il proposa de se rendre à New York pour diriger l’équipe.

Les cardiologues Dr Ira Weiss (à droite) et Dr Louis Teichholz s’entretiennent dans le bureau du secrétariat du Rabbi.
Les cardiologues Dr Ira Weiss (à droite) et Dr Louis Teichholz s’entretiennent dans le bureau du secrétariat du Rabbi.

« J’ai dit que... nous pourrions mettre en place l’équivalent d’une unité de soins coronariens au 770, explique le Dr Weiss. [Nous] fournirions des soins immédiats [pour lui], avec tout l’équipement d’une unité complète de soins coronariens dans un hôpital ordinaire tel que le New York Hospital ou le Mount Sinaï Hospital de New York. »

Après avoir atterri à New York le lendemain matin, le Dr Weiss, qui avait rédigé un manuel d’analyse du rythme cardiaque, fut escorté par la police au quartier général mondial de Loubavitch.

Il fut accueilli par la Rabbanit ‘Haya Mouchka Schneerson, l’épouse du Rabbi, de mémoire bénie, qui insista pour qu’il ne se rende pas auprès du Rabbi avant d’avoir fait le Kiddouch – la bénédiction traditionnelle sur le vin qui sanctifie une fête juive – et mangé quelque chose.

« Elle fut dès le début très protectrice envers moi », dit le Dr Weiss qui devint plus tard le médecin personnel de la Rabbanit. « J’ai dit à la Rabbanit : “Je suis vraiment venu pour m’assurer que tout va bien pour votre mari.” »

Lorsqu’il est entré dans le bureau du Rabbi, le Dr Weiss avait prévu de ne pas lui dire le pire.

« Il est vraiment inhabituel que quelqu’un survive à ce type de crise cardiaque ou redevienne fonctionnel, car… une grande partie de la force contractile du cœur a été perdue, explique le médecin. Alors j’ai décidé de ne pas dire tout cela au Rabbi, mais je voulais lui dire qu’il avait eu une crise cardiaque. »

Le Rabbi, toutefois, voulait plus d’informations.

« Il voulait savoir ce qui s’était passé, se souvient le Dr Weiss, et j’ai expliqué que l’une de ses principales artères s’était obstruée et que l’ECG avait montré une anomalie significative. »

Des personnes ont fermé le trottoir devant le bureau du Rabbi, qui fut rapidement transformé en chambre d’hôpital miniature entièrement équipée. Lorsque le Rabbi entendit cela, il demanda que les barrières soient retirées afin que les gens puissent passer librement.
Des personnes ont fermé le trottoir devant le bureau du Rabbi, qui fut rapidement transformé en chambre d’hôpital miniature entièrement équipée. Lorsque le Rabbi entendit cela, il demanda que les barrières soient retirées afin que les gens puissent passer librement.

Deux jours plus tard, à l’issue de la fête de Sim’hat Torah, le Rabbi fit un discours via microphone depuis son bureau transformé en chambre d’hôpital. Le discours adressé aux personnes réunies dans la synagogue en contrebas fut entendu par voie téléphonique dans le monde entier.

Au cours des semaines suivantes, le Rabbi utilisa ce même dispositif pour prononcer une série de discours le samedi soir.

Retour au travail

Bien que plusieurs semaines allaient s’écouler avant que les médecins ne l’autorisent à rentrer chez lui, le Rabbi avait immédiatement repris la correction de ses discours. Le Rav Yoel Kahn, responsable de la transcription des discours du Rabbi, raconta que son équipe avait d’abord cherché à alléger le travail du Rabbi.

« La première chose que nous avons décidée après la crise cardiaque du Rabbi, raconte le Rav Kahn, s’exprimant en yiddish, fut de rendre [les transcriptions] moins complexes et comportant moins de notes, afin d’éviter une fatigue inutile au Rabbi. »

Cependant, le Rav Kahn relate que lorsque ses collaborateurs se rendirent compte que la complexité et la profondeur des discours du samedi soir du Rabbi n’avaient en rien diminué, ils ont poursuivi leurs compilations sans relâche. Dans sa chambre d’hôpital improvisée, le Rabbi corrigeait les brouillons et ajoutait des notes.

Le Rabbi tint également à continuer de répondre aux lettres personnelles qui lui étaient adressées.

Des milliers de personnes se sont rassemblées pour entendre le Rabbi parler à peine deux jours après sa crise cardiaque. Le Rabbi s’est adressé à eux via un microphone.
Des milliers de personnes se sont rassemblées pour entendre le Rabbi parler à peine deux jours après sa crise cardiaque. Le Rabbi s’est adressé à eux via un microphone.

« Lorsque nous avons demandé aux médecins si nous avions pris la bonne décision de continuer à soumettre au Rabbi les synthèses de ses discours pour qu’il les corrige, dit le Rav Kahn, ils ont répondu que lorsque le Rabbi travaille dessus, ils ne voient aucune différence dans ses battements de cœur. [Mais] quand le Rabbi lit des lettres personnelles, c’est là que son rythme cardiaque devient anormal. »

Le Rav Klein raconte néanmoins : « Le Rabbi voulait continuer à répondre personnellement aux lettres. Le Rabbi a dit que si on ne les lui apportait pas, il irait prendre le courrier lui-même. »

Au cours de la première année après sa maladie, le Rabbi écrivit de nombreuses lettres. Le Rav ‘Haïm Shaoul Brook, membre de l’équipe de rédaction travaillant actuellement à la publication des discours inédits du Rabbi, a annoncé que ces lettres, allant de réponses concernant la vie personnelle des correspondants à des réflexions érudites et novatrices sur la Torah, seront bientôt publiées par la maison d’édition Kehot.

« La crise cardiaque marque le point de départ d’un regain de vigueur dans les activités du Rabbi qui s’est poursuivi pendant les 15 années suivantes », ajoute le Rav Brook.

Le Dr Weiss dit que le Rabbi n’a pas diminué son activité jusqu’à ce qu’il souffre d’un accident vasculaire cérébral en 1992. À bien des égards, dit-il, le Rabbi semblait être plus énergique après la crise cardiaque qu’avant.

« D’un point de vue médical, il était vraiment comme un géant, comme une personne très forte, comme si la crise cardiaque n’avait pas eu lieu, explique-t-il. C’était au-delà de mes attentes les plus folles. »

Vivre avec Machia’h "Entre deux mondes" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h "Entre deux mondes" par Gérard Touaty

Au cœur de notre paracha, la Thora va consacrer un très long chapitre à la préparation du premier mariage de l’histoire, celui qui unira Its’hak et Rivka. Mais un autre personnage occupe une place discrète mais essentielle pour cet évènement. C’est Eliézer, l’émissaire d’Avraham qui aura pour tâche de trouver une jeune fille digne du fils de son maître. Mais pourquoi, s’étonnent les commentateurs, fallait-il un émissaire pour faire ce mariage ? Il est vrai que pour la tradition juive, un mariage doit passer par un intermédiaire entre les deux futurs époux. Mais qu’en est-il du sens profond de cette situation ? A quelle idée déterminante, nous renvoie ici la Thora ?

C’est avec Its’hak et Rivka que l’idée de mariage prend forme pour la première fois dans la Thora. Le mariage est une alliance dont le but est d’unifier deux éléments contraires qui, de prime abord, s’opposent par nature. Mais ici, pour ce premier mariage, l’opposition est encore plus flagrante puisque Its’hak et Rivka sont issus de deux mondes différents : Avraham et Sara, les parents de Its’hak sont des Justes alors que la famille de Rivka est issue d’un milieu dont la moralité n’a qu’un lointain rapport avec celle d’Avraham. Plus profondément Its’hak et Rivka représentent le Haut (le monde spirituel) et le Bas (le monde matériel) et c’est la raison pour laquelle, notre paracha va consacrer une partie conséquente à ce mariage. Il ne s’agit pas ici d’une simple union matrimoniale. C’est le but du Juif sur terre qui transparaît à travers cette union.

Rapprocher les différences

Toute notre vie, en effet, consiste à sanctifier la matière. Quand un Juif mange, travaille ou agit dans le monde, il utilise la matérialité, non pour un usage strictement personnel mais pour son changer son affectation : il en fait un objet de mitzva. Il va manger pour servir D.ieu en bonne santé, il va travailler pour acheter des objets de culte etc, etc. C’est alors que se réalise un mariage entre le monde spirituel (le Juif) et le monde matériel (la matière). Mais lors du premier mariage, cette union était impossible car ces deux mondes étaient séparés. Il fallait un intermédiaire qui puisse les rapprocher et qui possédait en lui les qualités des deux mondes.
C’est ce qui explique que ce mariage fut arrangé par Eliézer, un émissaire, un homme qui unifiait deux concepts opposés : il était, d’une part, un être (physique) à part entière en pleine possession de ses facultés intellectuelles mais d’autres part, il devait annuler (sa personne et) sa volonté à celle de celui qui l’envoyait : il était complètement soumis à une autorité placée au dessus de lui (le Haut). Eliezer avait donc la capacité d’unifier (véritablement) Its’hak et Rivka.

Le dernier émissaire

Il en sera de même avec celui qui est désigné par Moché (Moïse) comme l’émissaire de D.ieu, le Machia’h (le Messie) qui lui aussi sera la réunion de deux situations extrêmes. C’est d’une part un homme qui souffre, « frappé de plaies » selon les mots du prophète Isaïe. C’est donc un homme du monde physique. Mais d’un autre côté, il est décrit (toujours par Isaïe) comme un homme élevé, sur qui sera posée la sagesse divine et dont l’âme atteindra un degré qui dépassera ceux que le monde aura connu.

Gérard Touaty

Paracha ‘Hayé Sarah  ‘Le ciel ouvert au-dessus du 770’  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha ‘Hayé Sarah ‘Le ciel ouvert au-dessus du 770’ par le Rav Yaakov Abergel

Le rassemblement mondial des émissaires du Rabbi, venus des quatre coins du monde au ‘770’, est pour le Rabbi l’occasion de rappeller le but d’une ‘Chli’hout. Quel est l’objectif que doit atteindre un émissaire?.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha ‘Hayé Sarah, le Rabbi déclare qu’à notre époque la ‘Chli’hout n’a pas d’autre but que celui de se préparer à recevoir concrètement le Machia’h.

Aussi, tout l’objet du rassemblement des émissaires du Rabbi, consiste à ‘parler ensemble, et à prendre de bonnes decisions, afin d’accomplir au mieux la mission présente de recevoir notre Juste Machia’h’.

Le Rabbi explique que notre Paracha rapporte qu’Avraham envoya son serviteur Eliézer chercher un parti pour son fils Itz’hak. A ce sujet Rachi écrit qu’Avraham ‘avait écrit un acte de donation au profit d’Itz’hak qui incluait tout ce qu’il possédait, afin qu’ils s’empressent d’envoyer vers lui leur fille’ (‘Chtar Matana’, 24, 10). ‘Tous les biens de son Maître’ étaient dans la main d’Eliézer’, car d’après le sens simple Avraham voulut qu’à la vue de tout cet argent les parents de la fiancée n’hésiteraient pas à donner leur fille à Itz’hak. Cependant de manière plus profonde, le Rabbi explique que ce mariage entre Itz’hak et Rivka ne représente pas seulement le mariage de deux personnes en particulier.

Ce mariage est le premier mariage Juif, après que fut ordonné par D.ieu la Mitsvah de la Mila. De ce mariage vient tout le peuple d’Israël, jusqu’à la fin de toutes les générations.

Le Rabbi met ici l’accent sur le fait qu’Avraham donna à son fils tout ce qu’il possédait. Il fit don de lui, de tout son être, de toute son Essence. Il montra véritablement ‘qu’il est le Père de tous les enfants d’Israël, et c’est pour cela qu’il donna tout ce qu’il possédait pour la réussite de ce mariage’.

Il est possible de dire ici, que ces propos du Rabbi sur Avraham et sur son serviteur Eliézer, peuvent également s’appliquer au Rabbi et à ses ‘Hassidim.

En effet, le Rabbi fait également don de lui, de tout son être, de toute son Essence, et il donne tout ce qu’il possède à son émissaire que celui-ci puisse mener à bien sa mission.

Dans le même ordre d’idée, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que ‘le mariage entre Itz’hak et Rivkah symbolise le but de la Création, l’union entre l’âme et le corps (dans le langage de la ‘Hassidout, entre le Nom ‘Mah’ et le Nom ‘Ban’). Itz’hak vit sur la Terre d’Israël, en un endroit saint, et Itz’hak lui-même est saint…Rivkah vit en-dehors de la Terre d’Israël, dans la maison de Bétouel et de Lavan, ‘telle une rose au milieu des épines’, ainsi qu’il est dit dans le Midrache.

Ici, dans le ‘Dvar Mal’hout’ le Rabbi nous enseigne que le mariage entre Itz’hak et Rivkah exprime l’union entre le spirituel et le matériel. Cette union elle-même représente le but de la Création, le but de la Torah et des Commandements divins qui consiste à faire résider la Sainteté divine ici-bas dans ce monde. Ici aussi il est possible de dire que ces propos du Rabbi au sujet de l’union entre l’âme et le corps, entre l’esprit et la matière, peuvent également s’appliquer au Rabbi et à ses ‘Hassidim.

En effet, le Rabbi réalise aussi l’union entre l’âme et le corps, par le fait d’enseigner la ‘Hassidout aux enfants d’Israël.

De fait, la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, est comparable à ‘l’âme’, et les enfants d’Israël de par leur perception naturelle de ce monde sont d’une certaine manière comparable au ‘corps’.

Le Rabbi Rachab a expliqué dans son ouvrage intitulé ‘La Source’ que depuis le péché de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, l’homme a perdu sa perception du Divin. Il perçoit plus ce monde matériel que la Parole divine qui l’anime à chaque instant. En ce sens, l’homme est comparable au ‘corps’, car il ressent la matière plus que l’âme spirituelle et divine qui se cache à l’intérieur d’elle et la maintient en vie.

Or, c’est précisément grâce aux enseignements du Rabbi, qu’un homme prend conscience de l’existence de cette âme divine qui anime chaque chose de ce monde. C’est grâce aux enseignements du Rabbi qu’un homme éveille sa perception du Divin, et que par elle il parvient à voir avec les yeux de son intellect, et à ressentir un tant soi peu, la spiritualité qui vit en lui-même et en ce monde matériel.

Ainsi, le Rabbi parvient à unir l’âme de la Torah au corps des enfants d’Israël, car il est celui qui vivifie nos perceptions, au point que celles-ci ne soient plus ‘grossières’, c’est-à-dire au point que ces perceptions ne soient pas seulement liées au caractère physique de ce monde. Le Rabbi élève nos perceptions et nos sensations, vers la sensibilité du Divin.

En d’autres termes, le Rabbi unit l’esprit de la ‘Hassidout avec la ‘matière de nos pensées’. Comme l’huile qui a la capacité de pénétrer dans les matières solides les plus dures, le Rabbi fait pénétrer dans nos esprits ‘carrés’, dominés par la dureté de la logique, des concepts divins et abstraits qui ‘flottent’ au-dessus de la raison et de l’intellect comme l’huile flotte au-dessus de tous les autres liquides.

A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il est possible de dire que le lien qui unit le Rabbi à ses émissaires, venus des quatre coins du monde au ‘770’ pour le ‘Kinous Ha Chlou’him’,   est comparable àl’union entre Itz’hak et Rivkah, entre l’esprit et la matière.

Le Rabbi est lui-même l’Essence de l’âme d’Israël. A l’image d’Itz’hak, il vit dans un endroit saint et il est lui-même saint. Les Chlou’him vivent en-dehors des quatres coudées du Rabbi, à l’image de Rivkah qui vit en-dehors de la Terre d’Israël, dans la maison de Bétouel et de Lavan,‘telle une rose au milieu des épines’.

Le Rabbi s’unit à ses émissaires, en leur donnant une mission, et en leur donnant toutes les forces nécessaires pour l’accomplir. Aussi, le rassemblement du Rabbi et de ses émissaires, est telle une union que l’on célèbre sous la ‘Houpa. Or, la chose est connue qu’au moment de la ‘Houpa, le ciel s’ouvre pour entendre les prières des nouveaux mariés, et de la même  façon pendant le Kinous Ha Chlou’him le ciel s’ouvre au-dessus du 770 pour entendre la prière du Rabbi et de ses ‘Hassidim. ‘Un seul homme avec un seul coeur’ pour demander la venue de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.

Rav Yaakov Abergel  

Qu’est-ce qu’un Beth ‘Habad ?

Qu’est-ce qu’un Beth ‘Habad ?

fr.chabad.org

Un Beth ‘Habad (Chabad House en anglais) est un centre communautaire juif dans le sens le plus authentique du terme. C’est le point de départ de toutes les activités éducatives et sociales des émissaires (Chlou’him) ‘Habad-Loubavitch, répondant aux besoins de la communauté juive tout entière, depuis ceux des plus jeunes enfants jusqu’à ceux de nos anciens.

Le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, a toujours appelé à l’expansion des activités dans les Beth ‘Habad existants ainsi qu’à l’ouverture de nouveaux centres partout où se trouvent des Juifs : dans les centres urbains, dans les banlieues, sur les campus universitaires, partout dans le monde. Ses délégués ont répondu, et continuent de répondre, à son appel.

En 1972, dans une lettre envoyée à l’occasion de l’ouverture d’un nouveau Beth ‘Habad, le Rabbi a émis le vœu que cette nouvelle institution soit une clé qui ouvrira le cœur de tous ceux qui la fréquenteront et de tous ceux qui se trouveront à portée de son influence – qui ouvrira leur cœur à l’essence même de leur judaïté. Celle-ci, au plus profond de l’être, est réputée être toujours vivante et sensible, en dépit des couches extérieures qui la recouvrent. Lorsqu’elle est réveillée, le Juif s’enflamme naturellement de la chaleur de la Torah de Vie et des Mitsvot qui constituent l’essence de la vie juive. Et il devient à son tour une source d’inspiration pour son entourage.

Dans les Beth ‘Habad, et dans toutes leurs activités, les Chlou’him sont les héritiers d’Abraham : toutes leurs portes sont ouvertes.

Ils ont hérité de sa bonté et de sa compassion, de son engagement désintéressé dans la révélation de l’existence de D.ieu auprès du monde entier. Ils ne s’arrêteront pas, jusqu’à ce que les sources de la Torah aient jailli en chaque lieu, « à l’Ouest et à l’Est, au Nord et au Sud ».

Première mission : se rendre dans les endroits les plus éloignés afin d'y trouver un Juif qu'il sera possible de rapprocher du service de D.ieu

Première mission : se rendre dans les endroits les plus éloignés afin d'y trouver un Juif qu'il sera possible de rapprocher du service de D.ieu

Loubavitch.fr

Le verset 'Hayé Sarah 24, 4 dit : «C'est dans mon pays et dans ma patrie que tu iras et prendras une femme pour mon fils, pour Its'hak(1)».

La première mission dont il est fait état dans la Torah est celle qu'Avraham confia à Eliézer. En effet, notre père Avraham délégua son serviteur fidèle, Eliézer, à 'Haran, afin d'y trouver une épouse pour le fils qu'il aimait tant(2), Its'hak.

De fait, la finalité de cette mission était d'assurer la pérennité du peuple d'Israël, de donner naissance à d'autres Juifs, les fils du peuple d'Israël. Et, afin d'atteindre cet objectif,

Avraham n'hésita pas à envoyer son serviteur fidèle, Eliézer, dans un endroit aussi inférieur, aussi dévoyé, aussi écarté des valeurs morales que `Haran(3).

