Pour la première fois, un président de la République en exercice a assisté dans une synagogue aux voeux à la communauté juive pour la nouvelle année. 

 

Emmanuel Macron a assisté mardi soir à la grande synagogue de Paris à une présentation des voeux à la communauté juive pour les fêtes du Nouvel an juif, Roch Hachana, qui débutent dimanche soir, en présence des responsables de la communauté. Arrivé vers 20 heures à la synagogue de la rue de la Victoire (IXe arrondissement), il a été accueilli par le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le président du consistoire, Joël Mergui, et le grand rabbin de Paris, Michel Gugenheim, en présence de plus d'un millier de personnes qui lui ont réservé un accueil très chaleureux.

C'est la première fois qu'un président de la République assiste à cette cérémonie laïque, précise l'Elysée, qui rappelle que, l'an dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à la célébration des 500 ans du protestantisme et avait participé au dîner de rupture du jeûne du ramadan, organisé par le Conseil français du culte musulman. Le président n'a pas pris la parole pour des questions de laïcité. "Vous êtes comme le Mur occidental, [souvent appelé Mur des lamentations, NDLR] à qui nous confions nos peines et nos espoirs, sans qu'il ne nous réponde alors que nous savons bien que quelqu'un nous entend!", a plaisanté le grand rabbin de France Haïm Korsia. L'année dernière, c'est le Premier ministre Edouard Philippe qui avait présenté ses voeux à la communauté juive dans la synagogue de la rue Buffault et il y avait pris la parole.

Nicolas Sarkozy était également présent
Les responsables communautaires juifs ont particulièrement mis en garde sur la montée de l'antisémitisme : "Nos rabbins [...] constatent la recrudescence des actes antisémites, dont ils refusent que la paternité soit attribuée à des déséquilibrés", a souligné Joël Mergui, déplorant aussi "les dangers et les ravages de la parole antijuive" sur les réseaux sociaux. "Les faits redoublent", a abondé Haïm Korsia. L'année 2017-2018 a été marquée par les meurtres de Mireille Knoll et de Sarah Halimi. Dans les deux cas, la circonstance aggravante d'antisémitisme a été retenue.

Joël Mergui a par ailleurs dit vouloir refuser d'être "les victimes collatérales d'une laïcité de repli qui croit lutter contre l'islamisme". Il a mis en garde : "Après avoir été longtemps le pays d'Europe de la plus grande immigration juive, la France est devenue aujourd'hui le pays de la plus grande émigration juive du monde". Soulignant leur attachement à la laïcité en France, les deux responsables ont aussi fait part de leurs inquiétudes à l'égard de la montée des populismes "et la montée des racismes en Europe".

Joël Mergui a invité le chef de l'Etat à "accompagner" les "projets" de la communauté juive, notamment en apportant un soutien au futur Centre européen du judaïsme qui doit ouvrir courant 2019 à l'ouest de Paris. Autres demandes : que "l'abattage rituel, la circoncision, les fêtes religieuses" ne soient "plus perçues comme des concessions en marge du droit [...] mais (soient) des libertés évidentes".

Emmanuel Macron, qui a pris plusieurs bains de foule avant et après les discours, a reçu plusieurs pots de miel, synonyme de douceurs sucrées pour la nouvelle année. Selon Joël Mergui, le Président de la République devrait se rendre "prochainement" en Israël. Parmi les invités figuraient plusieurs ministres du gouvernement dont Gérard Collomb (Intérieur), mais aussi l'ex-président Nicolas Sarkozy, la maire de Paris, Anne Hidalgo, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, des députés et quelques personnalités comme Marek Halter ou Francis Huster.

 

REPORTAGE PHOTOGRAPHIQUE DE MORDEHAI LUBECKI

 

 

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