Nigoun Hichtat’hout du Tsema’h Tsedek

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Pour avoir une idée de l’importance du chant dans le monde hassidique en général et, plus particulièrement, dans le hassidisme HaBaD, il faut se reporter aux discours du précédent Rabbi de Loubavitch.

Dans sa jeunesse, le Baal Hatanya a un jour affirmé : « La parole est la plume du coeur et le chant est la plume de l’âme. »

Le précédent Rabbi de Loubavitch explique, dans l’un de ses discours, que la pensée est au service du cerveau et la parole sert et dévoile la pensée et le sentiment. Le chant, quant à lui, est le serviteur et le révélateur du plaisir et de la volonté qui sont, selon la tradition hassidique, les facultés qui transcendent l’intellect et les sentiments et qui procèdent de l’essence même de l’âme. Il existe des lettres de la mélodie comme il existe des lettres par lesquelles la parole s’exprime mais ces deux types de lettres sont radicalement différents.

Les lettres de la paroles sont les facteurs d’une descente car leur propos est de révéler la pensée ou le sentiment. L’homme doit les envelopper dans des combinaisons de lettres qui vont se structurer en phrases afin qu’ils puissent être amenés jusqu’à l’autre. Par cette descente, l’abstraction du concept et la subtilité de l’émotion vont se matérialiser et perdront ainsi le délicat raffinement qu’ils possédaient à l’état pur. En ce sens, les lettres de la paroles sont celles d’une descente alors que celles de la musique sont celles d’une ascension.

Les lettres de la musique sont celles qui élèvent l’homme à un niveau supérieur. Au moment de la mélodie, l’homme est plongé dans les profondeurs les plus secrètes de son âme. Il quitte son être révélé pour s’attacher à son essence.

Par les lettres de la musique, l’homme est attiré vers l’exaltante lumière qui émane de la source de son âme et ces rayons de lumière repoussent, à cet instant au moins, tout le mal que le temps a déposé en elle. Car ces lettres dévoilent en l’homme tout le bien profond et caché, pur et limpide, grâce auquel le fond l’emportera sur la forme. C’est pourquoi les lettres de la musique n’impriment pas, comme celles de la parole, un mouvement vers le bas mais induisent une élévation vers les hauteurs de l’âme. Lorsque l’homme sera pris d’un ardent désir de monter dans les plus profondes sphères de son âme, il pourra gravir les marches de la mélodie qui le conduiront vers l’essence de son être où il pourra s’abreuver d’un nectar jamais souillé.

Car la tradition hassidique nous enseigne que ce qui est le plus caché chez le juif est le bien absolu, sans aucune scorie et lorsque, par l’intermédiaire de la mélodie où s’épanchent l’âme et le coeur de l’homme, ce bien secret se révèle, l’homme devient meilleur, plus raffiné, à cet instant au moins. Il ressort de tout ce que nous avons dit que la musique hassidique n’est pas seulement un moyen et une aide pour le dévoilement de la pensée hassidique mais peut quelquefois compter comme un maillon important du hassidisme lui-même.

Il existe plusieurs sortes de mélodies hassidiques : certaines serviront à éveiller les sentiments et la ferveur de celui qui prie, d’autres, par contre, seront éveillées par la ferveur. Là, la mélodie sera une conséquence de cette ferveur, venue pour révéler la douceur essentielle de la perception divine vers laquelle toutes les forces de l’âme tendent en cet instant.

Il est bien connu que le Baal Hatanya amena de nombreux adeptes au mouvement hassidique par le biais de la mélodie. On raconte qu’un jour où il se trouvait dans la ville de Chaklov, les nombreux érudits de cette ville l’assaillirent de leurs questions sur le Talmud. Le Baal Hatanya chanta alors une de ses mélodies pleines de ferveur. Grâce à cette mélodie, les sens de tous ceux qui étaient présents furent mis en éveil et les portes de la connaissance s’ouvrirent devant eux, laissant paraître les réponses à toutes leurs question?.

Une autre fois, le Baal Hatanya répondit à un groupe d’étudiants qui se plaignaient de ne pas comprendre son livre, le Tanya : « Sa compréhension passe par un chant hassidique… ». De même, l’un des grands hassidim HaBaD, Rav Hillel Paritcher, déclara un jour : « Celui qui n’a pas de fibre musicale n’a pas de fibre hassidique » ou, selon une autre version : « Celui qui a la fibre musicale possède une meilleure fibre hassidique ».

Ainsi est tressée et tissée la musique dans la vie hassidique. Elle est l’instrument qui exprime leur joie ou leur amertume.

Cette expression ne passe pas forcément par toute une mélodie. Un seul morceau ou quelquefois même, un simple refrain suffisent. Car la puissance de la musique hassidique est telle qu’un seul morceau peut décrire toute l’expression d’une âme.

Lorsque les premiers hassidim allaient rendre visite à leur maître, toute leur langueur et leur espoir étaient ressentis dans un seul morceau de mélodie qu’ils fredonnaient de façon sourde pour eux-mêmes. Lorsqu’ils sortaient de leur entrevue avec leur maître, on ressentait dans leur chant une exaltation provoquée par les directives que leur maîtres avait bien voulu leur prodiguer en même temps que les forces pour les réaliser.

De même, le chant est l’instrument privilégié pour exprimer un sentiment hassidique dans toutes les grandes occasions de la vie d’un hassid, et, plus particulièrement, dans les événements religieux. Car le chant est la clé des sens et des qualités de l’homme, qui amène une lumière et une vigueur particulière dans les actes de notre vie et c’est un principe fondamental dans le cheminement d’un hassid : toutes ses actions doivent être imbibées d’une ardeur débordante et la flamme de la source de son âme doit s’y refléter.

Telle est, en particulier, la grandeur du hassidisme HaBaD. De tout sujet qui entrera dans le domaine de son action, il s’efforcera de trouver le niveau le plus profond, voire essentiel. Telle fut aussi son attitude vis-à-vis de la musique.

 

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