Il est significatif de constater que cette mission est la première dont la Torah fait état(4). En effet, elle délivre un message éternel, pour toutes les générations, s'appliquant à la mission que chaque Juif reçoit, dans ce monde. Celle-ci consiste à rapprocher les autres Juifs des valeurs juives traditionnelles(5). Car, cette activité doit concentrer l'essentiel des efforts de chacun. Un Juif doit donner d'autres fils à notre Père Qui se trouve dans les cieux(6), apporter aux Juifs qui se sont éloignés la Lumière de la Torah et des Mitsvot, pour leur permettre de réintégrer les sentiers de la Tradition.

Pour cela, il faut se rendre dans les endroits les plus éloignés(7), spirituellement, les plus étrangers à la sainteté et à la Torah, afin d'y trouver un Juif qu'il sera possible de rapprocher du service de D.ieu. Celui-ci, à son tour, fera revenir d'autres âmes juives(8), qui, de la sorte, figureront également parmi les familles du peuple d'Israël.

(Discours du Rabbi, Séfer Ha Si'hot 5748, tome 1, page 84)

 Notes :
(1) C'est dans ces termes qu'Avraham confia à son serviteur Eliézer la mission de trouver une épouse pour son fils, Its'hak.
(2) Comme en atteste le verset, quand le Saint béni soit-Il demande à Avraham de le sacrifier : «ton fils, ton unique, que tu aimes, Its'hak».
(3) Nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, expliquent que liaran est de la même étymologie que liaron, la colère. Ils en déduisent que cet endroit était : «la colère de D.ieu dans le monde». Ils précisent aussi que Rivka s'y trouvait : «comme une rose parmi les ronces». Néanmoins, Avraham insista, tout particulièrement, pour que l'épouse de son fils soit issue de sa famille, au point que, quand Eliézer proposa sa propre fille, si sa mission à liaran s'avérait infructueuse, Avraham lui répondit : «Mon fils est béni et ta fille est maudite» !
(4) Ce qui lui confère un caractère prioritaire, une importance particulière.
(5) Tout comme Eliézer reçut pour mission de permettre le mariage d'Its'hak, afin qu'il donne naissance au peuple d'Israël.
(6) Leur donner naissance spirituellement.
(7) Au point d'être comparables à liaran.
(8) Conformément à l'expression de nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction : «humide au point d'humecter».

20 Hechevan : Anniversaire du Rabbi Rachab, Rabbi Chalom Dov Ber Schneerson (1860-1920)

20 Hechevan : Anniversaire du Rabbi Rachab, Rabbi Chalom Dov Ber Schneerson (1860-1920)

Rabbi Chalom Dov Ber Schneerson naquit à Loubavitch, le 20 Mar'Hechvan, un lundi de la Parasha 'Hayé Sarah 5621 (1860), à neuf heures du matin.

 

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Quelques mois plus tôt, sa naissance avait été annoncée en rêve, à sa mère, par l'Admour HaÉmtsahi et sa fille la Rabbanit Sarah, qui lui demandèrent de faire écrire pour l'occasion un Séfer Torah. Celui-ci fut achevé discrètement, après Yom Kippour et, quelques semaines plus tard, le Rabbi Rachab naquit. Sur l'ordre de son père, le Rabbi Maharach et sur le conseil du mohel, sa circoncision fut repoussée jusqu'au troisième jour de 'Hanouccah. Elle fut célébrée discrètement, tout comme la conclusion du Sefer Torah.

Dès son plus jeune âge, tous remarquèrent sa profonde crainte de D.ieu et sa grande ardeur à l'étude. Le décès de son grand-père, le Tséma'h Tsédek le choqua profondément et il demanda à son professeur l'autorisation d'assister à la prière de son père, pendant toute l'année de deuil. En 5634 (1874), il célébra sa Bar Mitsva, qui fut particulièrement joyeuse. Il possédait alors de très profondes connaissances talmudiques et halakhiques, ainsi que de bonnes notions de 'Hassidout. Dès 5636 (1875), il répétait lui-même les commentaires publics de son père.

Il épousa la Rabbanit Shterna Sarah, la plus jeune fille de son oncle, Rabbi Yossef Its'hak, le samedi soir 11 Eloul 5635 (1875). Le mariage eut lieu à Avroutch, ville de son beau-père et il rentra à Loubavitch le dimanche 19 Eloul. Pendant cinq ans, il se consacra, de manière intensive, à l'étude de la Torah.

C'est en 5640 (1880) qu'il commença à prendre en charge les besoins communautaires et devint, dans ce domaine, le confident de son père. Son action fut intense et multiple. En 5625 (1892), il multiplia les démarches pour annuler l'expulsion des Juifs de Moscou. Il parvint à la retarder jusqu'à l'été et, pendant ce temps, collecta des fonds pour permettre aux expulsés de s'installer dans leurs nouvelles implantations. Dès 5653 (1893), il réinstalla le comité des responsables communautaires de Pétersbourg, qui avait créé par son père. En 5662 (1902), il obtint le concours des frères Yaakov et Eliezer Poliakov, philanthropes bien connus à l'époque et l'aide matérielle de l'I.C.A pour fonder une usine de tissage et de filage de la laine dans la ville de Doubrovna, près de Moguilev. Deux mille Juifs y travaillèrent, gagnant largement leur vie. Son action pour faire cesser les pogroms fut couronnée de succès et, en 5666 (1906), il parvint à calmer les persécutions.

Comme son père, il multiplia les voyages pour résoudre les problèmes des Juifs. C'est ainsi qu'il se rendit en 5654 (1894) dans la région de 'Herson, en 5658 (1898) à Kiev et à Odessa. Dépassant même les frontières de la Russie, il visita, en 5661 (1901), l'Allemagne, la France et la Hollande. Il participa, en 5668 (1908), à la réunion des responsables communautaires, qui eut lieu à Berlin, en Allemagne.

Il prit, en 5643 (1883), la tête des 'Hassidim 'Habad. Il fut très choqué par le décès du Rabbi Maharach et passa l'année de deuil dans la chambre de son père. Pendant tout ce temps, il ne reçut personne, ne répondit pas aux questions, se consacra à l'étude et à la prière. Par la suite, son état de santé l'obligea à vivre dans des pays plus chauds et au bord de la mer. Il passa quelque temps à Paris, à la Bourboule et plus tard à Menton, puis en Allemagne, en Bohême, en Autriche et en Italie. C'est à partir de 5654 (1894) qu'il succéda à son père et assuma pleinement ses fonctions. Il occupait désormais la place de son père, à la synagogue, recevait les 'Hassidim, répondait à leurs questions, commentait publiquement la 'Hassidout. En 5655 (1895), son fils, Rabbi Yossef Its'hak, devint son secrétaire particulier, pour tous les problèmes communautaires.

Il se préoccupa des soldats juifs qui combattaient en Extrême-Orient et, en 5664-5665 (1904-1905), institua des comités chargés de leur envoyer des Matsot pour Pessa'h. Grâce à son intervention, 2382 responsables communautaires, Rabbanim, 'Hazanim et Cho'hatim furent réformés en 5777 (1917).

Il fonda, le dimanche 15 Eloul 5657 (1897), la Yéchiva Tom’hei Temimim, afin que le Talmud et la 'Hassidout puissent être étudiées en un seul et même endroit. Ce fut là la grande œuvre de sa vie. Puis, en 5671 (1911), il fonda, dans le même esprit, la Yéchiva Torat Émet, dont il confia la direction à Rabbi Shlomo Leïb Eliezerov, à 'Hevron, en Terre Sainte. Il délégua Rabbi Chnéour Zalman Havelin, qui se rendit, pour cela, en Erets Israël. Pendant l'été 5676 (1916), il fonda une extension de la Yéchiva, avec de nombreuses succursales, en Géorgie, puis dans le Caucase.

Son enseignement est particulièrement important. Il développa les idées de la 'Hassidout et les présenta de manière structurée. C'est à ce titre qu'il fut appelé le « Maïmonide de la 'Hassidout ». Ses très nombreux discours sont désormais pour la plupart imprimés.

En 5659 (1899), il affirma sans ambiguïté son opposition au sionisme, dans une première lettre, qui fut alors diffusée. De même, il s'engagea dans la lutte contre la Haskala. Il coopéra avec des responsables d'autres communautés, notamment Rabbi Its'hak El'hanan Spector de Kovno et le baron Guinsbourg de Pétersbourg, le Rabbi de Tcherkov, le Rabbi de Bouyan, le Rabbi de Wholin, le Rabbi de Slonim, le Rabbi Elyahou 'Haïm de Lodj, Rabbi David de Karlin, Rabbi 'Haïm de Brisk, le docteur Tsadok Kahn, grand Rabbin de France et le Rav Ritter, grand Rabbin de Hollande. En 5667 (1907), il créa « l'Union des Juifs observants », avec un programme d'action très détaillé, dont il confia l'exécution au Rav Breur et au Rav Yaakov Rosenheim. Toutefois, à la réunion de Katowitch, en 5669 (1909), il annonça officiellement qu'il se retirait d'Agoudat Israël. En effet, il expliqua que cette organisation, dont la finalité devait être l'union entre toutes les tendances du peuple juif, 'Hassidim et Mitnagdim, afin de défendre les valeurs de la Torah et des mitsvot, se détournait de sa vocation première et défendait des intérêts politiques, étrangers à ceux qui avaient la Torah pour seule préoccupation.

Il quitta Loubavitch, avec toute sa famille, le dimanche 16 Mar'Hechvan 5676 (1915) et s'installa à Rostov sur le Don. De 5678 à 5780 (1918 à 1920), la Russie connut la guerre civile. Le Rabbi se consacra alors à mettre en ordre les manuscrits des précédents Rebbeïm.

À l'issue du Chabbat Vayikra, veille du dimanche 2 Nissan 5680 (1920), à trois heures trente du matin, il quitta ce monde. Il est enterré à Rostov sur le Don. Dans les trente jours suivant son décès, un incendie détruisit la maison qu'il habitait à Loubavitch, avant de partir pour Rostov.

Il eut un fils unique, Rabbi Yossef Its'hak, le Rabbi Rayats, qui lui succéda.

C’est après ce Chabbat que nous passerons en heure d’hiver :  "Lumière sur la nuit !" par Rav Haim Nisenbaum

C’est après ce Chabbat que nous passerons en heure d’hiver : "Lumière sur la nuit !" par Rav Haim Nisenbaum

Les médias nous le rappellent et déjà la rue en bruisse : c’est après ce Chabbat que, selon l’expression consacrée, nous passerons en heure d’hiver. Quel que soit l’avenir de ce changement saisonnier, il présente régulièrement le même saut impressionnant. Brutalement, il fait nuit au réveil et le jour paraît beaucoup plus court.

Certes, les choses ne se sont pas vraiment passées ainsi, chacun le sait. Cependant, la réalité du quotidien finit par nous conduire à le penser : la nuit a pris des longueurs inaccoutumées. C’est alors que surgit la question : que faut-il en faire ?

Dans la vision juive du monde, D.ieu ne créa rien en vain. C’est dire que tout ce à quoi nous assistons au fil du temps, même ce qui dépend de la volonté des hommes, s’inscrit également dans le plan Divin pour la création.

Force est donc de se saisir de ce changement si essentiel, celui de l’heure. De fait, il n’y en a pas de plus déterminant car le temps est cette dimension qui constitue le support de notre existence, autant, et peut-être davantage, que l’espace.

Que peut donc y faire l’homme, en dehors d’y souscrire car ainsi est fixé le rythme social ? Il doit y réfléchir et mettre cela en perspective. Lorsque revient l’hiver et que, par nature cette fois, les jours raccourcissent et les nuits rallongent, le Talmud observe que « celui qui étudie la Torah la nuit, un trait de bonté Divine descend sur lui. » L’idée va loin. Ainsi, pour nos Sages, ce n’est pas seulement d’une évolution due à l’avancée des saisons qu’il s’agit mais bien d’un nouveau temps du service de D.ieu.

Alors que nous vivons une période où ce changement n’est pas progressif mais brutal, que la nuit grandit de façon quasi irrésistible, l’action de chacun est d’autant plus nécessaire.

On pourrait se laisser entraîner par l’obscurité régnante, glisser dans un sommeil d’oubli et laisser le temps s’écouler sans le remplir. Pourtant, il a été remis entre nos mains comme l’ensemble de la création. A nous de lui donner un sens. Cette nuit plus longue peut ne pas être celle de l’endormissement mais bien celle d’un éveil de la conscience. L’étude en est la clé. Elle est à la portée de chacun. Il n’est pas de plus grande lumière.

Paracha Vayéra  ‘L’acquisition de Yé’hida’  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Vayéra ‘L’acquisition de Yé’hida’ par le Rav Yaakov Abergel

  

(pour l’élévation de l’âme du Rav Mordé’haï Olidort)

Dans la Paracha précédente, Lè’h-Lé’ha, nous avons étudié l’importance et la signification profonde de l’expression ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’).

 

Or, il est possible de souligner ici que dans l’un des versets de la Paracha ‘Vayéra’ (22, 2), L’Eternel S’adressa à Avraham en lui disant aussi ‘Lè’h-Lé-ha’‘Prends Je t’en prie ton fils, ton unique, que tu aimes, Itz’hak, et va pour toi (Lè’h-Lé’ha) vers le pays de Moriah et offre-le là-bas en un sacrifice sur l’une des montagnes que Je t’indiquerais’.

Comme il a été expliqué, la marche d’Avraham (Lè’h-Lé’ha) symbolise son travail pour s’élever progressivement de degré en degré dans son service divin, jusqu’à dévoiler la force de l’Essence de  son âme (Ye’hida).

C’est-à-dire jusqu’à parvenir à s’élever au-delà de la raison et de l’intellect, en agissant de manière à faire don de sa propre existence, pour faire de ce monde une demeure pour l’Essence de D.ieu.

Or, il y a également une allusion à ce dévoilement dans ce même verset, lorsque L”Eternel déclare à Avraham ‘Prends Je t’en prie ton fils, ton unique’ (‘Yé’hid’ha).

En effet, le mot ‘unique’ se dit en en hébreu ‘Yé’hida’, et il est alors possible d’expliquer que l’emploi précis de ce mot est une allusion au fait que la mission d’Avraham consiste à acquérir le niveau de ‘Yé’hida’ de son âme divine.

C’est pourquoi L’Eternel demande à Avraham de prendre son unique’, car dans la Torah l’action de prendre un objet procède de l’acquisition de cet objet (ce que l’on appelle en hébreu un ‘kinian’, une ‘acquisition’).

Ainsi, l’expression: ‘Prends Je t’en prie ton fils, ton unique’ semble clairement exprimer l’action d’acquérir (‘prends’) le niveau de ‘Yé’hida’ (‘ton unique’).

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayéra, le Rabbi définit ce même principe lorsqu’il parle de l’âme Juive: ‘L’âme divine est d’un niveau divin supérieur. “Elle est une parcelle de divinité véritable”, et lorsque l’on détient (‘tofès) une partie de l’Essence, on la détient dans sa totalité. On détient véritablement l’Essence divine. Aussi, le mot ‘tofès’ (qui vient de ‘tfisa’: la ‘détention’), est lié à l’acquisition, au ‘kinian’, par lequel un homme devient propriétaire de la chose acquise. Ainsi, chaque Juif ‘tofès’ et acquiert, devient propriétaire si l’on peut dire, de l’Essence divine  de manière véritable’.

Le Rabbi nous enseigne ici qu’au moment de la circoncision, lorsque l’âme divine pénètre et s’habille dans le corps de l’enfant, ‘chaque Juif devient propriétaire de l’Essence divine de manière véritable’, l’intention du Rabbi est de nous dire que la possibilité est donnée à chaque Juif, à chaque moment de sa vie, de dévoiler la force de son âme divine.

Cependant, il existe plusieurs niveaux de l’âme divine, et le dévoilement de l’Essence de l’âme est celui qui est le plus élevé d’entre tous. Aussi, il apparaît à l’évidence que dévoiler la force de l’Essence de notre âme requiert de notre part de sérieux efforts dans notre service divin, et combien plus encore pour ‘l’acquérir’ en la dévoilant en nous-mêmes de manière constante.  L’acquisition de l’Essence de l’âme est bien plus importante qu’un simple dévoilement de celle-ci.

En effet, le terme ‘d’acquisition’ sous-entend que l’on devient propriétaire de la chose acquise, c’est-à-dire que cette chose est à présent à notre portée, puisqu’il nous appartient d’en disposer et de l’utiliser chaque fois que l’on en éprouve le désir.

Ainsi, dans notre cas, l’acquisition de Yé’hida signifie que l’on est parvenu à ce que l’Essence de notre âme soit constamment dévoilée en nous-mêmes.

Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur ‘les Hala’hot de la Torah qui ne disparaitront jamais’ ( à la fin du livre Dévarim) le Rabbi explique que dans les Temps futurs chaque Juif atteindra un niveau supérieur d’union parfaite avec D.ieu. ‘D.ieu et chaque Juif ne formeront plus qu’une seule réalité’. Si l’acquisition de Yé’hida aura effectivement lieu au moment de la résurrection des morts, il n’en demeure pas moins qu’à présent, seul le Rabbi, qui est ‘le Tsaddik sur lequel repose le monde’, est à ce niveau.

A la lumière de tout ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons expliquer que lorsque L’Eternel demanda à Avraham ‘d’acquérir l’Essence de son ame’ (‘Prends Je t’en prie ton fils, ton unique), Il signifiait qu’Avraham devait agir au-delà de la raison et de l’intellect, non pas de manière occasionnelle, mais au contraire, sa soumission à L’Eternel devait être totale et constante.

Avraham devait acquérir la force de l’Essence de son âme, afin d’agir à tous les moments de son existence, et dans toutes les situations de sa vie, en faisant un don total de sa propre existence (comme pour le fait de faire don de son propre fils, lequel représente sa propre existence du fait ‘qu’Itz’hak est le futur d’Avraham’), pour faire de lui-même, et de ce monde, une demeure pour l’Essence de D.ieu.

Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’ le Rabbi nous donne un exemple  qui s’accorde avec notre propos. Le Rabbi explique en effet que lorsque les Juifs étaient oppressés par le régime politique russe qui les empêchaient de pratiquer librement leur Judaïsme, ces mêmes Juifs n’hésitaient pas à mettre en danger leur vie pour sanctifier le Nom de D.ieu. Rien ne pouvait les arrêter dans leur service divin, car ils étaient alors inspirés par la force de l’Essence de leurs âmes. Cependant, après la guerre, lorsque ces Juifs quittèrent la Russie et partirent vivre en Amérique dans un endroit où ils pouvaient librement pratiquer leur Judaïsme, ils retrouvèrent leur première nature et perdirent l’inspiration divine. De fait, ils avaient été jusqu’à présent animés par la force de l’Essence de l’âme, mais cela, sans pour autant l’avoir acquise de manière profonde, sans avoir acquis le niveau de Yé’hida.

L’étude du Dvar Mal’hout de la Paracha Vayéra nous donne à réfléchir sur le dévoilement et l’acquisition du niveau supérieur de l’Essence de l’âme.

A l’évidence l’acquisition de Yé’hida dépend de notre attachement au Rabbi. Un attachement profond et sans limites.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi raconte l’histoire du Rabbi Rachab qui pleura devant son grand-père parcequ’Hachem apparut à Avraham, et qu’à lui-même Il n’était pas apparu. Il semble évident que les larmes du jeune enfant parvinrent jusqu’au ciel et y firent leurs effets. Le fait que ce jeune enfant devint par la suite le Rabbi de Loubavitch est bien la preuve que L’Eternel finit par lui apparaître.

Par ailleurs, le Rabbi souligne ici qu’à l’exemple de cet enfant nous devons demander, jusqu’à en pleurer, la Délivrance finale et que le Machia’h nous apparaisse enfin, dès à présent. L’acquisition de Yé’hida aura alors effectivement lieu, et ‘D.ieu et chaque Juif ne formeront plus qu’une seule réalité’. Avec l’aide de D.ieu.

