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Il existe deux écoles de pensée quant à l’apparition des étoiles qui marquent le début de la nuit.

1 – Les étoiles sont elles-mêmes « Gorem Laïla », leur seule présence détermine la nuit1.

2 – Les étoiles représentent un « Siman Laïla » – signe de la nuit. En fait, c’est l’obscurité qui détermine la nuit2 et les étoiles ne sont qu’une conséquence de cette obscurité et un moyen de la mesurer. C’est l’opinion majoritaire, qui est aussi celle de la Halakha3.

Tailles des étoiles

Les scientifiques ont classé les étoiles suivant leur éclat, de 1 à 6, appelé magnitude. Par un ciel dégagé, on peut apercevoir dans le ciel les étoiles jusqu’à la magnitude 6.

Nos ‘Hakhamim les ont classées en trois catégories, selon leur ordre d’apparition dans le ciel, les grandes, les moyennes puis les petites. Pour chacune de ces catégories, elles apparaissent d’abord dispersées, ensuite regroupées.

Nous avons aussi subdivisé ces trois catégories en cinq, selon leur emplacement dans le ciel.

1 – Les grandes étoiles sont visibles même le jour dans des conditions particulières. Elles ne sont donc pas prises en compte pour déterminer la nuit. Ce sont généralement des planètes, notamment Vénus, Mars ou Jupiter qui sont visibles avant le coucher du Soleil.

2 – Les étoiles moyennes dispersées dans le ciel sont celles que la Torah retient. On connaît le principe énoncé par la Michna pour évaluer la mesure des choses : Ni grand, ni petit, mais moyen (Kélim 17). Pour Rabbi Yossi (Chabbat 35b) :

שבת לה ב:
לא כוכבים גדולים הנראין ביום ולא כוכבים קטנים שאין נראין אלא בלילה אלא בנונים

« Ce ne sont pas les étoiles visibles le jour, pas plus les petites étoiles visibles seulement la nuit, mais les moyennes » (Chabbat 35b).

Ces étoiles moyennes marquent des moments liés aux Mitsvot Dérabbanan tels que la fin des jeûnes ou le Mikvé. À propos des jeûnes Dérabbanan, citons le Choul’han ‘Aroukh :

א’ח תקסב,  א –  דין קבלת תענית
כל תענית שלא שקעה עליו חמה דהיינו שלא השלימו עד צאת הכוכבים דהיינו שיראה ג כוכבים בינונים או שהלבנה זורחת בכח ותאיר על הארץ אינו תענית ואם דעתו לאכול קודם לכן אינו מתפלל ענינו

« Tout jeûne qui ne se termine pas avec l’apparition des étoiles, n’est pas un jeûne. Et s’il a l’intention de manger avant ce moment, il ne récitera pas ‘Anénou » (O’H 462).

Et Tosfot (Zeva’him 56a) d’ajouter  » וקבלה בידינו בצאת הכוכבים  » – Nous savons par Tradition qu’il s’agit de l’apparition des étoiles.

Ces étoiles sont dispersées dans le ciel. Le Soleil se trouve alors à 7,08° sous l’horizon.

3 – Les petites étoiles dispersées dans le ciel sont requises pour nous acquitter des Mitsvot Déoraïta, comme le Chéma du soir (O’H 235), ou la consommation des Matsot la 1ère nuit de Pessa’h ou la consommation de pain dans la Souka la 1ère nuit.

Pour la raison que nous ne sommes pas « Béquiïm » – experts pour classifier les étoiles, la Halakha nous demande d’attendre les petites étoiles afin qu’il n’y ait aucune possibilité qu’elles n’atteignent quelques instants plus tard, lorsque le ciel sera plus sombre, la taille des grandes étoiles, tout au plus celles des moyennes. Citons le Choul’han ‘Aroukh (O’H 235) :

א’ח רלה,  א –   זמן קריאת שמע של ערבית
זמן קריאת שמע בלילה משעת יציאת שלשה כוכבים קטנים ואם הוא יום מעונן ימתין עד שיצא הפסק מלבו ואם קראה קודם לכן חוזר וקורא אותה בלא ברכות

« Le moment de lire le Chéma est caractérisé par l’apparition de trois petites étoiles. Si le temps est nuageux, on attendra le temps nécessaire que le doute soit levé. S’il a lu [le Chéma] avant ce moment [des trois petites étoiles] il le relira sans les Bérakhot. « 

Le Soleil se trouve à 8° sous l’horizon. Ce moment précède de 4 minutes la sortie du Chabbat.