17 Hechvan : Yortsaït de Mme Bassie ע"ה Azimov

17 Hechvan : Yortsaït de Mme Bassie ע"ה Azimov

Madame Bassie a"h Azimov était issue d’une famille juive russe distinguée. Ses parents s’étaient mariés en Sibérie : en effet, peu après ses fiançailles, Rav Bentsion Chemtov avait été arrêté puis envoyé en exil en Sibérie. Pourquoi ? Il avait été pris en flagrant délit d’activités contre révolutionnaires, c’est-à-dire que, sous l’impulsion de Rabbi Yossef Yits’hak Schneersohn, le précédent Rabbi de Loubavitch, il avait organisé des écoles juives clandestines et encourageait les Juifs à rester fidèles à la Torah et à pratiquer les Mitsvot, quel que soit le danger.

Par la suite, il remarqua non sans humour : «Le froid était si intense en Sibérie que même le bacille de la tuberculose n’y résistait pas!»

Sa fiancée l’avait alors rejoint malgré le froid et les dangers inhérents à cette démarche et ils s’étaient mariés dans la plus grande simplicité. Bassie était la dernière de leurs six enfants. (Ses frères et sœur, neveux et nièces sont tous largement impliqués dans le Mouvement Loubavitch, émissaires du Rabbi, que ce soit en Angleterre, aux États-Unis et, de fait, dans le monde entier). (Lire la suite)

Après la guerre, ses parents réussirent à quitter le «paradis soviétique» avec de nombreux autres ‘Hassidim qui avaient profité de certains allègements, lors d’un long voyage – et diverses étapes - en train qui dura plus d’un an, à travers l’Europe à peine libérée et en pleine reconstruction pour finalement s’installer à Londres où ils reprirent leurs activités de propagation du judaïsme.

Mme Chemtov entreprit même de rédiger des livres pour enfants en anglais, langue qu’elle maîtrisa bien vite. Très tôt, leurs enfants les secondèrent et Bassie passait ses Chabbat après midi, non pas à sortir avec ses amies mais à s’occuper de Messibot Chabbat pour les petites filles de son quartier qui ne fréquentaient pas l’école juive.

Inscrite au Séminaire de Jeunes Filles de Gateshead, fidèle à elle-même, elle continua d’enseigner tout en étudiant ; elle influença durablement ses camarades de classe qui sont depuis devenues elles-mêmes des responsables dans différentes communautés juives du monde entier et qui se souviennent avec émotion de la passion avec laquelle elle diffusait les messages du Rabbi.

Ce fut pendant ses études au séminaire que Bassie apprit le décès de sa mère : elle avait alors 17 ans et son chagrin fut immense. Cela contribua à la rapprocher de son père qui la présenta à la Rabbanit ‘Hanna Schneersohn, la mère du Rabbi, qui s’occupa d'elle avec affection. Elle fut aussi présentée à l’épouse du Rabbi, la regrettée Rabbanit ‘Haya Mouchka.

Elle s’installa alors aux États-Unis pour enseigner dans une école juive de Philadelphie. On peut dire que, depuis, elle n’a jamais abandonné le domaine de l’éducation, aussi bien pour les enfants que pour les adultes à qui elle savait transmettre ses exigences de perfection dans tout ce qui touche à la pratique de la Torah et l’attachement au Rabbi de Loubavitch et ses enseignements qui étaient sa raison de vivre. Lire la suite

Dès son mariage avec le Rav Chmouël a"h Azimov en 1968, elle s’installa à Paris à l’initiative du Rabbi. Avant de partir, elle fut reçue par la Rabbanit ‘Haya Mouchka – de mémoire bénie – qui lui annonça prophétiquement : «Nous avons labouré et semé (dans les années 30, le Rabbi et son épouse avaient habité à Paris), vous allez récolter!». 

Et il est vrai que la récolte dépassa toutes les espérances ! Il suffit pour cela de consulter les chiffres du Beth Loubavitch (plus de 120 émissaires répartis dans toute la région parisienne, des écoles qui frisent l’excellence académique, des synagogues, des Mikvés, des publications, des allumages publics de ‘Hanoucca, des distributions de matériel religieux avant les fêtes, des grands rassemblements …) pour constater que les résultats ont été prodigieux. Il est absolument certain que cette réussite du Rav Azimov doit énormément à l’encouragement et l’initiative de son épouse qui sut exiger le meilleur : non pas matériellement pour elle-même mais spirituellement pour tous.

Cependant, les débuts ne furent pas faciles. Bassie évoquait avec humour son arrivée dans cet étrange pays à la veille d’une révolution lors de la fameuse révolte estudiantine de mai 68 : les magasins fermés, les parisiens constituant des provisions de sucre et de farine comme pour tenir un siège, les grèves et les manifestations…Quant à la vie juive, elle était plus que difficile au point qu’elle remarqua un jour : «Quel avantage ! Ici, tout est à construire! Et nous construirons à priori selon les meilleurs critères de cacherout et d’éducation!»

Elle n’admettait aucun compromis dès lors qu’il s’agissait de la pratique des Mitsvot. C’est elle qui fixa les règles qui président encore aujourd’hui aux destinées des écoles  avec un programme conforme aux meilleures écoles Loubavitch de par le monde… Le cours qu’elle animait le  mardi soir était devenu une institution. Elle enseignait aussi à l’école ‘Haya Mouchka où elle suivait les progrès de chaque élève et où elle encourageait chaque professeur. Elle avait d’ailleurs surveillé attentivement l’élaboration des plans  puis des travaux de cet énorme complexe qui demeure la plus grande école juive d’Europe. Ses élèves étaient devenues comme ses filles, et elle savait comment obtenir le meilleur d’elles.

Malgré sa santé précaire, elle faisait preuve d’un courage exemplaire et restait focalisée vers un seul but : ramener tous les Juifs de France à une vie de Torah : alors que nombreux étaient ceux qui avaient décrété qu'il était impossible de rester un bon Juif à Paris, la ville des lumières, la ville du mauvais penchant, elle lutta de toutes ses forces et parvint à prouver que «Paris n’est pas différent», qu'on peut vivre une vie de Torah même dans la capitale du pays de la révolution française si mal vue dans le passé.

Madame Bassie Azimov nous a quitté le lundi 17 ‘Hechvane 5772 (14 novembre 2011), à l'âge de 65 ans.

«De même que sa descendance est en vie, elle aussi est en vie !», une vie entièrement tendue vers la perfection, vers un attachement inconditionnel au Rabbi et à ses enseignements.

Feiga Lubecki

Mon beau-frère Rav Chmouel Azimov, "Moulay", par le Rav Adin Even Israel (Steinsaltz)

Mon beau-frère Rav Chmouel Azimov, "Moulay", par le Rav Adin Even Israel (Steinsaltz)

Publié à l'occasion du 12 Hechvan 5779, 4ème Yortsait du Rav Chmouel Azimov

 

"Il se peut que le Rabbi comptait autour de lui des ‘hassidim plus érudits ou plus « saints », d’aucuns ont sans doute abouti à différents résultats appréciables ; je ne suis pas cependant sûr qu'ait pu exister un autre 'hassid de la carrure de Moulay, un ‘hassid tout court, sans titre honorifique supplémentaire, attaché au Rabbi de tout son être et de toute son existence."

 

Traduit et adapté de l’hébreu par Michel Allouche, Jérusalem

Qui aurait imaginé qu’il m’appartiendrait d’écrire un hommage à la mémoire de mon beau-frère plus jeune que moi de plusieurs années et que j’ai connu à l’époque où il était encore un tout jeune homme? et me voici aujourd’hui à tenter de dessiner, au travers de ces quelques lignes, près de 50 ans de sa vie, emplie de tant d’activités et de rayonnement autour de lui.

Un Chalia'h hors du commun

L’institution des Chlou'him existe chez les ‘hassidim depuis plusieurs générations. À n’en pas douter, Moulay est le Chalia'h dont l’influence s’est fait ressentir chez un nombre de Juifs bien plus important que tout autre Chalia'h ; de plus, il a su implanter un nouveau modèle de vie. Certains ont désigné, à juste titre, un tel changement sous le nom de « révolution française » : c’est que Moulay a su créer un tout nouveau cadre, de surcroît imposant, à l’origine d’un judaïsme français animé et revigoré.

Bien que l’on ne puisse utiliser la même échelle de valeurs, nous pouvons affirmer qu’un tel phénomène, en quantité et en vitalité, ne s’était pas produit en France depuis la période des Tossaphot (au Moyen-âge). Le judaïsme français qui semblait en plein affaiblissement et en passe de perdre sa propre identité, a eu la chance de connaître un nouveau réveil, au travers de nouvelles communautés. Un réveil qui permit à ce judaïsme non seulement de se maintenir mais aussi de se développer dans tous les sens du terme.

En fait, un tel renouveau résulte de l’action menée par un seul et même Chalia'h. De toute évidence, une certaine vie juive existait auparavant en France, y compris au travers du mouvement ‘Habad. Des personnes influentes et de renom avaient déjà créé des institutions telles que la yéchiva de Brunoy ou le séminaire de jeunes filles à Hyères. D’autres personnalités juives importantes lors de la dernière génération ont eux aussi apporté leur contribution dans d’autres domaines. Malgré tout, le changement que Moulay a introduit conserve toute sa spécificité. Rien de ce qui a pu être accompli partout ailleurs dans le monde juif, de son temps ou auparavant, ne souffre la moindre analogie. Tout ce qui a été réalisé en moins de 50 ans ne se résume pas à une action restreinte au petit noyau d’une communauté juive locale : il s’agit, ni plus ni moins, d’une résurrection sans pareil, concernant la communauté juive dans son ensemble.

Un souvenir datant de 50 ans remonte à mon esprit qui permettra de donner à ce formidable changement un caractère plus tangible. À cette époque en effet, les fidèles de la fameuse synagogue ‘Habad du 17 Rue des Rosiers à Paris luttaient chaque vendredi soir, la veille de Chabbat, pour compléter leur mynian. Pour y parvenir, ils devaient « soudoyer » un clochard juif traînant dans le quartier en lui promettant une bouteille de vin afin qu’il accepte d’être le dixième…Aujourd’hui, la Jeunesse Loubavitch de Paris et de toute la France compte un nombre impressionnant d’émissaires et de délégués, ce qui démontre à quel point les choses ont évolué. Un monde nouveau, une vie juive nouvelle se sont ainsi forgés, là où ne subsistaient que des communautés amincies et en voie d’extinction. On y trouve des hommes et des femmes, avec leurs enfants et leurs petits-enfants, qui continuent d’apporter un sang nouveau et leur propre vitalité.

Sans nul doute, Moulay constitua en quelque sorte la vertèbre cervicale de tout ce processus. Mais c’est là aussi que réside une énigme, celle d’un jeune homme ayant métamorphosé un monde entier tout autour de lui. Tout ce qui s’est produit depuis lors et jusqu’à aujourd’hui nous conduisent à la même question : comment un homme si jeune, âgé d’un peu plus de vingt ans, a-t-il pu générer un tel élan, sans cesse grandissant ? Certes, l’on pourrait se lancer dans des tas d’explications et d’interprétations, mais,in fine, on en revient toujours à un seul jeune homme, au simple nom de Moulay, loin des titres gonflants dont la langue hébraïque fleurit comme « Harav Hagaon » ou le « Hamékoubal haéloki », [littéralement, « l’éminent Rabbin » ou « le Kabbaliste inspiré de l’esprit divin »]. Moulay a réussi à accomplir ce que d’autres n’ont jamais pu réaliser.

Le ‘hassid

Si l’on cherche à saisir Moulay, en fait « le phénomène Moulay » – bien qu’il soit difficile à appréhender simplement -, le mieux est peut-être de rappeler ce qu’il était avant tout, dans toute son essence : un ‘hassid. En d’autres termes, ses actes, ses paroles, sa réussite et l’influence qu’il exerça exprimaient, fondamentalement, le ‘hassid qui se confondait avec sa personne.

Plusieurs épithètes sont parfois apposés au terme ‘hassid : il y a les ‘hassidim distingués, les ‘hassidim enthousiastes, voire ceux simples d’esprit. Moulay lui n’avait besoin d’aucun qualificatif : il était un ‘hassid, point. Ni son action ni ses paroles ne le définissaient en tant que tel, mais bien la quintessence de son être. ‘Hassid, il l’était chez lui à la maison comme avec les autres à l’extérieur, qu’il soit le mari et père de famille ou le dirigeant, l’enseignant ou le machpia, le mentor. Sa personnalité était le pur reflet de ce que le Rabbi attendait de ses ‘hassidim : témoigner de sa qualité de ‘hassid non pas seulement vis-à-vis de certains domaines suprêmes, mais bien dans l’ensemble de son être.

Moulay était lui-même issu d’une famille de ‘hassidim. Tant du côté de son père que de sa mère, tous vécurent une vie centrée autour du fait qu’ils étaient des ‘hassidim. Tel par exemple son grand-père maternel qui fut l’émissaire du Rabbi d’alors ou son grand-père paternel qui fut l’un des éminents témimim[1]. Le dénominateur commun à leur personnalité se retrouva dans Moulay : un homme totalement ‘hassid, dans chacun de ses membres sans exception ; son parler était « ‘hassidout » tout comme l’inspiration dont il gratifiait son entourage. Dans une grande mesure, l’influence qu’il exerça sur des gens d’âges et d’horizons différents ne découlait pas vraiment de quelque parole ou de quelque enseignement entendus de sa bouche, mais plutôt du fait-même de leur rencontre avec le ‘hassid qu’il était.

Il est possible de présenter l’essence de la ‘hassidout de diverses manières, notamment par le biais d’écrits hautement abstraits ou rhétoriques. Chez Moulay, il en allait tout autrement, sans besoin d’explications, mais de la manière la plus simple, pourtant difficile à décrire. À titre d’illustration, prenons l’exemple d’un livre entièrement consacré à la rose, la présentant sous tous ses aspects et dans tous ses recoins. Lire un tel livre permet sans doute d’acquérir une bonne connaissance « à propos » de la rose. Mais il existe un autre niveau de connaissance, celui où l’on se trouve face à la rose elle-même et où tout livre devient alors superflu…

Certaines personnes éprouvent le besoin de réfléchir longuement avant d’accomplir un acte ou avant de s’exprimer, notamment en fonction de la situation. Un ‘hassid agit en tant que tel, tout simplement. D’aucuns se sont trouvés confrontés à des problèmes pratiques ou intellectuels, notamment suite à des instructions du Rabbi, qu’ils les aient comprises ou non. Moulay lui, ne connaissait point ce genre de problèmes ; en parfait ‘hassid, il s’identifiait totalement avec les paroles du Rabbi et affichait une discipline sans faille. Dès lors, il ne se posait pas de questions quant à la manière d’agir ni n’en cherchait les raisons. Car le propre d’un ‘hassid est de faire ce que le Rabbi lui demande, que la chose soit aisée ou non, qu’il la comprenne ou non, sans la moindre différence entre les deux cas. Le Rabbi comptait de nombreux ‘hassidim, parmi eux certains qui s’en approchaient de plus près. Cependant, même ces derniers connurent parfois des moments où ils se posèrent des questions ou se trouvèrent plongés dans des hésitations ; dans un certain nombre de cas, ils n’accomplirent pas la tâche qui leur avait été impartie. Il me semble que, chez Moulay, une telle situation ne s’est jamais produite. Moulay exécuta ce que le Rabbi lui demandait, sans détour ni sans déformation, et bien entendu sans modifier quoi que ce soit.

Il se peut que le Rabbi comptait autour de lui des ‘hassidim plus érudits ou plus « saints », d’aucuns ont sans doute abouti à différents résultats appréciables ; je ne suis pas cependant sûr qu’ait pu exister un autre ‘hassid de la carrure de Moulay, un‘hassid tout court, sans titre honorifique supplémentaire, attaché au Rabbi de tout son être et de toute son existence.

Avec tous

L’une des particularités de l’action de Moulay réside dans le fait qu’en toutes circonstances, il demeura lié avec tous. Je me souviens l’avoir interrogé sur la manière dont il avait pu ériger son premier centre, sans aucune ressource à l’avance et sans aucun statut particulier. Il me confia qu’il s’était alors adressé à tout son entourage (qui comprenait en partie des célibataires et des étudiants). Pour leur expliquer qu’en raison de la croissance des activités, ils devaient à présent trouver un centre ; et par conséquent, il leur demandait de le bâtir. Une telle demande, leur précisa-t-il, ne relevait pas de son propre intérêt mais avant tout du leur : tous devaient s’y associer. Ceux qui disposaient de moyens devraient donner de leur propre argent et ceux qui n’en avaient point n’auraient qu’à procéder à un emprunt. Car tous devaient agir comme une seule entité. Cette attitude était valable dans les tout débuts mais elle demeura largement la même par la suite. Les gens qui suivaient Moulay se sentaient tous concernés ; c’est ainsi qu’ilssont mené à bout différents projets, parfois énormes et faisant appel à de très grandes sommes d’argent. Mais, in fine, ils firent tous preuve d’une grande unité.

En vérité, l’on se trouve ici face à un paradoxe. De toute évidence, le statut de Moulay comme Chalia'h en France ne ressemblait à celui d’aucun autre, nulle part ailleurs. Malgré tout, il demeura « Moulay », au-dessus de tous, tout comme au sein de tous. Le premier « groupe » (tel qu’on l’appela encore longtemps après) constituait l’essence de tout ce qui poursuivit ensuite. Les jeunes comme les plus âgés continuèrent de se considérer comme le « groupe ». Moulay en était l’âme vivante, animant chacun de ses membres.

Un souci à l’égard de tout le monde

Moulay, tant au début que lors des années qui suivirent, ne s’est jamais confiné dans un rôle de guide spirituel, dans le sens où seule la spiritualité l’intéressait. Une grande communauté s’est rassemblée autour de lui, tout naturellement composée de personnes différentes, et bien entendu chacune avec son propre problème. Loin de se délimiter au travers d’un seul rôle, Moulay agissait à la fois comme conseiller conjugal, assistant social ou entremetteur matrimonial ; plus d’une fois, il réussit à trouver un travail rémunérateur à l’un des membres de son « groupe ». Le lien que Moulay entretenait avec chacun était ainsi quasi-familial. Il n’est donc pas surprenant que tous les gens qui lui étaient attachés, malgré leurs origines différentes, avaient le sentiment de faire partie d’une seule famille, même si quelques frictions et problèmes sont parfois naturellement apparus.

Moulay connaissait bien tous ses gens, y compris leurs défauts, mais comme dans toute famille, les liens de proximité permettent de les recouvrir et d’en faire abstraction. Cela ne signifiait pas qu’il dût ignorer les faiblesses des uns, les problèmes des autres, les disputes familiales ou les problèmes personnels. Et tout en même temps, il lui fallait se soucier de tous et continuer de voir en eux une seule famille. De ce point de vue, le « groupe » n’avait point une structure organisationnelle claire et précise. Il agissait plutôt comme une entité vivante chez tout le monde. D’une façon ou d’une autre, Moulay, montrait, jour et nuit, une grande sensibilité envers chacun.

Un éducateur, loin de la politique communautaire

Je ne sais si le Rabbi instruisit Moulay, de manière explicite, de ne pas entrer dans la politique des institutions ; néanmoins ce fut bien son attitude au fils des ans. Le statut du mouvement ‘Habad à Paris, tant de par son nombre que par les personnalités qui le composent, n’a certainement point de pareil au sein du monde juif. S’il l’avait souhaité, Moulay, le Rav Shmouel Azimov, aurait pu occuper nombre de fonctions ou de postes au sein de la communauté juive de France. Chacun connaissait la force et le pouvoir imposant dont il disposait entre ses mains. Cette force et ce pouvoir ne trouvèrent cependant jamais leur expression au travers d’une quelconque nomination rabbinique ou communautaire, voire d’un poste représentatif au sein des différentes organisations de la communauté.

À cet égard, Moulay ressemblait à ce genre de figure centrale ne disposant d’aucun titre, même si tout le monde sait qu’il détient le pouvoir. De plus, Moulay n’a jamais essayé d’entrer en compétition, d’une façon ou d’une autre, avec les autres institutions juives autour de lui. Les écoles liées à ‘Habad, la yéchiva et même le séminaire de jeunes filles sont gérés en coopération avec la communauté. Moulay lui-même a poursuivi sans interruption son action avec les étudiants dans les universités et a également construit un très grand lycée pour les filles ; dans une large mesure, il s’est aussi occupé de maintenir l’institution de Talmudé-Torah du dimanche matin. Aussi bizarre que cela puisse paraître, en dépit de cette multitude d’activités éducatrices, Moulay avait tenu à conserver un poste de mélamed, d’enseignant au Talmud-Torah (qui fut son travail pendant de nombreuses années) dans une classe de tout jeunes enfants. Un peu comme si le roi d’un certain pays occupait les quelques heures de son temps libre à travailler comme préposé à la poste… L’institution ‘Haya Mouchka qu’il a lui-même érigée à Paris va de la crèche jusqu’au baccalauréat. Outre sa taille impressionnante, le lycée de jeunes filles inclut toutes les matières d’enseignement sacré, comme l’exige toute véritable institution ‘Habad – la Bible, la Michna et beaucoup de ‘hassidout – mais on y enseigne aussi toutes les autres matières séculières habituelles. Malgré ce cumul impressionnant, ce lycée est aujourd’hui considéré par le ministère de l’éducation en France comme l’un des meilleurs de toute la France sur le plan scolaire !

Une lourde charge

Les gens ne savaient pas qu’à l’époque, Moulay éprouvait des difficultés à marcher. Lors des premières années, ses allers et retours dans tant d’endroits différents s’accompagnaient de douleurs physiques. Fait un peu plus connu, sa femme (apparemment depuis le début de leur mariage) était très malade et souffrait elle aussi. Elle agit, dans toute la mesure du possible, avec un courage extraordinaire, mais cette situation particulière ajoutait sans conteste une charge sur les épaules de Moulay, en raison notamment du temps qu’il devait lui consacrer et de la patience dont il faisait preuve. La première attaque cérébrale qui l’accabla compte parmi les cas les plus graves. Je me suis laissé dire que dans le monde entier il était la troisième personne à avoir survécu à un tel degré d’attaque cérébrale. Je reste persuadé que les milliers de gens ayant prié pour sa guérison ont, par là-même, réussi à modifier le mauvais décret. Les efforts extraordinaires déployés par Moulay et l’énorme travail qu’il dut accomplir sur son propre corps afin de retrouver la parole et de recouvrer ses capacités antérieures constituent en soi une histoire extraordinaire : celle d’une personnalité hors du commun surmontant tous les obstacles physiques qui se dressaient sur son chemin pour finalement les maîtriser. En dépit de cette lutte permanente, les activités de la Jeunesse Loubavitch ne s’interrompirent à aucun moment, y compris celles de Moulay. Il y avait toujours quelque chose à faire, à poursuivre et l' »entreprise » continuait de grandir.

Et maintenant ?

De toute évidence, Moulay était l’esprit qui insufflait la vie au mouvement ‘Habad en France. De manière directe ou non, son action se faisait partout ressentir. Personne n’a pris en ligne de compte que sa vie serait interrompue à un âge relativement aussi précoce. Qu’il nous soit permis d’espérer : puisse ce même esprit qui sut agir envers et contre toutes les barrières et limitations imaginables, continuer d’animer et de stimuler dans l’action tous ceux, nombreux, que Moulay laisse derrière lui.

 

Paracha Lé’h-Lé’ha  ‘Les quatre coudées’ (Arba Amot)  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Lé’h-Lé’ha ‘Les quatre coudées’ (Arba Amot) par le Rav Yaakov Abergel

 

Dans l’une de ses Si’hot, le Rabbi déclare que ‘Chaque nouvelle année amène avec elle une nouvelle mission divine. En conséquence, écrit l’Admour Hazaken dans le Iguéreth Ha Kodech, il y a aussi une nouvelle révélation de lumière divine sans précédent, afin que le Juif utilise cette lumière pour éclairer ce qui a été précédemment impénétrable....

Un Juif s’efforce toujours, chaque jour, de ‘progresser en sainteté, et combien plus quand il y a un changement fondamental’ (le mot ‘Chana’, ‘l’année’, vient du mot ‘Chinouïe’, ‘changement’).

Le début de chaque nouvelle année commence de nouvelles hauteurs, dans la mission pour laquelle l’homme a été créé, un nouveau degré dans son service de D.ieu. Chaque Juif est tenu de progresser chaque jour et encore plus chaque année. Chaque Juif en a l’obligation, et en reçoit la force’.

Cette déclaration du Rabbi n’est pas sans nous rappeler l’ordre que L’Eternel adressa à Avraham (Le’h-Le’ha, 12, 1): ‘Va pour toi hors de ta terre, de ton pays natal et de la maison de ton père vers la terre que Je te montrerai’.

Chaque Juif se doit de quitter le niveau dans lequel il se trouve, pour atteindre un niveau supérieur. Or, conformément au verset sur lequel se fonde le livre du Tanya de l’Admour Hazaken selon lequel ‘La chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton coeur pour l’accomplir’, il est possible de dire que ‘la Terre que Je te montrerai’ est très proche de nous, car celle-ci n’est autre que les quatre coudées qui nous entourent.

Afin que les ‘gens n’en viennent pas à se quereller’, les Sages établirent un mode d’acquisition d’après lequel ‘Les objets se trouvant à l’intérieur des quatre coudées entourant une personne lui sont acquis, où qu’elle soit’.

Le fondement de cette Hala’ha procède du fait que les quatre coudées qui nous entourent sont considérées par la Torah comme l’extension de notre propre personne. Dès-lors, nous comprenons sans la moindre difficulté ‘qu’un ‘objet qui se trouve à l’intérieur des quatre coudées qui nous entourent nous est acquis quelque soit l’endroit où nous nous trouvons’.

De fait, ‘les quatre coudées qui nous entourent sont une extension de nous-mêmes’ pour la simple et bonne raison que l’Essence de notre âme réside en cet endroit.

C’est en effet ce que l’Admour Haemtsaeï nous enseigne dans le ‘Imreï Binah’, quand il déclare que ‘lorsqu’un Juif se trouve en dehors de la terre d’Israël, il sanctifie le sol profane par le simple fait de marcher car l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine, réside dans les quatre coudées qui l’entourent’. 

L’image de cet homme qui sanctifie, au fur et à mesure de sa marche, cette terre profane, exprime la qualité de l’Essence divine de prendre possession de la terre, c’est-à-dire de transformer la terre profane en une terre de sainteté.

Le Rabbi dit à ce sujet (Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout, chapitre 20)‘Le niveau de Yé’hida se répand dans les quatre coudées qui entourent l’homme. C’est pour cela qu’un homme acquiert un objet sans même qu’il n’aît besoin de le formuler par la parole, et sans même qu’il n’en aît conscience (qu’il ne le sâche), car le niveau de Yé’hida n’est ni lié à la raison ni à l’intellect (Yé’hida est au-delà). La répansion de l’Essence divine dans les quatre coudées a pour but d’acquérir un objet. L’acquisition d’un objet matériel qui n’est pas ‘à la portée’ de l’homme: les forces de l’homme lui-même, les niveaux de Néfèch Roua’h Néchama et ‘Haya qui correspondent aux ‘quatre coudées’, ne lui permettent pas d’attirer et de dévoiler le niveau de Yé’hida. C’est uniquement quand ces forces sont employées à l’action de raffiner et de purifier un objet matériel et profane pour ‘l’acquérir’, c’est-à-dire pour le transformer en un objet sacré, que se révèle le niveau de Yé’hida dans ces quatre forces de l’âme (les quatre coudées)’.

Cette explication du Rabbi, nous amène à comprendre que les quatre coudées qui nous entourent correspondent aux quatre niveaux de l’âme:Néfech Roua’h Néchamah et ‘Haya, et nous comprenons que l’acquisition d’un objet matériel qui se trouve dans les quatre coudées qui nous entourent, correspond de manière profonde à la transformation d’un objet profane en un objet sacré.

Cependant, le Rabbi nous précise ici que la Ye’hidah ne se dévoile pas seulement dans l’objet matériel, mais également au sein des quatre niveaux de l’âme elle-même (Néfech Roua’h Néchamah et ‘Haya).

C’est là un point essentiel, car le Rabbi explique que ce n’est que par eux, par ces quatre niveaux de l’âme, que la Yé’hida pénètre l’objet matériel.

Ce principe est le même dans la Création du monde. Seul L’Eternel est capable de créer à partir du néant. La Création ne peut venir que du pouvoir de L’Essence divine (dont l’existence ne provient que d’elle même). Or ‘c’est par l’intermédiaire de la lumière que le pouvoir de l’Essence amène (porte) à l’existence un objet à partir du néant’ (Séfer Ha Maamarim, 5711, page 39, et Iguéreth Ha Kodech, 20).

Ainsi, le Rabbi explique (Likouteï Si’hoth, 3, page 956) que la diffusion de l’Essence divine dans les actes que l’on accomplit, dépend des ressources intérieures humaines, des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, c’est-à-dire des forces de l’intellect et des émotions.

A la lumière de tout ce qui vient d’être dit, nous pouvons comprendre que l’acquisition de la Terre d’Israël correspond à la révélation de l’Essence de l’âme, laquelle réside dans les quatre coudées qui nous entourent, au moyen des ‘quatre coudées spirituelles’ de notre âme, des forces de notre intellect (‘Habad), et de nos sentiments.

Notre mission consiste à faire de ce monde profane une demeure pour L’Essence divine, et l’exemple d’Avraham vient pour nous inspirer pour‘aller de prodiges en prodiges’‘Le’h-Le’ha’, afin de parvenir jusqu’au dévoilement de l’Essence divine sur ‘la terre que Je te montrerai’.

De fait, ‘Je’ représente l’Essence divine, et la ‘terre’ représente aussi bien la Terre d’Israël, que le corps de l’homme qui a ‘été formé à partir de laterre sur laquelle allait être construit le Temple’ (Rachi).

Ainsi  ‘la terre que Je te montrerai’ est une allusion au dévoilement de L’Essence divine (‘Je’), aussi bien sur la terre que dans le corps de l’homme.

A l’évidence, c’est en suivant les pas du Rabbi que nous aurons le mérite d’atteindre ce niveau, avec la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.

Une étude menée par des chercheurs de l'Université de Californie révèle que mettre les Tefilines, est bon pour le coeur

Une étude menée par des chercheurs de l'Université de Californie révèle que mettre les Tefilines, est bon pour le coeur

Des chercheurs de l'Université de Californie estiment que le rituel du port des Tefilines par les  juifs pratiquants pourrait offrir des avantages cardiovasculaires

Une étude menée par des chercheurs du Collège de médecine de l'Université de Cincinnati (UC) a révélé que les hommes juifs portant des Téfilines  bénéficiaient d'une santé cardiovasculaire.

Les chercheurs supposent que des avantages peuvent être obtenus par le biais d'un préconditionnement ischémique ( 'occlusion vasculaire)  assure une protection  des crises cardiaques. Les résultats sont disponibles sur le site internet de l'American Journal of Physiology "Heart and Circulatory Physiology" .

Jack Rubinstein, MD, professeur agrégé à la division de la santé cardiovasculaire et cardiologue, a indiqué qu'il avait recruté 20  juifs vivant dans le Grand Cincinnati, dont 9 mettaient les Téfilines tous les jours. Son équipe de chercheurs a enregistré des informations de base sur tous les participants tôt le matin, puis des données supplémentaires après 30 minutes de port des Téfilines.

Ils ont mesuré les signes vitaux des participants, prélevé du sang pour l'analyse des cytokines et de la fonction des monocytes et ont également mesuré le débit sanguin des bras non enveloppé des lanières de Téfilines.

Les hommes participant à l’étude avaient entre 18 et 40 ans et étaient tous en bonne santé. Rubinstein, comme le montre la photo ci-dessus, a également donné une démonstration de la mise des Téfilines.

"Les Téfillines sont utilisés presque quotidiennement lors de la prière du matin par les juifs de plus de 13 ans", explique Rubinstein. "Ils sont placés de manière assez serrée sur le bras, autour du biceps et de l'avant-bras. Ils ne sont jamais portés de manière à empêcher le flux sanguin pendant environ 30 minutes en continu. Les prières se font assis et debout, la sangle du bras doit donc être resserrée souvent".

La gêne souvent signalée par les utilisateurs, peut servir de pré-conditionnement et offrir un degré substantiel de protection contre les lésions de re-perfusion ischémiques aiguës (lorsqu'une partie du cœur privée d’oxygène et ensuite endommagée lorsqu’elle est ré-oxygénée) à la suite d’une attaque cardiaque."La douleur est un des moyens permettant d'assurer la protection d'une attaque cardiaque", explique Rubinstein, également membre de l'Institut de cardiologie, de cancer du poumon et de maladies vasculaires. "Sentir la douleur est en réalité un stimulus de pré-conditionnement".

"Nous avons constaté que les personnes qui mettent les Téfilines à court ou à long terme, enregistrent un effet positif mesurable sur leur circulation sanguine. Cela a été associé à de meilleurs résultats en matière de maladies cardiaques" déclare Rubinstein.

"Le flux sanguin était plus élevé chez les hommes qui portaient quotidiennement les Téfillines et s'est amélioré chez tous les participants qui les ont mis une seule fois dans le cadre de l'étude", a expliqué Rubinstein. "Les hommes qui portaient quotidiennement les Téfillines présentaient également moins de cytokines en circulation, les molécules de signalisation pouvant provoquer une inflammation et des effets néfastes sur le cœur, par rapport aux non-utilisateurs. Ce qui suggère qu'une utilisation quasi quotidienne induit un effet similaire à celui observé avec d'autres méthodes d'obtention d'un pré-conditionnement ischémique à distance comme effet.

Pendant des années, des chercheurs ont étudié le pré-conditionnement en provoquant de petites crises cardiaques sur des animaux, ils ont ainsi découvert que celles-ci protégeaient les animaux sur lesquels les tests ont été effectués de crises cardiaques plus graves dans le futur. Ce même pré-conditionnement pourrait être utilisé en obstruant partiellement le flux sanguin dans une partie du corps et en servant ainsi d’élément de protection dans une autre partie du corps afin de réduire les dommages, explique Rubinstein.

Selon Rubinstein, des études israéliennes ont montré que les hommes orthodoxes couraient moins de risques de mourir d'une maladie cardiaque que les hommes non orthodoxes. Cette protection ne se retrouve pas chez les femmes orthodoxes puisqu'elles ne mettent pas les Téfilines.

Paracha Noa’h  ‘Dévoiler le Nom d’Havayé dans le Nom Elokim’  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Noa’h ‘Dévoiler le Nom d’Havayé dans le Nom Elokim’ par le Rav Yaakov Abergel

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h, le Rabbi nous enseigne que la mission des enfants d’Israël tout au long de leur existence consiste à dévoiler le Nom Havayé’ qui représente le niveau du Divin qui est delà de ce monde, dans ce monde matériel, le niveau du Nom ‘Elokim’.

 

Cet enseignement selon lequel un Juif par son accomplissement des Commandements divins réalise l’union entre l’infini et ce monde fini, revient constamment dans le Dvar Mal’hout, tout au long de l’année. A chaque nouvelle Paracha, le Rabbi ajoute des éléments supplémentaires et complémentaires à ceux de la Paracha précédente, afin que nous parvenions à comprendre et ressentir véritablement ce en quoi consiste la révélation de l’Essence divine (Havayé’) dans ce monde matériel et limité (‘Elokim’).

Ainsi, l’un des ultimes enseignements du Rabbi du Dvar Mal’hout du livre de Dévarim (Si’ha du Rabbi sur les Hala’hot de la Torah qui ne disparaîtront jamais), s’accorde parfaitement à ce sujet de notre Paracha, Noa’h.

En effet, le Rabbi déclare: ‘A présent, durant l’exil, la Hala’ha va selon Beït Hillel, lors de la venue du Machia’h, elle ira selon Beït Chamaï, et à la résurrection des morts, elle sera à la fois comme Beït Hillel et comme Beït Chamaï’.

Cette déclaration paraît à première vue pour le moins étonnante. Comment est-il possible d’appliquer un Commandement divin en s’acquittant, par un seul acte, de deux deux opinions contraires ?

En effet, de même que l’attribut de la bonté (‘Hessed) s’oppose à celui de la rigueur(Gvurah), l’avis de Hillel s’oppose à celui de Chamaï. Dans ce cas, comment est-il possible que lors de la résurrection des morts, nous accomplirons les Commandements divins en même temps selon Beït Hillel et selon Beït Chamaï ?

Par cette surprenante déclaration, le Rabbi introduit ici le sujet de l’Essence. De fait, la qualité de l’Essence est qu’elle est indivisible. L’Essence échappe à toutes les formes, à toutes les particularités, et à toutes les différences qui existent dans ce monde.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les Sages ont comparé la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, à de l’huile. Car de même que l’huile flotte au-dessus de tous les liquides, la ‘Hassidout, l’huile de la Torah, flotte au-dessus de toutes les différentes parties de la Torah.

Dans ‘Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout’ le Rabbi explique longuement que la ‘Hassidout vivifie chaque partie de la Torah. Sans son étude un Juif ne pourrait pas ressentir profondément l’aspect intérieur et vivant qui se cache dans les Commandements divins.

Il en va également pour l’âme. Lorsque l’Essence de l’âme se dévoile, et s’unit aux forces de l’âme, l’intellect, les sentiment et l’action, un Juif parvient à un niveau supérieur. Aussi,à l’exemple des pensées des paroles et des actes du Rabbi, les pensées les paroles et les actes d’un Juif, lorsque ceux-ci sont éclairés par la force de l’Essence de l’âme, parviennent à animer le désir divin de la Délivrance finale.

La ‘Hassidout nous enseigne que la révélation de la force de l’Essence divine a ceci de particulier, qu’elle peut unir deux choses qui sont contraires l’une avec l’autre. Il est dit par exemple dans le Traité Yoma, que l’Arche de l’Alliance ne prenait pas de place dans le Saint des Saints. En effet, bien que l’Arche de l’Alliance soit un objet matériel que l’on peut mesurer, elle est aussi un objet divin qui contient les Tables de pierre, ‘écrites du doigt de D.ieu’. Aussi, les Sages ont révélé que lorsque l’Arche était déposée dans le Saint des Saints, il se produisait un miracle: ‘l’Arche ne prenait pas de place!

De fait, lorsque l’Essence divine se révèle dans ce monde, la rencontre entre deux opposés devient possible. L’illimité divin peut s’accorder avec les limites de ce monde.

L’exemple de ‘l’Arche qui ne prend pas de place dans le Saint des Saints’ nous permet de comprendre un tant soi peu la déclaration du Rabbi selon laquelle: ‘A présent, durant l’exil, la Hala’ha va selon Beït Hillel, lors de la venue du Machia’h, elle ira selon Beït Chamaï, et à la résurrection des morts, elle sera à la fois comme Beït Hillel et comme Beït Chamaï’.

Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout, que la période de la venue du Machia’h et celle de la résurrection des morts correspondent à deux niveaux bien distincts dans notre façon d’appliquer la Volonté du Saint béni soit-Il.