Aujourd’hui où l’on sait déterminer exactement par calcul la taille des étoiles, nous aurions pu nous satisfaire des étoiles moyennes pour accomplir les Misvot Déoraïata, sans risque d’erreur d’appréciation possible. Mais selon le langage du Choul’han ‘Aroukh, même l’expert se doit d’attendre l’apparition des petites étoiles.

4 – Pour la sortie du Chabbat on attend un peu plus tard que ces petites étoiles soient regroupées dans un même champ de vision (O’H 293) :

א’ח רצג, א –  דיני ערבית במצאי שבת
מאחרין תפלת ערבית כדי להוסיף מחול על הקודש צריך ליזהר מלעשות מלכה עד שירהו שלשה כוכבים קטנים ולא יהיו מפוזרים אלא רצופים ואם הוא יום המעונן ימתין עד שיצא הספק מלבו

« On retardera le moment de la prière de ‘Arvit afin d’ajouter du temps de ‘Hol au temps Kodech. On devra faire attention de ne me pas accomplir de travail tant qu’il n’est pas apparu trois petites étoiles. Celles-ci ne doivent pas être dispersés mais regroupées. Si le temps est nuageux, on attendra le temps nécessaire que le doute soit levé. « 

Le temps compris entre les petites étoiles dispersées et les petites étoiles regroupées représente la Tosséfet Chabbat. À Paris, il faut compter environ 4 minutes.

Le Soleil se trouve alors à 8,5° sous l’horizon. C’est cet horaire que l’on trouve dans nos calendriers.

5 – Seulement bien plus tard, les étoiles apparaissent regroupées à l’horizon ouest, juste à l’emplacement où le Soleil s’est couché. C’est la nuit dite de « Rabbénou Tam ». À ce moment, le Soleil se trouve à 16,1° sous l’horizon, à une position symétrique à celle de l’aube.

Emplacement des étoiles dans le ciel

Les étoiles commencent à apparaitre au zénith, là où la couche atmosphérique est la moins dense. La zone de ciel étoilée s’étend ensuite de part et d’autre du zénith avec une prépondérance vers l’est, le Soleil se couchant à l’ouest. (Pour le Gaon de Vilna et le Admour Hazaken, tous les signes de la nuit sont à observer à l’est.) Les étoiles deviennent visibles

ensuite assez bas à l’est malgré l’épaisseur transversale de l’atmosphère. C’est ce moment où la grande majorité du ciel est étoilée que l’on appelle « nuit des Guéonim », opinion communément observée.

Les étoiles du matin ne sont pas significatives car c’est la luminosité du ciel de l’aube qui marque la fin de la nuit, donc le début de la journée.

Notons enfin que le Choul’han ‘Aroukh ne donne pas de temps d’apparition des étoiles. En revanche, il décrit des Simanim – des signes, leurs tailles et leur nombre. A nous de déterminer les valeurs de ces moments selon les lieux et les saisons.

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1 Nous nous occupions de l’ouvrage … de l’aube à la sortie des étoiles … Ils servaient la nuit de garde et consacraient le jour au travail (Néhémia, 4,15). On observe le lien de cause à effet entre les termes « étoiles » et « nuit ».

2 Durant les trois premiers jours de la Création, les nuits étaient marquées par l’obscurité et non par les étoiles car les astres ne furent créés que le quatrième jour (Rav El’hanan Vassermam ztl).

3 Si l’on considère que ce sont les étoiles qui déterminent la nuit, les témoignages de 3 couples de témoins affirmant chacun avoir aperçu une seule étoile ne sont que partiels car aucun d’eux n’aura vu 3 étoiles. Alors que si les étoiles sont un signe de la nuit, leurs témoignages se complètent, les trois étoiles auront été vues. Leur témoignage nous permet alors d’affirmer qu’il fait nuit et nous autorise par exemple de circoncire pendant Chabbat un bébé né un moment après l’entrée de Chabbat.

Le nombre d’étoiles est aussi un critère de nuit. La Braïta au nom de Rabbi Yossi enseigne (Chabbat 35b) « Une étoile, c’est le jour, deux [étoiles], Bein Hachemachot, trois [étoiles], la nuit ». Il est évident que la première étoile dans le ciel ne détermine pas le jour mais c’est le signe qu’il fait encore jour. Les deux autres étoiles sont donc aussi un signe de nuit.

* Pour les communautés ‘Habad, voir aussi notre article sur l’apparition des étoiles spécifique au Admour Hazaken :

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