Le Rabbi écrit que ‘les différentes opinions des Hala’hot de la Torah sont ‘une seule Torah’,‘elles ont toutes été données par un seul berger’ (‘Haguigua, 3, 2)‘D.ieu et la Torah ne font qu’Un’. Or, du fait que L’Eternel ‘porte tout en Lui’, à l’évidence la Torah aussi ‘porte tout en elle’ et peut englober deux avis contraires. L’un positif et l’autre négatif, les deux en même temps, conformément au verset des Téhilim dans lequel il est dit (62, 12): ‘D.ieu prononça une parole, de laquelle j’ai appris deux éléments’. Pour L’Eternel rien n’est impossible, Il peut dévoiler dans la réalité de ce monde, le positif et le négatif ensemble, tels que ceux-ci sont dans Son Essence.

Le Rabbi nous enseigne qu’au moment de la venue du Machia’h, avant la résurrection des morts, notre accomplissement des Commandements divins est soumis aux limites et aux mesures de ce monde matériel. Il n’est possible d’appliquer la Hala’ha, que selon un seul avis.

Cependant, au moment de la résurrection des morts, nous n’accomplirons plus les Mitsvoth telles que celles-ci sont liées avec l’homme. Nous n’accompliront plus les Mitsvoth pour leur aspect utilitaire pour l’homme. Au moment de la résurrection des morts ‘les Hala’hot de la Torah apparaîtront telles qu’elles sont véritablement‘, c’est-à-dire que la Volonté d’Hachem, telle qu’Elle est dans Son Essence,  sera révélée.

Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il est possible d’établir une comparaison entre L’Essence de la Volonté divine et l’Arche de l’Alliance. De même que l’Arche possède des mesures précises bien établies, de même ‘les Halahot de la Torah orale ne disparaîtront jamais’.

D’un autre côté, de même qu’il se produisait un miracle: l’Arche ne prenait pas de place dans le Saint des Saints, lors de la résurrection des morts, la Hala’ha sera en même temps comme Beït Hillel et comme Beït Chamaï.

Peut-être pouvons-nous également rapprocher cet enseignement du Rabbi avec la Bra’ha que Itz’hak donna à Yaakov en croyant bénir Essav. Bien que Yaakov est un Tsaddik et que Essav soit un Racha (Méchant), Itz’hak ne fit pas de différences entre ses deux fils. Il n’a pas considéré l’âme d’Essav telle que celle-ci s’habillait dans le corps d’Essav, et telle que celle-ci évoluait dans ce monde physique. Non, Itz’hak considéra la racine de l’âme d’Essav, laquelle était très élevée. Aussi, lorsque l’on regarde une chose à sa racine, au regard de l’Essence, il n’y a plus de différences entre Yaakov et Essav, ou encore entre Beït Hillel et Beït Chamaï.

Cela s’exprime avec encore avec plus de force par le fait qu’Itzhak était aveugle lorsqu’il bénit Yaakov. De fait, d’une certaine manière ‘l’Essence est aveugle’, car en présence de l’Essence les différences entre les opposés n’existent plus, ainsi que le Rabbi, L’Essence d’Israël, nous l’enseigne (‘Hayom Yom’, Chabbat 17 Tichri 5704):

‘Par l’intermédiaire de l’Essence de l’âme, on peut lier son âme à D.ieu. En conséquence, ‘Elle supporte Ton joug’, permet d’accomplir la Torah et les Mitsvoth avec abnégation. Dès-lors, elle est Yé’hida (Unique) pour proclamer Ton unité. ‘Ainsi, la Yé’hida se révèle pleinement’. Grâce à ce dévoilement, la Yé’hida de l’âme animale se transforme en Divinité. On en tire la fermeté nécessaire à l’accomplissement de la Torah et des Mitsvoth, un enthousiasme intérieur et un sentiment de grand plaisir, d’intense réalisation dans le service divin. Pour celui qui parvient à ce stade, tous les attraits du monde deviennent semblables. ‘Le ‘oui’ et le ‘non’ s’équivalent totalement, car il aura perdu le goût et le plaisir pour les sujets matériels’.

Rav Haim Nisenbaum :  Demain sera différent, parce que nous l’aurons ressenti et voulu

Rav Haim Nisenbaum :  Demain sera différent, parce que nous l’aurons ressenti et voulu

C’était, pour ainsi dire, à peine hier. Nous étions dans un autre monde, une autre forme de temps. C’était le mois de Tichri et nous passions de fête en fête avec la joie et l’assurance des bonheurs innombrables.

Et puis, presque brutalement, nous sommes revenus sur terre. Dans les synagogues, le récit de la création a de nouveau retenti, le cycle de la Torah a recommencé.

Pourtant, ce n’était pas là encore un vrai départ. Quelques jours plus tôt, nous dansions pour Sim’hat Torah et tout cela était encore en nous jusqu’au Chabbat suivant. Nous étions encore comme portés par les expériences du mois écoulé. Puis une nouvelle semaine s’est ouverte et la Torah nous y raconte l’histoire de Noé.

Elle nous dit la vie et la fin d’un monde qui n’entend plus la voix du spirituel, ne sait plus voir la Présence Divine et qui en oublie les règles élémentaires de la morale humaine.

Elle nous rapporte l’histoire de ces hommes qui ne croient plus qu’en eux-mêmes et en leur propre puissance et dont, en conséquence, ne subsiste que le rapide souvenir transmis par la Torah. Décidément, un tel retour à une réalité matérielle pesante est bien difficile.

La question s’impose à chacun : comment effectuer le passage ? Peut-on conserver les acquis des fêtes quand la grisaille du quotidien semble l’emporter peu à peu ? Le judaïsme ne croit pas au caractère inévitable des choses, pas plus qu’à l’existence d’obstacles infranchissables. Au contraire, tout peut être transformé, tout peut devenir la source d’un élan nouveau.

Alors que l’année commence pleinement, il importe d’en être conscient : nous sommes de retour dans les conditions habituelles afin d’y faire entrer une inspiration, comme un souffle qui les entraînerait vers un niveau plus haut.

Car c’est là que réside la mission de la créature : faire de ce monde le lieu digne d’être la demeure du Créateur. Avec la nouvelle année, ce n’est pas qu’un numéro qui a changé sur les calendriers, c’est une force infinie qui est descendue en nous. Il nous revient de lui donner expression.

Demain sera différent, parce que nous l’aurons ressenti et voulu. Le peuple juif est porteur d’une vision et d’un espoir, beaucoup plus que d’un rêve. Voici venu le temps de le concrétiser.

Les Concepts de la 'Hassidout :  La signification des Sefirot

Les Concepts de la 'Hassidout : La signification des Sefirot

 Le processus du Tsimtsoum introduit un certain nombre de stades intermédiaires entre la Lumière infinie du En Sof et l'univers fini, conduisant ainsi à l'existence ce monde matériel et fini.

 

De façon générale, on considère que ces stades sont au nombre de cinq. Ils sont appelés des mondes. Les différentes radiations de la Lumière divine au sein de ces mondes, qui se voilent de plus en plus, d'un stade à l'autre, sont les Sefirot.

Le processus créatif résultant du Tsimtsoum présente ainsi quatre aspects, le En Sof, la Divinité proprement dite, le Or En Sof, l'émanation de D.ieu pour Lui-même, le monde fini et l'ensemble des niveaux intermédiaires.

Comme on l'a vu, aucune définition ne peut être donnée du En Sof, si ce n'est qu'Il est infini. Les Noms divins et Ses Attributs s'appliquent uniquement à Ses manifestations, aux aspects révélés de la Divinité dans la création et pour elle. Le Midrach (Chemot Rabba 3, 6) dit ainsi: "Tu désires connaître Mon Nom? Sache qu'il est fonction de Mes accomplissements".

Le Tanya (2, 10) dit aussi: "Tous les Attributs du Saint béni soit-Il, Sa Volonté et Sa Sagesse, portent des Noms qui varient selon les niveaux, plus ou moins élevés". Le Rambam explique, dans son Guide des égarés (1, 58-60), que "percevoir D.ieu est impossible. Ceci reviendrait à dire d'une sagesse abstraite et profonde que l'on ne peut pas la toucher de ses mains, du fait de sa profondeur. Quiconque entendrait une telle affirmation se moquerait, car le toucher peut être envisagé uniquement pour ce qui est matériel. Et, de fait, notre intellect et notre vision, par rapport à la perception de D.ieu, peuvent être considérés comme matériels".

Les manifestations ou attributs de D.ieu, émanations du En Sof, sont donc appelés des Sefirot, pluriel de Sefira. Ce terme Peut être rapproché de Mispar, le nombre, de Séfer, le livre, de Saper, raconter, de Safir, pierre précieuse et brillante, de Sefar, la frontière et de Safra, le scribe. Toutes ces interprétations ne sont pas contradictoires. Elles décrivent l'action des Sefirot à différents stades. Celles-ci sont également définies comme des lumières, des piliers, des niveaux, des couleurs, des vêtements, des éclairages, des couronnes, des guirlandes, des rois, des visages.

Les dix Noms de D.ieu qu'il est interdit d'effacer correspondent aux dix Sefirot. Pour autant, on ne peut identifier le Nom et la Sefira. On verra, en effet, qu'une Sefira est constituée d'une Lumière et d'un réceptacle, alors que le Nom peut être identifié à la Lumière, mais non au réceptacle.

Les Sefirot réalisent, si l'on peut ainsi s'exprimer, la jonction entre le Or En Sof et le monde créé. En d'autres termes, la Lumière du En Sof doit s'introduire dans les Sefirot, pour pouvoir insuffler l'existence à des créatures finies. En ce sens, les Sefirot peuvent être définies comme les réceptacles de la Lumière divine, qui agit, dans le monde, par leur intermédiaire.

La Lumière du En Sof, s'introduisant dans les Sefirot des stades intermédiaires créés par le Tsimtsoum, peut, à l'issue de ce processus, donner naissance à un monde physique et fini. Ainsi, le principe du Tsimtsoum et des Sefirot est essentiel pour comprendre le processus de la création, expliquant comment des créatures finies et différenciées peuvent dériver d'une origine unique et infinie, justifiant l'existence d'une divine Providence et montrant qu'elle peut être personnelle et individuelle, bien que la Divinité soit transcendante.

Les Sefirot sont donc des émanations célestes et constituent les diverses phases des manifestations divines. En les décrivant, il convient toutefois de ne pas commettre l'erreur d'imaginer une dualité ou une pluralité de la Divinité. Il doit être clair que les Sefirot ne sont en aucune façon des entités distinctes, séparées du En- Sof. Elles- sont, bien au contraire, très profondément unifiées à Lui.

Le Sefer Yetsira (1, 7) souligne cette unité intrinsèque et fondamentale: "Les dix Sefirot sont dénuées de tout (Beli Ma, c'est à-dire sans substance, insaisissables). Leur fin est liée à leur début et leur début, à leur fin, comme la flamme est attachée à la mèche. Car, D.ieu est Un, Il n'a pas de second et peut-on compter ce qui précède l'unité?".
Le Zohar (3, 70a) souligne encore plus clairement la même idée: "Le Saint béni soit-Il émit dix couronnes supérieures et saintes. Par celles-ci, Il se couronne et en elles Il s'investit. Il s'identifie à elles et elles Lui sont identiques, tout comme la flamme est liée à la mèche, sans la moindre division", laquelle n'est envisageable que de notre point de vue, selon notre perspective, car D.ieu est Un, immuable et éternel, ainsi qu'il est dit (Mala'hi 3,6): "Moi, D.ieu, Je n'ai pas changé".

Ainsi, les Sefirot ne sont en aucune façon des autorités intermédiaires, mais bien des concepts abstraits, des manifestations divines et rien d'autre. Il est important de s'en souvenir, en particulier lors de la prière. Il convient alors de s'adresser à D.ieu et non à Ses Attributs. Commentant le verset (Devarim 4, 7) "pour tout, nous L'appelons", nos Sages expliquent, en effet: "A Lui et non à Ses Attributs".

La célèbre affirmation du Maïmonide selon laquelle l'Essence de D.ieu, Son Existence et Sa Connaissance constituent une seule et même unité, qui n'est en aucune façon composée, s'applique, de la même manière, aux Attributs divins et à tous les Noms de D.ieu, qui forment une unité absolue, celle de Son Essence et de Son Existence. Mais, le Maïmonide précise: "Cette idée ne peut être exprimée par les mots, ne peut être captée par l'oreille et elle dépasse l'entendement humain".

Notre intellect ne peut donc comprendre de quelle manière Dieu et Ses Attributs, les Sefirot, ne font qu'un. Le Zohar définit ce concept comme "le secret de la foi", qui transcende la raison.

Le langage anthropomorphique de la Torah a donc uniquement pour but de faciliter la compréhension des hommes. C'est la raison pour laquelle les Kabbalistes parlent, de manière allégorique, des Sefirot. C'est ainsi que le rayon du soleil est partie intégrante du soleil, avant même d'avoir été émis par lui Dans cette image, le soleil est le luminaire et le rayon, la lumière En effet le rayon, lorsqu'il se trouve dans le soleil, ne peut en être dissocié, de sorte que l'unité entre eux est véritable. De la même manière: les Attributs de D.ieu, Sa Volonté et Sa Sagesse ne sont désignés par ces Noms que par rapport aux créatures.

Cette définition des Sefirot justifie leur création. Etant partie intégrante de l'unité de D.ieu, elles interviennent uniquement au sein de la création. Ainsi, pour mettre en action ces potentiel divins, si l'on peut ainsi s'exprimer. Sa Sagesse Sa Bonté Sa Compassion, Sa Royauté, D.ieu créa l'univers dans lequel peuvent se manifester. De la sorte, II peut avoir des sujets, sur lesquels II exerce Sa Bonté, Sa Compassion, Sa Royauté.
De même, la création permet à D.ieu d'exprimer Son pouvoir et Sa perfection dans l'entité finie au même titre que dans a dimension infinie. C'est de cette manière qu'il est réellement omnipotent.

Tout cela ne signifie pas que la création impose un changement à D.ieu, qu'elle Lui apporte une perfection qu'il ne possédait pas auparavant. Car, Ses Attributs sont immuables, parties de Son Essence et de Son Existence, totalement unifiés à Lui . La création leur apporte seulement la possibilité de se manifester.

Le En Sof est, comme on l'a vu, la perfection véritable; sans aucun défaut et il est dit que "Tu étais le Même avant la création et Tu restes le Même après celle-ci", sans aucune modification ainsi qu'il est dit: "Moi, D.ieu, Je n'ai pas changé". Il en résulte qu'il n'y a pas de raison réelle de la création. Elle est un effet de la Volonté divine, transcendant la compréhension.

L'ordre des Sefirot

Les Sefirot sont dix sphères, dix groupes et le Sefer Yetsira (1, 4) souligne: "Dix et pas neuf, dix et pas onze". On les classe dans l'ordre suivant: Kéter, la couronne, 'Ho'hma, la sagesse, Bina, la compréhension, 'Hessed, la bonté, la grâce, la bienveillance, Guevoura, le pouvoir, la force, la domination, Tiféret, la beauté, Nétsa'h, l'endurance, la victoire, Hod, la splendeur, la majesté, Yessod, le fondement et Mal'hout, la souveraineté, la royauté.
Parfois, Kéter n'est pas comptée parmi les dix Sefirot, pour des raisons qui seront ultérieurement exposées. 'Ho'hma est alors la première Sefira et, après Bina, est intercalée Daat, la connaissance.

Les dix Sefirot sont généralement classées en deux catégories que le Tanya (1, 3) appelle "les trois mères et les sept multiples". Ainsi, les trois premières Sefirot, les "mères", parfois également appelées les "pères", sont les plus importantes, les sept dernières en étant les dérivées.

Si l'on retient 'Ho'hma comme début des Sefirot, les trois premières sont les attributs de l'intellect, les "cerveaux", Mo'hin et les sept dernières, ceux de l'émotion, Midot. Néanmoins, dans une acceptation plus large, toutes les Sefirot peuvent être appelées Midot.

Les trois premières Sefirot sont également appelées Richonot, premières ou supérieures, alors que les sept autres sont les Ta'htonot, inférieures. Ces dernières se subdivisent, à leur tour, en trois groupes, le premier étant constitué de 'Hessed, Guevoura et Tiféret, le second de Nétsa'h, Hod et Yessod et le troisième de la seule Sefira de Mal'hout. Les deux premiers groupes forment les six Ketsavot, extrémités.

La Kabballa mentionne plusieurs autres regroupements entre les Séfirot et certains d'entre eux seront définis ultérieurement. Néanmoins, ceux qui viennent d'être définis sont les principaux et les plus courants.


'Ho'hma, Bina et Daat

Ces trois Sefirot forment un groupe appelé, en acrostiche, 'Habad. Elles correspondent aux trois facultés intellectuelles de l'homme, qui portent le même nom et sont la sagesse, la compréhension et la connaissance. 'Ho'hma, le premier attribut, est à l'origine des deux autres.

C'est en ce sens que 'Ho'hma est appelée Rechit, commencement. Bien plus, même lorsque Kéter est comptée parmi les Sefirot, 'Ho'hma reste appelée Rechit et il y a alors deux commencements.

'Ho'hma est la première action créative de D.ieu. En ce sens, comparée à Kéter qui est définie comme Aïn, néant, 'Ho'hma est Yech, ce qui existe. 'Ho'hma est l'instrument premier de la création matérielle. Grâce à la médiation de Kéter, le En Sof s'introduit dans 'Ho'hma et, dès lors, la création peut commencer.

Il est dit (Tehilim 104, 24) que "Tu les fis tous par 'Ho'hma" et "D.ieu fit reposer la terre sur 'Ho'hma". Dans ces deux versets, le mot 'Ho'hma reçoit deux interprétations, toutes deux significatives dans ce contexte. Selon la première, 'Ho'hma fut l'instrument de la création, duquel toute chose découle. Cet Attribut est donc immanent, vivifie chaque être, ainsi qu'il est dit (Michlé 7, 12): "'Ho'hma donne la vie à celui qui la possède".

En ce sens, 'Ho'hma peut être définie comme la substance fondamentale de la création, la première pouvant être définie comme Yech, ce qui existe. Kéter, par contre, porte en elle les éléments de la création seulement de manière potentielle.

La seconde interprétation est la suivante. La création se trouve d'ores et déjà en 'Ho'hma, qui porte en elle les différentes possibilités se développant par la suite, dans le monde créé. En effet, 'Ho'hma se décompose en Koa'h Ma, la potentialité de ce qui existe. Définie de cette façon, 'Ho'hma est la graine de la création, son commencement, sa première révélation.

Néanmoins, 'Ho'hma est si condensée et concentrée qu'elle ne peut pas être appréhendée, telle qu'elle est en elle-même. Elle est donc un stade d'obscurité, également appelé Mo'ha Setimaa, le cerveau caché.

Parmi les lettres du Tétragramme, celle qui correspond à 'Ho'hma est le Youd, un simple point, sans aucune dimension, comparé à l'Eden, duquel le Tanya (4, 5) dit: "aucun oeil ne l'a vu". En conséquence, on ne peut dire que peu de chose de 'Ho'hma qui, de ce fait, est elle-même appelée Aïn, le néant, bien que, dans sa relation avec Kéter, elle soit effectivement présentée comme Yech, ce qui existe, comme nous l'avons vu.

Bina, la seconde Sefira, tire le potentiel de 'Ho'hma de sa totale obscurité et lui permet de s'exprimer. Nous le comprendrons en faisant, encore une fois, référence aux facultés de l'intellect. 'Ho'hma correspond à l'éclair intuitif de l'illumination intellectuelle, à la pensée profonde portant en elle l'idée qui sera développée par la suite. A ce stade, les détails de l'idée ne sont pas différenciés, ni exprimés, mais fortement concentrés dans cet éclair.

Puis, une longue méditation permet de révéler toutes les facettes et toutes les implications de ce concept qui, dès lors, devient pleinement compréhensible. Ainsi, les détails, auparavant cachés, se révèlent et prennent forme dans l'esprit. L'intellect caché peut être compris à l'issue de cette phase de réflexion. C'est alors le stade de Bina.

Bina apporte donc le développement et le décryptage de 'Ho'hma qui, parvenue à ce stade, se révèle et devient compréhensible. Bina permet de "comprendre un élément à partir d'un autre élément". C'est le principe de l'induction et de la déduction.

Parmi les lettres du Tétragramme, Bina est représentée par le Hé. A la différence du Youd, un simple point dépourvu de toute dimension, le Hé possède une largeur, une longueur et une hauteur, trois dimensions qui font allusion à l'explication, à la compréhension et à la révélation. C'est pour cela que le Zohar définit la relation entre 'Ho'hma et Bina en ces termes: "Le point se trouve dans le palais", image qui décrit bien l'union de ces deux phases.

Mais, 'Ho'hma et Bina, par eux-mêmes, sont abstraits. Ils permettent, certes, de comprendre parfaitement une idée, mais cette compréhension est purement intellectuelle, intérieure, sans incidence externe. C'est, du reste, à l'une et à l'autre que s'appliquent les termes du verset (Devarim 29, 30): "Les choses cachées sont pour l'Eternel notre D.ieu". De ce point de vue, Kéter, 'Ho'hma et Bina procèdent toutes trois du Aïn, néant.

Le concept, lorsqu'il est purement intellectuel, ne conduit à aucune conclusion, ne se réalise pas pleinement. Sagesse et compréhension restent potentielles, sans application effective. En effet, un désir doit se faire jour pour que cette application soit possible, comme le souligne, en particulier, le Guide des égarés.

De plus, 'Ho'hma et Bina restent deux facultés différentes, l'éclair intuitif et le développement intellectuel, le potentiel de compréhension et le pouvoir d'induire ou de déduire. Comment, en revanche, les relier? Comment extérioriser et formaliser le "point" pour l'introduire dans le "palais"?

Ces deux stades, l'union de 'Ho'hma et de Bina, d'une part, l'application effective du concept perçu, d'autre part, sont introduits par la faculté de Daat. De fait, il faut, en conséquence, distinguer deux parties de Daat, son plan supérieur, Daat Elyon et son plan inférieur, Daat Ta'hton.

Au sens étymologique, Daat signifie attachement, union. Daat est donc le principe unificateur qui réalise la jonction entre 'Ho'hma et Bina. Plus précisément, cette jonction est obtenue grâce à Daat Elyon, qui transcende 'Ho'hma et Bina, étant un stade dérivé de Kéter, qui souhaite l'union de 'Ho'hma et de Bina, qui la recherche et qui possède donc les moyens de la réaliser.

Mais, cette union n'est pas une fin en soi. Elle doit permettre à 'Ho'hma de se révéler en Bina, afin de prendre une expression concrète. Ainsi, le traité Bera'hot 17a dit: "La finalité de 'Ho'hma est le repentir et les bonnes actions". Le traité Kiddouchin 40b précise: "L'étude est plus importante, car elle conduit à l'action". Et le Zohar (1, 266a) ajoute: "Il n'est pas d'action sans 'Ho'hma".

Posséder la sagesse et la compréhension, en effet, ne signifie pas que l'on en fera concrètement bon usage. Ainsi, dit le traité Bera'hot 63a, un voleur, avant d'aller commettre un larcin, pourra demander à D.ieu de lui venir en aide. En effet, sa foi en D.ieu, sa conviction qu'Il peut l'aider, sont autant de connaissances qu'il possède sans pour autant en tirer la conclusion qui s'impose, la condamnation du vol.

On ne peut se contenter d'une perception intellectuelle de ce qui est sage. Il faut, en outre, la ressentir profondément, en pénétrer les attributs de l'émotion pour qu'ils ajustent le comportement à cette compréhension, pour qu'ils recherchent ce que la sagesse définit comme bon et rejettent ce qu'elle condamne.

La concentration profonde et l'attachement au message que 'Ho'hma transmet à Bina est le sentiment intense qui découle de Daat Ta'hton. Cette faculté a pour effet de susciter une union profonde entre l'intellect et l'émotion, qu'elle génère, forme et dirige. La conclusion logique reçoit alors une application concrète. En ce sens, Daat Ta'hton fait suite à 'Ho'hma et Bina et le traité Avot (3, 17) dit, à ce propos: "Sans Bina, il n'y a pas de Daat". En effet, 'Ho'hma et Bina sont, par nature, cachées. Seule Daat peut donc leur servir de révélateur.

Dans la terminologie métaphorique de la Kabballa, 'Ho'hma est appelée Abba, le père et Bina, Ima, la mère. Ainsi, la graine d'Abba est implantée en Ima, qui la développe, l'exprime et lui donne sa forme définitive.

Daat est Ben, le fils, fruit de l'union de 'Ho'hma et Bina. En Daat, le concept originel a mûri et, dès lors, il porte en lui les Midot, les potentiels émotifs, attributs des Sefirot suivantes. Ainsi, les Midot sont elles-mêmes les enfants de 'Ho'hma et Bina. Plus précisément, Tiféret est le "fils" et Mal'hout, la "fille", comme on le montrera. Les Midot expriment et révèlent les dispositions qui prennent leur source dans l'intellect, lesquelles deviennent alors 'Hessed, Guevoura, Tiféret, Nétsa'h, Hod, Yessod et Mal'hout.

Lorsque Daat est à l'origine des Midot, elle ne peut être comptée comme une Sefira indépendante. Elle doit donc être remplacée par Kéter, dès lors qu'elle ne possède plus de définition propre.

Ainsi, la caractérisation des Sefirot peut être obtenue par référence aux forces de l'âme. Kéter, volonté transcendante, conduit à 'Ho'hma, éclair intellectuel et intuitif, qui, par l'intermédiaire de Daat Elyon, s'unit à Bina, la faculté de comprendre et d'analyser. Le fruit de cette union, grâce à Daat Ta'hton, est à l'origine des Midot. Néanmoins, il y a bien là, chez l'homme, un processus temporel et progressif qui, à l'évidence, n'a pas son équivalent dans la révélation divine.

Comme le souligne Rabbi Ichaya Horovitz, précédemment cité, l'analogie atteint ici sa limite, pour deux raisons. D'une part, D.ieu n'est pas soumis à la dimension du temps. Ces stades sont donc simultanés et Sa Volonté, dès lors qu'elle se manifeste, est satisfaite.

La chronologie, dans ce processus, n'est nullement temporelle, mais purement liée à la dimension qualitative. De plus, il convient de distinguer, chez l'homme, sa sagesse et la réalisation de sa volonté, malgré le lien qui existe entre ces deux éléments. Chez D.ieu, en revanche, elles constituent une seule et même unité et sont indissociables.

Yéhouda Avner, un diplomate israélien chez le Rabbi : "Enflammer l’âme"

Yéhouda Avner, un diplomate israélien chez le Rabbi : "Enflammer l’âme"

En attendant de rencontrer le Rabbi : Its'hak Rabin (assis au centre), à l'époque ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, attend d'être reçu par le Rabbi à son quartier général de Brooklyn. Assis à droite se trouve le secrétaire du Rabbi, Rav Hodakov. Debout (de gauche à droite) : les rabbins Abraham Shemtov, Shlomo Cunin et Moché Hecht, et l'auteur de cet article, Yéhouda Avner.


Yéhoudah Avner, diplomate israélien, fut l’assistant et le conseiller de quatre premiers ministres israéliens (Golda Méir, Its’hak Rabin, Menahem Begin et Chimon Peres) et ambassadeur d’Israël en Irlande et en Australie.

 

Itsh’ak Rabin était un agnostique invétéré, et timide à l’excès. C’est pour cela qu’en ce jour de printemps en 1972 où il dut longuement attendre son entrevue avec le Rabbi de Loubavitch au 770 Eastern Parkway à Brooklyn, il était passablement tendu.

Sa gêne était d’autant plus apparente qu’il se tenait parmi une multitude d’hommes barbus qui s’affairaient autour de lui, tous identiquement vêtus de redingotes et de chapeaux noirs et tous pareillement indifférents à la peinture craquelée, au lino fissuré et à l’indéfinissable odeur qui régnait dans cet édifice de style Tudor qui abritait le quartier général du mouvement Loubavitch mondial.

Itsh’ak Rabin était à l’époque ambassadeur d’Israël à Washington et son président, Zalman Shazar, lui avait demandé de transmettre en personne ses vœux au Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneersohn, à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire. Il était donc là, avec sa kippa de bar-mitsva bleue et or précairement perchée sur sa tête qui lui donnait un air de touriste dans un pays exotique.


Lorsqu’il fut enfin introduit dans le sanctuaire, le visage du Rabbi rayonnait. C’était un visage angélique, à moitié recouvert d’une barbe grise et couronné du célèbre Borsalino, qui lui conféraient l’impression d’une citadelle protégeant l’esprit des invasions négatives.

Mais ce qui marqua le plus Rabin, ce furent les yeux du Rabbi. Leur teinte était celle de l’azur des mers profondes, intense et engageante, exhalant sagesse, conscience, bonté et fraternité. Cependant, comme je devais l’apprendre plus tard, ces yeux pouvaient virer au gris menaçant d’un ciel de plomb.

C’étaient là les yeux de quelqu’un qui pouvait voir le mystère à travers l’évidence, la poésie à travers le trivial et les questions capitales dans les petites choses. Des yeux qui fascinaient les croyants au point de susciter en eux le bonheur, la joie, et l’abnégation – choses qui paraissaient folles au très cartésien, l’inébranlable laïc, Itsh’ak Rabin.

Il s’entretint principalement avec le Rabbi des affaires de Washington mais lorsque le sage évoquait des sujets plus célestes comme la Torah, l’éternité et le devenir spirituel, les yeux de l’ambassadeur devenaient vitreux. Ce genre de dogmes était trop impénétrable pour cet austère soldat, ce vétéran du Palmah, pour qui la réalité était un phénomène physique et non une merveille métaphysique.

Il était cependant impressionné. En sortant, il me confia « Cet homme sait mieux ce qui se passe en Israël que la plupart des députés de la Knesset. »

Le président Shazar fut heureux des nouvelles qu’il eut de cette rencontre. Dans sa prime jeunesse, celui-ci avait été élevé dans la tradition Loubavitch et, au crépuscule de sa vie, il exultait de redécouvrir son enchantement de jadis, comme la gemme oubliée d’un joyau brisé.

Lors de ses rares visites à New York, Zalman Shazar, faisant fi du protocole diplomatique, préférait se présenter devant le Rabbi à Brooklyn comme le ferait un disciple, plutôt que de solliciter que ce soit le Rabbi qui lui rende visite au Waldorf Astoria comme il eut été seyant à un chef d’État. Cette attitude souleva la colère de certains membres du gouvernement israélien et de la presse, ce qui exaspéra Zalman Shazar. Ainsi, quand, un soir de Pourim, il roulait en direction du 770 dans sa limousine encadrée par des motards de la police new-yorkaise toutes sirènes hurlantes, il s’exclama « Mais que me veulent-ils au pays ?! Je suis peut-être le président d’Israël, mais je suis aussi un simple ‘hassid qui rend visite à son Rabbi. Qui peut objecter à cela ? »

Quelques temps plus tard, par une douce journée de juillet 1977, Menahem Begin dut affronter la même situation. Un journaliste à l’épaisse tignasse et en costume bouffant lui demanda effrontément « Vous êtes le nouveau premier ministre d’Israël, pourquoi êtes-vous donc venu chez le rabbin Schneersohn ? Le protocole exige certainement que ce soit lui qui vienne vers vous. »

Cette altercation eut lieu sur le seuil du quartier général de Loubavitch où le Rabbi accueillait M. Begin au dans un embrasement de flashes photographiques. « Pourquoi, vraiment ? » commença le premier ministre, l’air détendu. « Une bonne question... »

Et alors, avec un air extrêmement déférent, il poursuivit « Je suis venu ici car je suis en route pour Washington où je vais rencontrer le président Jimmy Carter pour la première fois. Il est donc naturel que je vienne chercher la bénédiction d’un grand sage du peuple juif. Rabbi Schneersohn est l’une des plus importantes personnalités juives de notre temps. Son statut est unique dans notre peuple. Donc, oui, certainement, ses bénédictions me renforceront alors que j’entame une mission de la plus haute importance pour notre futur. »

« M. le rabbin souhaite-t-il commenter cette réponse ? » demanda le reporter.

« Seulement pour réitérer toutes mes bénédictions, répondit le Rabbi. Et pour ajouter que je considère la visite du premier ministre, non pas comme une manifestation d’honneur envers moi, mais comme une marque de reconnaissance de l’œuvre du mouvement Loubavitch en faveur de la diffusion de l’amour de D.ieu et de Sa Torah auprès de nos frères juifs, où qu’ils se trouvent. »

Les deux hommes, amis de longue date, s’enfermèrent pour une bonne heure, au terme de laquelle M. Begin informa Rabbi Schneersohn que je reviendrais à New York après notre séjour à Washington pour l’entretenir des discussions de la Maison Blanche.

Ainsi, c’est cinq jours plus tard que je me retrouvais seul avec le Rabbi dans son bureau lambrissé avec son mobilier simple et d’un autre âge. Des tomes du Talmud et d’autres épais volumes écornés par l’usage s’alignaient sur ses étagères, évoquant des siècles d’érudition et de débats menés par des générations de Juifs en kippa se balançant, psalmodiant et jouant du pouce, habitants d’un monde où les étudiants n’étudient pas et les enseignants n’enseignent pas, car tout le monde apprend.

Nous conversâmes en hébreu. Celui du Rabbi était classique, le mien moderne. Et, à mesure qu’il analysait méthodiquement mon compte-rendu des évènements de Washington, son expression d’autorité naturelle s’approfondissait sur son visage. Elle provenait d’un niveau de l’être qui dépasse l’entendement. C’était en lui : quelque chose qu’il possédait dans son âme, quelque chose qui lui avait été donné sous les châtaigniers et les érables de Brooklyn plutôt que sous les peupliers et les pins de Jérusalem – où, mystérieusement, il n’avait jamais séjourné.

La présentation, l’interrogation et la clarification avaient pris près de trois heures. Il était deux heures du matin passées et j’étais épuisé. Le Rabbi, plein d’entrain et de vigueur, me demanda de transmettre ce message à M. Begin : « En maintenant à la Maison Blanche votre position ferme au sujet d’Erets Israël, vous avez donné de la force à tout le Peuple Juif. Vous avez réussi à sauvegarder l’intégrité d’Erets Israël tout en évitant une confrontation avec les États-unis. C’est là la véritable qualité d’homme d’état juif : direct, courageux, sans prétention, mais jamais sur la défensive. Soyez fort et courageux. »

Il dicta cela d’une voix douce, mais enflammée.

Puis, tout à fait détendu, il fit une tente des ses doigts fins, me regarda droit dans les yeux, et me dit avec un sourire étonnamment doux, « Vous nous rendez visite si souvent et vous êtes manifestement si proches de nous. Pourquoi n’êtes-vous jamais devenu un hassid Loubavitch ? »

Je m’assis au fond de mon siège, abasourdi par cette franchise. C’était vrai. C’était probablement ma troisième ou ma quatrième rencontre avec le Rabbi. Au fil des ans, j’étais devenu un agent de liaison officieux entre plusieurs premiers ministres israéliens et le Rabbi de Loubavitch.

J’ai avalé ma salive et murmuré « C’est peut-être parce que j’ai rencontré tellement de gens qui confèrent au Rabbi des pouvoirs que le Rabbi ne s’attribue pas lui-même. »

Alors même que je parlais, j’ai réalisé que j’avais trop présumé. Je pouvais entendre ma voix s’estomper

Les sourcils du Rabbi se froissèrent et ses yeux bleus et profonds se grisèrent de tristesse. Doucement, il répondit, « yech kanireh anochim hazekoukim lekobayim – Il y a manifestement des gens qui ont besoin de béquilles. »

Un long et prégnant silence s’ensuivit. Peut-être que ses fils secrets de perception et de communication étaient en train de sonder mes pensées, car ce qu’il dit ensuite répondit aux questions que je me posais intérieurement.

Soulevant sa paume dans un geste rassurant et avec un sourire encourageant, il dit « Laissez-moi vous dire ce que j’essaie de faire. Supposez que vous regardiez une bougie. Ce que vous voyez n’est qu’un simple bloc de cire parcouru par une mèche en son milieu. À quel moment la cire et la mèche deviennent-elles une bougie ? Ou, en d’autres termes, quand accomplissent-elles ce pour quoi elles ont été créées ? Lorsque vous mettez une flamme sur la mèche, c’est là que la bougie devient une bougie. »

Alors qu’il parlait, sa voix se marqua d’une cadence à la manière d’un talmudiste qui se plonge dans son texte, si bien que ce qu’il dit ensuite paraissait un chant : « La cire est le corps, et la mèche est l’âme. Allumez l’âme avec le feu de la Torah et quelqu’un accomplira alors le but pour lequel il ou elle a été créé. Et c’est ce que j’essaie de faire : allumer les âmes de notre peuple avec le feu de la Torah. »

Une sonnette avait retenti à intervalles réguliers, indiquant que d’autres attendaient leur entrevue. Alors je me suis levé et j’ai pris congé, m’arrêtant à la porte pour demander : « Ma bougie, le Rabbi l’a-t-il allumée ? »

« Non, répondit-il, serrant ma main. Je vous ai donné l’allumette. Vous seul pouvez allumer votre bougie. »

Béréchit  ‘Son cœur fit lever son pied’  par le Rav Yaakov Abergel

Béréchit ‘Son cœur fit lever son pied’ par le Rav Yaakov Abergel

 

 

Les ‘Hassidim ‘Habad connaissent bien l’enseignement selon lequel notre conduite pendant le Chabbat Béréchit a une influence sur l’année toute entière.

Le Rabbi en explique la raison dans le ‘Dvar Mal’hout’. La particularité de ce Chabbat est qu’il constitue la charnière entre le mois de Tichri et tous les autres mois de l’année.

Tichri par le fait qu’il est ‘un mois rempli de Mitsvoth et de Sainteté, s’élève donc, et est en quelque sorte séparé de tous les autres mois de l’année qui sont des mois ‘profanes’, où l’essentiel de notre travail est lié aux sujets de de ce monde matériel, et à des actions ‘profanes’.

Ainsi, c’est précisément le Chabbat Béréchit qui possède donc la force d’attirer la Sainteté supérieure du mois de Tichri, jusque dans tous les autres mois ‘profanes’ de l’année, car  ce mois englobe en lui-même tout le travail du mois de Tichri  (la Sainteté), et le travail du mois de ‘Hechvan (le Profane).

D’un côté, Chabbat Béréchit est à la fin du mois de Tichri, et d’un autre côté c’est le Chabbat pendant lequel nous bénissons le mois de ‘Hechvan, lequel représente le commencement de notre action et de notre influence dans tous les sujets de ce monde. C’est donc pour cela que notre conduite pendant ce Chabbat Béréchit a une influence sur toute l’année.

Le Rabbi explique que la lecture de la Paracha Béréchit, dans laquelle il est question de la Création du monde, a pour effet de renouveller la Création de tous les sujets de ce monde, pour une année nouvelle. Cela n’est pas sans nous donner la force nécessaire pour accomplir notre mission dans ce monde, tout au long de l’année.

Sur la signification du mot Béréchit, Rachi a expliqué que D.ieu créa le monde pour la Torah qui est appelée ‘le commencement de Son chemin’,‘Réchit darko’ (Proverbes, 8, 22), et pour Israël qui est appelé ‘le commencement de Sa moisson’, ‘Réchit tvouato’ (Jérémie, 2, 3).

Le mot ‘Réchit’, que l’on apparente aussi au mot ‘Roch’ (la ‘Tête’) n’est donc pas sans désigner le niveau supérieur des enfants d’Israël. Cependant, l’un des point essentiels de l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, est que le niveau d’un enfant d’Israël ne se limite pas à la grandeur de son âme, qui est ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’.

Non, la grandeur d’un enfant d’Israël est aussi, liée au fait que ‘l’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’, ainsi que l’a déclaré l’Admour Hazaken’ au sujet de son explication du verset de la prière : ‘Tu nous as choisis parmi tous les peuples’.

La ‘Hassidout nous enseigne que l’acte de choisir ne découle pas des forces de l’intellect. Bien au contraire, l’origine spirituelle d’un choix que l’on fait dépasse de loin la raison et l’intellect. Il en va ainsi aussi pour L’Eternel, car le Rabbi nous dévoile ici que le choix de L’Eternel  des enfants d’Israël provient d’un très haut niveau du Divin, lequel se situe bien au-delà de tout l’enchaînement des mondes, bien au-delà de toute la Création. De fait, le choix des enfants d’Israël trouve son origine dans Son Essence bénie.

Aussi, ce choix de l’Eternel qui procède du niveau de l’Essence divine, vient nous apporter de précieux enseignements.

Le Rabbi nous enseigne notamment, que bien que la Torah soit au-delà de ce monde, elle atteint sa perfection précisément lorsqu’elle s’habille dans ce monde matériel. Et même si la Torah descend dans ce monde, on peut toujours se rendre compte de sa Sainteté et de sa grandeur.

Dans le même ordre d’idée, le Rabbi souligne que la chose est aussi vraie pour un Juif. Les Juifs font partie intégrante de ce monde matériel, et cela s’exprime tout particulièrement par le fait que le corps d’un Juif est semblable à celui d’un non-Juif. C’est à ce sujet que le Rabbi vient nous expliquer la notion  de ‘Choix’. Un choix ne peut exister qu’entre deux choses qui sont identiques. Seulement dans ce cas, l’acte de choisir (qui comme on l’a dit dépasse l’intellect et la raison) vient pour faire la différence entre les deux. C’est donc précisément le corps des enfants d’Israël que L’Eternel a choisi, car il est identique à celui des Goyim.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il nous est donné de comprendre que même s’il se trouve dans ce monde matériel, en tant que partie intégrante de ce monde, avec un corps identique à celui des autres peuples, il n’en demeure pas moins que L’Eternel a distingué le corps des Juif parmi ceux de tous les autres peuples.

Il convient ici d’établir un lien entre ce qu’il vient d’être dit et la Si’ha du Rabbi intitulée ‘Le cœur soulève les pieds’ (26 tichri 5738-8 Octobre 1977). Le Rabbi déclare dans cette Si’ha, que ‘le ‘Hassidisme explique que la fonction essentielle d’une route est de relier le coin le plus reculé du royaume, à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même. Il en est de même pour le chemin du Juif dans la vie : le long du chemin, sa mission demande qu’il s’investisse dans les choses matérielles, profanes, pour connaitre D.ieu dans toutes ses actions, et dans tous ses chemins. En accomplissant la Volonté de D.ieu, il relie les coins les plus reculés de la Création, même de ce monde, le plus bas de tous, avec la chambre privée du Roi des Rois, le Saint béni soit-Il. L’Action est essentielle et chaque Juif doit aller sur son chemin à l’exemple de notre père Yaakov. Quand il entendit la bonne nouvelle que D.ieu avait assuré sa protection, ‘son cœur fit lever son pied et il alla’, même sur son chemin pour ‘Haran (‘le lieu qui réveille la colère de D.ieu’). Il alla avec la bonne nouvelle de la Torah de Vérité, la Torah de vie qui est un guide pour la vie…Et la force nous est donnée pour l’accomplir’.

‘Relier le coin le plus reculé du royaume à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même’, c’est faire de ce monde qui est le plus bas de tous, une demeure pour l’Essence divine.

Peut-être est-il possible de dire que le corps est lui-même d’une certaine manière ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ car il est comme une prison pour l’âme, du fait qu’il abrite aussi l’âme animale et le mauvais penchant.

Or, le Rabbi souligne que L’Eternel en choisissant le corps des enfants d’Israël a placé le corps d’un Juif à un niveau supérieur : ‘Réchit’. Aussi, le Rabbi écrit que ‘non seulement les enfants d’Israël ne se trouvent nullement sous la domination des autres peuples (pas seulement du point de vue de leurs âmes, mais aussi du point de vue de leurs corps), mais au contraire : même pendant l’exil ils représentent l’essentiel, ‘Réchit’, de la Création, et c’est pour eux qu’ont étés créés tous les peuples de la terre, et toutes les autres parties du monde…’.

Dans ce cas il est possible d’expliquer que ‘la  bonne nouvelle’ que Yaakov entendit, selon laquelle ‘D.ieu avait assuré sa protection’, est liée au fait que ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’.

En effet, dans un grand nombre de ses discours ‘hassidiques, le Rabbi a enseigné que le corps est l’œuvre de D.ieu qui provient de Son Essence. Bien que d’un côté le corps soit ‘l’endroit le plus reculé du royaume’, car il est comme une prison pour l’âme, d’un autre côté le corps provient de l’Essence divine, et du fait de cette proximité la possibilité nous est donnée de la dévoiler, de faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Aussi, à l’exemple de Yaakov qui comprit et ressentit que tout fut crée pour lui dans le but qu’il accomplisse sa mission sacrée, notre cœur doit‘lever notre pied’ pour faire tout ce qui est en notre pouvoir pour relier ‘l’endroit le plus reculé du royaume’: les mois ‘profanes’, avec la ‘salle du trône’: le mois de Tichri. C’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer la Sainteté dans ce monde profane, afin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Mazal Tov ! Il fête son 100ème anniversaire dans la Souccah

Mazal Tov ! Il fête son 100ème anniversaire dans la Souccah

 

L’établissement d’un « calendrier juif » fut la première mitsva (commandement) que la nation juive reçut de D.ieu. Ce calendrier unique est basé sur le mois lunaire, mais il est parfois ajusté de sorte qu’il reste synchronisé avec l’année solaire et les saisons.

 

Ainsi, d’année en année, une date du calendrier juif fluctue par rapport à d’autres systèmes de calendrier, mais restera toujours à proximité de sa date correspondante sur le calendrier grégorien couramment utilisé (basé sur le soleil). Par exemple, si votre anniversaire civil est le 15 juin, jour de votre anniversaire juif sera toujours dans les semaines qui entourent cette date. Cliquez ici pour déterminer quand votre anniversaire juif tombera une année donnée.

Votre anniversaire juif a une double signification :
a) Selon la tradition juive, votre mazal (bonne fortune) est dominant le jour de votre anniversaire.
b) En tant que nation, nous célébrons les dates lors desquelles sont survenus des événements particuliers qui ont affecté notre destin, appelés « fêtes ». En tant qu’individus, nous célébrons les dates qui ont une signification personnelle – et quoi de plus important que votre naissance ? C’est le moment où le Créateur a dit : « Voici, je te donne un corps, une âme et une mission divine. J’ai une confiance absolue en ta capacité à la réussir pour Moi. »

En 1988, le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, a lancé une « campagne de l’anniversaire juif ». Il nous a engagé à mettre à profit au maximum ce jour si particulier dans notre vie. Une journée pour réaffirmer la mission que D.ieu nous a confiée, en s’améliorant et en se sanctifiant, nous-mêmes et le monde qui nous entoure. fr.chabad.org

 

 

 

Le  Rav Yaakov Haviv à Radio Qualita : Quels sont les particularités de la fête de Souccoth chez les Loubavitch ?

Le Rav Yaakov Haviv à Radio Qualita : Quels sont les particularités de la fête de Souccoth chez les Loubavitch ?

Quels sont les particularités de la fête de Souccoth chez les Loubavitch ? Le Rav Yaakov Haviv, Dayan à Jérusalem, nous parle de cette fête si joyeuse, des différents types de Soucca à travers le monde, et nous explique pourquoi, si les Habad mangent et boivent dans la Soucca, ils ne doivent pas y dormir.

 

"Un avec D.ieu", sur la Si'ha du Rabbi intitulée "Les Hala'hot de la Torah orale qui ne disparaîtront jamais" par le Rav Yaakov Abergel

"Un avec D.ieu", sur la Si'ha du Rabbi intitulée "Les Hala'hot de la Torah orale qui ne disparaîtront jamais" par le Rav Yaakov Abergel

 

(Pour la Réfouah chélémah de Esther-Malka bat Peïrel)

 

Dans la dernière Si’ha du ‘Dvar Mal’hout’ sur le livre ‘Dévarim’. Le Rabbi rapporte les changements des Hala’hot de la Torah qui auront lieu dans les Temps futurs. A présent la Hala’ha va selon Beït Hillel, et dans les Temps futurs, elle ira selon Beït Chamaï. Plus encore, le Rabbi nous dit que selon plusieurs avis, toutes les Mitsvoth de la Torah seront annulées dans les Temps futurs. Aussi, du fait que toutes les Hala’hot de la Torah viennent expliquer la façon d’accomplir les Mitsvoth, si les Mitsvoth disparaissaient, alors les Hala’hot, qui n’auraient plus de raison d’être, disparaitraient également !  Cela paraît impossible, car chacun sait que la Torah subsite et subsistera éternellement.

Le Rabbi nous donne une raison, pour laquelle les Mitsvoth de la Torah ne peuvent jamais disparaître: ‘Ce qui constitue l’essentiel des Mitsvoth n’est pas du tout lié à l’homme qui les accomplit (pour se raffiner et se purifier). Les Mitsvoth ne sont pas un ‘moyen’ pour atteindre un autre but, mais elles sont la Volonté du Saint-béni soit-Il, et ne sont pas accomplies pour une autre raison. C’est pourquoi elle ne peuvent connaître aucun changement. Si leurs buts étaient pour le besoin de l’homme, alors il aurait fallu dire que la nécessité de les accomplir dépend de la situation de l’homme: à présent elles doivent être accomplies pour que l’homme parvienne à s’élever et à se parfaire, et dans les Temps futurs, lorsque l’homme atteindra la perfection, il n’y aura plus de besoin de les accomplir. Or, du fait que le caractère éternel des Mitsvoth provient du fait qu’elles sont la Volonté du Saint-béni soit-Il, alors elles ne peuvent être soumises à aucun changement, et celà en tout temps. En effet, la Volonté du Saint béni soit-Il ne dépend absolument pas de la situation de l’homme et du monde’.

Ainsi, si la Torah est éternelle, comment expliquer la déclaration des sages selon laquelle ‘les Mitsvoth disparaîtront dans les Temps futurs’?.

A cette question le Rabbi répond que l’on ne doit pas expliquer que les Mitsvoth seront annulées dans les Temps futurs. La Volonté de D.ieu subsistera éternellement, mais par contre ‘c’est l’ordre qui est adressé à l’homme qui disparaîtra’. Dans les Temps futurs chaque Juif atteindra un niveau supérieur, d’union  parfaite avec le Saint béni soit-Il. D.ieu et chaque Juif ne formeront plus qu’une seule réalite. Dans ce cas, il n’y aura plus besoin que D.ieu ordonne à l’homme d’accomplir Sa Volonté, car du fait que D.ieu et l’homme ne formeront plus qu’Un, alors, l’homme accomplira les ‘Commandements divins’ naturellement.

Le Rabbi explique en effet que le terme de ‘Mitsva’ (‘Ordre’), ne s’applique que dans le cas où l’homme ‘vit indépendamment de D.ieu’. Dans un tel cas D.ieu intervient et lui ordonne d’agir selon Sa Volonté.

Cependant le mot ‘Mitsva’ s’apparente également au mot ‘Tsavta’ (‘Union’), aussi, le Rabbi explique que dans les Temps futurs, lorsque chaque Juif sera totalement imprégné de la Volonté de D.ieu (ne fera plus qu’Un avec Lui), ‘les Mitsvoth seront annulées’, c’est-à-dire que l’homme accomplira la Volonté de D.ieu, sans avoir besoin que D.ieu le lui ordonne.

En d’autres termes, la ‘Mitsva’, telle que celle-ci désigne un ‘Ordre’, disparaîtra, mais la Volonté de D.ieu, ‘les Hala’hot de la Torah’, subsisteront pour l’éternité. La Volonté de D.ieu se fondra en celle de l’homme, pour ne faire qu’Une seule et même Volonté. C’est le deuxième sens du mot ‘Mitsva’: ‘Tsavta’, lequel représente l’union parfaite entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, laquelle sera révélée dans les Temps futurs.     

L’occasion nous est donnée ici de rapporter une histoire du Baal Chem Tov dont le contenu n’est pas sans évoquer cet enseignement du Rabbi.

Un ‘Hassid vint un jour s’entretenir avec le Baal Chem Tov pour solliciter son conseil. Durant tout le mois d’Elloul, le ‘Hassid s’attacha à faire une Téchouva sincère et du plus profond de son coeur. Aussi, pendant les 10 jours de Téchouva qui précédèrent le jour de Kippour, le ‘Hassid versa de nombreuses larmes, et il parvint au jour de Kippour avec le sentiment d’avoir travaillé comme il convient durant les jours redoutables.

Le jour-même de Kippour, le ‘Hassid pleura à nouveau, et quand ce jour sacré prit fin, le ‘Hassid se sentit, enfin, prêt à commencer la nouvelle année avec une certaine assurance.

Quelques temps après cela, le ‘Hassid traversa une période difficile et s’écarta un tant soi peu de la voie de la Torah et de la ‘Hassidout. Il ne pût résister aux incitations du mauvais penchant, qui l’amenèrent finalement à une véritable chute spirituelle.

Le ‘Hassid se rendit alors chez le Baal Chem Tov, et lui dit qu’il ne comprenait pas la raison de cette chute. Comment lui qui avait pourtant versé de si nombreuses larmes durant  le mois d’Elloul et jusqu’au jour de Kippour, avait-il pu chuter de la sorte?

Les larmes de sa Téchouva n’avaient-t-elles donc eu aucun effet? Sa Téchouva avait-elle manqué de sincérité et de profondeur?

La Réponse du Baal Chem Tov à ces questions fut foudroyante.

‘Lorsque tu pleurais tu as cru que ces larmes venaient de toi-même! Tu n’as pas réalisé que même ces larmes que l’on verse quand on fait Téchouva, pour s’attacher enfin à D.ieu, même ces larmes viennent de D.ieu! Même ces larmes sont un cadeau de D.ieu, Sans l’aide d’Hachem ces larmes ne peuvent pas exister….’.

Le Baal Chem Tov expliqua donc à son ‘Hassid que cet oubli fut la cause du péché qu’il commit peu de temps après Kippour.

C’est celà que nous enseigne le Rabbi dans le ‘Dvar Mal’hout’. Lorsque un Juif est séparé de D.ieu (comme dans cette histoire ou le ‘Hassid finit par oublier que tout vient de D.ieu, même les larmes qu’il verse), alors un Juif peut être amené à pécher, que D.ieu nous en préserve. Cependant, si un Juif fait véritablement Un avec D.ieu, comme ce sera le cas dans les Temps futurs, alors rien ne pourra s’opposer à lui. Cela, à tel point quil accomplira  les Hala’hot de la Torah, sans en recevoir l’ordre, ainsi qu’il a été expliqué.

A l’évidence cet enseignement sur notre relation avec D.ieu s’applique aussi à notre lien avec le Rabbi. La fête de Souccoth l’exprime avec une très grande force, car comme tout le monde sait, tous les soirs de Souccoth les bergers d’Israël (Avraham Itz’hak Yaakov…) sont accompagnés par les Invités ‘Hassidiques, les Maîtres de la Hassidout ‘Habad…

 (A suivre)

Comment agiter Le Loulav - Guide illustré

Comment agiter Le Loulav - Guide illustré

fr.chabad.org

Tenez-vous face à l'Est.

Prenez le Loulav (le bouquet contenant la feuille de palmier, les trois tiges de myrte et les deux branches de saule) dans votre main droite et récitez la bénédiction "Al netilat Loulav".

Prenez ensuite l'Etrog (le cédrat) dans votre main gauche. Si c'est le premier jour de Souccot (ou la première fois que vous accomplissez cette mitsva cette année), récitez également la bénédiction de "Chéhé'héyanou".

Rassemblez le Loulav et l'Etrog.

Faites avec le Loulav serré contre l'Etrog trois va-et-vient dans chaque direction.

Chaque fois que les quatre espèces sont ramenées vers vous, le bas du bouquet doit toucher votre poitrine (à l'endroit du cœur).


La première fois au Sud
(à droite)

la seconde au Nord
(à gauche)

La troisième à l'Est
(devant vous)

la quatrième vers le haut

la cinquième vers le bas

La sixième vers l'ouest ;
deux fois vers le sud-ouest...
...et une fois complètement à l'ouest
(derrière vous)

Extrait du Siddur Tehillat Hashem. © Copyright Kehot Publication Society, Brooklyn NY

Comment le Rabbi choisissait-il les quatre espèces de la fête de Souccot ?

Comment le Rabbi choisissait-il les quatre espèces de la fête de Souccot ?

Pendant de nombreuses années, j’ai eu l’immense mérite d’apporter personnellement des Loulavim au Rabbi, peu avant la fête de Soukkot.

 

Rav Lévi Bistritski,
Rav de Tsfat

C’est parmi ces branches de palmier qu’il en choisissait une, pour son usage personnel. Les premières années, j’avais l’habitude d’entrer moi-même dans le bureau du Rabbi, en tenant ces Loulavim à la main et le Rabbi en choisissait alors un pour lui. Les dernières années, en revanche, cette organisation fut modifiée et, par la suite, le Rabbi choisissait les Loulavim à l’extérieur de son bureau, dans l’antichambre.

A l’origine, ce grand mérite me revint parce que mon père, le Rav Yehouda Leïb Bistritski, s’était associé, pendant quelques années, avec un commerçant israélien, qui importait des Loulavim, des Ethroguim et des Hadassim d’Erets Israël et les distribuait ensuite dans le monde entier. Le Rabbi utilisait, pour sa part, des Hadassim venant de Tsfat. Avant la fête Soukkot, je passais des heures à sélectionner, pour le Rabbi, les cent-vingt plus beaux Hadassim, parmi ceux qui avaient été importés de Tsfat. C’était avant la création de Kiryat ‘Habad, le quartier ‘Habad de Tsfat. Chaque année, quand le Rabbi voyait mon père, le premier jour de Soukkot, il lui disait : «Je me suis servi de vos Hadassim !».

On adressait également au Rabbi des Hadassim venant de plusieurs autres endroits du monde, notamment d’Argentine et d’une certaine région des Etats-Unis, mais une fois, le Rabbi indiqua à mon père qu’il se servait exclusivement des Hadassim de Tsfat. Quant à ceux qu’on lui envoyait de tout le reste du monde, il n’en prenait que trois.

Par la suite, quand Kiryat ‘Habad fut fondée, la même organisation fut maintenue et cela resta ainsi pendant de très nombreuses années. Je choisissais moi-même les Hadassim pour le Rabbi et il s’en servait. Le Rabbi n’a jamais revérifié leur validité, après que je l’ai moi-même fait. J’en apportais alors une grande botte au Rabbi et je lui indiquais qu’ils étaient vérifiés. Une fois, le Rabbi m’a dit clairement qu’il ne les revérifiait pas, par la suite.

Une certaine année, à la veille de Soukkot, vers midi, mon père reçut un appel téléphonique du Rav ‘Hadakov, le directeur du secrétariat du Rabbi, qui lui indiqua : «Le Rabbi demande si vous avez un beau Loulav, pour lui». Il s’avéra que, cette année-là, le Rabbi était déçu des Loulavim qu’on lui avait apportés.

A l’époque, on surveillait surtout les Ethroguim qui étaient apportés au Rabbi, alors que les Loulavim lui étaient, en général, transmis à la veille de la fête. Cette année-là, le Rabbi les avait inspectés et, tout de suite, après cela, le Rav ‘Hadakov avait appelé mon père, lui demandant s’il avait un beau Loulav pour lui. Il nous restait encore cinq-cents ou six-cents derniers Loulavim, parmi les milliers dont nous disposions, juste avant cela.

Ces six-cents Loulavim se trouvaient encore dans leur emballage d’origine, qui n’avait pas été ôté. Nous avons aussitôt fermé le magasin de mon père. Son associé, qui était un grand spécialiste, mon père et moi-même, nous avons alors inspectés tous les Loulavim qui restaient et nous avons mis les meilleurs de côté.

Nous avons organisé notre travail selon la conception de Chamaï l’ancien qui effectuait des achats pour le Chabbat tout au long de la semaine. En effet, celui-ci achetait un animal, pendant la semaine et il le consacrait au «saint Chabbat». Puis, par la suite chaque fois qu’il en trouvait un meilleur, il consommait le premier pendant la semaine et il gardait le second pour le Chabbat. C’est exactement ce que nous avons fait avec ces Loulavim.

Je me suis ensuite rendu chez le Rabbi, tenant à la main une trentaine de Loulavim, qui étaient noués ensemble. Ses secrétaires me firent entrer dans son bureau. Là, devant la table, il y avait deux fauteuils capitonnées en rouge, avec des accoudoirs, sur lesquels le Rabbi proposait à ceux qui venaient le consulter de s’asseoir. Je suis donc entré dans le bureau, où le Rabbi était seul. Il plaça l’un de ces fauteuils d’une certaine façon et j’ai alors pu disposer les Loulavim sur ses accoudoirs, puis je les ai tendus au Rabbi, un par un, afin qu’il les vérifie.

Par la suite, nous avons toujours procédé de cette façon-là, chaque année. J’entrais seul dans le bureau du Rabbi et je lui remettais une trentaine de beaux Loulavim, parmi lesquels il faisait son choix. Il m’est même arrivé d’apporter cinquante Loulavim, mais le Rabbi en choisissait trente.

Plus tard, lorsque j’ai eu le mérite de devenir l’un des émissaires du Rabbi à Tsfat, en 5736, j’ai cessé d’apporter des Loulavim au Rabbi. Les dernières années, on lui envoyait également des Hadassim provenant d’autres endroits. En revanche, il choisit toujours son Loulav parmi ceux de mon père.

Lorsque le Rabbi vérifiait un Loulav, il commençait par le saisir et l’observer en perspective, pour s’assurer qu’il était bien droit. Ensuite, il le faisait tourner vers la gauche, afin de vérifier sa couleur du côté droit et il le faisait tourner vers la droite, afin de vérifier sa couleur du côté gauche. Il fallait que son Loulav soit entièrement vert, jamais blanc. Ensuite, le Rabbi saisissait le Loulav et il vérifiait son sommet. Le Rabbi choisissait toujours un Loulav fermé par une pellicule marron.

Le Rabbi voulait effectivement que son Loulav soit hermétiquement fermé. Comme on le sait, il y a une discussion entre les Décisionnaires, à ce sujet : faut-il nécessairement savoir ce qu’il y a sous la pellicule marron, ou bien, dès lors que le Loulav pousse ainsi, doit-on considérer que la présence de cette pellicule atteste qu’il est fermé ? Le Rabbi optait pour le second avis et il choisissait donc le Loulav dont la pellicule était la plus marron et qui était le plus fermé.

Parfois, je signalais au Rabbi un Loulav répondant à cette définition en plaçant un bracelet élastique sur sa pointe. J’étais curieux de voir si ma sélection était la bonne et, à chaque fois, ce fut effectivement le cas. Il était étonnant d’observer la joie du Rabbi, quand il trouvait un Loulav digne de ce nom, dont il appréciait réellement la validité et la beauté.

Comme on le sait, le Rabbi distribuait aussi des Loulavim et des Ethroguim à certains de ses émissaires et à des représentants des différentes institutions, dans le monde. Là encore, il les choisissait lui-même. Et, comme il le faisait aussi dans les autres domaines, le Rabbi tenait à payer immédiatement ce dont il faisait l’acquisition, d’autant que, concernant ces quatre espèces de la fête de Soukkot, le verset précise : «vous prendrez pour vous», ce qui veut dire que l’on doit en être propriétaire.

Il y a, à ce sujet, une lettre du Rabbi, qui est imprimée dans le Chaareï Hala’ha Ou Minhag, dans laquelle il s’interroge sur la nécessité de payer les quatre espèces avant la fête, afin d’en être le propriétaire, ou bien s’il est possible de le faire avec une carte de crédit ou bien un chèque qui sera encaissé par la suite et d’être, néanmoins, considéré comme en étant propriétaire.

Il y a effectivement une discussion entre les Décisionnaires, à ce sujet et le Rabbi considère, pour sa part, que l’on n’est pas tenu de payer les quatre espèces de Soukkot avant la fête. Malgré cela, à différentes reprises, le Rabbi m’a remis lui-même le montant correspondant à son achat et même un dédommagement pour mon dérangement. Plusieurs fois, le Rabbi m’a remis cet argent en me disant : «Il y a une obligation d’acheter un cadeau à son épouse, avant la fête. Tu n’oublieras pas de le faire !».

Pour ce qui est de l’Ethrog, le Rabbi voulait, avant tout, qu’il soit totalement jaune. Le Rabbi n’aurait même pas regardé le plus bel Ethrog, s’il n’était pas jaune. La Hala’ha précise qu’on peut le jaunir, par exemple en l’entourant de pommes, mais le Rabbi n’a jamais eu recours à une telle pratique.

Le Rabbi observait aussi la taille et la forme de l’Ethrog. C’est uniquement après cela qu’il vérifiait sa netteté. S’agissant de la taille, le Rabbi optait pour un Ethrog assez gros, bien au-delà du minimum requis. Il faut se rappeler que, durant la fête, un Ethrog peut sécher et, bien plus, des milliers de personnes récitaient la bénédiction, chaque jour de Soukkot, sur celui du Rabbi. D’ores et déjà, à l’issue du premier jour, on voyait que l’Ethrog du Rabbi avait été très utilisé.

Le Rabbi ne prenait qu’un seul Ethrog de Calabre, celui sur lequel il récitait la bénédiction, le matin et qu’il secouait, pendant le Hallel. Mais, l’on sait que le Rabbi recevait également des Ethroguim d’Erets Israël et, après la prière, il secouait l’un d’eux.

De nombreuses années, on a pu observer que le Rabbi avait un Ethrog ayant une petite tige, à son sommet, le Pitom. En fait, chaque Ethrog en a un, à l’origine et c’est même l’un des signes distinctifs d’un Ethrog, mais, bien souvent, celui se détache, de lui-même. S’il tombe pendant que l’Ethrog est encore attaché à l’arbre, le fruit doit porter un creux, un renfoncement, à l’endroit du Pitom. On trouve une longue analyse du Tséma’h Tsédek à propos d’un Ethrog qui ne porterait pas un tel renfoncement et, à cette occasion, le Tséma’h Tsédek indique comment l’on peut reconnaître qu’il y avait bien un Pitom, à l’origine, mais que celui-ci est tombé par la suite.

Une certaine année, le Rabbi avait un Ethrog avec un large Pitom. Puis, lorsque quelqu’un a récité la bénédiction, celui-ci est tombé. D’ordinaire, le Rabbi se rendait dans la synagogue et la prière du matin commençait alors que ceux qui étaient dans la Soukka continuaient à réciter la bénédiction sur les quatre espèces du Rabbi. Et, on les lui apportait par la suite, juste avant la lecture du Hallel. Cette fois-là, celui qui apporta les quatre espèces au Rabbi lui précisa donc que le Pitom de l’Ethrog était tombé, mais le Rabbi le secoua tout de même, pendant le Hallel.

Mon père eut aussitôt connaissance de ce qui s’était passé. Il avait, parmi ses relations, un homme digne de confiance, à Brooklyn, qui importait des Ethroguim d’Italie et il savait qu’il en possédait une caisse encore fermée, en contenant plus d’une centaine. Il n’avait même pas eu le temps de l’ouvrir. Mon père s’est rendu chez lui, lui a pris la caisse et il lui a dit : «Si le Rabbi choisit l’un de ces Ethroguim, j’achèterai toute la caisse !».

Avant la fin de la prière, mon père se trouvait à la synagogue, avec la caisse, afin que le Rabbi choisisse un Ethrog. Le Rabbi lui accorda de nombreuses bénédictions pour ses efforts, mais il lui expliqua qu’un tel Ethrog ne permettrait pas de mettre en pratique les termes du verset :«Vous prendrez pour vous, le premier jour» et qu’il réciterait donc la bénédiction, les jours suivants, sur l’Ethrog de son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka.

C’est effectivement ce qu’il fit. Les jours suivants, le Rabbi se servit de l’Ethrog de son épouse. En effet, il disposait aussi des quatre espèces chez lui, dans sa maison. Il en faisait l’acquisition pour son épouse, la Rabbanit, alors que les siennes restaient dans son bureau, au 770.

Passage du Kaf Ha'haim, grand Possek Sefarad : "Les femmes peuvent réciter la bénédiction sur le Loulav"

Passage du Kaf Ha'haim, grand Possek Sefarad : "Les femmes peuvent réciter la bénédiction sur le Loulav"

"J'ai demandé aux femmes de réciter la bénédiction sur le Loulav, comme l'ancienne coutume des femmes de Jérusalem, en Terre Sainte".

 

RABBI YA’ACOV HAIM SOFER, LE KAF HA’HAIM

Rav Ya’acov ‘Haïm Sofer, fils de Rav Yitzhak Baroukh Sofer, est né à Bagdad en 5630 (1870). Bien que la communauté juive de Damas ait demandé à Rav Baroukh de devenir son Rav, celui-ci refusa humblement leur offre. Durant sa jeunesse, Rav Ya’acov ‘Haïm étudia à Bagdad sous la direction de sages tels que le Ben Ich ‘Hai et Rav Abdalah Somech.

En 5664 (1904), il se lance dans le long et difficile voyage vers Erets Israël, afin de prier sur les tombes des Tsadikim. Après sa visite de Yérushalayim, il décida de s'y installer de façon permanente. Là-bas, il étudia dans la vieille ville, à la Yéshiva des kabbalistes de Beth El. Cette école talmudique, qui fut fondée par Rav Gedalya ‘Hayon, a attiré de nombreux érudits de la ville ainsi que le grand kabbaliste, le Rashash.
En 5669 (1909), Rav Ya’acov ‘Haïm part étudier à la nouvelle école talmudique Shoshanim LeDavid, et devient bientôt l'un de ses principaux piliers.
Assis dans une petite chambre située à l'étage, Rav Ya’acov ‘Haïm étudie jour et nuit. Le produit de cette étude intensive fut l’écriture du livre, le « Kaf Ha’haïm », sur l'ensemble de la partie Ora’h ‘Haïm du Choul’han Aroukh ainsi que sur certaines parties de Yoréh Dé'ah.

Cette oeuvre monumentale, qui contient huit volumes, est considérée comme un classique pour le monde séfarade, équivalent du Michna Broura pour les Ashkénazes. Il comprend les avis de tous les Richonim et A’haronim, ainsi que de nombreuses lois selon la Kabbale.

Lorsque Rav Ya’acov ‘Haïm a achevé le premier volume du Kaf Ha’haïm, il ne fut pas en mesure de couvrir le coût de son impression. Des personnes lui suggérèrent d’aller en Egypte afin de solliciter les fonds nécessaires. Rav Ya’acov ‘Haïm, qui était profondément attaché à Erets Hakodesh, estima qu'il ne pouvait pas prendre une telle décision. Toutefois, quand il a vu qu'il n’avait pas d'autre choix, il a accepté de le faire.

Avec un coeur lourd et une prière sur les lèvres qu'il puisse rentrer chez lui rapidement, il se rendit en Egypte.

A Alexandrie, il rencontra Yossef Samocha, l’un des plus riches Juifs de l'époque, qui lui donna 200 lires, précisément la somme dont Rav Ya’acov ‘Haïm avait besoin pour imprimer le premier volume de son oeuvre. Voyant que sa mission avait réussi, Rav Ya’acov ne perdit pas de temps et rentra immédiatement à Yérushalayim.
Plus tard, il écrira d’autres livres comme « Kol Ya’acov », « Yagel Ya’acov » et « Yisma’h Israël ».

Rav Ya’acov ‘Haïm a joué un rôle de premier plan dans les batailles contre les éléments laïcs dans leurs efforts pour saper l’éducation juive selon la Torah à Yérushalayim.
Rav Ya’acov ‘Haïm Sofer mérita une grande aide du ciel dans toutes ses entreprises.

Le 11 Tamouz 5687 (1927), un violent tremblement de terre secoua Yérushalayim, causant l'effondrement de nombreuses maisons. La Yéshiva Shoshanim leDavid s’est en partie effondrée. Cependant, le côté du bâtiment où Rav Yaacov étudiait, est resté totalement intact et aucun des enfants qui étudiaient dans le Talmud Torah au premier étage n’a été blessé.

Rav Ya’acov ‘Haïm Sofer décéda un Chabbat, le 9 Sivan 5699 (1939). Il fut enterré sur le Har Hazeitim le lendemain. Une grande foule l'accompagnait pour son dernier voyage.

Son arrière-petit-fils, Rav Ya’acov Sofer a fondé deux Yeshivot à sa mémoire.

Vivre avec Machia’h : "En trois temps" par Gérard Touaty

Vivre avec Machia’h : "En trois temps" par Gérard Touaty

 

L’abondance de fêtes qui caractérise le mois de Tichri nous décrit en filigrane toute l’architecture de la nature humaine.

 

Globalement, l’homme s’exprime sur trois registres : la pensée, les sentiments et l’action. On retrouve ces trois modes d’expression avec les fêtes que nous vivons ces jours ci. Il y a d’abord, Roch Hachana et Yom Kippour qui invitent l’homme à la réflexion pour comprendre à la fois la grandeur de D.ieu et l’importance de la mission qui lui a été confiée sur terre.

C’est la tête qui est le siège de ce travail intellectuel. Mais l’homme ne doit pas seulement réfléchir. Son cœur exprime des sentiments qui doivent accompagner les idées : le cœur doit, en quelque sorte, enflammer la réflexion.

Nous avons ici la seconde étape des fêtes avec les végétaux de Souccoth (toit de la Soucca et les quatre espèces du Loulav) qui ressemblent aux sentiments.

Quel est le point commun entre les végétaux et les sentiments ? C’est le changement. Ainsi, les feuilles, les racines, les légumes et les fruits changent de couleur, de taille et de forme selon les saisons de l’année comme les sentiments qui peuvent varier, en un instant, en fonction des situations de la vie.

Puis quand se termine Souccoth, les pieds vont jouer un rôle déterminant parce qu’ils vont sauter dans tous les sens pour exprimer la joie d’être Juif, lors de Sim’hath Thora. C’est l’action, mais par n’importe quelle action puisqu’elle sera l’aboutissement d’une réflexion et d’un flot de sentiments travaillés et affinés.

La naissance de la délivrance est construite sur le même modèle. La première génération, qui suivit le don de la Thora, se distinguait par ses grandes connaissances en Thora. Jusqu’à l’époque de la Michna des Maîtres prestigieux éclairèrent le peuple juif (référence à la tête).

Puis l’exil commença, entraînant Israël dans le désert des nations (référence aux sentiments, variés et confus). C’est là que commença, à proprement parler, la sanctification de la matière par la présence du peuple juif sur des terres étrangères, bien souvent hostiles.

Aujourd’hui, comme le Rabbi l’a maintes fois expliqué, l’œuvre de purification de la matière est terminée. Notre génération est celle des pieds, comme ceux de Sim’hath Thora. Le Talmud lui donne le nom de l’époque « des talons de Machia’h » car son travail essentiel consiste à traduire concrètement toute la sagesse de la Thora accumulée depuis des dizaines de siècles.

Comme les pieds qui transportent un corps et une tête pour exporter la Tora vers d’autres lieux. En la diffusant autour de nous, on prépare le monde à accueillir le Libérateur, notre Juste Machia’h qui amènera le monde entier à la connaissance de D.ieu.

 

Les coutumes de la veille et du jour de Yom Kippour

Les coutumes de la veille et du jour de Yom Kippour

Cette année mardi soir 18 et mercredi 19 septembre 2018

Dans la semaine qui précède Yom Kippour, on procède aux «Kapparot» : on fait tourner autour de sa tête trois fois un poulet vivant (ou un poisson, ou une somme d’argent multiple de 18) enrécitant les versets traditionnels ; puis on donne le poulet (ou le poisson ou la valeur monétaire) à une institution charitable.

La veille de Yom Kippour (cette année mardi 18 septembre 2018)

On a coutume de demander au responsable de la synagogue du gâteau au miel, symbole d’une bonne et douce année.

A midi, on prend un bon repas, avec poisson et (ou) poulet.

Avant Min'ha, les membres de l’assemblée sont frappés légèrement de 39 coups de ceinture de façon symbolique.  Celui qui donne les coups récitera trois fois le verset : « Véhou ra'houm yékhaper ‘avon… ». A chaque mot, il frappera. Il est d’usage que les hommes se trempent au Mikvé (bain rituel) avant la prière de Min’ha.

Prière de Min'ha avec les habits de Chabbat.

Seoudat Hamafseket : Avant le début du jeune, on fait un repas de fête sans poisson ni viande, mais avec du poulet.

Après le repas, les parents bénissent les enfants et leur souhaitent d’aller toujours dans le droit chemin.

Après avoir mis des pièces à la Tsedaka, les femmes mariés allument au moins deux bougies  (les jeunes filles et petites filles allument une bougie) et récitent les deux bénédictions suivantes :
1) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nèr Chèl Yom Hakipourim» - «Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifié par Ses Commandements et nous a ordonné d’allumer la lumière de Yom Kippour».

2) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Véhiguianou Lizmane Hazé» - «Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre, qui nous a maintenus et nous a fait parvenir à cet instant».

Il est d’usage d’allumer également une bougie qui dure au moins vingt-cinq heures et sur laquelle on récitera la bénédiction de la «Havdala» à la fin de la fête. On allume aussi des bougies de vingt-cinq heures à la mémoire de chacun des parents disparus.

On enlève les chaussures en cuir et on met des chaussures en toile ou en plastique. Les hommes mariés mettent le grand Talit et le «Kittel» (vêtement rituel blanc).

Pendant tout Yom Kippour,

on récite la deuxième phrase du Chema Israël («Barou’h Chem…») à voix haute.

Il est interdit de manger, de boire, de s’enduire de crèmes ou de pommades, de mettre des chaussures en cuir, d’avoir des relations conjugales et de se laver (sauf si on s’est sali ; de même, on se lave les mains pour des raisons d’hygiène).

On passe la journée à la synagogue.

Le matin, on ne récite pas la bénédiction : «Cheassa Li Kol Tsorki» («Qui veille pour moi à tous mes besoins») car on ne porte pas de vraies chaussures.

Les malades demanderont au médecin et au Rabbin s’ils doivent jeûner ou non.

A la fin du jeûne, on écoute la sonnerie du Choffar.

 

Après Yom Kippour,

on se souhaite mutuellement «Hag Saméa’h».

Si possible, on prononce la bénédiction de la lune.

On récite la prière de la Havdala après 20h35, horaire de Paris. Durant le repas qui suit le jeûne, il est d’usage de parler de la construction de la Soucca et, si possible, on construit effectivement la Soucca tout de suite après le repas.

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